Une heure magnifique avec Jacques

JACQUES, Le Showcase, 04/07/15

Premier samedi des grandes vacances : à 1h, l’immense Showcase est loin d’être rempli. Oui mais à 1h commence le set de Jacques, avant Molecule et Apparat, et c’est Jacques que l’on ne veut pas louper. Nous sommes en effet très curieux d’entendre ce squatteur parisien en live.

Quelques danseurs bien bien échaudés dansent sur les podiums, la piste de danse vibre sous la techno bien grasse et dynamitée de Neon, et nous, on est plutôt anxieux : mais comment Jacques va-t-il gérer la transition avec ses bruitages épurés façon ambiant ? Lorsqu’il apparait, reconnaissable parmi tous avec sa coiffe « controverse punk », il semble 10 fois plus stressé que nous et tente de discuter avec Neon. Celui-ci ne fera aucun cadeau. Alors Jacques tente l’approche présentation orale. Prévenant son auditoire qu’il va essayer de construire un scénario au fur et à mesure de son set, il appelle à l’indulgence pour une musique très, très différente de Neon.

Des cliquetis, des frottements, des tapotements, des raclements, la cadence se pose, tout doucement. Le public écoute d’une oreille attentive, certains attendent encore une montée explosive. Mais non, Jacques c’est très loin des Bloody Beetroots! Jacques, c’est la finesse, la recherche des bruits qui nous entourent, le synthétique au service du naturel comme il le dit si bien. Jacques, c’est la découverte de la techno transversale par le collectif Pains Surprises. Jacques, c’est la pépite que vous avez écouté en WiseList avec Tout Est Magnifique.

Une partie du public se laisse porter, l’autre partie cherche toujours à dénouer le concret de l’abstrait. 3e morceau: Jacques attire notre attention et annonce mystérieusement un effet de son cru. Décidément il parle beaucoup, comme sur sa page Facebook, mais cela passe car c’est tout en humilité, pas comme Christine and The Queens qu’on en peut plus d’entendre déblatérer entre deux chansons (aucun rapport dans le style musical, mais cela fait du bien de le dire). Alors on écoute, les épaules se balancent, et puis…

TUUUU LULU-LULU-LULU-LULU les lumières s’allument, plus de musique, alarme incendie du Showcase. Le désarroi s’empare des clubbeurs l’espace de 20 secondes… Jusqu’à ce que Jacques se remette sur sa table et intègre la sirène à ses sonorités. Le public a compris la feinte, lève les bras et acclament à l’unanimité la techno incendiaire. C’est bon Jacques, t’as gagné, tu l’as conquise ton audience. Mais le producteur ne s’arrête pas là: il saisit une guitare et joue debout sur son tabouret pour accompagner le flow électronique, ceci à plusieurs reprises sur différents morceaux. On me fait remarquer qu’il porte un pyjama. Soit, comme pour WhoMadeWho, la tendance privilégie le bien-être au paraître. Et Jacques aurait de nombreuses choses à nous dire sur le sujet depuis qu’il est revenu de son voyage en Inde…mais nous aborderons ce sujet une autre fois…lors d’un interview peut-être?

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C’est l’heure de laisser la place à Molecule, un musicien tout aussi conceptuel. Remerciements, applaudissements, sifflements, cris, c’est un succès. Et tous les 4, nous nous regardons, et nous le savons déjà: même si Molecule et Apparat sont très bons, de cette soirée nous ne parlerons que de la claque que nous a mis Jacques.

Surveillez ses dates:
Paris: restez à l’affût sur son facebook

26 Juillet : festival cabourg mon amour à Cabourg
26 Septembre : festival Ososphère à Strasbourg
10 Octobre : Confort Moderne à Poitiers
17 Octobre : Festival Maintenant à Rennes

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