Maestro

WiseList #69 – Le top 20 des actus musicales

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[Image : Campagne de Wild Santuary contre la déforestation]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

MELTING-POP
INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Bonne écoute !

MELTING-POP 

Beach HouseBlack Car (Baltimore)
Le duo s’est redoré le blazon avec son album 7, on s’est particulièrement fait attraper par le vibraphone mélancolique et obsédant de ce titre, on ira les voir le 15/10.
Rone – Wave (Paris)
Le titre le plus sensuel de Miropolis, est clipé sur un scénario réalité virtuelle à la Black Mirror (regardez jusqu’au bout) par Greg Barth.
Ulrika Spacek – Freudian Slip (London)
Nos chouchous timides ont sortis un nouvel EP en scred, on a failli passer à côté. Voir interview.
Moon Gogo – Pinball  (Nantes)
Federico Pellegrini sifflait comme un cowboy de far west, accompagné d’une coréenne qui jouait du geomungo, revival à se faire quand la chaleur brouillera ton horizon.
ParcelsTieduprightnow  (Byron Bay)
Le titre bien-être de l’été aux arrangements parfaits qui annonce un premier album fin 2018, à découvrir à Rock en Seine !

INDIE / ROCK

Snapped Ankles – Bel Air (London)
Le groupe post-punk vent de sortir un EP de reprises, parmi lesquelles ce titre originellement de 20min par CAN. On aime la rupture à la 3e minute.
Brainbow – Gold Rush (Lyon)
Pour une fois qu’en refrain indie-pop-rock sonne bien en français, on souligne le quintet qui vient de sortir son 1er album sous un nom simplifié (Exit « Alexis and the »)
Timi Temple – Young Man Old Boy (Sydney)
A 6 ans, Tim Lockwood jouait déjà du violon à l’Opera House, ce génie manie la psyché-tronic et le rock pour parler de sa 20aine, ni trop jeune, ni trop adulte.
Maestro – Harmony (Paris)
On revient de la release party de Monkey Business, Mark Kerr est en pleine forme et Frédéric Soulard veut résolument nous faire danser sur des lives très électro ! Top!
LegPuppy – Meds and Beer (London)
Le titre parfait pour boire une 6e pinte après une victoire de World Cup, ces fans de The Fall continuent leur satire du monde contemporain: après le narcissisme du selfie stick, les voici qui chantent « I’m in a meeting about a meeting (…) power boy »
Nova Twins Hit girl (London)
Le furieux duo féminin a été découvert aux Transmusicales, on a attendu leur titre le plus doux pour vous le mettre en playlist.

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

CORPSPerdu (Paris)
Une atmosphère dark wave et des textes français clamés hauts et forts pour ce projet solo : « CORPS caresse autant qu’il agresse », son nouvel EP A Corps se compose des titres Tordu, Perdu, Divin…bref y’a du challenge pour le trouver sur la toile! Mentionner le label Maison Ainsi peut être utile.
Alvan – Sanzel (Rennes)
Seul avec sa guitare, son sampler et son ukulele, Alvan arrive à te faire voyager dans une ambiance James Bond au Maghreb, avec une belle profondeur.
Simian Mobile Disco – Hey Sister (London)
Après le phénoménal Hey Sister, voici notre 2nde sélection de ce formidable album travaillé avec le Deep Throat Choir. On va absolument voir ca en live, on demande expressément une tournée !
Etienne de Crecy Work (Lyon)
Deux nouveaux titres pour Etienne, qu’il jouera sûrement à Calvi ce week-end, on note à l’agenda sa date du 13/04 à La Philharmonie.
Digitalism Space Race (Hambourg)
Le duo allemand semble toujours être dans la course, un petit côté K2000 de l’espace non?
Sink Ya TeethIf you see Me (Norwich)
Un samedi matin à leur appart, ces 2 nanas adeptes du DIY ont invité tous leurs amis sur une promesse d’alcool gratuit, et on filmé la fête pour leur clip, en mode advienne que pourra on fournit le groove.
Blutch remixe JumoVille (Norwich)
Tel un décollage sans fin, ce titre fait partie de l’EP de remixes de Dérives, chez Nowaday Records.
Gui Boratto – Forgive Me (Sao Paulo)
Ohlala ce cadeau pointu que nous offre Gui, un morceau hyper cinematographique truffé de ruptures étonnantes. Il va nous rendre fous s’il la joue le 28/07 !
ÂmeIf you see Me (Norwich)
Âme sort enfin son premier album Dream House et rien que les 4 premiers tracks sont gigantesques, les fans ne vont pas être déçus par son ecclectisme !

