Rock

DOCU : retour sur la création d’Around The Fur des Deftones

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Le magazine Revolver a commencé sa série de mini-documentaires de 7 minutes intitulée Game changers par un premier retour sur l’album Around The Fur de Deftones.

Après le succès d’Adrenaline, le groupe a l’opportunité de sortir son deuxième opus chez une major, cet album symbolisera un tournant créatif décisif dans l’histoire de Deftones. C’est d’ailleurs l’album préféré du chanteur.

Chino Moreno se remémore l’époque de la composition de cet album mythique, où il était probablement à la fois le plus heureux mais aussi le plus furieux qu’il ait pu être de toute sa vie. Le nu métal débarquait sur les ondes, Deftones cherchait alors à produire un son original, qui ne s’apparente ni à Panthera, ni au garage, qui soit sensuel et pourtant très lourd.

Leur guitariste Stephen Carpenter revient sur les relations d’amitié entre les membres du groupe à cette époque, leur état d’esprit, ce qu’ils faisaient de leurs journées. Qui aurait cru que le titre My Own Summer avait été composé en totale improvisation de dernière minute en studio après deux tafs de bang?

Chino se souvient également de la furie contagieuse qui se propageait dans la fosse dès que le morceau Headup était joué. Replongeons ensemble en 1997.

Julie Lesage

Nouvelle matière à clubber: retour aux basiques indus

On était au concert neo-clubbing de la sensation percussive Nova Materia à La Maroquinerie

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Au fond de la cave à cuir suintant, l’atelier musical est des plus intrigants. A gauche, devant un carillon de tubes d’acier, attend un plan de travail de métal noir, auquel sont fixés blocs de pierre et pièce de bois, à droite, les cordes sont à l’horizontal, jouxtant touches d’ivoires, alliages dorés de cymbales et peaux tendues de bongos. Ca fait beaucoup de matière pour deux personnes.

On aurait pu y faire entrer les mandarins de Céleste Boursier-Mougenot et laisser faire, mais les deux tourtereaux qui entrent en scène ont un tout autre esprit, punk et revêche. It Comes, leur album à sensation froide paru en septembre dernier chez Crammed Discs, se joue enfin en live, quelques jours à peine après leur révélation aux Trans.


[Follow You All The Way /extraits]

Nova Materia a le désir de faire sonner le brut, grattant, frappant, martellant leur matériel peu ordinaire. En résulte une transe indocile qui redéfinit le clubbing indus par les basiques, une musique primitive de celles qui libèrent, et ce pour deux publics distincts : une moitié de fosse chilienne très chaleureuse, qui jappe sans cesse et s’évertue à copier les vocales de leur compatriote Eduardo Henriquez, l’autre moitié, plus parisienne, qui préfère s’exprimer uniquement par le corps, osant de grands mouvements libres et artistiques.

[Cliquez sur les photos d’Alexis Cangy pour les agrandir]

Le duo issu de l’ancien groupe post-punk Pánico fait monter le rythme tranquillement à coups de ting, scratch, clang, clac, brrrr, zzzzzt. Leurs deux faciès de caractère ne se lâchent pas du regard, construisant ensemble une conversation question-réponse, autant dans les tintements que par prises de parole, celles-ci parfois scandées en expressions mystérieuses. Leur musique a beau sembler froide et menaçante, la fosse se ressent comme brûlante, entre fête sombre et désinhibition, réceptacle des vibrations de la lourde boîte à rythme, des boucles de l’Electro Harmonix,  et des étincelles sonores que lance ce tandem extraordinaire.


[Nov Power]

Sur Follow You All The Way, les murmures de la française se rapprochent de ceux de Kazu Makino chez Blonde Redhead, avant qu’un rythme disco ne prenne possession vaudou de votre corps, et que les sonorités s’allègent avec tintements plus joyeux. 

Alors que nos corps tressautent sur ce tintamarre, le visuel expérimental n’est pas loin d’être hypnotique. On aime lorsque Caroline Chaspoul frotte en cercle sa pierre rugueuse. Quant au carillon géant, il semble répercuter son propre écho à l’envi. Certaines sonorités se révèlent complexes, vibrant comme une courbe à l’intérieur des métaux après choc, on s’étonne également de la multitude de procédés existants pour varier les ondes sur une simple feuille de tôle. Le concept néo-indus vous ambiance et au vu des applaudissements entre chaque morceau, le public est unanimement conquis par le Nov Power.

L’ultime titre dansant Kora Kora invite tout le public à frétiller. L’harmonie bruitiste est telle, que le bruit sourd d’un micro tombé malencontreusement (par faute de vibrations) fait corps avec la série de percussions du morceau sans déranger aucunement la performance. Le tapage nocturne passe de minéral à électronique; et si Blixa Bargeld cantonnait ses expérimentations à un auditoire connoisseur, Nova Materia démocratise aujourd’hui le vacarme percussif en techno à réverbe ravissante.
Du krautrock à la warehouse, nouvelle matière à clubber.


[Extrait de Speak in Tongues pour le teaser]

Je vous laisse, vais acheter un carillon pour ma maison.

Julie Lesage – 

 

WISELIST #75 – TOP20 DES ACTUS MUSICALES

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Cette playlist se met à jour tous les mois, disponible sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud, Napster, Qobuz, Apple Music, …)

CHILL >>> INDIE ROCK >>> HOUSE/TECHNO

CHILL

Julia JacklinBody (Sydney)
Superbe découverte que cette voix australienne à la fois douce et crayeuse, on attend la sortie de son album Crushing le 22/02 pour mieux l’apprivoiser.
Henry Hall – Kid (Los Angeles)
« This is a special day, Peg and I, we had a kid, regretfully we named him Greg, shoulda named him Troy, that’s the best name for boys. » A l’écoute des dérisions d’Henry, on a tout de suite voulu creuser un peu plus loin et mieux connaître ce personnage à la fois drôle et talentueux.
Rodrigo Amarante – Tuyo (Rio de Janeiro)
Histoire de vous réchauffer le bout des doigts, un petit revival des 4 saisons de la série Narcos.
Alain BashungMa peau va te plaire #2 (Paris)
Cela fera 10 ans en mars 2019 que Bashung nous a quittés, l’occasion de découvrir les titres inédits de son album posthume En Amont.
BalthazarFever (Courtrai)
Le groupe belge annonce son quatrième album Fever pour le 25/01 chez Pias. La température monte. Concert prévu le 25/03 !

INDIE-ROCK 

CannibaleDo not love me too much (« un hameau en Normandie, 300 âmes vaches comprises »)
On s’engouffre avec délice dans les méandres exotiques de l’album à grenouilles Not easy to cook. Si on en veux plus, on peut également visionner leur concert intégral chez Laurent Garnier (enfin à Lourmarin quoi)
Octet– Hey Bonus (?) ❤
Parce qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir une perle, retour en 2004, pour une rencontre entre les Beatles et Venetian Snares, ou comment magnifier le courant « data-pop/lap-pop » tout frais de l’époque avec un soin baroque qui fait résonner le duo français comme une joute verbale à Versailles. Putain, j’étais où en 2004 ?
The Claypool Lennon DeliriumBlood and Rockets : Movement I 
En parlant des Beatles, Sean Lennon et le bassiste Les Claypool ont annoncé la sortie de South Of Reality pour le 22/02 et on a bien hâte d’écouter çà.
Django Django Swimming at night  (London)
Parce que leur EP de 6 titres Winter’s Beach est de saison.
Fews –Paradiso (Mälmo)
Grosse surprise en revoyant FEWS en live il y a peu : Fred aurait mué pour une voix plus caverneuse ! Altération acceptée, on en redemande, et ca tombe bien leur album Into Red est annoncé pour le 1er mars ! Retour sur leur interview.
Daniel Pemberton – Assassins Breathe (UK)
Petite claque inattendue un dimanche sous plaid à l’arrivée du générique du film King Arthur (le dernier avec Jude Law) : c’est depuis mon morceau préféré pour faire du sport !!
Viagra Boys – Sports (Stockholm)
La nouvelle sensation rock à l’esprit punk du moment est passée récemment au Point Ephémère : l’attitude absurde du chanteur est temporisée par la classe du saxophone, les beats et la basse te font rapidement ôter le pullover.

