live report

Nouvelle matière à clubber: retour aux basiques indus

On était au concert neo-clubbing de la sensation percussive Nova Materia à La Maroquinerie

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Au fond de la cave à cuir suintant, l’atelier musical est des plus intrigants. A gauche, devant un carillon de tubes d’acier, attend un plan de travail de métal noir, auquel sont fixés blocs de pierre et pièce de bois, à droite, les cordes sont à l’horizontal, jouxtant touches d’ivoires, alliages dorés de cymbales et peaux tendues de bongos. Ca fait beaucoup de matière pour deux personnes.

On aurait pu y faire entrer les mandarins de Céleste Boursier-Mougenot et laisser faire, mais les deux tourtereaux qui entrent en scène ont un tout autre esprit, punk et revêche. It Comes, leur album à sensation froide paru en septembre dernier chez Crammed Discs, se joue enfin en live, quelques jours à peine après leur révélation aux Trans.


[Follow You All The Way /extraits]

Nova Materia a le désir de faire sonner le brut, grattant, frappant, martellant leur matériel peu ordinaire. En résulte une transe indocile qui redéfinit le clubbing indus par les basiques, une musique primitive de celles qui libèrent, et ce pour deux publics distincts : une moitié de fosse chilienne très chaleureuse, qui jappe sans cesse et s’évertue à copier les vocales de leur compatriote Eduardo Henriquez, l’autre moitié, plus parisienne, qui préfère s’exprimer uniquement par le corps, osant de grands mouvements libres et artistiques.

[Cliquez sur les photos d’Alexis Cangy pour les agrandir]

Le duo issu de l’ancien groupe post-punk Pánico fait monter le rythme tranquillement à coups de ting, scratch, clang, clac, brrrr, zzzzzt. Leurs deux faciès de caractère ne se lâchent pas du regard, construisant ensemble une conversation question-réponse, autant dans les tintements que par prises de parole, celles-ci parfois scandées en expressions mystérieuses. Leur musique a beau sembler froide et menaçante, la fosse se ressent comme brûlante, entre fête sombre et désinhibition, réceptacle des vibrations de la lourde boîte à rythme, des boucles de l’Electro Harmonix,  et des étincelles sonores que lance ce tandem extraordinaire.


[Nov Power]

Sur Follow You All The Way, les murmures de la française se rapprochent de ceux de Kazu Makino chez Blonde Redhead, avant qu’un rythme disco ne prenne possession vaudou de votre corps, et que les sonorités s’allègent avec tintements plus joyeux. 

Alors que nos corps tressautent sur ce tintamarre, le visuel expérimental n’est pas loin d’être hypnotique. On aime lorsque Caroline Chaspoul frotte en cercle sa pierre rugueuse. Quant au carillon géant, il semble répercuter son propre écho à l’envi. Certaines sonorités se révèlent complexes, vibrant comme une courbe à l’intérieur des métaux après choc, on s’étonne également de la multitude de procédés existants pour varier les ondes sur une simple feuille de tôle. Le concept néo-indus vous ambiance et au vu des applaudissements entre chaque morceau, le public est unanimement conquis par le Nov Power.

L’ultime titre dansant Kora Kora invite tout le public à frétiller. L’harmonie bruitiste est telle, que le bruit sourd d’un micro tombé malencontreusement (par faute de vibrations) fait corps avec la série de percussions du morceau sans déranger aucunement la performance. Le tapage nocturne passe de minéral à électronique; et si Blixa Bargeld cantonnait ses expérimentations à un auditoire connoisseur, Nova Materia démocratise aujourd’hui le vacarme percussif en techno à réverbe ravissante.
Du krautrock à la warehouse, nouvelle matière à clubber.


[Extrait de Speak in Tongues pour le teaser]

Je vous laisse, vais acheter un carillon pour ma maison.

Julie Lesage – 

 

Tel un chasseur d’or dans le far West, nous avons trouvé notre Pépite !

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Comparaison facile du chasseur d’or du far west, c’est pourtant un peu ce que j’ai ressenti, perdue dans cette moiteur si révélatrice des bons concerts, lorsque Pépite s’est lancé sur scène.

