Parcels

PARCELS s’offre Milla Jovovitch

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5 jours après la sortie de leur excellent 1er album éponyme ( à écouter ab-so-lu-ment!) , les 5 australiens défrayent leur funk enjoué et rayonnant avec un film d’horreur.

Le clip du single Withorwhithout est une célébration du « slasher movie » américain façon American Nightmare : des jeunes sadiques, des masques, des armes blanches et un couple plan plan bienheureux qui n’avait rien demandé à personne. Enfin, plan plan, c’est tout sauf ce qu’on imagine de Milla Jovovitch !

« Nous avons rencontré Milla au Festival de Cannes plus tôt cette année quand elle a débarqué à l’un de nos concerts et a absolument enflammé le dancefloor, nous avouant ensuite qu’elle était fan. » PARCELS

Et hop 3 claquements de doigt, 2 pinces de basse, les voici tous ensemble en train de tourner dans une villa d’Hollywood.

Elle est pas chic la vie ? Regarde le clip jusqu’au bout, sinon t’as rien compris.

– Julie Lesage –

 

Rock en Seine passe au 3e degré

120 000 festivaliers en 2016
110 000 en 2017
90 000 en 2018 …
L’activité des festivals bat pourtant son plein partout ailleurs en France… mais pas sur l’irréductible village de Saint-Cloud cet été, où certains concerts se sont joués devant un public parsemé sur pelouse. C’est sans doute le premier lundi post-RES de l’histoire où il reste encore de la pelouse d’ailleurs!

Résultats du sondage des raisons auprès de ceux qui se sont tout de même déplacés pour un week-end culturel de rentrée:   « Trop de rap dans la programmation » ou encore « pas de tête d’affiche » sont les réponses qui reviennent à 90%.

En dépit du manque de découvertes pointues et d’émotions folle du genre « grosse claque dans ta gueule », cette 16e édition du festival Rock en Seine s’est déroulée pour ma pomme comme un entraînement convivial et intense des abdos, étant données les barres de rire impromptues lors de certains concerts, aussi ridicules que jubilatoires.

[FWF]

LES VALEURS SURES

Evidemment, nous n’avions pas fait le déplacement pour rien:
The Liminanas nous a replongé avec délice dans le rock yéyé, Fat White Family (qui s’est bien tenu pour une fois) a calfeutré son énergie punk dans un écrin de cuir « sexy rock » qui nous a rendu addict, Parcels a fini un peu tôt à notre goût mais leur disco funk a inévitablement conquis la plupart des festivaliers, The Black Angels nous ont élevés vers des cieux à la réverbe hypnotique.


[Vidéo de Frédéric Richard]

Au-dessus des autres, King Gizzard and the Lizard Wizard est sans doute le groupe live le plus sincère dans sa façon de jouer un rock parfois garage parfois psychédélique mais toujours débridé, c’est-à-dire plus comme un plaisir que comme un récital. Cette convivialité est tout à fait appropriée pour le challenge « grande scène en plein jour » des 7 inconnus du grand public. Ces Australiens imprévisibles n’hésitent pas à imbriquer des morceaux dans d’autres morceaux, à surenchérir les mélodies par des cavalcades échevelées à cordes, sans compter les positions incongrues du chanteur à la langue bien pendue, nommé Stu McKenzie. Plus qu’un concert, c’est une redécouverte de la guitare, pogo en option. Pas étonnant que de nombreux tutoriels sur YouTube t’apprennent à jouer comme ces dieux!


[Vidéo de Isa Tagada]

« Et Justice alors? »
_ Justice passe dans de nombreux festivals tous les ans, tu ne les a donc pas déjà vu ? Allez si, pour te faire plaisir, on peux te dire qu’ils ont mis les bouchées doubles question lasers pour la dernière de leur tournée, et qu’ils ont disparus d’un coup pour réaparaitre au-dessus de la régie, belle surprise.

[Photo ©Zélie Noreda]

2 DECOUVERTES A MIEUX SUIVRE

Entre production ultra propre et musiciens de talent, Nick Murphy, qui n’est autre que feu Chet Faker, a eu le mérite d’apaiser nos angoisses (dues à la prog) dès le 1er jour. Cet homme porte une élégance innée tant par sa présence sur scène que par la finesse de ses compositions. Une très belle surprise que l’on réécouera avec plaisir à la maison. Electro-pop, rock électrique et balade au piano se succèdent pour un concert digne des plus grands, qui s’apprécie du début à la fin !


