Cet homme pourrait être une légende

On m’avait prévenu qu’un concert de The Legendary Tigerman pouvait être chiant, mais on a pas du voir le même show, car la super soirée de mardi était limite trop courte !

Paulo Furtado arrive sur scène , seul avec ses lunettes à la Raoul Duke et ses cheveux légèrement gominés vers l’arrière. Le voisin de devant explique à sa dulcinée que The Legendary Tigerman est un one-man-band. En effet, le portugais compose seul ses mélodies blues-rock épurées. Il joue à lui seul guitare, batterie et harmonica; et il met un point d’honneur à dépouiller chaque chanson pour ne laisser que le strict minimum: une guitare, qui délivre alors toute sa puissance. Donc forcément, quand on va voir un guitariste seul qui fait du blues-rock, on est pas sûr de danser les bras en l’air… et bien détrompez vous! The Legendary Tigerman envoie la sauce!

D’origine mozambicaine, Paulo s’est fait connaître notamment en faisant la première partie de Jarvis Cocker.un bon début. Il commence son set par Hey, Sister Ray. En background, le clip correspondant au titre filmé en Super 8 par le compositeur lui-même. Durant le concert, nous profiterons de plusieurs projections des oeuvres cinématographiques de môsieur, parfois également acteur. Là c’est carrément plus qu’un one-man-band. L’artiste est complet. Pour le deuxième morceau, M Sega, batteur, s’installe et accompagne le chanteur sur …Wild Beast, ce hit génial aux notes minimalistes et au refrain ravageur. Ici, le titre s’écarte un peu de l’enregistrement puisque la grande montée des violons du studio manque cruellement, et que « with a broken heart » est plutôt prononcé en note haute contrairement à sur l’album True. Ca destabilise un peu vu qu’on a écouté cette track-là au moins 60 fois à fond dans le casque ou le salon, mais bon ça passe. Storm Over Paradise appelle un troisième musicien, le saxophoniste baryton Joao Cabrita. Celui-ci se reprendra deux fois, envoyant ses billets vers Paulo pour s’excuser, accompagné des rires du public. Ces erreurs humaines et la petite salle de la Maroquinerie instaurent très vite une intimité entre le groupe et son audience. Notre sexy Raoul Duke susurre dans le micro sur les couplets, accompagné par Joao qui rappelle le jeu de Morphine, pour s’exciter ensuite tel un punk sur les refrains.

Retrouvez les photos du concert ici.

Niveau qualité, on est au top. Les instruments, joués de façon la plus épurée et brute possible, sonnent en question-réponse de plus en plus rock’n roll, c’est une performance sonore. Pour Naked Blues, le clip est à tomber: notre idole s’offre une partie de poker avec des femmes en habit de Vénus, sur une ambiance typiquement Lynch et Tarantino. (je vous le mets ci-dessous)

Autre détail qui rapproche la scène de la fosse: Paulo adapte ses chansons à son audience: il rajoute aisément « in Paris » pour Walking Downtown, et échange ses personnages avec des habitants du 20e, avec explications en français svp. Le public féminin criera répondant aux nombreux « baby » répétitifs de Bad Luck Rythm’n Blues Machine, après des énumérations d’une rapidité presque indéchiffrable. Enfin, pour les duos féminins, Lysa Kekaula et Asia Argento sont enregistrées, projetées sur l’écran et accompagnent les riffs de l’homme-tigre légendaire.

Bref, impossible de s’ennuyer: chaque chanson a son anecdote ! un vrai bon spectacle, et de qualité! Le concert se terminera sur du gros rock’n roll, Paulo faisant crier la foule et dansant rockeur dans la fosse. Limite trop court maintenant qu’on est bien chaud!

En tout cas , s’il repasse par ici: n’hésitez pas, prenez vos places!

Petit mix de plusieurs morceaux enregistrés par Philippe Bouana
(le son n’est pas terrible mais ca vous donne un aperçu)

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