Petit Bain

Scout Niblett à Petit Bain – Full sentimental !

 

Deux jours avant le Black Friday où l’on brade déjà tout avant la grand messe de No Hell, je me disais qu’un Petit Bain d’authenticité serait le bienvenu. Quoi de mieux que de passer une soirée en compagnie d’une figure discrète mais toujours présente, et vivace, d’une scène post-grunge féminine qu’elle est sûrement la seule à représenter, à savoir Scout Niblett.

BEDROOM SINGER ?

J’ai fait la “rencontre” (musicale) d’Emma Louise Niblett en 2005 à la sortie de son Kidnapped by Neptune, avec une belle claque à la clé. Evidemment la recette basique voix + guitare électrique (et non folk) alternant entre sensibilité mélancolique et accès de violence distordue ponctuée d’incursions erratiques et claquantes de la batterie (comme si cette dernière se rappelait au dernier moment d’être là) m’avait retourné les oreilles, le cerveau et bien un peu le coeur, je l’admets volontiers.

Et puis cette petite passion m’est vite passée, comme une rencontre Tinder qui dure juste assez pour palpiter un peu mais pas assez profonde pour s’accorder le temps de s’y installer.

L’annonce du concert ayant rallumé la flamme, je me suis rendu compte que j’avais eu doublement tort d’abandonner si vite. D’une part, parce que j’ai pu redécouvrir sa discographie, et du coup son talent. D’autre part, j’avais peut-être un peu sous-estimé sa capacité à perdurer – même si son dernier album date de 2013, ayant eu la naïveté de la classer au répertoire des bedroom projects éphémères (produits par Steve Albini cela dit).


[Vidéo de RafaLeMistraL Patrick]

SCOUT TOUJOURS !

Car il y a un peu de ça. Ecouter Scout Niblett, c’est un peu comme passer l’après-midi avec sa meilleure pote de lycée qui vous confie ses histoires de pom pom girls et quarterbacks, de déboires sentimentaux en questions existentialistes, et autres introspections, bien souvent teintées d’une ironie clairvoyante. On s’imagine dans sa chambre ou son garage, guitare sur les genoux branchée sur un ampli d’occas’ et la batterie pas loin, jouant le minimalisme des mélodies à fond pour porter son chant et ses textes.


Sauf que Scout a grandi, en bien des sens. Aujourd’hui femme mûre au physique sec, elle se dresse ce soir-là, seule avec sa guitare en bandoulière, crunchy à souhait et son accent américain à trancher une côte de boeuf d’1,2kg (alors qu’elle est originaire de Nottingham). Faut bien avouer : elle “est encore là et tout le monde est cor-da”. 
Et oui car sa voix, elle, n’a pas changé et mettra donc tout le monde d’accord.

Faut dire, le public lui est acquis, à tel point que très peu de gens sont partis se chercher une bière après la 1re partie, tant et si bien que la fosse était à peu près inaccessible, et le reste de la salle comble.

POM POM RIOT GIRL

Avec cette auto-dérision qui fait tout son charme, elle entame la soirée avec ces paroles “Here I am” d’un morceau de type blues-rock désertique. A mesure qu’elle égraine les notes « bendées » et réverbérées de sa belle guitare rouge, l’intimité s’installe. Elle nous enveloppe de ce cocon, cet espace-temps où l’on va pouvoir, semble-t-il, tout se dire, et tout se pardonner, à soi comme aux autres. Sauf que ce cocon n’est pas fait que de ouate, il gratte, démange et se transforme parfois en brasier ou en tempête soutenue par des riffs de guitare répétitifs à la saturation toute Nirvanesque.

Très tôt et souvent, elle serre les dents, illustrant l’intensité éprouvée, l’intégrité des émotions partagées. Et cette voix, encore adolescente, dans le bon sens du terme, entre limpidité naïve et rage contenue, viscérale, finit parfois par exploser, au comble d’une libération sans concession. Chanter c’est donner, reprendre c’est voler. Ici ce soir, Scout donne tout et c’est hypnotisant, touchant, ça fout des frissons jusqu’à l’os.

