Paris est TÊTU : L’union fait la joie

« Un petit nouveau est né ce week-end dans la grande famille des festivals français. » 

Samedi 21 septembre. On fait le tour de l’hippodrome d’Auteuil, sous le soleil, le chemin est étonnamment vide pour les alentours d’un festival, et la signalisation est presque inexistante. Mon article s’intitulera-t-il « une première timide » ?

Non. Passant les grilles, c’est avec délice que l’on découvre un lieu extérieur sur deux étages avec une scène, un club plein air, et une salle, le tout brillant de milles facettes entre fleurs et boules disco. Trois bars dont un stand Martini proposant Rhum, Gin, Vodka et tout le tintouin en cocktail (ca c’est cool), deux stands food, beaucoup d’espaces détente où se poser. Jockey Disque accueille plutôt bien les 4 000 festivaliers qui déambuleront sur deux jours pour cette première édition du festival Paris Est TÊTU, à taille humaine donc, et tant mieux, le micro devient de plus en plus appréciable ces temps-ci…

[Photos © Clément Beny]

A l’arrivée, le mode paillettes est enclenché. Ce maquillage n’est pas vraiment mon habitude, mais pour cet événement, c’est différent, politico-social même. On assiste au premier festival de musique français pour la tolérance et l’amour dans toute sa diversité, Paris Est TÊTU affiche haut et fort sa lutte contre la LGBTphobie, qui se veut inclusive. Le public est d’ailleurs bienveillant et plein d’amour.

Ce qui est chouette avec cette communauté, c’est que ses membres vivent la musique pleinement, quitte à tenter toute chorégraphie que le corps réclame. Aaaaah si tout le monde s’exprimait autant dans les clubs parisiens, la vie serait moins morose, on pourrait faire des dance contests au petit bonheur. Parmi les danseurs au fil de la soirée: chemises colorées, grandes dames, tenues frivoles ou hyper stylées, seins nus, couples hétéros torrides avide de chair, bonnes familles du quartier (ou amis des dimanches à cheval peut-être)…et un enfant, un seul.

[Photos © Eva Camus]

Vu l’effervescence à l’arrivée de Hyphen Hyphen ou encore Jake Shears (des Scissor Sisters), certains sont aussi venus pour la programmation du festival. En effet, le magazine Têtu s’est associé avec Décibels pour défricher des artistes modernes et engagés, offrant tous des grooves furieusement dansants : Arnaud Rebotini, Corine et Kiddy Smile sont annoncés pour le lendemain. Pour aujourd’hui, c’est le poitevin Malik Djoudi qui entraîne nos premiers mouvements de hanche avec son electro-pop qui sussure aux oreilles.

Alors bien sûr, parmi la suite, les morceaux teintés de country bien américaine de Jake Shears, ou la puissante voix d’Hyphen double qui lorgne vers la pop commerciale ne correspondent pas complètement à la ligne éditoriale de WiseSound. Mais pour une fois, c’est un festival qui va bien au-delà du genre musical de sa programmation (celui-ci n’étant pas défini).

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Parce que Jake est si sourire dans son boa à plumes, juché sur talons immenses à danser avec son saxophoniste, si communiquant, …que nous reprendrons tous en choeur le Don’t Feel Like Dancing mythique des Scissor Sisters ou le Freedom de Georges Michael. 

Parce qu’il faut s’incliner devant la force d’adaptabilité d’Hyphen Hyphen face à son public. Samantha Cotta se montre leader impressionnante, engage la foule à s’assumer, brandir des drapeaux, « jumper » haut son identité, et crier fort sa fierté. Un élan phénoménal s’est propagé dans les spectateurs, qu’ils soient en fosse ou montés sur scène avec le groupe. Étonnamment, l’émotion est aussi forte que le groupe s’avère taillé pour la scène!
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Elle est là l’identité de ce nouveau festival : plus loin que la communauté. Le public dans toute sa diversité est uni dans une joyeuse fête libératrice, avec comme un ressenti d’appartenir à un ensemble, un même tout, qui fait bloc humain le temps d’une ou deux nuits.

L’épiphanie intérieure approchera l’apothéose avec l’aide de la formidable Chloé, qui nous plonge dans une techno sombre et froide à la berlinoise. Si profondément qu’il nous a été difficile d’assister au DJ set de Scratch Massive, trop lumineux en contraste avec le dernier morceau Sometimes de la productrice.

Ce festival, on l’a vécu comme une chouette soirée aux 1000 sourires. Rien à voir avec un événement mastodonte, Paris est Têtu illumine de par son ambiance particulière et intimiste. Un grand bravo à toute l’organisation.
Pour 2020, cher lecteur, chère lectrice, tu es prévenu.e : on y chante et on y danse.

Julie Lesage

 

 
 
 
 
 
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