HOUSE/TECHNO

SXFalling (Bruxelles)
L’album Eros de Stefanie Callebaut et Benjamin Desmet est certes discutable, certaines susurrations sensuelles désirent cependant  s’émanciper du lot « mainstream ».
Hubbabubbaklub Tomme Lommer (Oslo)
Après l’excellentissime Mopedbart que l’on entend à tue-tête dans toutes les Otto10, le quintet vous offre enfin des cours de norvégien tout en dansant sur un album de pop décomplexée intitulé Drømmen Drømmerne Drømmer. On aura rarement eu autant de plaisir à chanter en yaourt !
Monks (David Shaw/ Bufi)Nice Ride (Paris/Mexico)
En pleine tournée mexicaine de DBFC, David Shaw a rendez-vous avec Bufi en ce moment même. L’occasion de reparler projet (de) culte ?
Roe Deers Bells of Hell (Lithuanie) ❤
Comme si les saintes cloches déchues se retrouvaient en milieu techno industrielle. Juste parfait, encore bravo le duo.
OMOHBeat (Nîmes)
Parties in Paris ca vous parle ? Le duo nous décrit sa vision de nos nuits en 9 morceaux.
LaborealPurple (Nantes) ❤
Au coeur de son album d’ambiances dédiées au hip-hop Fréquence, Maxime Robin a dissimulé une pépite techno qui rebooste méchamment ton petit coeur à la 3e minute.
Red AxesEdit Service 2 (Tel Aviv)
En 2012, le label I’m a Cliché proposait tous les 15 jours un inédit de son cheptel. Voici celui proposé par Red Axes, qui n’a apparemment toujours pas été édité sur les plateformes de streaming, sorry.
Erland CooperMirk (Orkney)
Ce multi-instrumentiste s’inspire de son environnement pour chaque EP. Comme tout le monde me direz vous. Oui mais non car Erland pousse plus loin. Après son travail Solan Goose inspiré de la nature sauvage sur son archipel écossais, voici Nightflight. 3 morceaux pour lesquels il s’est fixé des règles : toujours se tenir debout, faire des gestes rapides et ne pas rester plus de 10 minutes sur une piste, afin de retransrire l’animation et les flux des rues de Londres, comme un autre éco-système.

– Julie Lesage –

[Image : L’ombre des fous rires des tableaux de Yue Minjun…]

Gagnez des invits pour No Money Kids

Pour la release party du jeudi 10 Janvier 2019 à la Maroquinerie

BLUES-ROCK
« Avec son nouvel album Trouble, sorti il y a quelques mois, No Money Kidstraverse les brumes électriques et les vapeurs caniculaires. Après Hear the Silence, le tandem parisien envoie valser les attentes et trouble nos sens avec une nouvelle aventure sonore captivante.
Dans un jeu d’ombre et de lumière, le duo invite à sa table un indie-rock électrique qui puise ses influences dans la pop-culture contemporaine. Avec une guitare maîtresse des lieux, les riffs écorchés ronronnent et se lovent au creux de nappes électroniques vaporeuses. Reflet d’une génération « Do-it-yourself » qui se réinvente et s’affranchit des codes, l’album Trouble nous plonge dans les frasques de l’homme moderne pour en ressortir plus apaisé. Révélé par la scène, No Money Kids repart sur les routes et sera le 10 janvier 2019 à la Maroquinerie pour présenter son nouvel album dont on découvre l’intensité avec la vidéo live du titre Chains avec en invité Charles X.Dans une ambiance Garage Band, les deux français dévoilent une version de Chains qui met le feu aux poudres. Charles X et son flow posé viennent contrebalancer l’énergie rageuse du duo. No Money Kids délivre une session live proche de l’intensité des concerts : des riffs endiablés mêlés à un rythme dément. » Voir leur interview-vidéo par Julie

Si tu ne vois pas le bouton rouge pour réserver, désactive ton adblock 1 minute.

Billetterie

 


TENTE TA CHANCE pour gagner 2 invitations, en seulement 2 étapes:

1. Like notre page Facebook

2. Envoie nous un mail à contact@wisesound.fr en précisant l’objet ainsi que ton nom, ton prénom.

Plutôt simple, pas de questionnaire, pas de dessin à faire. …et si en plus, tu partageais le concours via Facebook, Twitter ou autre, ce serait super sympa, nous permettant plus de visibilité, donc plus de partenariats et plus de places à faire gagner pour les prochains concerts! 

Les gagnants seront prévenus la veille par mail.  

WiseList #74 – Top20 des actus musicales

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NOUVEAU ! 
Tu peux désormais suivre et enregistrer cette playlist mensuelle dans tes favoris sur toutes les plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud, Napster, Qobuz, Apple Music, …)
Fini les archives, on la mettra à jour une fois par mois (challenge : 1er du mois)
Merci le progrès…et bonne écoute !

POP >>> INDIE ROCK >>> ELECTRONIQUE

POP

La MirastellaBiches (Paris)
Ouverture atypique avec un groupe stellaire donc farfelu, jouant entre les codes pop des Beatles et la psychée de Forever Pavot, jusqu’à ce qu’une dégringolade noisy te réveille en te tirant par les cheveux. A découvrir dans son ensemble sur leur nouvel album Girasonico.
The Mercy Stone – Wastin’ Time (Californie)
Après leur premier album Ghettoblaster mêlant classique, rock et improvisations jazz de manière expérimentale, les 12 musiciens sortent bientôt une seconde oeuvre, plus accessible de par ses mélodies pop, mais toujours aussi travaillée et originale. The Mercy Stone fait partie de ces groupes qui peuvent révolutionner le paysage de la musique actuelle.
Soul Beach – Sunburn (Marseille)
Après In Vain cet été, on continue d’apprécier le duo sudiste électro avec son EP Hear the Kids.
ROB ONE Tropiques à moi (Courbevoie)
Trop tard, vous allez désormais chanter cette chanson à tue-tête avec votre moue des matins. Découvrez la poésie avant-gardiste de ROB ONE le 15/12 au Zorba.

INDIE-ROCK 

Elisapie– Arnaq (Salluit)
Mme Isaac a cette force émouvante qui nous accapare dans un clip tourné autour des traditions de son village natal inuit, le plus au nord des 14 villages du Nunavik, territoire arctique québécois. Nous aurons la chance de l’accueillir à la Bellevilloise le 4/12 mais pourront également la voir jouer son album The Ballad of the Runaway Girl en entrée libre sur réservation au Centre Culturel Canadien les 6 et 7 pour le festival Aurores Montréal!
BronchoWeekend (Norman)
On revient à la charge avec un 2e extrait de Bad Behaviour, à la fois teen et fiévreux.
Jim Sclavunos remixe Warhaus Beaches  (New York / Belgique)
Quand le batteur américain membre des Bad Seeds (oui ceux de Nick Cave) remixe et joue du saxophone sur un titre instrumental de Warhaus, projet solo de Marteen Devoldere, l’un des 2 leaders de Balthazar (vous suivez?), on plonge dans l’atmosphere des plus légendaires bad movies. Splendide.
Vestale Vestale et Ray Borneo – Les cailloux (Chambon-sur-Lignon)
Comme si Lio broyait du noir sans les cailloux du Petit Poucet. Cette cold wave enfantine est jouissive à sauter pieds joints dans les flaques de boue! Leur EP Pour adultes et adolescents de 4 titres est à découvrir, notamment avec la délirante Les garçons d’école de commerce.
Cash Savage and the Last Drinks – Human, I am (Melbourne)
Définitivement fan de l’attitude engagée du groupe australien, on en remet une couche avec cette fois-ci le premier titre de leur album Good Citizens. On nous a dit dans l’oreillette qu’ils passeraient chez nous en juin…patience.
Mini Mansions – This bullet (Los Angeles)
Mais qu’est-ce qu’il s’est donc passé pour qu’au milieu de leur mini EP poppy Works every time, le bassiste de QOTSA et ses potes pètent un câble et nous secouent avec menaces de la sorte ? Explosion subite et chanson défouloir réussies. Voir leur interview

ELECTRONIQUE

Miss KittinCosmic Address (Grenoble)
Embarquement immédiat à travers les nappes électroniques, vers le Cosmos, nouvel album de Miss Kittin qui retourne comme Vitalic vers une retro electro des années 80-90.
Matthew DearWhat you don’t know (Kingsville)
C’est dans l’album Bunny (6 ans d’attente quand même), que l’on chante à tue-tête le refrain, comme sur un rythme de labeur.
Simple Symmetry  remixe Autarkic Bongos & Tambourines (Moscow/Israel)
Comme Red Axes, les frangins Sasha and Sergey Lipsky ont remixé ce titre sorti chez Disco Halal: duo contre duo, les russes ont gagné !
Ducks! Pinprick In (Australiens installés à Berlin)
Lani Bagley et Craig Schuftan dansent disco et rêvent Dyisney, l’album du duo sortira l’année prochaine.
Plaisir de France remixe La Chatte – Coeur de Pierre (Paris)
On sent que Julien Barthe a pris un malain plaisir à remixer la new wave haineuse du trio parisien, un tube taillé dans le béton gris, pour les clubs.
Mr Mitsuhirato remixe MoullinexLove, love, love (Lisbon/Viseu)
Il faut forcément contre-balancer ensuite avec beaucoup d’amour, Moullinex a été ma révélation scénique 2017, faut absolument que je trouve le temps pour vous décrire le show aérobique de cette sensation portugaise ! (écoutez y’a les petits oiseaux derrière)
Irene DreselGuetotrou (Paris)
Irene n’en finit pas de monter dans la sphère des soirées électroniques parisiennes, notamment grâce aux soirées Les Femmes S’En Mêlent.
HVOBEraser (Vienne)
Magnifique brume profonde techno dans laquelle Anna Müller murmure à partir de la …quatrième minute, soyez patients.
Daniel AveryProjector (London)
Song for Alpha est un album d’expériences auditives plus que de clubbing, Daniel quitte les drones pour des pulsations qui tintent avec résonnances contre vos tympans, rejoignant les travaux d’Aphex twin.
ParadisJe m’ennuie (Paris)
Nostalgie pop et retour en 2012, le duo samplait alors divers films datés de 1958 à 1971 pour son clip. Pourquoi je ressors ca maintenant ? Aucune idée. J’ai du l’entendre en soirée.