Ainsi la chanteuse au songwriting impeccable de sensibilité et de lucidité (“Something’s leaking from my future / Back into the here and now / Some call it by a different name / Inner bullshit detector / Yeah”) navigue dans son catalogue avec une cohérence étonnante.

L’un des meilleurs moments aura certainement été l’enchaînement de Pom Poms, qui lui permet de se mettre à la batterie, avec Your Beat Kicks Back Like Death et son leitmotiv “We are all gonna die”, qu’elle fera basculer malicieusement et à la surprise générale sur un We are the World qu’on avait tous presque réussi à oublier. Evidemment on rit, en reprenant les deux phrases alternativement avec elle : on n’est pas bien, là, tous ensemble à se féliciter de tous devoir mourir un jour ?

What can I do nous ramènera à un moment d’une incroyable intensité lorsqu’elle appelle “Baby, baby, I’m coming right for you”, tandis que pour Dinosaur Egg, elle lâchera encore un sourire lorsqu’elle prononcera “My tortured spirit”, comme pour se rire d’elle-même. Coeur et humilité.

[vidéo de Lolo_from_Paris]

Après un dernier clin d’oeil à sa “sweet solitude”, la plus américaine des anglaises terminera sur un morceau au long drone vrombissant, histoire de nous rappeler qu’il n’est pas question de fragilité, mais plutôt de ne rien laisser passer pour convertir les sentiments et les expériences en électricité, en énergie pure, un combustible pour tout brûler, puis tout recommencer.

Texte – Alexis Cangy
Photos © Cédric Oberlin 

SCOUT NIBLETT

SCOUT NIBLETT

FOLK GRUNGE
Entre nuages folk, americana et textures grunge ombrageuses, Emma Louise Niblett écrit depuis 10 ans des pamphlets intimistes indomptables, des ballades bouleversantes de fureur et de rage mélancolique. Après de belles collaborations avec Bonnie ‘Prince’ Billy, des productions chez Secretly Canadian, ainsi qu’un dernier album en date « It’s Up To Emma » chez Drag City, on peut aujourd’hui parler d’Emma Louise Niblett comme une grande dame de la scène folk rock anglophone. Souvent comparé à PJ Harvey ou Cat Power…


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PUTS MARIE + MELLANOISESCAPE

PUTS MARIE + MELLANOISESCAPE

POP-ROCK / NOISE-POP

► Puts Marie
Toujours solidement harnachés à leurs délires fiévreux de rock et de soul, les cinq Suisses de Puts Marie annoncent enfin leur grand retour avec une série de dates en France et un nouvel album pour fin septembre. Enregistré par Peter Deimel au Black Box Studio et mixé aux Etats-Unis par l’inévitable Jeff Saltzman, cet opus rompt la fin d’une longue attente pour les inconditionnels de la poésie exaltante de Max Usata et sa bande.

► MellaNoisEscape
Olivier Mellano quitte un temps ses projets pharaoniques pour retrouver l’énergie brute, les torrents électriques et les cascades soniques. Après avoir traîné ses guitares dans d’autres formations, la nécessité de monter un projet solo s’impose. D’abord seul en scène en 2014 lors de la sortie du 1er album de MellaNoisEscape, il est à présent rejoint par 2 musiciennes de talent : Valentina Magaletti à la batterie (Tomaga, Vanishing Twins, The Oscillations, Bat For Lashes) et Miët à la basse. Ce désormais trio creuse son sillon artistique flirtant avec Shellac, Battles, Pinback et Blonde Redhead. Nouvel album ‘Heartbeat of the Death’ 