Le décor était planté : la Maroquinerie, une de mes salles préférées à Paris, tout simplement parce qu’elle permet cette intimité avec la musique, ses interprètes et la foule; et un concert affiché complet depuis déjà quelques temps.
Je connaissais déjà ce duo français prometteur. Ils s’étaient lancés l’été 2015 avec un premier EP les Bateaux, alliant avec virtuosité une certaine mélancolie, de magnifiques envolées psychédéliques instrumentales et une voix au grin nasillard si reconnaissable. Nous étions conquis!

S’en est suivi Renaissance qui s’inscrit parfaitement dans cette veine, amenant un coté plus tropical et moite à leur musique.

Le duo débarque sur scène avec un sourire sincère, une envie claire de partage, une énergie communicative et surtout de magnifiques chemises aux motifs tropicaux. Nous embarquons, nous le savons, pour un moment de pure bonheur ! Cela se confirme avec l’arrivée de Paul à la basse, Reda à la batterie et Martin au synthé.

Thomas, qui nous ferait un peu penser à un Polnareff version sourire jusqu’aux oreilles et lunettes en moins, lance les hostilités avec Dernier voyage. Une douce vague de fraîcheur, empreinte d’une ambiance 70-80’s s’installe et imprègnera les lieux jusqu’à la fin du concert. C’est ça Pépite : une faculté à nous faire voyager loin ! Et puis, Clément le trompettiste rejoint le groupe pour Reste avec moi. Nous sommes définitivement emporté dans une brume tropicale, une douce balade. S’enchainent alors Eviter les naufragesLa vie douce, puis Hiéroglyphes le morceau qui les a révélés l’année passée.

La température monte encore d’un cran lorsque le duo entonne les premières notes de leur nouvel EP Sensations puis Renaissance. Et là, miracle ! Edouard, la guitare du duo, se lâche. Comme porté par la grâce, il se lance dans une extraordinaire improvisation expérimentale. La foule est en transe ! Un sacré live qui clairement sait révélé le talent certain de cette pépite musicale !

Le groupe disparait quelques minutes de scène et revient pour les rappels, képis de marin vissés sur leurs têtes.

Et là moment incongru : Edouard commence une distribution de tatouages. C’est l’exemple même de leur naturel et de leur bienveillance : ils s’amusent et c’est tout ça qui nous plait ! Ils se lancent dans une reprise de Juliette Armanet qui nous fait dégainer les briquets. Nous retiendrons ce final: Thomas, descendu dans la foule, chantant Les bateaux en parfaite harmonie avec le public

-Marine Lombard-

Crédit photos – Alphonse Terrier

Le Voyage selon Vitalic

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C’est tout excités que nous sommes arrivés à l’Olympia parce que, quand même, pas loin de 5 ans que nous attendions ce nouvel album !
Et oui c’était en 2012 que Vitalic nous offrait Rave Age.

C’est donc depuis janvier 2017 que nous pouvons nous délecter de son quatrième album Voyager.

Et comme à chaque fois, nous nous émerveillons ! Vitalic, riche de ses quinze années de tribulations sur la scène électro, sait parfaitement comment enflammer son public. Il s’amuse à redéfinir la notion d’électro en mélangeant savamment tour à tour techno, disco, rock et pop… et depuis Voyager, un héritage cosmique tout droit venu des années 80!

Et là plantés dans la fosse de l’Olympia, nous trépignons d’impatience. Une première partie qui nous entraîne crescendo vers les étoiles avec le duo survolté d’Agar Agar ! Ils nous font monter en température tellement nos corps se trémoussent! Ils s’en donnent à cœur joie eux aussi, déchaînés sur leurs machines, et clôturent leur prestation sur une montée acid hallucinante ! Nous sommes proche du firmament.