– Julie Lesage –

[Image : Capture d’une balade en forêt comme en 1900, organisée par la Mairie de Mitry-Mory et la Compagnie Babylone]

Difficile de s’approprier MIEN au premier concert

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A l’extérieur, la fraîche brise de l’automne a pris tout Paris de court. A l’intérieur du Café de la Danse pourtant, on navigue à contre-courant dans la torpeur psychée du nouveau « non-super-group » dont tout le monde parle : MIEN.

Après l’introduction de nappes brumeuses synthétiques Other Spectral Atmosphere par Tom Furse (batteur de The Horrors installé cette fois-ci au synthé) et de John-Mark Lapham de The Earlies, Alex Maas et Rishi Dhir entrent en scène avec deux percussionnistes, ce qui à la surprise générale transforme l’original quatuor en sextuor. Premier vers : « I feel so high ». Hocus Pocus suit le même enchaînement que sur leur album éponyme fraîchement sorti. Quelle meilleure introduction pour un vieux rock psyché, me direz-vous.

Côté vieux jeu, MIEN fait des siennes en jouant congasses, bongo et maracas, dans le but de te perdre dans un rythme shamanique, jusqu’à l’avènement de Rishi, connu précédemment avec son groupe canadien aussi perché Elephant Stone; Rishi donc, qui s’installe pieds nus sur son petit tapis sur-élevé pour jouer de la sitar indienne (non, le tapis ne vole pas). L’instrument, de par la longueur de son manche et la multitude de clés de chaque côté, brille de mille feux à chaque passage de projecteur.

Pourtant, difficile a contrario de s’approprier le groupe dès le début du concert: la batterie casse sèchement et bien trop fort le chant lointain d’Alex, un chant qui rappelle exactement ses performances avec The Black Angels, où l’on peine à distinguer les syllabes, voire même à reconnaître chaque morceau à ses débuts. La reverbe, poussée à son maximum, éloigne nos musiciens nomades vers des rêveries orientales…

Heureusement, le rythme ultra groovy de You Dreamt est rassembleur. Plutôt étonnant, car le morceau en studio n’est en soi qu’une boucle d’enregistrements bruitistes avec quelques paroles. Mais lorsque Rishi reprend les vocales en ligne de basse, le résultat se rapprochant presque d’un morceau hip-hop, et que le batteur espiègle joue entre breaks et reprises (la bouteille de rouge bien entamée à ses pieds), des pas de danse à l’unanimité dans la fosse s’engagent.

Avec (I’m tired of) Western Shouting, le groupe dépoussière le rock spyché des années 60 en le plongeant dans des nuances lourdes et sombres, puis retourne vers le jeu traditionnel avec un solo de sitar. Vos paupières sont lourdes… quid de l’effet d’un envoûtement ou d’une lassitude, le doute est permis.

MIEN clôture avec une version longue de Earth Moon et le semblant rock de Black Habit. En manque d’un bouquet final énergisant, on  essaie de faire le bilan avant même la dernière note. En conclusion: on a apprécié l’univers tribal et hallucinogène, le fait d’écouter et de voir jouer une sitar indienne, instrument phare de ce live, …mais malgré un concert plutôt court, on n’est pas mécontent d’être lâché sur l’autoroute du désert indien. Peut-être la faute aux mauvais réglages de son ou au manque de contact entre le « non-super-groupe » et son audimat, les talentueux musiciens restent inatteignables dans leurs volutes mystiques, en conséquences MIEN ne s’approprie pas vraiment.

Une expérience qui ne ternit en rien le plaisir d’écouter l’album studio à la maison.

– Julie Lesage –

[Photos ©FrançoisMedaerts, vidéos : IndieGilles]

 

Rock en Seine passe au 3e degré

120 000 festivaliers en 2016
110 000 en 2017
90 000 en 2018 …
L’activité des festivals bat pourtant son plein partout ailleurs en France… mais pas sur l’irréductible village de Saint-Cloud cet été, où certains concerts se sont joués devant un public parsemé sur pelouse. C’est sans doute le premier lundi post-RES de l’histoire où il reste encore de la pelouse d’ailleurs!

Résultats du sondage des raisons auprès de ceux qui se sont tout de même déplacés pour un week-end culturel de rentrée:   « Trop de rap dans la programmation » ou encore « pas de tête d’affiche » sont les réponses qui reviennent à 90%.

En dépit du manque de découvertes pointues et d’émotions folle du genre « grosse claque dans ta gueule », cette 16e édition du festival Rock en Seine s’est déroulée pour ma pomme comme un entraînement convivial et intense des abdos, étant données les barres de rire impromptues lors de certains concerts, aussi ridicules que jubilatoires.

[FWF]

LES VALEURS SURES

Evidemment, nous n’avions pas fait le déplacement pour rien:
The Liminanas nous a replongé avec délice dans le rock yéyé, Fat White Family (qui s’est bien tenu pour une fois) a calfeutré son énergie punk dans un écrin de cuir « sexy rock » qui nous a rendu addict, Parcels a fini un peu tôt à notre goût mais leur disco funk a inévitablement conquis la plupart des festivaliers, The Black Angels nous ont élevés vers des cieux à la réverbe hypnotique.


[Vidéo de Frédéric Richard]

Au-dessus des autres, King Gizzard and the Lizard Wizard est sans doute le groupe live le plus sincère dans sa façon de jouer un rock parfois garage parfois psychédélique mais toujours débridé, c’est-à-dire plus comme un plaisir que comme un récital. Cette convivialité est tout à fait appropriée pour le challenge « grande scène en plein jour » des 7 inconnus du grand public. Ces Australiens imprévisibles n’hésitent pas à imbriquer des morceaux dans d’autres morceaux, à surenchérir les mélodies par des cavalcades échevelées à cordes, sans compter les positions incongrues du chanteur à la langue bien pendue, nommé Stu McKenzie. Plus qu’un concert, c’est une redécouverte de la guitare, pogo en option. Pas étonnant que de nombreux tutoriels sur YouTube t’apprennent à jouer comme ces dieux!


[Vidéo de Isa Tagada]

« Et Justice alors? »
_ Justice passe dans de nombreux festivals tous les ans, tu ne les a donc pas déjà vu ? Allez si, pour te faire plaisir, on peux te dire qu’ils ont mis les bouchées doubles question lasers pour la dernière de leur tournée, et qu’ils ont disparus d’un coup pour réaparaitre au-dessus de la régie, belle surprise.

[Photo ©Zélie Noreda]

2 DECOUVERTES A MIEUX SUIVRE

Entre production ultra propre et musiciens de talent, Nick Murphy, qui n’est autre que feu Chet Faker, a eu le mérite d’apaiser nos angoisses (dues à la prog) dès le 1er jour. Cet homme porte une élégance innée tant par sa présence sur scène que par la finesse de ses compositions. Une très belle surprise que l’on réécouera avec plaisir à la maison. Electro-pop, rock électrique et balade au piano se succèdent pour un concert digne des plus grands, qui s’apprécie du début à la fin !


[monter le son]

Dans la catégorie groupes émergents, les seconds se nomment Insecure Men. Au nombre de 9 sur scène dans des costumes vintage, ces protégés des Lennon ont une aura à la fois naïve et lumineuse, que les saxo et xylo accompagnent douceureusement. C’est une métamorphose pour Saul Adamczewski, qui joue également parmi les punks de Fat White Family !!! Un peu mou, soit, sur une heure de live, mais on réécoutera un dimanche sous le plaid c’est certain.


[Oui vous lisez bien: 36min de concert intégral…pas assez de chansons?]

CES BARRES DE RIRE

Assister à un concert de Carpenter Brut peut rendre incrédule. Imaginez-vous plongés dans une métalorgie électronique sulfureuse de vapeurs écarlates. En arrière plan, des vidéos qui switchent entre scènes de sexe et meurtres sanglants, entrecoupées de séances de gym en body échancré des années 80. Et tout autour de vous, un public ultra fan se balançant d’avant en arrière 🤘🤘🤘. Comme si le générique d’Alerte à Malibu devenait métalleux et effrayant. Nos yeux ne sont pas loin de sortir de leur globe… jusqu’à ce moment karaoké d’une reprise de Maniac, et franchement …c’est drôle.

Quelques minutes plus tard, alors de passage devant PNL, nos oreilles captent un discours de foule type « ouais gros, merci d’être tous venus » devant une population pas des plus chaudes qui s’étale sur …40 rangs. Le dernier artiste du premier soir doit faire face à une grand scène VIDE ! Mouahahaha, le plus gros flop des têtes d’affiche, on en aurait presque pitié.