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PSYCHIC ILLS + CANARI

PSYCHIC ILLS + CANARI

PSYCH/POST-ROCK

PSYCHIC ILLS 
“De la musique moderne, des idéaux désuets.” Cette maxime de The Social Registry, excellent label indépendant de Brooklyn, semble taillée sur mesure pour Psychic Ills. Si ce quartet new-yorkais a digéré des références piochées dans trente années de psychédélisme, de krautrock et de post-rock au milieu de toutes les substances illicites que ses membres ont dû gober, il régurgite le tout dans un impressionnant fatras aux résonances profondément actuelles. Comme The Earlies dans un registre plus pop ou Animal Collective avec son travail sur la folk, Psychic Ills invente une musique psyché pour la génération du tout-numérique, son album se révélant une formidable odyssée de l’espace dans ces cervelles coupées du monde. Les guitares soniques planent au-dessus de rythmiques tribales, des voix tentent de percer la purée de pois du prog-rock (January Rain) et l’investissement dans les pédales de reverb est salement rentabilisé tout au long de cette vaste entreprise de chasse aux sorcières de la mode. » ©Inrocks

CANARI
“ Canari par ci, Canari par là, cet oiseau sexy-bizarre est un power trio spectaculaire qui pond des tubes underground, entre musique psychédélique populaire, soft rock à guitare et festival de transes tribales. Issu de la scène souterraine parisienne, Canari est d’abord un groupe live, qui joue dans la joie sans pression. Ses chansons naissent ainsi après des heures de jam sessions en répétition, enregistrées, éditées et augmentées, chantées en français, parfois en anglais et portugais.“

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LUMERIANS + THE OSCILLATION

LUMERIANS + THE OSCILLATION
THE FUZZ CLUB

ELECTRO-NOISE
Après le succès en 2017 de la soirée Fuzz Club, Petit Bain, Spin The Black Circle & Raw Journey unissent une nouvelle fois leurs forces pour réunir deux hauts dignitaires du label anglais : The Oscillation & Lumerians.

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▬▬▬▬▬ Line – Up▬▬▬▬▬▬▬

 The Oscillation

« Cavalant à mi-chemin entre du krautrock spatial et de la pop gonflée à coups de pédale fuzz, le groupe anglais de The Oscillation évoque à la fois la « kosmische musik » de Neu ! et Tangerine Dream, le tout interprété par Pil en version punk-funk, ou encore Miles Davis sous amphet. » – Gonzai

► Lumerians

Lumerians avance capé et masqué. Tapi sous une nappe épaisse de space rock ou s’entremêlent, sans aucune forme de procès, rock psychédélique, expérimental et la musique électronique. Fondé par Tyler Green, Marc Melzer, Jason Miller et Chris Musgrave, le groupe par s’installer à Oakland dans une ancienne église reconvertie en studio d’enregistrement.

► You Said Strange

Originaires de Giverny en Normandie, le fervent quatuor est désormais armé d’un album enregistré à Portland avec Peter G Holmstrom aux manettes. Ce premier long format est un condensé de riffs entêtants, mélodies lancinantes et rythmiques lumineuses à la 60’s 90’s comme diraient les tambourin man fauchés californiens. Avec pour Leitmotiv les croyances universelles de tout un chacun, du plus pieux au plus cartésien d’entre nous, cet album est une guerre sainte subjective que chaque individu est amené à mener en soi. You said Strange part donc en croisade psychique avec des concerts qui serviront d’offices réverbérés grisant pour apporter une peu de rédemption à ceux qui croiseront leur route. ceux qui l’ont déjà croisé ne le regrettent pas. 