Et puis vient le moment tant attendu ! Un peu moins de deux heures d’une électro made in France avec le maître Pascal Arbez-Nicolas, ce garçon si sobre et pourtant si habile de ses doigts!
Face à nous, sous sa couronne de lumière – une structure impressionnante de plusieurs losanges lumineux se mouvant tout autour de lui – il enchaîne parfaitement les morceaux de son nouvel album et bon nombre de ses tubes électro les plus dansants, un brin remixés pour l’occasion. La folie s’empare de la salle. Levitation, My Friend Dario et Stamina (pour ne citer qu’eux)…


[Vidéo de LexMezurt]


[Vidéo de Rebel Funthrasher]

Et là surprise ! David Shaw en plein milieu de la scène irradié par ce light show dément qui nous interprète un magistral Waiting For The Stars

Nous sautons, rions, chantons ! Un vrai bonheur qui ne devrait jamais s’arrêter !

Et pourtant c’est déjà le premier rappel, puis le second. Une chose est sure : Vitalic est comme nous, il ne veut pas que ça se termine ! Nous continuons d’emmagasiner cette énergie si propre à Pascal et nous lâchons tout pour l’inévitable Poney Part I, que tout le monde attendait. Dernier moment de folie que toute la foule reprend en chœur !

Nous quittons l’Olympia comblés, épuisés et déjà prêts pour le prochain voyage made by Vitalic !

-Marine Lombard-

La communion selon Kid Wise !

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Nous nous attendions à être réchauffé. C’est vrai. Déjà parce que nous étions à la Maroquinerie, et qu’il y fait généralement très chaud. Et parce que nous étions face au sextette toulousain Kid Wise.

Et oui, nous nous attendions à être réchauffé par la voix suave et profonde d’Augustin Charnet, par les mélodies envoûtantes du groupe d’indie pop rock.
Mais nous avons été bien plus que réchauffés, nous avons communiés !

L’ambiance et la chaleur étaient déjà bien montées grâce à l’excellente performance du duo pop Colorado. En enchaînant des morceaux tantôt électro dansant tantôt électro planant ou simplement instrumentales, ils énergisent la salle. La note est donnée !

21h: Kid Wise prend place. Simplement, sereinement. Et là, la communion commence.
Avec BONES tout d’abord. Histoire de nous rappeler la splendeur de leur nouvel album.
Et puis à la deuxième chanson, déjà, Augustin descend dans la fosse. Il chante, saute, pogote: partage des dizaines de sourires aux heureux chanceux venus ce soir.

S’enchaînent alors, avec subtilité et légèreté, des moments aériens, suspendus et des moments électriques et puissants.


La communion est telle que nous nous mettons tous à chanter spontanément les chœurs de HOLD ON. Point d’orgue du concert ! Puisque s’improvise un canon entre le groupe et nous. Instant magique de pur partage !

Clairement, Kid Wise n’est pas avare d’échange et de partage. Plusieurs fois, la formation nous rejoint dans la fosse. Augustin et Clément Libes y campent carrément durant tout le morceau HOPE. Pour nous offrir l’un des moments les plus émouvants et uniques de ce concert.

Souvent, ils prennent le temps de nous remercier et de savourer ce qui est en train de se passer : la sensation d’être juste « incroyablement vivants », comme ils nous le répètent. Et comme nous le ressentons aussi.

L’ultime grâce est lorsqu’ils entonnent ASCENSION, morceau audacieux de leur nouvel album : 9 minutes d’une instrumentale magique et enivrante.

Kid Wise nous laisse, après quasiment 2h de show, éblouis, planants et heureux ! Clairement ailleurs !

Chapeau bas les artistes !

-Marine Lombard-

[Crédits photos: Sabrine Demni]

Le concert surprise de Django Django

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Mardi 18 mars, le Badaboum annonçait le concert de Django Django 6 jours seulement avant la date. Les fans se ruèrent sur le clavier la CB en main et quelques heures plus tard, les désespérés proposaient millions contre une place sur facebook. Le groupe annonce un deuxième album début mai et nous sommes tous curieux d’en entendre…

LIVE REPORT
Ce soir on sent que le public du badaboum est composé de fans. Acclamés à leur arrivée, les Django Django arrivent en maillot sportif et débutent avec Hail Bop, après cette espèce d’introduction shamanique comme sur leur album éponyme. Hail Bop, donc, sauf qu’ils changent les aaaaaaaah en ouuuuuuuuuuuh. OK, c’est pas grave. J’aurais compris pour le deuxième refrain.