Le clou fût sans aucun doute enfoncé par la tête d’affiche du jour suivant: 30 Seconds to Mars. Au prorata, euh … 20 minutes de musique contre une 1h30 de show parlé à l’américaine ? Jared Leto se poste ici en gourou sous son peignoir japonais, aussi prince que Michael Jackson ganté de paillette. Il court avec un drapeau français géant, tourne énormément sur lui-même tel une toupie rêvant d’être princesse (car il faut l’occuper, seul, cet espace que représente la grande scène!). Prestation à l’américaine ou jeu de rôle au 3e degré, difficile de sonder le bleu des yeux de Jared, derrière les ballons et confettis.
Finalement ce sont les interludes batterie de son frère qui nous feront plus danser que les chansons elle-mêmes, ces moments d’attente interminables lors desquels Maître Jared décide de faire venir 200 personnes sur scène en les désignant de l’index une par une dans le public. « oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, … » Sans parler du froid saisissant qui nous transperçait ce samedi soir…
A l’image de tout le concert, cette vidéo est longue a chanter:


[Vidéo de Nowayfarer]

Un Bonus sur l’after ?

La venue de Charlotte Gainsbourg après son set millimétré et parfaitement produit: elle, d’une douce beauté, accessible et souriante au bar, en toute simplicité.

Stu McKenzie, super sympa, qui a osé sortir des backstages pour danser parmi nous sur nos vieux rock français type des Rita Mitsouko, mixés par Chatoune qui tenait la platine dans ses bras pour éviter qu’elle ne saute de par l’énergie des danseurs sur le plancher.

Et enfin, en apothéose, le DJ set de Novorama, lors de l’after-clôture VIP du festival. Ce genre de set pendant lequel tu espères toutes les 4 minutes que le prochain morceau va être moins bien que le précédent, histoire que tu puisses te reposer un peu…mais non. On a tout Shazamé, on va vous les ressortir en WiseList c’est promis 😉

Après tout çà, on est déjà impatient, le sourire en coin, de savoir ce qu’AEG nous a prévu de plus étonnant pour 2019…

– Julie Lesage –

[Photos  ©Olivier Hoffshir]

 

 

 

 

Rock En Seine : Faut creuser, y’en a des bieeeens

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Au rachat du festival Rock en Seine par Mathieu Pigasse il y a 2 ans, on criait à l’uniformisation des festivals de France sous quelques grands noms, réducteurs de la diversité musicale à ce qu’il y de plus rentable (donc de la daube commerciale). Le rock avait déjà laissé quelque place aux autres musiques actuelles comme les urbaines et les électroniques. Puis cette année, un nouveau scandale de grands tourneurs éclate : l’américain Live Nation réussi à récupérer Kendrick Lamar initialement programmé à Rock en Seine, et le place sur sa Paris Summer Jam à l’U-Arena le même jour que l’ouverture de Rock En Seine, on pourrait presque dire en face, faisant un pied de nez,… La Guerre est déclarée.

Côté public, à l’annonce cet hiver des premières têtes d’affiche d’RES session 2018, les amateurs de rock pleurent, et nous avec : PNL, Macklemore, Justice que l’on voit partout, Bicep, Post Malone….plus une sacrée flopée de rappeurs qui s’imposent dans le tier-quar de St-Cloud, une vague histoire de bizz sur un week-end, …
Les fidèles festivaliers ne s’y retrouvent plus: aucun groupe légendaire à la hauteur des précédentes venues telles QOTSA, Massive Attack, Radiohead ou Foo Fighters.
Jared Leto aurait-il coûté trop cher avec ses 30 seconds to Mars ?

La rentrée approchant, on quitte le sable brûlant et rejette un coup d’oeil à la programmation complète du festival. Finalement, on détecte une dizaine de bijoux d’influence garage, psychédélisme et post-punk, avec lesquels vous pourriez être surpris de l’énergie que déploient nos frenchies, qui n’ont plus rien à envier des excellents voisins british (bien sûr de la partie). Ajoutés à cela un peu de couleurs et sourires australiens et texans, on a notre panel rock :

PARCELS


OK C’est pas du rock, mais Parcels vous donnera le sourire dès le premier jour avec son electro-funk clin d’oeil aux années 70s, teintée de surf australien, ca vous détentra car ce week-end s’annonce aussi comme un bon moment entre copains, avant de se plonger vraiment dans le taf de l’automne.

MNNQNS


Lauréats du prix Ricard Live Music, ces rouennais à prononcer « Mannequins » détonent cheveux longs et rebellion, sur un post-punk aux influences Joy Division.

THE LIMINANAS


Le duo de Perpignan a changé plusieurs fois de chanteuse, a navigué de yéyé français à garage rugueux. Avec leur nouvel album Shadow People, il se sont fait une place, aimés des plus grands tels Anton Newcomb, Arnaud Rebotini, Franz Ferdinand, et Primal Scream. A ne pas manquer !

KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD


Au rythme de 5 albums sortis en un an, les sept australiens surf du garage au rock progressif, dans une optique hautement psychédélique. Leur création est si foisonnante, qu’on ne peut prédire leurs concerts. Vous verrez donc bien…

THE PSYCHOTIC MONKS

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Si le rock pour vous se définit par un chaos de riff saturés dans une brume épaisse, vous trouverez bonheur chez ces moines qui ont brûlé leur toge dans laquelle leurs cheveux longs s’emmêlaient. On espère juste qu’ils n’amèneront pas la pluie.

FAT WHITE FAMILY


Super groupe de rock, ces punks dans l’esprit sont à la vodka dans le gosier et déjantés sur scène, du pure british comme on l’aime.

THE BLACK ANGELS

Les piliers du psychédélisme texan vous feront chavirer dans une torpeur qui malgré toutes les couleurs virevoltantes sur écran, restera bien sombre.

JESSICA93

Ca vient du 9-3, mais ca sent le shoegaze, la cold-wave et surtout le badass. Pour une fois que le bon rock noir n’appartient pas qu’aux Anglais, on en est très fier !

IDLES

Enfin Idles, ces Anglais avec leurs paroles au vitriol, parfois engagées, toujours énervées, on fait un tabac l’année dernière. Ils reviennent, faites gaffe: ca va pogoter.
« Mother….fucker! »

– Julie Lesage –

Photo Une ©Mathieu Foucher

VIDEO: Live intégral de Cannibale au Yeah!

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On avait écouté distraitement leur premier album No Mercy for Love sorti l’année dernière. Cannibale y offrait un rock d’ambiance, plutôt T-shirt que perfecto, avec des rythmes ensoleillés pour « une sorte de garage réunionnais « , bien travaillé, bien sympathique, trop tropical pour nous envoyer la chair de poule pour une sortie d’hiver.

Mais si d’entente, d’une ca sort chez le merveilleux label francais Born Bad Records, et de deux, ils sont sélectionnés dans la prog du festival Yeah! (meilleur festival de France dixit nous, meilleur festival de l’univers dixit David Shaw) par notre chevalier national  Laurent Garnier et l’ancien programmateur du Pop In Nicolas Galina, …c’est que la qualité est forcément au rendez-vous.
C’est définitivement sur scène, lors d’un apéro encore ensoleillé, que Cannibale révèle son capital ambiance d’été.

La preuve avec leur live filmé intégralement par Culture Box.
– Julie Lesage –

Voir le reportage video sur le festival Yeah

[Photo Une : CAUBOYZ]

Au menu bigarré : un happy meal sans limites

HMLTD / Petit Bain

Alors que les lives des producteurs techno et rap peuvent sembler bien fades visuellement, il existe quelques groupes à l’esprit mi-barré mi-punk, donc forcément théâtral, qui pour une soirée te donne envie d’exhulter, de crier, de te parer de 1000 couleurs, d’exploser tes coutures, d’exister puissamment.

C’est le créneau de l’électro barrée de Faire,
qui entamait la soirée au Petit Bain en DJ set.
C’est le crédo d’Happy Meal Limited,
un groupe impossible à ranger dans un genre précis, qu’un public bigarré bien tassé attendait avec impatience.
HMLTD, c’est un peu le projet X au Mac Do (dont la plainte a acronymé le nom du groupe), c’est Ronald en jupe qui saute dans les boules multicolores.
C’est aussi un des rares groupes de rock qui dirige le manche de ses guitares vers l’avenir plutôt que de ressasser les anciens courants des années 70.

6 mauvais garçons (3 français,2 anglais et 1 grec), à la bouche grossie de rouge ou noir mode Marilyn Manson, aux cheveux colorés parfois léopard, mêlant électronique et rock sur un opéra déjanté de costumes brillants, qui débarquent et entraînent la culbute dès leur premier morceau Proxy Love.
Le groupe dépoussière la batcave et y introduit l’électronique jusqu’au dubstep, sur des constructions étonnantes, qui switchent en interne aussi vite que l’on change de track sur Spotify, mais surtout très entraînantes, à l’image de leur titre cavalcade To The Door.