– Julie Lesage –

 

WiseList #68 – Actus musicales

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[Image : Mur de Loretto, vu dans les rues de London, 2018]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

POP
INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Bonne écoute !

POP 

Alan SwanLong Island (Paris)
Maquillé à la Bowie, ce poète de chez nous jouxte au niveau de Perfume Genius en marriant fragilité et puissance, un titre bouleversant qu’on ne se lasse d’écouter. Ca sort à peine de l’oeuf et on en attend le premier EP le 07/06!
Born Idiot et Flore Benguigui – Cocktail Bomb (Rennes/Paris)
Douceur Ricorée pour matins ensoleillés, la voix de L’Impératrice devrait chasser les méchants orages actuels…on retrouve Born Idiot en « Cocktail Tour » dans toute la France avant la sortie de son prochain EP en automne.
Eustache McQueer – Schatzi Stasi (Lyon aka Mars)
La diva à la barbe pailletée et Virilio sont intrigués par la facilité des échanges de fluides terriens, pour financer leurs recherches, ils se produisent dans les milieux LGBT européens.
Her & Romeo Elvis – On & On  (Rennes)
Cette collaboration donne un beau grain à Her, ainsi qu’une leçon anti-réseaux sociaux et smartphones-caméra dans un clip des plus explicites.
NiagaraTorpédo  (Rennes)
Petit clin d’oeil 1986. « C’est de la faute à l’expo Dao l’Aime Pop, on s’est réécouté le meilleur de la pop française. »
Bonnie LiDécroche (Paris)
Décrocher le téléphone comme décrocher d’une addiction. On ne décrochera pas de la formidable Bonnie Li et on salut le coup d’éclat du refrain en mandarin.

INDIE / ROCK

I Me Mine Feel (Toulouse)
I Me Mine est désormais un groupe qui compte avec son 3e album Ellipsis qui a dépassé nos attentes. On y décèle le travail d’Hervé Salters (General Elektricks) et des gars de Kid Wise, et on sent qu’ils n’ont pas finit de nous étonner tant leurs influences sont variées. 2nd titre un peu plus bas.
77:78 – Love said Let’s go (UK)
Voici le premier single psykaleodoscopique des anciens membres de The Bees, leur album Jellies sort le 07/05 sur Heavenly Recordings.
EERA – Living (London)
Des guitares maladives shoegaze rattrapées par des vagues de percussions, et la voix pop d’EERA nous emporte. Loin.
Gaz Coombes The Oaks (Oxford)
Le charismatique ex-chanteur de Supergrass ne perd pas une once de sa précision mélodique. Extrait ici de son album World’s Strongest Man.
I Me Mine Aviator (Toulouse)
Autre morceau remarquable tiré d’Ellipsis : entre choeurs des Beatles et théâtralité de Queen.
Of EmpiresWaist up in Gold (Brighton)
Parce que la puissance du retro-rock ne cessera jamais de faire vendre des bottes de western aux lovers en noir et blanc. Always sexy.
Pion  Sympacide (Paris)
« Ravi-Ravin (…) c’est quand qu’on baise ? » L’avez-vous reconnu, c’est un peu Blind Digital Citizen qui revient sous un faux passeport, toujours avec son parler provocateur. A découvrir live le 13/06 à Mains d’Oeuvres.
MNNQNS If Only They Could (Rouens)
Lauréat du Prix Ricard Live Music 2018, ces mauvais garçon vont tourner comme des bourriques tout l’été ! Un exemple: Rock en Seine.
Maestro  K.I.M (Paris)
Sur un rythme frénétique né d’une culbute de prod mi-Poni Hoax, mi-Vitalic, l’écossais Mark Kerr (batteur des rita Mitsouko, de Discodéine et chanteur pour Bot’Ox) est imprévisible au chant sur scène, et Maestro vient de sortir son 2e album Monkey Business chez Tigersushi. Voir leur interview. Release party le 12/06 !

