Nova Materia

Nouvelle matière à clubber: retour aux basiques indus

On était au concert neo-clubbing de la sensation percussive Nova Materia à La Maroquinerie

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Au fond de la cave à cuir suintant, l’atelier musical est des plus intrigants. A gauche, devant un carillon de tubes d’acier, attend un plan de travail de métal noir, auquel sont fixés blocs de pierre et pièce de bois, à droite, les cordes sont à l’horizontal, jouxtant touches d’ivoires, alliages dorés de cymbales et peaux tendues de bongos. Ca fait beaucoup de matière pour deux personnes.

On aurait pu y faire entrer les mandarins de Céleste Boursier-Mougenot et laisser faire, mais les deux tourtereaux qui entrent en scène ont un tout autre esprit, punk et revêche. It Comes, leur album à sensation froide paru en septembre dernier chez Crammed Discs, se joue enfin en live, quelques jours à peine après leur révélation aux Trans.


[Follow You All The Way /extraits]

Nova Materia a le désir de faire sonner le brut, grattant, frappant, martellant leur matériel peu ordinaire. En résulte une transe indocile qui redéfinit le clubbing indus par les basiques, une musique primitive de celles qui libèrent, et ce pour deux publics distincts : une moitié de fosse chilienne très chaleureuse, qui jappe sans cesse et s’évertue à copier les vocales de leur compatriote Eduardo Henriquez, l’autre moitié, plus parisienne, qui préfère s’exprimer uniquement par le corps, osant de grands mouvements libres et artistiques.

[Cliquez sur les photos d’Alexis Cangy pour les agrandir]

Le duo issu de l’ancien groupe post-punk Pánico fait monter le rythme tranquillement à coups de ting, scratch, clang, clac, brrrr, zzzzzt. Leurs deux faciès de caractère ne se lâchent pas du regard, construisant ensemble une conversation question-réponse, autant dans les tintements que par prises de parole, celles-ci parfois scandées en expressions mystérieuses. Leur musique a beau sembler froide et menaçante, la fosse se ressent comme brûlante, entre fête sombre et désinhibition, réceptacle des vibrations de la lourde boîte à rythme, des boucles de l’Electro Harmonix,  et des étincelles sonores que lance ce tandem extraordinaire.


[Nov Power]

Sur Follow You All The Way, les murmures de la française se rapprochent de ceux de Kazu Makino chez Blonde Redhead, avant qu’un rythme disco ne prenne possession vaudou de votre corps, et que les sonorités s’allègent avec tintements plus joyeux. 

Alors que nos corps tressautent sur ce tintamarre, le visuel expérimental n’est pas loin d’être hypnotique. On aime lorsque Caroline Chaspoul frotte en cercle sa pierre rugueuse. Quant au carillon géant, il semble répercuter son propre écho à l’envi. Certaines sonorités se révèlent complexes, vibrant comme une courbe à l’intérieur des métaux après choc, on s’étonne également de la multitude de procédés existants pour varier les ondes sur une simple feuille de tôle. Le concept néo-indus vous ambiance et au vu des applaudissements entre chaque morceau, le public est unanimement conquis par le Nov Power.

L’ultime titre dansant Kora Kora invite tout le public à frétiller. L’harmonie bruitiste est telle, que le bruit sourd d’un micro tombé malencontreusement (par faute de vibrations) fait corps avec la série de percussions du morceau sans déranger aucunement la performance. Le tapage nocturne passe de minéral à électronique; et si Blixa Bargeld cantonnait ses expérimentations à un auditoire connoisseur, Nova Materia démocratise aujourd’hui le vacarme percussif en techno à réverbe ravissante.
Du krautrock à la warehouse, nouvelle matière à clubber.


[Extrait de Speak in Tongues pour le teaser]

Je vous laisse, vais acheter un carillon pour ma maison.

Julie Lesage – 

 

WiseList #70 – TOP20 des ACTUS

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[Image : Soyez responsable pendant vos vacances, ne jetez pas pailles et mitigeurs de vos cocktails…]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

INSTRUMENTAL
POP

INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE
BONUS

Bonne écoute !