Ces gars là ont tout compris, et c’est sans doute grâce à des groupes comme celui-ci que, non, le rock ne mourra pas, il opérera une mutation.

La mélodie « gaming » de Music repousse à plus tard notre age adulte, les 10 premiers rangs piétinent frénétiquement en répétant « music, music, music » comme comme des tarés effrayants. L’exercice est à la fois absurde et libérateur. Et toute cette énergie dépensée est surtout encouragée par un frontman du nom de Henry Spychalski, déchaîné sous sa casquette militaire, jonglant entre le romanesque et le grotesque à répéter Kinkaku-Ji, et qui finira bien sûr en moule-bite à la fin de cette soirée torride.

Torride parce qu’on est beaucoup trop collé/collant et qu’un concert d’HMLTD, c’est quand même du sport pour éliminer les frites.
Torride aussi car le show entier tourne autour de personnages glam rock version multi-love LGBT que renforcent le maquillage des artistes et la participation des drag-queens La Poutre, Angora Von Lear et Diana Frask sur le refrain de Satan, Luella & I...
Tout ce joyeux bordel rappelle ô combien les scènes de David Bowie. Même la voix de notre chanteur valse entre les graves et les aigus, ce qui donne des airs de démence à un spectacle déjà délicieusement chaotique.
Le menu spécial enfants casse les définitions préétablies, et pourrait remplacer l’enseignement de la théorie du genre à l’école, ce serait plus marrant et sans aucun doute mieux retenu.

On essaie de reprendre nos esprits sur des morceaux plus « construits » et posés comme Is this what you wanted? Et on découvre quelques nouveaux titres puisés d’un nouvel EP qui devrait sortir le 06/07. On a hâte d’écouter çà !

– Julie Lesage –
[Photo RS : D. Prezat]

Le retour du Marquis (un samedi soir à Villette Sonique)

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Après le remue-ménage qu’a connu le festival en début d’année avec le départ de son programmateur originel (Etienne Blanchot, qui aura tout de même réussi à caser les artistes de ce soir-là, entre autres, merci à lui), je ne savais pas trop sur quels pieds j’allais danser. Accred’ photo en poche, j’arrive motivé mais un brin fébrile tout de même.

EXPLODED VIEW

Anika Henderson, à l’origine journaliste politique, a commencé sa vie de musicienne/chanteuse en 2010 en rejoignant Beak> à l’initiative de Geoff Barrow pour un album de reprises qui s’appellera de fait … Anika et dont chacun se fera une idée. Elle fondera ensuite Exploded View, basé à Mexico. Leur premier album sorti en 2016 chez Sacred Bones puis un EP engagé en 2017 leur auront permis de figurer parmi les groupes à suivre.

Pas vraiment explosif
Leur set, aux teintes crépusculaires, fait la part belle à des tracks mid-tempo aux guitares brumeuses, aux rythmes travaillés et soutenus par un synthé discret mais présent.  De sa voix fantomatique, légère comme l’éther, Anika et sa bande enchaîne les titres entre dream pop et dark rock envoûtant. Son immobilité échancrée d’une gestuelle minimaliste et gracieuse, comme un saupoudrage, peut agacer ou charmer tout à la fois. Sympa, la grande blonde aux chaussures noires quittera sa position fixe pour venir chanter un peu plus près du public, pour un court moment.

Less is more
Leur musique évoquant plutôt un cocon, la scène est peut-être un peu grande, chacun étant disséminé dans son coin alors qu’on les verrait mieux jouer ensemble avec plus de proximité, comme en famille. On les sent pas forcément à l’aise dans cette configuration. Ils se rassembleront d’ailleurs, notamment pour le rappel où le batteur troquera son instrument pour une guitare qui conclura ce set parfait pour une entrée en matière quoiqu’un peu amorphe et manquant de charisme. Ce que les deux prochains bands ne pourront que confirmer, en comparaison.

ANNA VON HAUSSWOLFF

Très attendu, tellement son dernier opus nous a soufflés (chez Wisesound et ailleurs), rarement un show m’aura laissé autant dans l’expectative. Or en découvrant une scénographie compacte, fournie, les musiciens se trouvant au même plan en front de scène, sauf peut-être le mec aux synthés, je sens qu’on va assister à quelque chose d’inhabituel.

Ténèbres lumineuses
Juchée derrière un orgue électronique en surplomb du reste au milieu de la scène, AVH (ouais désolé c’est pas très stylé mais plus court) apparaît telle une prêtresse venue célébrer le grand sabbat, toute en ombre découpée par une lumière violette projetée par derrière.
Un long drone d’orgue et de basse à l’archet (The Truth, The Glow, The Fall) nous plonge d’emblée dans un monde obscur dans lequel sa voix pénétrante nous accompagne, entre Julee Cruise, Loreena McKennitt  et Lisa Gerrard (parentés vocales qui me viennent immédiatement à l’esprit la concernant pour cet album) initie ensuite un mouvement de balancier, invitant à une lente transe chaleureuse et réconfortante, une sorte de béatitude.

Au deuxième morceau (The mysterious vanishing of electra, où là on pense direct à PJ Harvey), on comprend qu’ils vont dérouler le dernier album (chouette), entre drones vrombissants et rock épique, répétitif et intense (Ugly and Vengeful qui n’en finit pas de provoquer l’abandon le plus total de nos sens), jouissif pour tout dire.

La messe est dite !
Même si j’attendais ça de pieds fermes, ma cage thoracique en prend un coup (la faute aux subs à 30 cm de distance ? ;)), surpris et ravi de la puissance déployée ici et de la communion entre les musiciens (entre eux) et leur musique. AVH (ouaip sorry , encore) chante à gorge déployée, utilisant toutes les nuances de sa voix, secouant la tête en tous sens accrochée à son clavier, tantôt en mode déesse conquérante, tantôt à genoux avec un énorme harmonica, ou encore en elfe rock and roll avec sa guitare folk modèle Jumbo, et ses compagnons, frères et apôtres, accompagnent cette grand messe avec une belle ferveur.

Sa présence scénique, intense, habitée, généreuse, sensuelle emporte tout sur son passage. Créant à l’unanimité une vague d’adhésion et de plaisir parmi le public, nous voilà parcourant les limbes extatiques d’une musique quasi chamanique, prompte à envahir les tripes pour pénétrer le coeur et illuminer l’âme. Me voilà totalement converti, amen.

MARQUIS DE SADE

Reformation bidon ou retour en grâce ?
Costume noir, étoile rouge au col, simple t-shirt sous la veste, Philippe Pascal, leader charismatique du groupe venu de Rennes qui a remué la scène punk française entre 77 et 81 (et pas que, ils sont même passés chez Le Luron, ouais ouais !!!), commence par « Nous étions Marquis de Sade ». Et bam ! Faut dire que ça pose comme introduction, en mode « comme ça c’est clair ». En d’autres termes, “Pas la peine de se faire un film, ce n’est pas un retour, juste un bon moment à passer”.  En même temps, on connaît l’intégrité du bonhomme (ainsi que les bisbilles internes avec son “frère ennemi” de guitariste Franck Darcel), on en n’attendait donc pas moins.

The Thin Black Duke
Cerné de spots de cinéma vintage géants, le combo entame sa tracklist en trombe, avec une rigueur et une énergie qui ne faibliront pas durant tout le show.
Magnétique et sensuel, Pascal capte une bonne partie de l’attention avec sa gestuelle expressionniste et son air de dandy dark, tandis que ses compères jouent leur partition avec détente voire un certain plaisir non dissimulé.
Un court intermède au saxo nous permet de reprendre souffle avant d’enchaîner sur Smiles.

Uberraschung !
Arrive ensuite la première “surprise” de la soirée, M. “ex-Jeunes gens modernes” Etienne Daho vient donner la réplique au Marquis sur une reprise du Velvet Underground (Ocean). Bon, pourquoi pas, pas sûr d’apprécier la plus-value à sa juste valeur, Daho faisant grise mine, tout immobile qu’il est aux côtés du maître de cérémonie, je me laisse quand même porter par le courant de cet océan nostalgique.

Le groupe reprend ensuite le fil de son catalogue entre post-punk endiablé et rock nerveux d’excellente facture, en anglais (Walls, S.A.I.D…), français et allemand (Conrad Veidt, Nacht und Nebel).

OMG
La seconde surprise sera plus surprenante et va plonger le public et moi-même dans une certaine “perplexitude”. En effet, le groupe a décidé de confier le featuring de Wanda’s loving boy au demi-dieu de la variété française 90’s, j’ai nommé Pascal Obispo. En clair, on a tous envie de danser, mais quelque chose nous englue les pieds au sol, puissance U-hu, accompagné d’une légère nausée.

Heureusement ça ne durera pas longtemps et nous reprendrons le plaisir là où nous l’avions laissé le temps de ce trou d’air. La bande du marquis enflamme la salle jusqu’à la fin, même jusqu’au pogo (faut dire que le gars ultra fan qui a beuglé pendant tout le concert à côté de moi a fini par trouver des copains pour jouer).