Transition électronique avec riffs en reverb, on passe à Firewater. Mais dites donc, j’ai l’impression que ce gig bouge beaucoup plus que la dernière fois au Trianon! Les 4 londoniens ont la patate et veulent la faire partager. Peut-être aussi l’effet intimiste de la petite salle du Badaboum, qui nous fait nous sentir ultra privilégiés. Vincent Neff fait chanter son public. On a du lui manquer car il répètera à plusieurs reprises pendant le concert que cela fait 2 ans qu’il n’est pas venu jouer chez nous.

Suivent ensuite 2 morceaux (ci-dessus) de leur prochain album Born Under Saturn, First Light et Reflections, que le public connait déjà par coeur, puisqu’il est fan et suit assidûment les dernières releases. Sincèrement, ce nouvel album me fait peur: les voix sont plus aigues, les sons plus électroniques, moins de chant uni-voyelle, on perd ici tout le côté psyché qui faisait la particularité de Django Django (qui allait si bien avec ce nom d’ailleurs!) et se rapproche d’une pop déjà vue, sans doute également plus accessible. On a même le passage de saxo sur Reflections…un autre univers, nous sortons du désert aux moustiques et de sa chaleur torride.

Soit. Mais bon quand Django Django t’enchainent Waveform, Skies in Cairo, Default avec rallonges et percussions pour tout le monde, la joie et la danse sont au rendez-vous. Le groupe a cette tendance à donner beaucoup plus de rythme et de matière à danser en live et ça c’est très bon. Apothéose type bouquet final sur WOR et sa sirène retentissante, Tommy Grace est fou de joie, il danse tout sourire et jette ses bras en l’air dès qu’il le peut.

Django Django WiseSound

Bilan: On a dansé, on a chanté ouuuuuuuuh. On est  venu pour être prem’s sur d’autres morceaux du nouvel album mais le mystère reste complet.

On se donne une deuxième chance, on y retourne fin mai au festival We Love Green.

Vidéo du Badaboum:

Django Django / Live at BADABOUM

Posted by BADABOUM on Wednesday, 25 March 2015

L’épopée des Trans Part 2 (samedi)

Samedi 2e jour. Réveil à midi, non ça va pas être possible là.

15h, on prend le métro car on sait que l’on va y trouver les New-Yorkais Too Many Zooz et eux, ils mettent une ambiance d’enfer partout où ils passent. Infatigables, ils jouent pratiquement toutes les heures à différents endroits. C’est bien simple, avant leur horaire sur scène au parc expo, ils ont joué en public sur les 2 jours dans plusieurs stations de métro, à la gare, au Liberté, dans le hall Médias, …et ce n’est que là où je les ai croisés par hasard! Non mais sérieux les gars vos lèvres vont tomber en lambeaux avant votre grand concert! Que nenni, toujours de bonne humeur, la fanfare-techno sème la danse dans les espaces publiques. Quand je dis fanfare-techno, c’est que ce trio constitué d »un saxo baryton,  d’une trompette et d’une grosse caisse s’approprie des rythmes très soutenus que l’on retrouve d’habitude en club, d’autres morceaux emprunteront à la fois au jazz et au funk, ils appellent cela de la brasshouse. Explication en vidéo, où vous remarquerez que Leo P le baryton entraîne la danse à lui tout seul:

Devant l’UBU, un autre qui ne chôme pas pendant les Trans, c’est MellaNoisEscape. Olivier Mellano a prévu pas moins de 15 concerts sur 3 jours avec son nouveau projet solo, juché sur son camion-scène, pour faire vibrer les rues de Rennes de sa texture rock pointue.

Je sors et me retrouve devant le Liberté, dans le centre-ville de Rennes,  pour rencontrer Bantam Lyons, ce groupe Brestois (installé à Nantes) au rock mélancolique qui porte la belle voix de Loic Le Cam. Le quatuor émerge aussi lentement que les festivaliers. En fait cet aprèm c’est tout Rennes qui est un peu vaseux. L’interview se passe dans les règles habituelles des festivals: top! 15 minutes chrono. Suivant! Court mais contente de les avoir rencontrés. [Interview soon sur le site.]