INSTRUMENTAL 

Mischa BlanosRocoma (Bucarest)
Mischa est à la foi pianiste et producteur techno, et ca s’entend dans son piano, lorsqu’il fait la course avec le tempo. Epoustouflant en video ! Interview en ligne dans quelques jours…
Nicolas Godin – Clayborn (Versailles)
« Lorsqu’Alexandre Courtès et Marc Teissier du Cros m’ont proposé de composer la musique de la série Au service de la France, il s’agissait de rendre hommage aux musiques de séries télévisées des années 60, et spécifiquement à celles narrant les aventures d’agents secrets telles que Mission impossible. Comment refuser ?«  dixit la moitié de Air

MELTING-POP 

FictionsFlashback (Paris)
Guillaume L’Eglise sort son premier EP pour l’été, on y dénote une caresse pop à la Air, avec un chant entre Voulzy et Katerine, plongeon dans les années 80s tout en défraîchissant la French Pop, avec un parler Catastrophe.
Villagers – A Trick of the Light (Dún Laoghaire)
Le doux irlandais Conor O’Brien annonce une nouvelle panoplie de 9 jolies mélodies: The Art Of Pretending To Swim paraîtra le 21/09 chez Domino.
Bob Moses – Heaven only Knows (Vancouver)
Nouveau single du duo que l’on a du mal à ranger dans une case après l’excellent album Days Gone By : entre electro, pop et rock, on en veut plus !
Eric Charden – Allez Bijou ! (Tonkin>Paris)
Et hop une petite pépite française que le Camion Bazar a partagé lors d’un interview, à paraître sur WiseSound prochainement. Topper Harley l’a aussi dans ses bacs bijoux des 70s-80s.

INDIE / ROCK

Flour Flour – Become Animal  (Berkeley)
Découverte complètement psychédélique qui tinte ses percus avec un enchantement enfantin sur des vocales nostalgiques. Nouvel EP Dimension A juste sorti.
Akira Gautama – Spring Snow (Los Angeles>Seattle)
Akira mèle habilement des influences jazz à des beats hip-pop pour des loops plutôt stylées.
Birdpen – This is your Life (Southampton)
Mike Bird et Dave Pen annonce avec ce titre un nouvel album There’s Something Wrong With Everything pour l’automne. Ils parlent ici de la surcharge d’infos dont les fake news.
Warmduscher Standing on the Corner (London)
Ce nouveau groupe constitué avec des membres de Fat White Family et Insecure Men, jouera rock brut et old garage kraut.
Fascinator – My Own Prive I don’t Know (Melbourne>NYC)
Pour ce second album electro-psyché titré Water Sign, Johnny MacKay produit la rencontre des mélodies de l’est avec les beats du nord, on parle à l’échelle du monde.
Outside The Academy Hand in hand (let’s go) (Melbourne)
Avec ce morceau euphorique, le projet solo de Powel Cholewa nous conforte dans l’amour du rock-electronica australien.
HMLTD Satan, Luella & I (London)
Le groupe européen continue de renouveler le genre rock et sort un nouvel EP: Hate Music Last Time Delete . On vous raconte leur dernier concert avec vidéos.
Nova Materia Nov Power (Paris)
Pas meilleure transition vers l’electro que le post-punk industriel kraut aux allures de dance du duo franco-chilien, leur premier album devrait bientôt sortit chez les belges Crammed Discs, nom destroy pour groupe destroy.

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Eustache McQueer – Queen size (Lyon)
Découvert dans la WiseList #68, le duo LGBT et martien à ses heures nous fait de plus en plus danser, même avec des paroles très explicitement cul.
Claptone – Abyss of Love (Berlin)
Claptone s’est ressourcé près des bois pour son album Fantast, bourré de featuring avec ici Nathan Nicholson, mais aussi Clap Your Hands Say Yeah, ou encore Zola Blood.
Soulwax – Essential Four (Gand)
C’est sans doute le morceau le plus dansant du l’album Essential aux allures de leçon de batterie, grâce cette bonne ligne de basse et au charme d’une voix féminine de caractère.
Kelly Lee Owens Bird (London)
Protégée de Daniel Avery et Ghost Culture, Kelly Lee Owens a été sélectionnée pour le premier morceau de notre premier podcast électro.
KölschHal (Cologne)
Kölsch ravive sa collaboration avec Tiga sur ce titre Hal, mêlant samples de voix et destructuration pour le dancefloor.
Kazy LambistLights on Water (Montpellier)
Kazy continue sa lancée dans la pop électronique des plages avec un album parut en juin et une date au Trianon le 28/11. Lire son interview

BONUS

Melissa BonBlank (Genève)
On finira sur une note sensible, avec la voix mezzo alto veloutée de Melissa Bon. Belle reconversion après The Voice, premier EP sorti : Away.

– Julie Lesage –