[monter le son]

Dans la catégorie groupes émergents, les seconds se nomment Insecure Men. Au nombre de 9 sur scène dans des costumes vintage, ces protégés des Lennon ont une aura à la fois naïve et lumineuse, que les saxo et xylo accompagnent douceureusement. C’est une métamorphose pour Saul Adamczewski, qui joue également parmi les punks de Fat White Family !!! Un peu mou, soit, sur une heure de live, mais on réécoutera un dimanche sous le plaid c’est certain.


[Oui vous lisez bien: 36min de concert intégral…pas assez de chansons?]

CES BARRES DE RIRE

Assister à un concert de Carpenter Brut peut rendre incrédule. Imaginez-vous plongés dans une métalorgie électronique sulfureuse de vapeurs écarlates. En arrière plan, des vidéos qui switchent entre scènes de sexe et meurtres sanglants, entrecoupées de séances de gym en body échancré des années 80. Et tout autour de vous, un public ultra fan se balançant d’avant en arrière 🤘🤘🤘. Comme si le générique d’Alerte à Malibu devenait métalleux et effrayant. Nos yeux ne sont pas loin de sortir de leur globe… jusqu’à ce moment karaoké d’une reprise de Maniac, et franchement …c’est drôle.

Quelques minutes plus tard, alors de passage devant PNL, nos oreilles captent un discours de foule type « ouais gros, merci d’être tous venus » devant une population pas des plus chaudes qui s’étale sur …40 rangs. Le dernier artiste du premier soir doit faire face à une grand scène VIDE ! Mouahahaha, le plus gros flop des têtes d’affiche, on en aurait presque pitié.


Le clou fût sans aucun doute enfoncé par la tête d’affiche du jour suivant: 30 Seconds to Mars. Au prorata, euh … 20 minutes de musique contre une 1h30 de show parlé à l’américaine ? Jared Leto se poste ici en gourou sous son peignoir japonais, aussi prince que Michael Jackson ganté de paillette. Il court avec un drapeau français géant, tourne énormément sur lui-même tel une toupie rêvant d’être princesse (car il faut l’occuper, seul, cet espace que représente la grande scène!). Prestation à l’américaine ou jeu de rôle au 3e degré, difficile de sonder le bleu des yeux de Jared, derrière les ballons et confettis.
Finalement ce sont les interludes batterie de son frère qui nous feront plus danser que les chansons elle-mêmes, ces moments d’attente interminables lors desquels Maître Jared décide de faire venir 200 personnes sur scène en les désignant de l’index une par une dans le public. « oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, oui, … » Sans parler du froid saisissant qui nous transperçait ce samedi soir…
A l’image de tout le concert, cette vidéo est longue a chanter:


[Vidéo de Nowayfarer]

Un Bonus sur l’after ?

La venue de Charlotte Gainsbourg après son set millimétré et parfaitement produit: elle, d’une douce beauté, accessible et souriante au bar, en toute simplicité.

Stu McKenzie, super sympa, qui a osé sortir des backstages pour danser parmi nous sur nos vieux rock français type des Rita Mitsouko, mixés par Chatoune qui tenait la platine dans ses bras pour éviter qu’elle ne saute de par l’énergie des danseurs sur le plancher.

Et enfin, en apothéose, le DJ set de Novorama, lors de l’after-clôture VIP du festival. Ce genre de set pendant lequel tu espères toutes les 4 minutes que le prochain morceau va être moins bien que le précédent, histoire que tu puisses te reposer un peu…mais non. On a tout Shazamé, on va vous les ressortir en WiseList c’est promis 😉

Après tout çà, on est déjà impatient, le sourire en coin, de savoir ce qu’AEG nous a prévu de plus étonnant pour 2019…

– Julie Lesage –

[Photos  ©Olivier Hoffshir]

 

 

 

 

Rock En Seine : Faut creuser, y’en a des bieeeens

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Au rachat du festival Rock en Seine par Mathieu Pigasse il y a 2 ans, on criait à l’uniformisation des festivals de France sous quelques grands noms, réducteurs de la diversité musicale à ce qu’il y de plus rentable (donc de la daube commerciale). Le rock avait déjà laissé quelque place aux autres musiques actuelles comme les urbaines et les électroniques. Puis cette année, un nouveau scandale de grands tourneurs éclate : l’américain Live Nation réussi à récupérer Kendrick Lamar initialement programmé à Rock en Seine, et le place sur sa Paris Summer Jam à l’U-Arena le même jour que l’ouverture de Rock En Seine, on pourrait presque dire en face, faisant un pied de nez,… La Guerre est déclarée.