Jambinai-WisesoundEn attendant leur jeu sur la scène de l’Etage, on se balade parmi les médias et tombe sur l’enregistrement acoustique de Jambinai pour la radio Fip en petit comité (7 personnes). Le trio sud-coréen joue du métal avec des instruments traditionnels tels que le haegeum, le piri ou le geomungo, oui c’est le paragraphe culturel. Intrigant mais même plus que ça, puisqu’après avoir passé la surprise des sonorités et du chaos, on s’accroche à l’un des instruments (en l’occurence pour moi l’haegeum) et c’est parti pour un voyage déchiré entre les temps. Mais où M Brossard trouve-t-il des groupes comme celui-ci?

A L’Etage, les cuivres des rennais Sax Machine featuring le MC américain Racecar résonnent. En effet, le saxophoniste et le tromboniste jouent carrément leur dernier morceau en mode fanfare dans le public en liesse. Suivront Fragments: un trio instrumentaliste post-rock qui t’aère l’esprit comme une bande originale; et dont le claviériste est aussi batteur ce qui entraîne quelques mini courses entre les instruments, respect. Autour de moi, le public ici sent le musicien confirmé: un monsieur essaie de faire distinguer à son fils (8 ans?) les 4 temps du morceau: « Mais papa, c’est nul comme musique! _ On ne dit pas çà, on dit: ce n’est pas ma musique! Répète ! »

Bantam Lyons Trans WisesoundAaaah enfin les Bantam Lyons! Je cite parce que c’est tellement çà, j’aurai dit pareil: « une voix habitée et une foudre électrique forment l’ossature de chansons mouvantes dans lesquelles il fait bon se perdre ». (texte des Trans) Après la mise en avant de leur morceau magnifique When Lips Turn Purple,

2e extrait de leur EP avec cette vidéo du live en question par Sourdoreille:

20h, heure de l’apéro et de se préparer à bouger sur le site du parc des Expo pour une deuxième nuit de folie. Ce soir j’arrive un peu plus tard, par les navettes pleines à craquer de festivaliers déjà bien chauds. Chants, rires,… l’excitation est bien palpable.

Entre le début et la fin du set d’Alphaat (photo en-tête), j’ai dû louper une grosse montée. Les premières tracks n’étant pas assez pêchues, je me suis absentée de la Green Room et quelle surprise à mon retour une demi-heure plus tard: la techno-bruitage a pris de la graisse, elle devient plus lourde, plus sombre et dérouille le corps.

Dans le hall 9, c’est LA star techno de la soirée: Boris Brejcha et son masque à faire des cauchemars enflamment 6000 danseurs, les bras en l’air. La sauce monte, monte sans cesse, particulièrement sur Aussenluftdeckenstrahler (je vérifie si j’ai pas fait de faute…):

Enfin, The Hacker , qu’il n’est plus utile de présenter, clôturera cette nuit fiévreuse avec les morceaux techno de son nouvel album (écoutez Driftin dans la WiseList #18)

Bref, avant de vous laisser visionner le best of des Trans en vidéo pour découvrir tous les autres groupes dont on n’a pas parlé, on remercie énormément les personnes suivantes pour ce week-end formidable et fort en émotions:
Louis Fabre pour tout,
Lucie Chérubin, Laura Le Baron, Charlène Salmon et Anne-Lise Surget pour l’organisation des interviews,
Raphael et Yves pour l’hébergement,
ainsi que les 2 acolytes du bar Absolut dans le hall VIP/Médias 🙂

BEST OF des autres

[Photos: Fip, Guillaume, Moi-même
Vidéos: Sourdoreille, OuestFrance, WiseSound]

L’épopée des Trans part 1 (vendredi)

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Les Trans c’est un peu le festival où il est impossible de suivre ton programme préalablement établi: la course entre les lives et les interviews, un set phénoménal qui te fait passer le groupe suivant à la trappe, un coup de cœur inattendu, …

Donc on a pas pu tout voir, mais voici ce qu’on a vécut sur les nuits de vendredi et samedi (enfin, de ce qui peut être raconté):mms_20141209_141903

En arrivant sur les lieux, on va direct sur le stand FiContent qui a développé l’application spéciale Transmusicales en test pour cette année 2014. Une appli super bien faite avec les live en temps-réel, le plan en 3D et géolocalisation, l’onglet pour sociabiliser à mort avec Twitter, …on a juste été étonné lorsqu’on a cliqué sur « Allumez le feu! » : vous êtes sérieux là ?