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Golden BugTaste of love (Paris)
Dernière aventure du robot V.I.C.T.OR, bercée par Pajaro Sunrise en featuring, qui sera remixée par Il Est Vilaine par la suite.
Brainwaltzera – Vodiga (?)
Mais qui est ce producteur sur la compile Modeselektions Vol 4 ? Une vrai chasse au trésor est toujours en cours sur l’identité de celui-ci, car ayant reçu son premier commentaire Soundcloud de « user18081971 » qui n’est autre qu’Aphex Twin, il est acquis pour tous que c’est soit Aphex Twin lui-même, soit un autre grand ponte de la production electronique.
Ninze remixe CansonKolombus (Berlin)
Quand l’inventeur de la Ketapop s’empare d’une track, il la plonge dans de profondes brumes mélancoliques mais délicieuses. On n’imagine même pas l’effet sous drogue…
La Fraicheur Gone (Berlin)
Figure montante de la scène électro, la DJette à demi-française sort son premier album techno le 22/06 sur Infiné.
Baris K remixe Pollyester Voices (Istanbul)
Le stambouliote aurait kiffé notre chanteuse de Concierge d’amour, il est présent sur son EP de remixes.

– Julie Lesage –

 

5 types de danses à Rock en Seine

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Qu’importe la canicule, 110 000 festivaliers étaient bien présents ce week-end au Parc de Saint-Cloud pour la 12e édition de Rock en Seine. Le thème cette année était annoncé comme un fameux titre de Bowie « Let’s Dance », on a donc essayé de recenser les différents types d’ambiances.

Du pogo bonne humeur

Alors que le jeune Isaac des Slaves jouait debout de sa batterie et scandait un chant révolutionnaire et provocateur, le drapeau anglais flottait au-dessus d’un pogo anarchique. Les refrains « It wasn’t our fault » ou « Rich man , i’m not your bitch man » libèrèrent finalement le punk-rock qu’on avait caché sous la glotte. La formation ultra simple (batterie allégée + basse) est étonnamment ultra efficace. Du punk de copains puisqu’en milieu de concert le duo s’est fait un câlin et à demandé à tout le public de se prendre dans les bras, gars de la sécurité inclus, la minute trop mignonne avant que la rage ne reprenne 🙂


[Video de Dany Orban]

Grand Blanc souffle sa noire poésie autant sur des riffs rock indus que sur des tons techno. Pour l’anniversaire d’un de leur pote, le quatuor a entâmé Surprise Party tout en jetant des bombes à eau sur son audience, idée rafraîchissante! Quelques minutes plus tard, Benoît (teint en blond!) demandait au public de faire un pogo…y’avait qu’à demander. Un concert qui déménage avec juste un bémol: les basses étaient beaucoup trop fortes et feutraient la mélodie du clavier de Camille.
Un gros respect pour L7, le feminisme au bout du grunge des années 80, qui opère un come back sans cheveux blanc.
Enfin Ghinzu a été pour beaucoup LE concert de cette édition 2016: de la galoche au public au lèchage du manche à guitare, John Stargasm et ses compères belges nous ont donné de l’orgasme. On est prêt pour la sortie de leur nouvel album en janvier 2017.