[Vidéo de « Orson755 »]

Mention spéciale aux vidéos d’époque, extraits de films expressionnistes et autres illustrations troublantes évoquant la noirceur de la condition humaine qui auront admirablement servi de toile de fond à ce moment d’anthologie.

La soirée se terminera par un simple rappel, on sent (encore une fois) que l’idée n’est pas de s’appesantir sur un passé révolu. Quoiqu’il en soit, tout le monde ressort avec le Smiles et un petit goût de trop peu/reviens-y. Comme quoi, le groupe le plus sexy (aux textes poético-engagés) du début des 80’s nous aura rappelé qu’une bonne fessée de temps en temps, ça ne fait pas de mal !

Texte et photos Alexis Cangy
[Cliquer ci-dessous pour agrandir]

Marquis de Sade

Anna Von Hausswolff

Exploded View

New Material – Preoccupations

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Démarré il y a 6 ans sous le nom Viet Cong, Preoccupations déboulaient avec leurs états d’âme en proposant un post-punk qui a fait dresser l’oreille à plus d’un avec ses rythmiques plus rock tribales que cold, une énergie propre au style, mêlant dépouillement rêches et lignes mélodiques parfois alambiquées, un chant éraillé et nerveux, des phrasés de guitare new wave et saturés mais pas que, avec des séquences de synthés aux ondes plus rondes que carrées donnant une forme de respiration spirituelle.

Après un deuxième album plus accessible que le premier, au chant plus présent et plus travaillé, des rythmiques plus variées, le groupe de Calgary revient avec un nouvel opus titré New Material (Nouveau Matériel, sic!), titre anecdotique comparé au propos et à la force qu’il déroule le long de ses 8 tracks sans ambage.

Plutôt que du neuf, le groupe pousse le bouchon un peu plus loin en faisant la synthèse des deux précédents, conservant l’aspect frontal et duraille du 1er et l’abord plus ouvert et « enjoué « du 2nd, si l’on occulte la noirceur qui sous-tend l’ensemble.

Celui-ci gagne en puissance et en cohésion, on sentirait presque une certaine ampleur. Le 1er titre entre directement dans le vif du sujet, que l’on sent récurrent à chaque titre. Celui de notre société numérisée où chacun s’espionne à ciel ouvert, (se) laisse faire et s’engouffre dans son propre narcissisme, nos relations en forme d’eau stagnante, où nos individualismes exacerbés et complices du non-sens environnant se croisent fébrilement, les bras ballants et sourires extatiques pour masque d’un quotidien que plus personne ne cherche à défendre ni combattre, résignés. Dystopie ou triste réalité ? Chaque morceau nous rappelle que nos agissements tiennent plus de l’agitation que de l’acte, nos relations un jeu de miroirs vides de reflets signifiants, et le tout un système complexe que nous avons nous-mêmes perfectionné avec soin mais qui n’est au final qu’un voile de cendre et de fumée. Et oui, il est intéressant de lire les paroles et d’en extrapoler quelques interprétations parfois.

Peut-être un brin pontifiant, le constat est assez pessimiste et acerbe, la musique oscille entre frénésie extatique et fébrilité cotoneuse, reprenant les racines du genre (le charley de Espionage fait quand même vachement penser à celui de A means to an end de Joy Division), tout en conservant sa singularité. Le chant se fait plus choral par moments qu’auparavant (on entendrait presque parfois la douceur de Martin Gore pour les choeurs ou le lyrisme d’un Ian MacCullock) alors qu’on sent que la voix est mixée moins en avant que pour le 2 opus.

Certains titres claquent comme un coup de fouet pour nous réveiller (Espionnage, Decompose, Antidote), d’autres plus mélancoliques (Disarray, Manipulation, Doubt) nous renvoient à notre torpeur. L’album se conclut sur Compliance, un morceau épuré, percussif, qui semble vouloir nous redonner foi. Alors New Material ou pas, Preoccupations creuse le sillon de sa différence dans une new-wave très rock, exploratrice et primitive, inspirée et intègre, à la fois franche du collier et sophistiquée, et relativement accessible… enfin, pour qui ne cherche pas à se voiler la face en buvant cette fiole de fiel multivitaminée.

– Alexis Cangy –

New Material de Préoccupations, chez Jagjaguwar Records
Vinyle dispo sur Amazon

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APTBS : A place to bury your ears…

 

A Place To Bury Strangers (APTBS pour les intimes) est passé au Trabendo nous présenter son nouvel album Pinned (aïe !), tout frais sorti chez Dead Oceans. Ca n’affiche pas complet et pourtant la salle est comble, entre fans surexcités et novices prêts à se laisser tenter, sans se douter qu’en fait on va tous se faire bousiller en moins de temps qu’il n’en faut pour épeler le mot N.O.I.S.E.

En effet, dignes rejetons de la scène No Wave bruitiste de la côte EST des USA, les APTBS ont un certain AFD (Appetite For Destruction), leur rock incandescent puisant autant dans le post-punk énervé, la dark wave moite, l’indé noisy, le psyché saturé, voire le shoegaze qui s’ignore et autres joyeusetés fuzz.

[Il faut dire qu’ils fabriquent eux-mêmes à la main leurs propres pédales fuzz, delay, et reverb (mais avant tout fuzz) destinées en général à ravager complètement le signal de toute source sonore passant par là. Elles sont d’ailleurs commercialisées sous la bien nommée marque Death by audio (vénérée par les expérimentateurs qui ont les moyens]

Dès le premier morceau, on prend trois baffes pour finir plaqué au sol et malgré tout, on en redemande. Une fumée digne The Fog nous enveloppe bruyamment et nous voilà plongés dans une pénombre rugissante à réveiller quelqu’un qu’on viendrait d’enterrer (haha). Et une première basse fracassée à terre alors qu’on ne s’est même pas relevés !

On enchaîne direct avec Never coming back du dernier opus qui met tout le monde d’accord avec son mantra qui fout la transe. Ainsi les morceaux s’enchaînent dans une fureur digne d’une comédie musicale façon Mad Max Fury Road.

Lia Simone Braswell, batteuse émérite, nous octroiera une pause syndicale avec un instant vocal puissant et bluffant, accompagnée d’une « simple » cithare. Mais rapidement la basse gonflée à bloc de Dion Lunadon, la batterie massive et la guitare maladivement rageuse d’Oliver Ackermann reviendront au galop nous envoyer à la face leurs harmoniques suffocantes.

Au bout d’une heure de ce déluge sonore, le trio se rassemble subrepticement au milieu du public, comme dans une coquille, pour un set plus électro indus, le temps de trois morceaux dont certains sur la face bonus du dernier album.
Puis de retour sur scène après cet interlude rafraîchissant comme 30 mn passées dans un sauna, la tempête reprend de plus belle, en plus punk, plus rapide, rugissant encore, plus fort. Cette fin de set prend des allures d’expédition punitive en vue d’une destruction définitive des conduits auditifs, ça pogote et slamme à tout va dans la fosse. La conjonction des planètes n’était décidément pas du côté des photographes, avec cette atmosphère alternant brouillard RVB, ténèbres enfumées et flashs stroboscopiques décidés à engendrer une nouvelle génération d’épileptiques dopés au bruit blanc réverbéré.


[Et oui, à un moment je tombe mais ne lâche rien ! ;)]

Après une grosse montée d’adrénaline répétitive pour le dernier track, tout s’arrête, pas de rappel, fin, the end. On se retrouve, tout penauds, au bar, sonnés et assoiffés. Les « Comment ? », la main en pavillon contre l’oreille, fusent de partout, moitié pour la blague, moitié sérieusement.

Le groupe semble bien être ce dont il se vante : le plus bruyant de Brooklyn et certainement de tout l’univers. D’ailleurs ils devraient s’appeler A place to bury your ears…

// AFTER (work) //
Prévenus d’un after en mode DJ set au Supersonic, nous nous y rendons gaiement. Et là, surprise, les mecs passent des trucs qui n’ont rien à voir, de la variét’ internationale 90’s entrecoupée de sons rock noise, qui au final nous aurons aidés à finir la soirée en dansant en toute insouciance, on en aura profité pour leur taper un high five dans la jovialité la plus totale. C’est bon de rire parfois… aussi.


[Oliver – à droite – Hamster Jovial et ses louveteaux]

Texte et photos : Alexis Cangy / exceptée photo « pénombre » ©Marine Renard

Quand les femmes s’en mêlent, ça déménage

 

Mars 2018, déjà la 21e édition ! Plus de 20 ans que ce festival célèbre les femmes, leur créativité et leurs délires musicaux. Et pourtant ce festival Les femmes s’en mêlent, moi je l’ai découvert il n’y a que 3 ans.

Étonnant! vous me direz, puisqu’il est présent un peu partout dans Paris et ça dès mi-mars : son cœur battant à la Machine du Moulin Rouge et son pouls vibrant dans différents lieux Parisiens pour divers événements musicaux.

Un festival si singulier de par son éclectisme et ces artistes si sincères et généreuses que nous devions y faire un tour.

