Villagers

Villagers, aussi molletonneux qu’un plaid en hiver

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C’est sur une cacophonie de voix enregistrées, telle une overdose de news les unes étouffant les autres, que l’idole irlandaise Conor O’Brien, guitare usée en main droite, verre de vin rouge pour la gauche, est arrivé sur scène suivi de ses musiciens: Danny Snow avec sa basse, les gallois Mali et Gwion Lleywkyn s’installant respectivement au clavier et à la batterie, et l’anglais Marcus Hamblett rejoignant son espace clavier/machines électroniques.
Et le Sweet Saviour de commencer, le Royaume-Uni étant ainsi presque reconstitué, à nous murmurer des douceurs comme sur l’oreiller, si bien qu’en quelques secondes les visages en fosse se défroncent.

En effet, la voix si affectueuse de VILLAGERS a ce don de détendre vos muscles, d’annihiler toute l’activité effervescente et stressante de votre journée de bureau au son d’une lumineuse soul-folk, et vous autorise enfin à lâcher du mou.
Again, le chanteur évolue vers les tons les plus aigus en douceur, jusqu’à faire trembler ses lèvres sur « As I feeeeeeel it ripple » sans tomber dans le surjeu agressif des cordes vocales, et c’est heureux, cette ambiance intimiste. La fin du premier morceau de son nouvel album The Art of Pretending to Swim, paru chez Domino et dont les formes géométriques et colorées sont décalquées au sol,  s’apparenterait presque à un instant de corrida, la guitare élevée sous le cou, au-dessus du public du Trabendo.

Batteur et bassiste au 2e plan se distinguent difficilement, car A Trick of the light éclaire essentiellement le chanteur-guitariste, qui élève la voix au fur et à mesure, comme en résistance graduelle contre la batterie montante. I saw the dead présente ainsi une fin en envolée, contrairement à la version studio.

Il eût été facile de s’attendre à un concert statique et soporifique, mais contre toute attente Brian semble avoir le sang chaud d’un echidé couler en lui, toquant sur le bois de sa guitare, chantant parfois loin de son micro, mais surtout, profitant de chaque instant hors micro pour nous offrir un petit trot de parade, quelques chaloupés d’avant en arrière, il a plutôt la bougeotte pour son style slow life. Love came with all that it brings.

Pourtant Conor est fatigué ce soir, apparemment leur concert de la veille s’est terminé sur beaucoup de verres, une perte de souffle dans l’une des deux trompettes de Marcus et Gwion (habituellement pour les choeurs) , et une collision avec une voiture de police. Wait what ? On l’imaginait pas si Fool ! Bref notre chanteur a perdu la voix, pas la foi, et persiste.

Le compositeur nous explique qu’Ada est une ode love/hate dédiée à Ada Lovelace, mathématicienne britannique qui a découvert le premier algorithme mécanique, se basant sur les travaux de Charles Babbage. La fautive, donc, de notre asservissement à ces machines de calcul. La soirée a beau être chaleureuse et humaine, le smartphone est en effet au creux de beaucoup de paumes…

Memoir  nous rappelle ensuite cette chanson écrite pour Charlotte Gainsbourg en 2011. Nous sommes lovés à l’abri du froid, en concert cocooning auquel nombreuses sont les personnes venues en couple, se cajolant doucement et chantant par coeur Hot Scary Summer.

Il est toujours suprenant de se rendre compte que la majorité du public est fan des chansons que toi tu trouves les moins touchantes ou beaucoup trop simples question accords de guitare, un effet désagréable provenant des ondes radio sans doute… J’aurai bien accueilli un peu plus de morceaux du premier album, également. L’éternelle frustration des fans de la première heure à tout concert de 4e album, me direz-vous. Pas faux.

J’accorde cependant un bon point aux nouvelles nappes et nuances électroniques qu’apporte désormais Marcus. Cette évolution apparue au dernier album feutre dans une ambiance cinématographique la mélancolie pluvieuse de Dublin. A ma gauche justement, une irlandaise chante les mains jointes en prière, aussi mignonne qu’une jeune fille de manga aux yeux humides en forme de coeur, et joint l’élan public sur Courage, à la fois rassembleur et si intime à chacun. C’est d’ailleurs le refrain qui restera en tête après le concert, comme un message intérieur et positif que l’on voudrait si persuasif.