Grand-BlancAprès notre entrevue avec Superets, direction le Hall 8 au pas de course pour profiter de la fin du set de Grand Blanc, LE groupe français le plus attendu des pros du festival, comme une promesse electro-rock aux textes poétiques et pleins d’anxiété. Au moins on aura pas loupé Samedi la Nuit. Finalement, la voix « à la Bashung » de Benoit David est beaucoup moins caverneuse en live et tiens plus de la douce révolte rock. On les retrouve ensuite pour un interview, ambiance encore chaude et essoufflée de leur prestation (lire leur interview).

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La pause galette saucisse est obligatoire, nous sommes à Rennes, dans l’espoir que cela nous réchauffe. Car oui Les Trans c’est un peu le seul festival « indoor » où tu te pèles grave le c…D’ailleurs c’est un peu dommage, je ne peux même pas applaudir les mains levées, je suis coincée dans mon manteau. Faudrait penser à faire des couloirs entre les différents halls mais il y aurait sûrement encombrement vu la foule. Cette année encore le festival était complet à l’avance pour les soirées de vendredi et de samedi, et sans Stromae ou autre tête d’affiche populaire! En 2014, les Trans ont mis le paquet sur les pointures électroniques: Boris Brejcha, The Hacker, Rone, …la plupart des gens que je croise sont venus pour l’un des trois. Il est vrai que l’électronique prend le pas sur de nombreux festivals aujourd’hui, assurant une rentabilité et des espaces complets. L’autre attrait des Rencontres Transmusicales de Rennes c’est son premier mot: rencontres. Directeur d’un festival pionnier dans la découverte de musiques « pépites » recherchées au quatre coins du globe, Jean-Louis Brossard fait venir des groupes au talent indiscutable sur le sol français pour leur première fois.

A 1h commence le set du génie à la bouille sympathique Rone. L’immense Hall 9 ferme ses portes à peine la dixième minute écoulée: complet. Il faut dire que le franco-berlinois ravie par son travail très pointu qui t’incite plus à une écoute attentive et un voyage intergalactique plutôt qu’à un  mosh pit. Derrière lui, des vidéos d’animation toutes mignonnettes accompagnent les nouveautés de son album à sortir en Février prochain…patience. 🙂


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N'To-wisesoundEnsuite, eh bien ensuite c’est LE MEILLEUR SET de tout le festival. On a pas compris ce qu’il se passait. N’To nous a épatés!!! Tu sors de Rone t’as toujours froid et tu rentres dans l’arêne Green Room, là ça change tout. Cette arêne a été pensée ingénieusement: elle n’occupe que le tiers d’un hall, place le DJ au centre avec plusieurs écrans sur les murs environnants, montrant le jeu du compositeur sur ses tables, et installe les enceintes tout autour à l’arrière du public, ce qui améliore grandement l’expérience. N’To va bien au-delà de nos attentes: le rythme monte progressivement, joue avec le public, le rendant fébrile et toujours plus demandeur. La chaleur monte aussi: on passe du manteau au débardeur assez vite, et ce sera ma seule fois de tout le week-end. On se demande même si c’est bien toujours lui qui mixe tant on s’attendait à de l’électronica minimale qui nous ferait divaguer les yeux fermés; on s’est surpris à crier des Yiiiiiiiihaaaa les mains en l’air, sur une électro/techno de plus en plus puissante. Et avec ce son qui arrive derrière les oreilles, mmmh mon dieu que c’est bon! Tellement bon, qu’on a repoussé plusieurs fois le départ pour voir DBFC qu’on aime aussi beaucoup… jusqu’à les louper. Bref, les amis, dès que N’To revient sur la capitale, je vous y emmène!