Le rendez-vous était pris : samedi 17 mars au soir, Machine du Moulin Rouge et au menu, du Hip Hop californien, du rock garage noisy, du rap suisse et de l’électro.

BLIMES BRIXTON, LA GÉNÉROSITÉ DU FLOW 

A peine arrivés, et déjà la claque !

Une claque blonde, énergique et californienne. Un flow généreux et sincère. Normal, notre jeune rappeuse a commencé en faisant du freestyle et des battles. Une volonté sincère de partager ce moment de scène avec nous: Blimes nous parle directement, descend dans la fosse, danse avec nous.

On se croirait entre potes. Elle nous énergise, à tel point que l’on n’hésite pas à monter sur scène avec elle pour danser ou encore pousser la chansonnette en duo avec elle.

De loin le meilleur concert de cette soirée !

RÊVERIE ET SON PARTAGE D’EXPÉRIENCE

Autre scène, autre ambiance. Sur la scène centrale de la machine, on attend avec impatience RÊVERIE. La tête d’affiche hip hop de cette soirée ! Elle a du métier maintenant. 10 ans qu’elle vadrouille les scènes. Et c’est jeune, très jeune, à 17 ans à peine, qu’elle devient la figure montante du rap underground californien. Prolifique, elle a déjà trois albums et quatre mixtapes à son actif.

Elle fait monter la tension en laissant sa MC mixer, peut être un peu trop à notre goût… Enfin, elle arrive et se lance dans un rap déchaîné !

C’est indéniable : elle a un flow de folie. Elle survole les lyrics avec une aisance déconcertante. Le summum du concert est atteint lorsque Blimes débarque pour entonner à l’unisson avec RÊVERIE un « I just woke up in Paris » comme pour se persuader que tout ceci est bien réel. Paris comme une consécration, une réussite, une fierté! Le public s’enflamme !

Seul bémol : chaque chanson est entrecoupée de longs monologues où RÊVERIE se fait la voix de la morale et partage son expérience pour « inspirer » son public. Le rythme est cassé et nous aussi…

KT GORIQUE ET LE RAP SUISSE FUT

Un sourire, une envie de se faire et de faire plaisir indéniable, KT GORIQUE vient de monter sur scène. Véritable bête de scène, elle se déhanche et nous dynamise de son énergie positive ! On se trémousse au rythme calé de son rap puissant, tantôt teinté de reggae tantôt inspiré de musiques africaines. Suisse d’origine ivoirenne, KT Gorique le revendique et se pare même de peintures évocatrices sur le visage.

PINK KINK OU LE ROCK GARAGE BIEN NOISY

Groupe improbable aux sous vêtements voyants, Pink Kink se déchaîne sur la scène de la Chaufferie. Un savant mélange noisy de rock garage, de punk, de riff de guitare et de psychedelic. Un quintet qui aime à provoquer, tant par leur présence scénique, leurs tenues, leurs textes.

CATHERIN ET SA TECHNO SENSUELLE

On est toujours dans la même salle, la chaufferie, mais on a changé d’atmosphère. CATHERIN nous envoûte avec une techno sensuelle, animale. Elle laisse aller son rythme primaire qu’elle habille de « vocals » de sa création. Tranquillement, nous avons découvert différents états d’excitation et d’euphorie: la musique de part ses genres si nombreux est capable de nous faire vivre tant d’émotions en si peu de temps !

Avec CATHERIN, la soirée électro a commencé, laissant la porte ouverte à de grandes dames : SAMA’ et IRENE DRESEL.

SAMA’ L’INSPIRANTE

Comment ne pas être inspirée par cet artiste si emblématique de l’underground palestinien, qui a réussit à faire émerger la techno à Ramallah ?

Simple, cachée derrière sa platine, elle déroule son mix, parfaitement. Doucement d’abord plus fiévreusement.

Rien à dire, on est pris ! Et on décolle avec elle pour ne redescendre que quelques heures plus tard. Rassasiés et heureux. C’est ça quand les femmes s’en mêlent !

-Marine Lombard-

Crédit photos – Antoine Boissonot

Les meilleurs morceaux rock de 2017

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Il est l’heure de se mettre à jour.
Playlist ci-dessous, à l’écoute sur toutes vos plateformes : Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud (17/33)

Découvertes rock hors des sentiers battus ou morceaux ultimes de gratteux fameux, ces tracks ont fait grincer la guitare entre nos côtes et agravé cette tendinite à la nuque par à coups. Le genre de son qui sera toujours aussi bon, même dans 40 ans.
C’est avec grande attention que nous suivrons l’évolution de leurs auteurs : Pale Honey, Methyl Ethel, DBFC, The Psychotic Monks, BRNS, The Liminanas, Projections, Idles … et on espère en voir quelques-un en festival cet été !

Voici donc notre BEST OF des sorties Rock de l’année précédente. Régalez-vous. Bisous.

 

Docu: Dieu, Diable et Rock’n’roll

La musique est la meilleure religion, plus besoin d’église.

D’Elvis à Marilyn Manson, l’église s’est toujours offusqué devant le rock, l’appelant la musique du diable: racine de musique noire, pacte avec Satan pour le club des 27, backmasking de louanges, paroles violentes sont les causes d’une croisade de parents chrétiens voulant protéger leurs enfants de cette musique de fous. En 1966, le Ku Klux Klan fait jeter les disques des Beatles au bûcher. Les groupes comme Jethro Tull répliquent en démontant le pouvoir de l’église dans leurs paroles, certains même vont jusqu’à embrasser la théorie du satanisme et créent le black metal en Norvège. Le diable fait vendre et devient un produit marketing…

Arte nous offre un très bon documentaire sur l’amour vache entre l’église et le rock.

WiseList #23

La Pavane est une danse de cour lente du XVI siècle, pas grand chose à voir avec cette ma-gni-fi-que quiétude rythmée, on y entre tout doucement et on se surprend à recevoir le rythme dans la nuque jusqu’à ressentir cette envie irrésistible de sortir. Parfait pour éveiller vos sens d’écoute pour la suite de cette 23e WiseList.

BEATMAKERS
On s’intéresse aujourd’hui à la black music amenée par la house/hip-hop de Blutch et de Blue Sky Black Death, le genre de musique qui te réveille en douceur et bonne humeur le dimanche matin. Une autre tournure du hip-hop est amorcée avec Estère, jeune new-zealandaise qui produit ses morceaux elle-même en pyjama dans sa chambre. A la fois chanteuse et beatmaker, elle amène un peu de fraicheur féminine dans le milieu.

POP
En parlant de fraîcheur, on ne peut mieux faire avec SOAK qui parait avoir 15 ans (en fait il en a 18 mais n’a pas encore mué). Ce n’est pas Jordy mais mieux. Il sera d’ailleurs en concert gratuit lundi 23 Février (donc demain) au Carmen ! Le suivant Apparat est déjà un pilier, on est juste retombé sur une ancienne qui passe très bien et on a voulu la ressortir en WL. Voilà.

ROCK
Alabama Shakes trace sa route entre blues-rock et soul, c’est un peu le type de chanson qui peut passer sur toutes les radios, qui s’inscrit très bien dans la tendance après Mark Ronson. Une que l’on entend pas à la radio et c’est bien dommage, cela nous reposerait, c’est la canadienne Chinawoman avec sa voix si particulière de dandy mi-homme, mi-femme. On adore donc on en met deux dont la fameuse Party Girl. Et puisqu’on est dans les doubles rations, allons-y c’est gratuit, suivent 2 tracks de The Liminanas. Marie et Lionel revisitent les années 70, psychédélisme et cheveux au vent, préconisé à fond dans la voiture sur une route de campagne, si t’en as une de voiture. Et puis tu coupes le moteur et descends dans une cave un peu crado où Deficit Budgétaire joue son nouvel EP, car We Are, no matter la crise. Enfin vendredi 13 mars, c’est plutôt au Garage Mu qu’ils vont réellement jouer, avec Blackmail dont on vous reparlera. Plus on écrit en écoutant, plus on se dit qu’elle a du chien cette WiseList. Surtout quand résonnent les guitares de The Soft Moon. Perso, on ira les voir aux Nuits Sonores à Lyon en mai, mais pour les parisiens stoïques, ils passeront également le 3 juin à la Maroquinerie. Pour les Steeple Remove, c’est trop tard, c’était jeudi au Point Ephémère avec cette reprise sooooooo sexy Unclean, perso on la voit bien pour un strip-tease rock celle-là.

ELECTRO-HOUSE
Ghost Culture dont on a fait la chronique album ici a joué complet à la Boule Noire mardi dernier c’est dire si le jeune protégé de Daniel Avery était attendu sur Paris. Une autre belle surprise ce mois-ci, c’est un nouveau titre de Hot Chip, hyper dansant qui plus est, et çà ça faisait longtemps…Un nouvel album prévu pour cette année donc?
On enchaîne avec TR/ST (parce que Trust est déjà pris dans le hard rock par les copains d’AC/DC), groupe synthpop coldwave canadien qui tourne pas mal sur l’hexagone en ce moment. Puis, la meilleure de Ricardo Villalobos: Dexter. Elle te met dans un état second, et te prépare pour la suite: 2 artistes confirmés pour les Nuits Sonores. L’invité d’honneur Môsieur John Talabot, et une petite trouvaille, Mehmet Aslan, berlinois d’origine turque, qui donne de très bons espoirs avec Mechanical Turk. Si tu sais rouler des épaules, c’est le moment. On lui souhaite un très bon accueil à Lyon! On finira sur un deuxième morceau du beatmaker Blutch, plus dans le genre lounge dansant.