Au fur et à mesure de son concert, le chanteur demande la participation de son public sur les notes les plus aigües lorsque Nothing arrived, au rappel. « Now, guys, squeeze your balls, and girls …just sing » et les spectateurs d’élever tout doucement la voix sur « I guess I was busyyyyyyy« . C’est beau, cette entraide a capella lors d’un seul en scène, imbriquée dans un silence des plus respectueux. Mais il est temps que le concert se finisse, la plus grande valeur du cocooning réside dans sa mesure. Point trop n’en faut, pour l’apprécier avec béatitude, sans pour autant tomber dans l’ennui apathique…

Julie Lesage

Photos de Laurence Fournier
Vidéos d’ Isa Tagada

VILLAGERS - The Art Of Pretending To Swim

VILLAGERS

VILLAGERS

FOLK
Le pillier de la scène folk actuelle, Villagers, a sorti il y a quelques jours son nouvel album The Art Of Pretending To Swim chez Domino. 
Après avoir partagé la vidéo de son nouveau single A Trick Of The Light, Villagers dévoile à présent les dates de sa tournée européenne, dont un concert à Paris le 14 novembre au Trabendo.

Attendez aux plus belles mélodies.

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WiseList #70 – TOP20 des ACTUS

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[Image : Soyez responsable pendant vos vacances, ne jetez pas pailles et mitigeurs de vos cocktails…]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

INSTRUMENTAL
POP

INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE
BONUS

Bonne écoute !

INSTRUMENTAL 

Mischa BlanosRocoma (Bucarest)
Mischa est à la foi pianiste et producteur techno, et ca s’entend dans son piano, lorsqu’il fait la course avec le tempo. Epoustouflant en video ! Interview en ligne dans quelques jours…
Nicolas Godin – Clayborn (Versailles)
« Lorsqu’Alexandre Courtès et Marc Teissier du Cros m’ont proposé de composer la musique de la série Au service de la France, il s’agissait de rendre hommage aux musiques de séries télévisées des années 60, et spécifiquement à celles narrant les aventures d’agents secrets telles que Mission impossible. Comment refuser ?«  dixit la moitié de Air

MELTING-POP 

FictionsFlashback (Paris)
Guillaume L’Eglise sort son premier EP pour l’été, on y dénote une caresse pop à la Air, avec un chant entre Voulzy et Katerine, plongeon dans les années 80s tout en défraîchissant la French Pop, avec un parler Catastrophe.
Villagers – A Trick of the Light (Dún Laoghaire)
Le doux irlandais Conor O’Brien annonce une nouvelle panoplie de 9 jolies mélodies: The Art Of Pretending To Swim paraîtra le 21/09 chez Domino.
Bob Moses – Heaven only Knows (Vancouver)
Nouveau single du duo que l’on a du mal à ranger dans une case après l’excellent album Days Gone By : entre electro, pop et rock, on en veut plus !
Eric Charden – Allez Bijou ! (Tonkin>Paris)
Et hop une petite pépite française que le Camion Bazar a partagé lors d’un interview, à paraître sur WiseSound prochainement. Topper Harley l’a aussi dans ses bacs bijoux des 70s-80s.

INDIE / ROCK

Flour Flour – Become Animal  (Berkeley)
Découverte complètement psychédélique qui tinte ses percus avec un enchantement enfantin sur des vocales nostalgiques. Nouvel EP Dimension A juste sorti.
Akira Gautama – Spring Snow (Los Angeles>Seattle)
Akira mèle habilement des influences jazz à des beats hip-pop pour des loops plutôt stylées.
Birdpen – This is your Life (Southampton)
Mike Bird et Dave Pen annonce avec ce titre un nouvel album There’s Something Wrong With Everything pour l’automne. Ils parlent ici de la surcharge d’infos dont les fake news.
Warmduscher Standing on the Corner (London)
Ce nouveau groupe constitué avec des membres de Fat White Family et Insecure Men, jouera rock brut et old garage kraut.
Fascinator – My Own Prive I don’t Know (Melbourne>NYC)
Pour ce second album electro-psyché titré Water Sign, Johnny MacKay produit la rencontre des mélodies de l’est avec les beats du nord, on parle à l’échelle du monde.
Outside The Academy Hand in hand (let’s go) (Melbourne)
Avec ce morceau euphorique, le projet solo de Powel Cholewa nous conforte dans l’amour du rock-electronica australien.
HMLTD Satan, Luella & I (London)
Le groupe européen continue de renouveler le genre rock et sort un nouvel EP: Hate Music Last Time Delete . On vous raconte leur dernier concert avec vidéos.
Nova Materia Nov Power (Paris)
Pas meilleure transition vers l’electro que le post-punk industriel kraut aux allures de dance du duo franco-chilien, leur premier album devrait bientôt sortit chez les belges Crammed Discs, nom destroy pour groupe destroy.