Comme on s’en veut un peu (ou pas vu le bonheur ressenti…) d’avoir loupé DBFC, on s’est maté le live en entier et on l’a posté ici: http://www.wisesound.fr/concert-integral-dbfc-aux-transmusicales-2014/

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Après DBFC c’est Ten Walls qui est programmé dans l’immense Hall 9. Le Lithuanien qui a cartonné avec son Walking With Elephants te transporte sur un son épuré. En gros ca donne ça, c’est magnifique: (en faisant abstraction de la saturation)

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compact-disk-dummies_evavlonk-8_lightPendant Ten Walls, on est parti un petit quart d’heure vérifier la réputation de bêtes de scène des Compact Disk Dummies, sur une électro type LCD Sound System. Manque de bol on est arrivé pile sur une reprise de Britney Spears…mais le public avait l’air plus que conquis des morceaux précédents et de cette fougue que présente le duo belge, on les entendra d’ailleurs chanter du CDD jusque dans la navette du retour! Du coup, on a aussi dégoté le live en entier ici : http://www.wisesound.fr/compact-disk-dummies-live-aux-trans/

 

Enfin juste avant d’aller se coucher, Thylacine et son électronique planante mêlant jazz, hip-hop et saxophone calme tous les énergumènes avant de prendre la navette du retour dans le froid glacial.

>>Suite de l’épopée des Trans: Part 2, parce qu’on a aussi fait le samedi, tant qu’à faire !

[Images de Guillaume, Ouest-France, N’To et moi-même
Vidéos de Ouest france et D Hgr]

La release party virile des Black Strobe

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J’arrive à la bourre, pile lorsque commence le concert de Black Strobe avec la lancée de Boogie in Zero Gravity, ambiance dansante d’emblée assurée avec le titre disco ce mercredi, release party de leur nouvel album Godforsaken Roads, avec carte blanche à Arnaud Rebotini et ses amis.
« Bonsoir, Mama told me… » From the Gutter est la suivante. Donc OK, on commence comme ca, direct, en électro, pas besoin de chauffer la salle, soit. Au sein de la petite salle New Morning du 10e arrondissement, on se sent vraiment privilégié. Le public est au plus près du groupe, la bonne humeur se propage « I never felt so good… » Arnaud Rebotini chante de dos, le micro penché, la cadence au genou, plus humble que Johnny, avec une sacrée dose de virilité, notamment grâce à  sa voix reconnaissable entre toutes et à sa stature imposante. Le troisième titre réveille le côté index et auriculaire levés du groupe: Brenn Di Ega Kjerke offre une grosse montée bien rock et bien violente, uniquement temporisée par la techno made in Rebotini.

Black Strobe New Morning 12/11/14 Wisesound 7

Le batteur Mathys Dubois se met ensuite au clavier pour Folsom prison Blues . Petite interlude sans tambour pour un hommage à Johnny Cash. Chaque membre du quatuor pianotera ainsi l’un des trois claviers de la petite scène pendant la prestation, abattant une deuxième carte musicienne. Se succèdent Broken Phone BluesDumped Boogie, Monkey Glands; le rock gagne en volume sur les claviers, Benjamin Beaulieu attrape sa basse. « So I pray my Lord Jesus Christ to send me down love, … » Arnaud Rebotini prêche au micro. Sans la musique derrière on pourrait se croire en présence du pasteur dans un épisode de la série Carnivale, le chanteur impose son personnage, sur un monologue bien plus long que sur leur nouvel album, faisant bien monter la souffrance impliquée dans ses prières jusqu’au retour du refrain rock qui fédère l’audience avec ses « oorrrah, oorrrah ».

Au rappel, (oui c’est court! mais y’a du monde sur le line up), Arnaud remonte sur scène avec un deuxième « Bonsoir ». Pas vraiment bavard, réservé peut-être? Ce sera le seul mot à l’encontre de son public, à domicile. J’aurais pensé Black Strobe plus fou-fou, s’amusant sur scène. Les musiciens restent très humbles, point de galipettes pour le rock-blues-electro, point de discours ou d’échange hors chanson avec le public; mais qu’importe, leur musique est assez puissante pour déchaîner une foule, sans besoin aucun d’une extravagance supplémentaire. Bon point: presque chaque morceau est rallongé pour le plaisir du live, et ca, ca fait plaisir!