BRNS + ROPOPOROSE = BRNSRPPRS

BRNS + ROPOPOROSE = BRNSRPPRS

ROCK HYPNOTISANT, LUDIQUE ET ETONNANT
Dans le cadre de la célébration des 7 ans du Petit Bain, l’équipe s’offre un chouette week-end avec ses petits chouchous. A l’entente d’un potentiel projet entre BRNS et ROPOPOROSE, elle s’est ruée vers eux en leur proposant d’ambiancer son anniv avec non pas 1 mais 3 concerts. Ben oui tant qu’à faire !
« L’amitié Franco-Belge, l’échange, la bière, les rillettes, le braziliers, Jacques Brel ou encore Michel Delpech dans une soirée ! » ©PetitBain

S’en suivra ce line up:

BRNS
BRNSRPPRS (on vous laisse deviner)
ROPOPOROSE
+ DJ set de Novorama

Il y aura aussi pour l’événement une roue du bonheur à faire tourner avec Bejoue pour gagner des hugs, des compliments, des moments musicaux, des pluies de paillettes, des tatoos rigolos, des rencontres, des jeux à gratter, des compliments, des bougies à souffler …et des surprises ! 

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Au menu bigarré : un happy meal sans limites

HMLTD / Petit Bain

Alors que les lives des producteurs techno et rap peuvent sembler bien fades visuellement, il existe quelques groupes à l’esprit mi-barré mi-punk, donc forcément théâtral, qui pour une soirée te donne envie d’exhulter, de crier, de te parer de 1000 couleurs, d’exploser tes coutures, d’exister puissamment.

C’est le créneau de l’électro barrée de Faire,
qui entamait la soirée au Petit Bain en DJ set.
C’est le crédo d’Happy Meal Limited,
un groupe impossible à ranger dans un genre précis, qu’un public bigarré bien tassé attendait avec impatience.
HMLTD, c’est un peu le projet X au Mac Do (dont la plainte a acronymé le nom du groupe), c’est Ronald en jupe qui saute dans les boules multicolores.
C’est aussi un des rares groupes de rock qui dirige le manche de ses guitares vers l’avenir plutôt que de ressasser les anciens courants des années 70.

6 mauvais garçons (3 français,2 anglais et 1 grec), à la bouche grossie de rouge ou noir mode Marilyn Manson, aux cheveux colorés parfois léopard, mêlant électronique et rock sur un opéra déjanté de costumes brillants, qui débarquent et entraînent la culbute dès leur premier morceau Proxy Love.
Le groupe dépoussière la batcave et y introduit l’électronique jusqu’au dubstep, sur des constructions étonnantes, qui switchent en interne aussi vite que l’on change de track sur Spotify, mais surtout très entraînantes, à l’image de leur titre cavalcade To The Door.

Ces gars là ont tout compris, et c’est sans doute grâce à des groupes comme celui-ci que, non, le rock ne mourra pas, il opérera une mutation.

La mélodie « gaming » de Music repousse à plus tard notre age adulte, les 10 premiers rangs piétinent frénétiquement en répétant « music, music, music » comme comme des tarés effrayants. L’exercice est à la fois absurde et libérateur. Et toute cette énergie dépensée est surtout encouragée par un frontman du nom de Henry Spychalski, déchaîné sous sa casquette militaire, jonglant entre le romanesque et le grotesque à répéter Kinkaku-Ji, et qui finira bien sûr en moule-bite à la fin de cette soirée torride.

Torride parce qu’on est beaucoup trop collé/collant et qu’un concert d’HMLTD, c’est quand même du sport pour éliminer les frites.
Torride aussi car le show entier tourne autour de personnages glam rock version multi-love LGBT que renforcent le maquillage des artistes et la participation des drag-queens La Poutre, Angora Von Lear et Diana Frask sur le refrain de Satan, Luella & I...
Tout ce joyeux bordel rappelle ô combien les scènes de David Bowie. Même la voix de notre chanteur valse entre les graves et les aigus, ce qui donne des airs de démence à un spectacle déjà délicieusement chaotique.
Le menu spécial enfants casse les définitions préétablies, et pourrait remplacer l’enseignement de la théorie du genre à l’école, ce serait plus marrant et sans aucun doute mieux retenu.