Côté public, à l’annonce cet hiver des premières têtes d’affiche d’RES session 2018, les amateurs de rock pleurent, et nous avec : PNL, Macklemore, Justice que l’on voit partout, Bicep, Post Malone….plus une sacrée flopée de rappeurs qui s’imposent dans le tier-quar de St-Cloud, une vague histoire de bizz sur un week-end, …
Les fidèles festivaliers ne s’y retrouvent plus: aucun groupe légendaire à la hauteur des précédentes venues telles QOTSA, Massive Attack, Radiohead ou Foo Fighters.
Jared Leto aurait-il coûté trop cher avec ses 30 seconds to Mars ?

La rentrée approchant, on quitte le sable brûlant et rejette un coup d’oeil à la programmation complète du festival. Finalement, on détecte une dizaine de bijoux d’influence garage, psychédélisme et post-punk, avec lesquels vous pourriez être surpris de l’énergie que déploient nos frenchies, qui n’ont plus rien à envier des excellents voisins british (bien sûr de la partie). Ajoutés à cela un peu de couleurs et sourires australiens et texans, on a notre panel rock :

PARCELS


OK C’est pas du rock, mais Parcels vous donnera le sourire dès le premier jour avec son electro-funk clin d’oeil aux années 70s, teintée de surf australien, ca vous détentra car ce week-end s’annonce aussi comme un bon moment entre copains, avant de se plonger vraiment dans le taf de l’automne.

MNNQNS


Lauréats du prix Ricard Live Music, ces rouennais à prononcer « Mannequins » détonent cheveux longs et rebellion, sur un post-punk aux influences Joy Division.

THE LIMINANAS


Le duo de Perpignan a changé plusieurs fois de chanteuse, a navigué de yéyé français à garage rugueux. Avec leur nouvel album Shadow People, il se sont fait une place, aimés des plus grands tels Anton Newcomb, Arnaud Rebotini, Franz Ferdinand, et Primal Scream. A ne pas manquer !

KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD


Au rythme de 5 albums sortis en un an, les sept australiens surf du garage au rock progressif, dans une optique hautement psychédélique. Leur création est si foisonnante, qu’on ne peut prédire leurs concerts. Vous verrez donc bien…

THE PSYCHOTIC MONKS

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Si le rock pour vous se définit par un chaos de riff saturés dans une brume épaisse, vous trouverez bonheur chez ces moines qui ont brûlé leur toge dans laquelle leurs cheveux longs s’emmêlaient. On espère juste qu’ils n’amèneront pas la pluie.

FAT WHITE FAMILY


Super groupe de rock, ces punks dans l’esprit sont à la vodka dans le gosier et déjantés sur scène, du pure british comme on l’aime.

THE BLACK ANGELS

Les piliers du psychédélisme texan vous feront chavirer dans une torpeur qui malgré toutes les couleurs virevoltantes sur écran, restera bien sombre.

JESSICA93

Ca vient du 9-3, mais ca sent le shoegaze, la cold-wave et surtout le badass. Pour une fois que le bon rock noir n’appartient pas qu’aux Anglais, on en est très fier !

IDLES

Enfin Idles, ces Anglais avec leurs paroles au vitriol, parfois engagées, toujours énervées, on fait un tabac l’année dernière. Ils reviennent, faites gaffe: ca va pogoter.
« Mother….fucker! »

– Julie Lesage –

Photo Une ©Mathieu Foucher

WiseList #69 – Le top 20 des actus musicales

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[Image : Campagne de Wild Santuary contre la déforestation]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

MELTING-POP
INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Bonne écoute !