[Video de Lillangel]

Du pliage de coude sur le beat

Qui qui dit « swag! » entre toutes ses chansons ? le rappeur Logic. On a beau ne pas être pro-hip-hop, on a quand même été impressionné d’une par sa diction ultra rapide, de deux par sa capacité à faire lever les bras de tout son public encore ajeun vendredi à 16h !
Un autre premier concert réussi est celui de dimanche, où l’on a dansé dès 14h. Une partie de Paris est venue tôt pour soutenir Maestro. Malgré une scène face au soleil à son point culminant,  Mark Kerr (Discodéine, Bot’Ox) n’a rien laché, ou plutôt s’est complètement lâché, et son cri maladif méchant! résonne encore sur la disco-techno dissonante de nos souvenirs.
Mais là où on aura le plus agité les bras, c’est bien devant les 3 Birdy Nam Nam (et non plus 4, depuis le départ de DJ Pone) qui nous ont offert un live ultra puissant avec des versions quelque peu modifiées des fameuses Abesses et The Parachute End. On attend le 16/09 pour écouter leur nouvel album Dance or Die qu’ils présenteront le 31 mars à l’Olympia.


[Video de Feeling Channel]

Enfin Soulwax nous offre une très belle scène thématique « symétrie de carrés » avec deux blocs batterie se faisant face, martelant telle une fanfare par dessus l’électronique ultra dansante. Le quatuor a livré une magnifique fin bonheur sur NY Excuse, que le public était tout heureux de chanter.


[vidéo de Dmitriy Grachev]

Des chorégraphies à apprendre

La grande nouveauté de cette édition était le montage d’une 6e scène, appelée Dancing l’après midi où étaient donnés des cours de voguing, waaking, rock et hip-hop, et Clubbing le soir avec en DJ set La Mverte, Chloé ou Dollkraut. Petit aperçu avec la démo de Marty et Miss Dee avant leur cours de rock:

Sinon vous pouvez également vous lancer dans la chorégraphie des vagins. Si si, costumes de sortie, Peaches a fait rougir son public avec sa chanson Vaginoplasty pour la diversité des vagins. Peaches, c’est un peu comme Die Antwoord, tu peux ne pas aimer la version studio mais tu restes quand même pour le show, des fois que quelque chose d’encore plus taré se passerait sur scène.


[vidéo d’Avalon Mist]

De la rêverie chancelante

Le franco-japonais Einleit a séduit la scène des découvertes Ile-de-France malgré une chaleur étouffante par ses envolées electro-pop noires. Le lunaire Flavien Berger nous a émerveillé avec ses paroles au 5e degré, ses « fantastiques machines » comme il dit, et surtout cette apparition des trois cordes pour l’accompagner sur Léviathan. Un qui prend sa guitare pour un violoncelle, c’est Sigur Ros. Une ode au chant cristallin sur grincements électriques, l’Islande est une autre planète, d’ailleurs sur l’écran le micro où murmure Sigur Ros illumine de ses rayons divins.

Sans titre[Photo de Robert Gil (www.photosconcerts.com)]

Massive Attack, tant attendu, a tenu ses promesses :Horace Andy, Deborah Miller et même Tricky ont rejoint 3D et Marshall pour nous jouer les plus grands moments de leur discographie, c’était magique. C’est aussi LE groupe qui nous a empêché de dormir sereins avec un matraquage de messages interrogeant notre attitude dans le contexte actuel. Tous les sujets y sont passés: politique, réfugiés, médias, recherche de soi, réseaux sociaux, burkini, attentats, amour, people, hommages… « Nous sommes tous dans le même bateau. » Ca fait pas de mal non plus de réfléchir durant 3 jours de basses et de bières.