On essaie de reprendre nos esprits sur des morceaux plus « construits » et posés comme Is this what you wanted? Et on découvre quelques nouveaux titres puisés d’un nouvel EP qui devrait sortir le 06/07. On a hâte d’écouter çà !

– Julie Lesage –
[Photo RS : D. Prezat]

Invitations pour l’anniversaire du Petit Bain !

5 juillet
Les copains de Petit Bain fêtent leurs 5 ans et nous font plaisir en invitant The KVB et Oiseaux-Tempête à la boom.
Au programme des réjouissances: des jeux seront organisés par le magazine BEJOUE, la magazine spécialiste des jeux en société et « pure player des trentenaires curieux ».
De circonstance après les difficultés dûes à la crue de la Seine, l’équipe du Petit bain organisera également une pêche à la ligne, pour gagner des coups à boire, des places de concerts, etc. Et pour ceux qui n’ont pas la patience de la pêche : ►HAPPY HOUR DES 5 ANS ! La pinte au prix Happy Hour (5€) toute la soirée !
Bonne musique et bonne ambiance, on sera là pour célébrer cette baignoire qui nous tient à coeur . 

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TENTEZ VOTRE CHANCE pour gagner 2 invitations et célébrer cet anniversaire avec nous, en seulement 2 étapes:

1. Likez notre page Facebook
2. Envoyez nous un mail à contact@wisesound.fr en précisant l’objet ainsi que votre nom, votre prénom.

Plutôt simple, pas de questionnaire, pas de dessin à faire.
…et si en plus, vous partagiez le concours via Facebook, Twitter ou autre, ce serait super sympa, nous permettant plus de visibilité, donc plus de partenariats et plus de places à faire gagner pour les prochains concerts! Les gagnants seront prévenus par mail.

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KVB c’est un duo britannique rockeur malade entre le post-punk et le shoegaze qui vous rappellera The Soft Moon mais avec une voix plus présente.

OISEAUX-TEMPETE c’est un groupe rock qui lorgne plutôt sur l’experimentation instrumentale.

 

 

“Let’s Limbo !” – Chronique d’un festival pas comme les autres

.

Limbo, ce n’est pas seulement cette danse du bâton (avec l’accent), provenant des Caraïbes, très présente dans les navets 80’s et 90’s, qui consiste à défier les lois de la gravité en passant dessous, courbé en arrière. C’est aussi (surtout ?) un festival de musiques alternatives, au sens large, qui se tient normalement sur 3 soirées le dernier week-end de janvier depuis l’année dernière. Bien pratique pour les festivaliers curieux qui, il faut bien le dire, n’ont pas grand chose à se mettre dans les oreilles ce 1er mois de l’année. C’est donc Kongfuzi et MyFavorite qui s’attèlent à palier ce manque inacceptable en se chargeant de la programmation.

Pour son 2e Petit Bain, le Limbo Festival aura donc convoqué la fine fleur – trop – méconnue de l’indé français, américain et londonien à savoir ce qui suit…

Roberto Succo – ça pique, ça pique

Du nom du célèbre serial killer italien ayant sévi surtout en France, ce trio ad hoc composé de noms plus ou moins connus de la scène indé noise cold française, — de gauche à droite Noir Boy George (?!), Usé (?!) et Jessica93 (Wouais !) —, est finalement reprogrammé ce soir (leur date de la veille avec Girl Band ayant été annulée) et ça envoie direct du lourd !

Après une courte intro d’orgue saturé un brin lugubre, nos joyeux drilles ont décidé de détruire minutieusement nos tympans et tout ce qui se trouve à 10cm autour, dès le 1er morceau, comme à peu près tout le long du set.
Une boîte à rythme (vieille Boss DR-880 qu’on aurait pas cru capable de ce genre de sons) crache une rythmique cold sur laquelle Jessica martèle sa basse ultra saturée tandis qu’Usé, vite torse nu, martèle son kit assourdissant de batterie / guitare (qui chutera à 2 ou 3 reprises pendant le set), chacun donnant de la voix tour à tour.