BERCEUSES
Avant d’aller vous coucher, une douceur, The Quiet de Chelou et une magnifique berceuse, digne des vieux disney avec Ala.ni: auteur-compositeur de London ayant fait ses premiers pas auprès de Mary J Blige, Damon Albarn ou encore Andrea Bocelli, elle sort de l’ombre et son premier EP Spring cette année.

La release party virile des Black Strobe

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J’arrive à la bourre, pile lorsque commence le concert de Black Strobe avec la lancée de Boogie in Zero Gravity, ambiance dansante d’emblée assurée avec le titre disco ce mercredi, release party de leur nouvel album Godforsaken Roads, avec carte blanche à Arnaud Rebotini et ses amis.
« Bonsoir, Mama told me… » From the Gutter est la suivante. Donc OK, on commence comme ca, direct, en électro, pas besoin de chauffer la salle, soit. Au sein de la petite salle New Morning du 10e arrondissement, on se sent vraiment privilégié. Le public est au plus près du groupe, la bonne humeur se propage « I never felt so good… » Arnaud Rebotini chante de dos, le micro penché, la cadence au genou, plus humble que Johnny, avec une sacrée dose de virilité, notamment grâce à  sa voix reconnaissable entre toutes et à sa stature imposante. Le troisième titre réveille le côté index et auriculaire levés du groupe: Brenn Di Ega Kjerke offre une grosse montée bien rock et bien violente, uniquement temporisée par la techno made in Rebotini.

Black Strobe New Morning 12/11/14 Wisesound 7

Le batteur Mathys Dubois se met ensuite au clavier pour Folsom prison Blues . Petite interlude sans tambour pour un hommage à Johnny Cash. Chaque membre du quatuor pianotera ainsi l’un des trois claviers de la petite scène pendant la prestation, abattant une deuxième carte musicienne. Se succèdent Broken Phone BluesDumped Boogie, Monkey Glands; le rock gagne en volume sur les claviers, Benjamin Beaulieu attrape sa basse. « So I pray my Lord Jesus Christ to send me down love, … » Arnaud Rebotini prêche au micro. Sans la musique derrière on pourrait se croire en présence du pasteur dans un épisode de la série Carnivale, le chanteur impose son personnage, sur un monologue bien plus long que sur leur nouvel album, faisant bien monter la souffrance impliquée dans ses prières jusqu’au retour du refrain rock qui fédère l’audience avec ses « oorrrah, oorrrah ».

Au rappel, (oui c’est court! mais y’a du monde sur le line up), Arnaud remonte sur scène avec un deuxième « Bonsoir ». Pas vraiment bavard, réservé peut-être? Ce sera le seul mot à l’encontre de son public, à domicile. J’aurais pensé Black Strobe plus fou-fou, s’amusant sur scène. Les musiciens restent très humbles, point de galipettes pour le rock-blues-electro, point de discours ou d’échange hors chanson avec le public; mais qu’importe, leur musique est assez puissante pour déchaîner une foule, sans besoin aucun d’une extravagance supplémentaire. Bon point: presque chaque morceau est rallongé pour le plaisir du live, et ca, ca fait plaisir!

On enchaînera avec For Those Who Came on Earth thru the Devil Asshole, puis à la demande générale bien sûr I’m a Man, qui durera pfff je dirais au moins quinze minutes, si ce n’est plus, entre les monologues théâtraux d’Arnaud et les déchainements du public sur les riffs de guitare de Mathieu Zub ! Tu la voulais ? Tiens j’espère que t’en auras assez!

On finira la chaude soirée avec The House of Good Loving et quelques derniers ébrouements, car oui Arnaud adore faire le cheval. Black Strobe descend de scène pour laisser place à DJ Pone puis au retour de Arnaud Rebotini seul avec sa techno. En tout cas on attend la prochaine date pour un spectacle plus long et plus complet!

Voir les photos du concert ici.

 Merci à A nous Paris et Grolsch pour l’organisation de cette soirée Grrrrr !

Black Strobe New Morning 12/11/14 Wisesound 5

La compil’ pré-Transmusicales 2014

Si vous hésitez encore à prendre vos places pour les Trans, on vous a fait une sélection des découvertes de cette saison 2014: en avant-première, tous les groupes qui feront les prochains festivals d’été, et dont on parlera l’année prochaine.

POP: Superets, FUZETA, My Summer Bee, Compact Disk Dummies, Raury, Puts Marie, Moses Sumney

ROCK: I Me Mine, Grand Blanc, Jambinai, Bantam Lyons, Eagle Gift

CLUBBING: Jungle by Night, TOO MANY ZOOZ, Shamir, DBFC, The Hacker, DollKraut, Rone, Ten Walls, Thylacine, N’To, Marco Barotti

Plus d’info sur le festival: Transmusicales 2014


SANS DORMIR de BOT’OX

bot'ox sans dormir

La pochette de l’album : une boite de nuit de béton glauque, abandonnée en pleine campagne, une ambiance rock et disco, un je ne sais quoi des années 80. Le 27/01/2014, Bot’Ox sort une Deluxe Edition de Sans dormir, avec un deuxième CD pour 9 Bonus Tracks. L’occasion de revenir sur ce deuxième opus après Babylon By Car, dans lequel le duo garde l’univers mécanique mêlant rock et electro pour une virée en discothèque (la Cadillac au parking).

On commence doucement avec Basement Love, on pense tout de suite à l’électro-pop de Air, fierté française, doublée de la voix sensuelle des Foremost Poets (Philadelphie). Puis Grands Boulevards : déferlante de riffs rock comme on aime. Avant Sans Dormir déjà, nos préférées étaient inscrites dans cette ambiance instrumentaliste rock, comme une bonne B.O. de film fou et rocambolesque. Grands Boulevards reprend là où Crashed Cadillac et Bearded Lady Motorcycle Show nous avait laissés. Rien à voir avec la couleur du lieu parisien truffé de pubs de toutes nationalités mais sans vraiment de caractère, nous sommes ici sur les grands boulevards d’un cinéma violent et noir. 2.4.1 est un peu difficile d’approche car la voix ralentie empêche d’apprécier pleinement les arrangements de Samy Osta du groupe Rover que l’on aime aussi beaucoup. Une envie irresistible de changer le positionnement du bouton 33 tours vers 45 tours, ou d’abandonner un poivrot à son monologue. L’enchaînement avec Another Form of Fatigue est à peine perceptible, titre explicite.

        L’unité de l’album ne se trouve pas dans le genre musical. On passe de la synth-pop au rock sombre pour finir sur de l’expérimentation dérangeante. Non l’unité se trouve dans ce que raconte ce nouvel album. Une épopée retranscrivant les pires de nos nuits blanches. La bande originale d’un Trainspotting se déroulant en une seule nuit. On est dimanche et c’est le jour parfait pour comprendre l’oeuvre dans son intégralité. Sans Dormir est compilé de descentes et remontées, de sons et voix distordus rappelant un bonne gueule de bois. Je ne sais plus si la mienne revient ou si c’est cette musique glauque qui m’en offre une deuxième virtuelle.
On plonge dans cette bande originale, expérimentale certes, mais offrant tout de même quelques portes d’accès. Mark Kerr, vous vous rappelez? qui avait collaboré avec Discodéine, y apporte par exemple quelques touches de légèreté. Comme si la gueule de bois était passée, on retourne sur la piste de cette boite fantôme. The Face of Another est majestueusement complète : une entrée à la Trentemoller, la voix féminine de Anna Jean pour une touche pop, et le rock sombre et lourd nous reprend en court. Puis on dégringole avec Night Stuntman, rien ne va plus, grosse descente de came, mal de crâne, imaginez ce que vous voulez mais ces sirènes lancinantes ne disent rien de bon…

Bref cet album monstrueux est un peu l’histoire de nos week-end. Encore une fois c’est une oeuvre a écouter plusieurs fois et dans son ensemble, pour en capter tout le décor offert par Julien Briffaz et Cosmo Vitelli. Sans Dormir est au final un peu indescriptible, il est plutôt à vivre. Et on ne vous dit rien sur les Bonus Tracks !
Nos préférées : Back from the suburbs, The Face of Another, et on aimerait bien secouer ses cheveux sur Grands Boulevards. Ca tombe bien on prévoit de le faire le 29 Mars prochain à la Gaîté Lyrique où ils se produiront avec David Shaw and The Beat. Oui oui deux pour le prix d’un. Parce que David Shaw est aussi doué pour nous faire nous déhancher. (Quelques titres de David Shaw dans la WiseList #Hiver2013). Réservez dès maintenant ici.