[vidéo de Feeling Channel]

Mais aussi du scepticisme immobile

On a évité de stagner devant Caravan Palace puisque c’est tout le temps la même chose.-.On s’est ensuite demandé à quelle hauteur (dans le genre high) était Joel Gion, le tambourine man des Brian Jonestown Massacre; le groupe a pris cher et leurs énormes rouflaquettes n’excusent pas un concert plutôt fade.-. Quand tout le monde parle pendant un concert c’est que c’est pas terrible: Two Doors Cinema Club n’ont retenu l’attention que pour leurs anciennes tracks connues, sinon ca reste de la pop gentillette….-. Pendant que The Last Shadow Puppets reprenait Les Cactus de Dutronc, Breakbot essayait de nous emmener sur une croisière s’amuse funky, on a eu le mal de mer.-.Sum41 c’est marrant 10 minutes puis l’effet cour de récré passe et trépasse.-.Malgré quelques perles et le fameux I Love you So, Cassius inscrit son nouvel album dans le clubbing Ibiza, un poil trop commercial.-.

Res16.Ambiance.©ZélieNoreda-5534[Photo de Zélie Noreda]

Merci Rock en Seine pour une bien belle édition qui te scie les jambes le lundi. Et vivement l’année prochaine !
[Photo cover: Zélie Noreda]

 

Interview MAESTRO

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Encore un énième projet du génial Mark Kerr. Après avoir chanté pour Bot’Ox, il met de côté ses talents de batteur de Discodéine et revêt la peau de chanteur pour un groupe parisien un peu barré mêlant disco et synth-pop: MAESTRO. Tout d’abord éberluée/excitée par l’écoute album, je découvre au pavillon Ile De France de Rock en Seine que c’est en live que MAESTRO rime avec trio et brio. Le groupe était également au programme des chouettes découvertes du MAMA festival à Pigalle.
Retour sur les beaux jours lorsque je tapais la causette à Mark Kerr, Frédéric Soulard et Antoine Boistelle, simplement assis à la cool sur la pelouse:

Vous venez de jouer, c’était super, on a bien dansé! Et vous comment l’avez vous ressenti?
Mark et son adorable accent écossais: Merci! C’était sympa: combien de fois on a joué en journée?
Frédéric et ses beaux yeux bleus: On a vraiment kiffé, finalement y’avait beaucoup de monde pour cette petite scène. D’habitude, on connait la moitié de la salle, que ce soit des potes ou des gens du même circuit que nous. Ici, c’est agréable de jouer pour des gens qui sont venus danser ou écouter des sons inconnus. Ils nous ont donné de l’énergie, parce qu’on en avait besoin , on était un peu fatigué de la date de la veille (rires de Mark), à Genève.

Mark Kerr, on te connait pour le jeu de batterie des Rita Mitsouko et de Discodéine. Et puis tu as commencé à chanter, notamment pour Bot’Ox, un de mes premiers interviews, où Benjamin (Cosmo Vitelli) te décrivait comme hyper créatif. Est-ce le résultat de Bot’Ox qui t’as donné envie de monter ton propre groupe où tu laisserais la batterie pour le chant ?
Mark: Disons que passer au chant m’a aidé à être moins timide, moins caché derrière la batterie. J’avais déjà des démos mais personnelles.
Fred: En fait, tous les gens qui connaissaient ces démos avec voix essayaient de convaincre Mark « vas-y on essaie de faire des trucs », Benjamin le premier. C’était euh…nécessaire. (sourire)

maestro-mountains-of-madness

Vous venez de sortir un album intitulé Mountains of Madness chez Tigersushi Records, qui porte plutôt bien son nom. Même sa couverture porte un visuel malade. Vous êtes un peu partis dans tous les sens sur cet album !
Fred: Oui c’était lié à la nature du projet. On est assez occupés ailleurs donc l’histoire Maestro s’est créée sur la longueur. L’album n’était pas prévu, mais maxi après maxi, on a assumé produire des titres qui sont, somme toute, complètement indépendants. C’est vrai que c’est un album plein de couleurs, j’espère qu’on y dénote tout de même un fil conducteur. On voulait aussi revendiquer la variété de nos influences. J’aime bien quand les albums vivent, composés comme la scène 90 de Pavement, avec 25 morceaux barrés et très courts. 