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Eustache McQueer – Queen size (Lyon)
Découvert dans la WiseList #68, le duo LGBT et martien à ses heures nous fait de plus en plus danser, même avec des paroles très explicitement cul.
Claptone – Abyss of Love (Berlin)
Claptone s’est ressourcé près des bois pour son album Fantast, bourré de featuring avec ici Nathan Nicholson, mais aussi Clap Your Hands Say Yeah, ou encore Zola Blood.
Soulwax – Essential Four (Gand)
C’est sans doute le morceau le plus dansant du l’album Essential aux allures de leçon de batterie, grâce cette bonne ligne de basse et au charme d’une voix féminine de caractère.
Kelly Lee Owens Bird (London)
Protégée de Daniel Avery et Ghost Culture, Kelly Lee Owens a été sélectionnée pour le premier morceau de notre premier podcast électro.
KölschHal (Cologne)
Kölsch ravive sa collaboration avec Tiga sur ce titre Hal, mêlant samples de voix et destructuration pour le dancefloor.
Kazy LambistLights on Water (Montpellier)
Kazy continue sa lancée dans la pop électronique des plages avec un album parut en juin et une date au Trianon le 28/11. Lire son interview

BONUS

Melissa BonBlank (Genève)
On finira sur une note sensible, avec la voix mezzo alto veloutée de Melissa Bon. Belle reconversion après The Voice, premier EP sorti : Away.

– Julie Lesage –

WiseList #26

Pour cette nouvelle WiseList, nous sommes en partenariat avec Soundsgood. Soundsgood vous permettra de lire les WL via votre smartphone, progrèèèès ! N’hésitez pas à nous dire ce que vous en pensez !

La 25 était essentiellement électronique. La 26 est un énorme melting pot de bon, comme dirait Jacques, dernier Pain Surprise à la coupe de cheveux improbable d’un moine du Moyen-Age, Tout Est Magnifique:

POP
Karkwa c’est un peu le groupe Québécois que tu mets spécialement le dimanche pour la langueur de Dormir Le Jour. Vous souvenez vous des Villagers? Ils sont de retour et The Soul Serene annonce encore un album de toute beauté. Bonne mood avec Alright d’Unforscene, relaxation et grandeur classique avec le duo parisien soutenu par Gilles Peterson SatinCoco, votre bonheur est notre bonheur. Pour ne pas s’endormir: Juana Molina nous apporte une Argentine étonnante et Jarreau Vandal suit la montée sensible des bpm avec son excellent remix du titre Paradise. Vous reconnaitrez ensuite dès la première syllabe la voix de Joe Newman, mais non ce n’est pas Alt-J qui se remet à faire du bon après son 2e opus décevant.  C’est Portico, projet annexe electro-pop hypnotique de Jack Willye, son ami d’enfance.

ROCK
De l’hypnotique au psychédélique, il suffit d’ajouter des riffs guitare et ceux des Lumerians font largement le travail, on remercie au passage Guillaume pour le partage. Pour le morceau suivant, il est vrai, l’intro est longue, mais la suite vaut le coup, surtout si comme tout le monde en ce moment t’as vraiment besoin de vacances et t’es à la limite de tout envoyer valser, là tu pourras secouer tes cheveux et laisser le clip We Can Do What We Want de Drenge te soulager. Wand, de Los Angeles, est tout aussi défouloir.

ELECTRO-HOUSE-TECHNO
Beaucoup de sorties d’albums electro-pop-rock ces derniers temps: Agent Side Grinder fait du Depeche Mode, Husbands est beaucoup mieux que The Husbands,  Tame Impala revient en force. Après si t’es prêt à danser « till dawn » c’est parti avec HEARTSREVOLUTION. Le suivant, Dauwd, vient de Londres, on y retrouve donc sans hasard des sons rappelant Daniel Avery ou Ghost Culture. Puis Trentemoller qui ne quitte jamais les WiseLists et Weval qui remixe Gui Boratto, bim du bon dans du bon. On vous place le dernier EP de N’To en mode teasing de notre interview très prochainement en ligne, le dernier single de Barbarossa, éponyme de son prochain album Imager, qui sortira début mai sur Memphis Industries, et c’est sorti hier: Thylacine qui remixe et sacralise Pethrol.

BERCEUSE
Après tout ca on reposera nos esprits avec Spots d’Autolux, aussi mélancolique qu’Air sur Virgin Suicides et du jazz, oui pourquoi pas, si c’est un morceau du nouvel album du célèbre musicien d’Hannovre Stephan Abel.

JOYEUSES PAQUES