MELTING-POP 

Beach HouseBlack Car (Baltimore)
Le duo s’est redoré le blazon avec son album 7, on s’est particulièrement fait attraper par le vibraphone mélancolique et obsédant de ce titre, on ira les voir le 15/10.
Rone – Wave (Paris)
Le titre le plus sensuel de Miropolis, est clipé sur un scénario réalité virtuelle à la Black Mirror (regardez jusqu’au bout) par Greg Barth.
Ulrika Spacek – Freudian Slip (London)
Nos chouchous timides ont sortis un nouvel EP en scred, on a failli passer à côté. Voir interview.
Moon Gogo – Pinball  (Nantes)
Federico Pellegrini sifflait comme un cowboy de far west, accompagné d’une coréenne qui jouait du geomungo, revival à se faire quand la chaleur brouillera ton horizon.
ParcelsTieduprightnow  (Byron Bay)
Le titre bien-être de l’été aux arrangements parfaits qui annonce un premier album fin 2018, à découvrir à Rock en Seine !

INDIE / ROCK

Snapped Ankles – Bel Air (London)
Le groupe post-punk vent de sortir un EP de reprises, parmi lesquelles ce titre originellement de 20min par CAN. On aime la rupture à la 3e minute.
Brainbow – Gold Rush (Lyon)
Pour une fois qu’en refrain indie-pop-rock sonne bien en français, on souligne le quintet qui vient de sortir son 1er album sous un nom simplifié (Exit « Alexis and the »)
Timi Temple – Young Man Old Boy (Sydney)
A 6 ans, Tim Lockwood jouait déjà du violon à l’Opera House, ce génie manie la psyché-tronic et le rock pour parler de sa 20aine, ni trop jeune, ni trop adulte.
Maestro – Harmony (Paris)
On revient de la release party de Monkey Business, Mark Kerr est en pleine forme et Frédéric Soulard veut résolument nous faire danser sur des lives très électro ! Top!
LegPuppy – Meds and Beer (London)
Le titre parfait pour boire une 6e pinte après une victoire de World Cup, ces fans de The Fall continuent leur satire du monde contemporain: après le narcissisme du selfie stick, les voici qui chantent « I’m in a meeting about a meeting (…) power boy »
Nova Twins Hit girl (London)
Le furieux duo féminin a été découvert aux Transmusicales, on a attendu leur titre le plus doux pour vous le mettre en playlist.

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

CORPSPerdu (Paris)
Une atmosphère dark wave et des textes français clamés hauts et forts pour ce projet solo : « CORPS caresse autant qu’il agresse », son nouvel EP A Corps se compose des titres Tordu, Perdu, Divin…bref y’a du challenge pour le trouver sur la toile! Mentionner le label Maison Ainsi peut être utile.
Alvan – Sanzel (Rennes)
Seul avec sa guitare, son sampler et son ukulele, Alvan arrive à te faire voyager dans une ambiance James Bond au Maghreb, avec une belle profondeur.
Simian Mobile Disco – Hey Sister (London)
Après le phénoménal Hey Sister, voici notre 2nde sélection de ce formidable album travaillé avec le Deep Throat Choir. On va absolument voir ca en live, on demande expressément une tournée !
Etienne de Crecy Work (Lyon)
Deux nouveaux titres pour Etienne, qu’il jouera sûrement à Calvi ce week-end, on note à l’agenda sa date du 13/04 à La Philharmonie.
Digitalism Space Race (Hambourg)
Le duo allemand semble toujours être dans la course, un petit côté K2000 de l’espace non?
Sink Ya TeethIf you see Me (Norwich)
Un samedi matin à leur appart, ces 2 nanas adeptes du DIY ont invité tous leurs amis sur une promesse d’alcool gratuit, et on filmé la fête pour leur clip, en mode advienne que pourra on fournit le groove.
Blutch remixe JumoVille (Norwich)
Tel un décollage sans fin, ce titre fait partie de l’EP de remixes de Dérives, chez Nowaday Records.
Gui Boratto – Forgive Me (Sao Paulo)
Ohlala ce cadeau pointu que nous offre Gui, un morceau hyper cinematographique truffé de ruptures étonnantes. Il va nous rendre fous s’il la joue le 28/07 !
ÂmeIf you see Me (Norwich)
Âme sort enfin son premier album Dream House et rien que les 4 premiers tracks sont gigantesques, les fans ne vont pas être déçus par son ecclectisme !

– Julie Lesage –