Pourriez-vous choisir un de vos morceaux justement et m’en conter l’histoire?
Fred: Y’en a une qui raconte un peu notre rencontre avec Antoine, sur la tournée de Vitalic. Moi j’étais jeune papa donc je me couchais tôt, les autres se couchaient très, très tard. Et dans ma couchette, j’entendais les potes et Vitalic qui chantaient « Méchant….Mééééchant… ». Du coup en hommage à ce tour en bus, on s’est dit qu’on allait faire un morceau qui s’appellerait Méchant, et y’a que çà comme paroles. On aurait dû inscrire cet hommage sur le disque d’ailleurs.

Et comment se passe la compo alors entre vous?
Mark: Très mal. 🙂 On partage les idées, moi mes boucles, maintenant on a Antoine en plus à la batterie, Fred surtout c’est le head maker.
Fred, modeste: Non pas du tout. Le but est que Marc ait envie de chanter dessus, sinon on met ces arrangements de côté ou on fait un morceau exclusivement instrumental. On s’intéresse à toute nouvelle forme, on s’attache à être libres. On a pas de contrainte financière car on a d’autres projets à côté pour gagner notre vie, du coup on expérimente avec des influences du kraut des années 70, pour le kiff. 

C’est marrant car on reconnaît bien la pâte Discodéine dans le jeu électronique.
Fred: On vient un peu tous du même endroit, puisque j’ai aussi bossé avec Joakim et produit le 2e album de Poni Hoax. La manière de produire les boucles vient de cette époque 2008-2010, avec un peu plus de MPC. On aime beaucoup ces boucles répétitives, plutôt chic que bourrines. Même si en live il faut bourriner un peu pour envoyer un electro-choc sur le public.

Parlons du clip de Darlin’ Celsa, on y découvre notre part de sadisme quand on veut voir jusqu’au bout toutes ces façons possibles d’exploser un visage, de trucider un ennemi…
Fred: Oui ca nous a fait beaucoup rire. On cherchait depuis longtemps un réalisateur pour ce morceau, et lorsque Parachute, un collectif très jeune et hyper talentueux, nous ont présenté l’idée, on l’ a trouvée mortelle du premier coup. 
Mark: En plus c’est vraiment çà l’histoire du morceau. Y’avait un fille dans ma classe at school, I wanted to sleep with her, but she slept with all the other guys so I wanted to kill the other guys. Voilà.
(rires)
Fred : Simple et efficace! Et du coup, il ne le trouvait même pas assez trash le film!
Mark: et ce qui est drôle, c’est que tous les potes font figurants dans ce film. Y’a Pilooski, Joakim, Etienne Jaumet, …
Fred: Ca a représenté énormément de travail, rien que pour chaque animation différente sur chaque portrait.

J’ai l’impression que Paris est une petite famille de musicos qui se connaissent tous et créent tous les uns avec les autres?
Fred: Déjà on n’est plus tous jeunes, donc finalement oui. Paris regorge de super musiciens, on fait partie de bandes qui fonctionnent presque comme des jazz bands. Hier soir par exemple, Mark jouait de la batterie avec Joakim et chantait ensuite avec Maestro. Il y a pas mal de consanguinité. 

Dites-moi, sur Facebook, Maestro a écrit « No Poseurs, please » avec l’affiche de Rock en Seine. Vous m’expliquez?
Fred: ahah! C’est Mark çà!
Mark: Ah it was just un blague, I wasn’t serious. J’aime bien les « poke »: « Serious music lovers please, no posers »
Fred: C’est vrai qu’il y a tellement de personnes, notamment chez les jeunes, qui sont très Facebook carriéristes, selfie de selfie de…
Mark: En plus c’est moi le vrai poseur, just one poser is enough !
(rires)

MAESTRO sera en concert aux Bars en Trans, pendant les Transmusicales de Rennes
le 5 décembre au Bar’Hic
On vous tiendra bien sûr au courant de leur prochains concerts sur Paris dans l’agenda WiseSound.

Leur facebook: https://www.facebook.com/maestrotheband?fref=ts