On enchaînera avec For Those Who Came on Earth thru the Devil Asshole, puis à la demande générale bien sûr I’m a Man, qui durera pfff je dirais au moins quinze minutes, si ce n’est plus, entre les monologues théâtraux d’Arnaud et les déchainements du public sur les riffs de guitare de Mathieu Zub ! Tu la voulais ? Tiens j’espère que t’en auras assez!

On finira la chaude soirée avec The House of Good Loving et quelques derniers ébrouements, car oui Arnaud adore faire le cheval. Black Strobe descend de scène pour laisser place à DJ Pone puis au retour de Arnaud Rebotini seul avec sa techno. En tout cas on attend la prochaine date pour un spectacle plus long et plus complet!

Voir les photos du concert ici.

 Merci à A nous Paris et Grolsch pour l’organisation de cette soirée Grrrrr !

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Sohn, de la soul à l’électro

Ouverture sur un brouillard bleu,  Sohn se place au milieu d’une dizaine de néons verticaux plantés pour électriser l’atmosphère, affublé d’un bonnet et d’une cape à capuche par-dessus… on a déjà chaud pour lui. En effet, ce soir le Café de la Danse est plein et nous ajoute un peu d’été à 45° à l’intérieur alors que l’automne frappe aux issues de secours.

La voix étonnamment claire, que dis-je, cristalline, de Christopher Taylor s’élève presque religieusement et domine le rendu. Ce que je prenais à l’écoute pour de l’électro-pop, devient de visu une electro-soul. Le britannique a même la gestuelle d’un chanteur soul avec le rythme dans les épaules. Il sort également quelques « oh yeah, hun hun » typiques des chanteurs de RnB qui en font toujours un peu trop, alors que la version album suffit largement. Il est accompagné de deux autres musiciens, que l’on distingue à peine à cause de la différence de niveau de chaque côté du piédestal du chanteur/compositeur. Un peu dommage de devoir se mettre sur la pointe des pieds, même en talons, pour s’exclamer, « ah mais il y a un bassiste à droite, assis par terre ! » A gauche, quelques claviers et machines. Le trio nous plonge dans des densités futuristes et rêveuses. On pourrait faire le rapprochement avec James Blake, sauf que les vocales sont bien plus belles, présentant un timbre fragile.

Une fois que l’on s’habitue à cette voix magnifique, on s’impatiente de voir l’effet des néons sur nos morceaux préférés un peu plus électro. On frétille sur la montée en puissance de Bloodflows, en espérant que tout va un peu se décongestionner. Vient ensuite l’introduction particulière de Tempest, premier morceau de son album Tremors. Sohn a capella part dans des aigus très hauts et transforme la salle en nef. C’est beau, sauf quand le spectateur de derrière, grand fan, chante la plupart des envolées mais sur le mauvais ton…Il reprend ensuite Oscillate, morceau sorti sur son premier EP de 2013, mais non présent sur l’album.

On se serait presque endormi dans de douces vapeurs si les premières notes d’Artifice ne nous avait pas enthousiasmés. « Ah celle-là elle est sympa! » dit-on à ma droite, « Allez, on s’encanaille! » dit-on à ma gauche. Lorsque le rythme monte, un clavier « vintage » électrise l’envolée, un peu trop présent au niveau volume sonore à mon goût. A la fin des morceaux, c’est plutôt un échange d’applaudissements car Sohn a l’air de nous applaudir, on a pourtant pas fait le Braveheart style dans la fosse, mais ça rend le moment chaleureux. On finira sur Lessons, morceau haletant vrombissant de basses, histoire de bien finir sur sa faim, pile quand on en veut encore.

Juste un petit rappel: The Wheel, forcément et fort heureusement. LE titre qui lui a valu sa reconnaissance. Et là, c’est majestueux.

En bilan, un petit concert pour un lundi tout en douceur, sympa mais il ne faut s’attendre ni à pleurer, ni à sautiller.
Une voix magnifique.
Un début un peu trop mystique vers des morceaux électroniques prometteurs.
Respect et curiosité pour le prochain opus.