Energique, cradingue, déterminé, le tout forme un puissant drone de déferlement sonore assez jouissif il faut bien l’avouer, mais qui peut s’avérer usant (hihi) aux non-initiés. Nous on remet ça quand vous voulez les filles 😉

 

Ulrika Spacek – un drôle de blase pour auditeurs pas blasés

Une belle brochette de guitaristes bien alignés de part et d’autre de la batterie et un grand écran projetant de belles images abstraites et vintage. Visuellement on se retrouve à la fin des 60’s, toile de fond typique des concerts psyché-expérimentaux du Floyd aux Velvet et consorts. On a clairement changé d’ambiance avec ces gentils garçons délivrant un set plaisant, entre krautrock à la cool et pop psyché à tendance tantôt shoegaze tantôt grunge, sans jamais sonner désuet, ce qui permet à leur musique de rester inscrite dans notre époque.

Photo Ulrika Spacek

Principalement instrumentaux, certains morceaux sont tout de même chantés nous ramenant vaguement (Airportism) vers du Radiohead pré- Kid A / Amnesiac, notamment dans le timbre de la voix.
Bref, cette pause est la bienvenue après le déluge de tout à l’heure, à découvrir.

Alex G – Retour vers le futur dans les naillenetises

Certainement la formation la plus accessible de la soirée, mais la plus typée aussi. Alex et ses drougs proposent une pop rock indé dans la plus pure tradition 90’s américaine (casquette-cheveux-longs-chemise-trop-large), tendance balades plutôt que morceaux vénères (même si le leader sautille à tous bouts de champ).
Le songwriting comme les arrangements sont solides, sincères et généreux, indéniablement, autrement dit sympatoches.
On se sera bien laissé aller à remuer doucement la tête et taper distraitement du pied mais on n’était pas venu pour cette musique-là. Un groupe à prendre au sérieux néanmoins pour les amateurs du genre… La preuve : le public a plutôt apprécié.

Heimat – Deutsche Balinische Freundschaft

Photo HeimatPour les non-germanophones, Heimat est l’équivalent de “homeland”, autrement dit le “pays du chez soi”, la patrie en somme. Ecoutés rapidement mais attentivement sur Bandcamp quelques semaines auparavant, on avait accroché à cette électro bizarre et exotique, dorlotée aux samples instrumentaux typés Asie du Sud Est et gamelan balinais (concoctés par Olivier, l’homme électronique des formidables Cheveu), en soutien du chant en allemand (Jawhol !) de la charmante et envoûtante Armelle.

Les morceaux sont plutôt sombres et lancinants, à la limite de l’indus par moments (synthé-orgue dissonant à souhait), assez minimalistes aussi mais soutenus pas des basses bien joufflues (en live, moins sur EP). Avec ce côté post-punk de l’Est pas loin de la comptine martiale un peu flippante, le chant à la scansion toute germanique fait de l’oeil à Nico plutôt qu’à Nina Hagen, avec un soupçon de Catherine Ringer si on se laisse un peu emporter. Malgré cette froideur apparente, la chanteuse est souriante entre les morceaux, intimidée apparemment.

A noter quelques bugs informatiques qui auront un peu gâché le plaisir, ce qui n’enlèvera rien à l’envie de les suivre malgré tout.

Kas product – The clou of the soirée…

Légendes vivantes de la new wave indus alternative française ayant marqué au fer rouge le début des 80’s, pour ceux qui ne connaissent pas.

On démarre en ombre chinoise avec une intro instrumentale type film d’horreur de série B qui annonce le prochain morceau où l’on retrouve la voix de diva intacte (puissante, maîtrisée et vénéneuse) de Mona Soyoc. Et c’est parti pour une longue loghorrée tout le long du set, grand messe underground 80’s sous speed. Spatsz, son compère, gère (chevauche ?) les sons, entre boîte à rythmes, synthé et ordi, croisement de San Ku Kaï et de Albator (!). La dame nous rappelle qu’elle est une vraie frontwoman, joue du synthé, de la guitare, de la cymbale, tire au revolver (?!), sans parler du chant (et si encore), impeccable, nerveux, engagé, on hallucine !

Photo Kas Product

Et le moment tant attendu arrive enfin : So Young But So Cold, hymne d’une génération 80’s dark désabusée ravit les plus vieux et met une claque aux plus jeunes.

Globalement, nous retiendrons des compositions pêchues mais soyons francs un peu datées. Néanmoins le plaisir est total face à cette ferveur et cette générosité offertes en pâture à son public (la belle amazone vétérante façon Métal Hurlant, souriante et sûre d’elle, prend volontiers des poses théatro-rock pour le plus grand plaisir des “mecs” et des photographes…). On leur souhaite encore une longue vie sur scène.

Rubin Steiner – c’est pas un Drame

Reprenons un peu nos esprits avec un Rubin Steiner détendu et échappé de son projet Drame pour un DJ set qui nous offre une montée kraut vers électro tendance techno bien analogue et bien envoyée (parfois chaloupée), avant de découvrir…

Shopping – les soldes c’est terminé

On avait hâte de voir cette formation from London en live ! Dès le 1er morceau on est replongé dans les années post-punk-funk originelles, sautillant, mordant et décomplexé. Au 2nd, on ne peut s’empêcher de penser aux Slits (cover I heard it through the grapevine), Delta5 (Mind your own business), et autres ESG (Tiny Sticks). Avec ce trio basse-guitare-batterie-voix-féminines qu’on trouve au rayon frais à la coupe, on savoure la même énergie, la même joyeuse désinvolture que leurs ainés, tout ce qu’on aime.

Pas grand chose à ajouter tellement on a voulu profiter du set au maximum, sans le regard critique qui aura fini par s’émousser face à la fatigue, les bières et surtout le plaisir (et aussi un peu l’approche du dernier métro qui nous aura empêché de tout voir mais presque). Dès qu’ils repassent, on y retourne !


On notera au passage l’amabilité de Rubin Steiner, fan du groupe semble-t-il, qui, replacera, là, une cymbale qui aura volé ou, ici, des câbles trop emmêlés pendant le set, la grande classe.

Avec tout ça, on a envie de dire “A Limbo ouais, A Limbo ouais, A Limbo ouais…” et à l’année prochaine 😉

PS : un grand merci à Modulor pour nous avoir permis de participer à cette grande soirée…

 

Toutes photos & vidéos © Alexis Cangy

Gagne tes places pour Black Strobe

Au Petit Bain le 11/09/2015

Pour la clôture de l’Open Space festival, le Petit Bain s’offre un très beau line up en 3 parties: Applescal et Sau Poler en terrasse gratuite, Brülin et Black Strobe en concert puis Weval et Saschienne en clubbing.

Après tous nos articles, tu sais déjà que nous sommes bien bien fans de Black Strobe
… et quand on est fan on fait quoi ?
Oui, on offre des places pour partager ce moment avec toi.

TENTE TA CHANCE pour 2 invitations, en seulement 2 étapes:
1. Like notre page Facebook
2. Envoie nous un mail à contact@wisesound.fr en précisant l’objet ainsi que ton nom et ton prénom
Plutôt simple, pas de questionnaire, pas de dessin à faire.

…et si en plus, tu partageais le concours via Facebook, Twitter ou autre, ce serait super sympa, nous permettant plus de visibilité, donc plus de partenariats et plus de places à faire gagner pour les prochains concerts!
Les gagnants seront prévenus par mail la veille de la soirée.

 

Petit aperçu sonore de la soirée ci-dessous, tarification de la soirée clubbing ici: