Grand Blanc

Le nouveau single de Grand Blanc

Ailleurs.

Une certaine Françoise s’est immiscée dans le nouveau single de Grand Blanc.
« Tous les garçons et les filles de mon âge… »
Ce sont les premières paroles prononcées par Camille de sa voix si douce et innocente
« …ils ont les yeux dans les cieux ».

L’héritage de la chanson française yéyé est planté. Mais côté atmosphère, on flotte plutôt sur un synthé division de la joie des années 80, entre deux vapeurs glaciales au gré d’un voyage psychique. Ailleurs ou higher, connaissant le goût du compositeur Benoît pour les jeux de mots. On se rappelle qu’il nous parlait de maladies vénérées au lieu de maladies vénériennes lors de notre première rencontre aux Transmusicales de Rennes.

Après Mémoires Vives, le groupe messin annonce donc un nouvel album pour cet automne. La genèse de ce premier morceau remonterait à une nuit passée à Hong Kong. Perché en haut d’une des tours de la méga-ville, le groupe attendait l’aube, l’esprit apaisé, un moment tel une apartée lors d’une tournée asiatique que l’on imagine frénétique. Ainsi Grand Blanc nous offre presque 10 minutes de flottement dans le temps, entre basse et synthé, entre rayons lunaires et solaires, dans une atmosphère aussi floue que les premiers épisodes étranges de Twin Peaks.

Au bout de 4 minutes, la lumière soudainement éblouit, le chant s’étire en volutes de murmures et revêt presque une dimension mystique, puis redescend en morceau minimaliste de basse.

Arretez donc tout, et laissez vous porter …Ailleurs.

 

5 types de danses à Rock en Seine

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Qu’importe la canicule, 110 000 festivaliers étaient bien présents ce week-end au Parc de Saint-Cloud pour la 12e édition de Rock en Seine. Le thème cette année était annoncé comme un fameux titre de Bowie « Let’s Dance », on a donc essayé de recenser les différents types d’ambiances.

Du pogo bonne humeur

Alors que le jeune Isaac des Slaves jouait debout de sa batterie et scandait un chant révolutionnaire et provocateur, le drapeau anglais flottait au-dessus d’un pogo anarchique. Les refrains « It wasn’t our fault » ou « Rich man , i’m not your bitch man » libèrèrent finalement le punk-rock qu’on avait caché sous la glotte. La formation ultra simple (batterie allégée + basse) est étonnamment ultra efficace. Du punk de copains puisqu’en milieu de concert le duo s’est fait un câlin et à demandé à tout le public de se prendre dans les bras, gars de la sécurité inclus, la minute trop mignonne avant que la rage ne reprenne 🙂


[Video de Dany Orban]

Grand Blanc souffle sa noire poésie autant sur des riffs rock indus que sur des tons techno. Pour l’anniversaire d’un de leur pote, le quatuor a entâmé Surprise Party tout en jetant des bombes à eau sur son audience, idée rafraîchissante! Quelques minutes plus tard, Benoît (teint en blond!) demandait au public de faire un pogo…y’avait qu’à demander. Un concert qui déménage avec juste un bémol: les basses étaient beaucoup trop fortes et feutraient la mélodie du clavier de Camille.
Un gros respect pour L7, le feminisme au bout du grunge des années 80, qui opère un come back sans cheveux blanc.
Enfin Ghinzu a été pour beaucoup LE concert de cette édition 2016: de la galoche au public au lèchage du manche à guitare, John Stargasm et ses compères belges nous ont donné de l’orgasme. On est prêt pour la sortie de leur nouvel album en janvier 2017.


[Video de Lillangel]

Du pliage de coude sur le beat

Qui qui dit « swag! » entre toutes ses chansons ? le rappeur Logic. On a beau ne pas être pro-hip-hop, on a quand même été impressionné d’une par sa diction ultra rapide, de deux par sa capacité à faire lever les bras de tout son public encore ajeun vendredi à 16h !
Un autre premier concert réussi est celui de dimanche, où l’on a dansé dès 14h. Une partie de Paris est venue tôt pour soutenir Maestro. Malgré une scène face au soleil à son point culminant,  Mark Kerr (Discodéine, Bot’Ox) n’a rien laché, ou plutôt s’est complètement lâché, et son cri maladif méchant! résonne encore sur la disco-techno dissonante de nos souvenirs.
Mais là où on aura le plus agité les bras, c’est bien devant les 3 Birdy Nam Nam (et non plus 4, depuis le départ de DJ Pone) qui nous ont offert un live ultra puissant avec des versions quelque peu modifiées des fameuses Abesses et The Parachute End. On attend le 16/09 pour écouter leur nouvel album Dance or Die qu’ils présenteront le 31 mars à l’Olympia.


[Video de Feeling Channel]

Enfin Soulwax nous offre une très belle scène thématique « symétrie de carrés » avec deux blocs batterie se faisant face, martelant telle une fanfare par dessus l’électronique ultra dansante. Le quatuor a livré une magnifique fin bonheur sur NY Excuse, que le public était tout heureux de chanter.


[vidéo de Dmitriy Grachev]

Des chorégraphies à apprendre

La grande nouveauté de cette édition était le montage d’une 6e scène, appelée Dancing l’après midi où étaient donnés des cours de voguing, waaking, rock et hip-hop, et Clubbing le soir avec en DJ set La Mverte, Chloé ou Dollkraut. Petit aperçu avec la démo de Marty et Miss Dee avant leur cours de rock:

Sinon vous pouvez également vous lancer dans la chorégraphie des vagins. Si si, costumes de sortie, Peaches a fait rougir son public avec sa chanson Vaginoplasty pour la diversité des vagins. Peaches, c’est un peu comme Die Antwoord, tu peux ne pas aimer la version studio mais tu restes quand même pour le show, des fois que quelque chose d’encore plus taré se passerait sur scène.


[vidéo d’Avalon Mist]

De la rêverie chancelante

Le franco-japonais Einleit a séduit la scène des découvertes Ile-de-France malgré une chaleur étouffante par ses envolées electro-pop noires. Le lunaire Flavien Berger nous a émerveillé avec ses paroles au 5e degré, ses « fantastiques machines » comme il dit, et surtout cette apparition des trois cordes pour l’accompagner sur Léviathan. Un qui prend sa guitare pour un violoncelle, c’est Sigur Ros. Une ode au chant cristallin sur grincements électriques, l’Islande est une autre planète, d’ailleurs sur l’écran le micro où murmure Sigur Ros illumine de ses rayons divins.

Sans titre[Photo de Robert Gil (www.photosconcerts.com)]

Massive Attack, tant attendu, a tenu ses promesses :Horace Andy, Deborah Miller et même Tricky ont rejoint 3D et Marshall pour nous jouer les plus grands moments de leur discographie, c’était magique. C’est aussi LE groupe qui nous a empêché de dormir sereins avec un matraquage de messages interrogeant notre attitude dans le contexte actuel. Tous les sujets y sont passés: politique, réfugiés, médias, recherche de soi, réseaux sociaux, burkini, attentats, amour, people, hommages… « Nous sommes tous dans le même bateau. » Ca fait pas de mal non plus de réfléchir durant 3 jours de basses et de bières.


[vidéo de Feeling Channel]

Mais aussi du scepticisme immobile

On a évité de stagner devant Caravan Palace puisque c’est tout le temps la même chose.-.On s’est ensuite demandé à quelle hauteur (dans le genre high) était Joel Gion, le tambourine man des Brian Jonestown Massacre; le groupe a pris cher et leurs énormes rouflaquettes n’excusent pas un concert plutôt fade.-. Quand tout le monde parle pendant un concert c’est que c’est pas terrible: Two Doors Cinema Club n’ont retenu l’attention que pour leurs anciennes tracks connues, sinon ca reste de la pop gentillette….-. Pendant que The Last Shadow Puppets reprenait Les Cactus de Dutronc, Breakbot essayait de nous emmener sur une croisière s’amuse funky, on a eu le mal de mer.-.Sum41 c’est marrant 10 minutes puis l’effet cour de récré passe et trépasse.-.Malgré quelques perles et le fameux I Love you So, Cassius inscrit son nouvel album dans le clubbing Ibiza, un poil trop commercial.-.

Res16.Ambiance.©ZélieNoreda-5534[Photo de Zélie Noreda]

Merci Rock en Seine pour une bien belle édition qui te scie les jambes le lundi. Et vivement l’année prochaine !
[Photo cover: Zélie Noreda]

 

Mémoires Vives – Grand Blanc

L’ALBUM DU MOIS

Ca y est, ENFIN, l’album de Grand Blanc est sorti, et c’est une bombe à clous dont aucun morceau ne rouillerait: pointes aiguisées électro-rock indus de tailles différentes, dotées de têtes pensantes.

On suit le groupe messin depuis son apparition aux Transmusicales 2014, encore une super trouvaille de papy Brossard. On avait d’ailleurs là-bas fait la connaissance de Benoit, Camille, Luc et Vincent lors d’un interview à chaud, bride lâchée après leur live. Voici donc un album plein d’énergie, mêlant l’électronique des synthés de Camille au rock indus généré par des guitares bien sombres et parfois vintage. Le tout ressuscite la cold wave dans un paysage glacial français, on y distingue nettement l’influence de Joy Division, et on en redemande. On y retrouvera bien sûr de nombreux titres parus précédemment en WiseList comme le nouveau Surprise Party en première position, ou comme les premières créations Samedi La Nuit et L’Homme Serpent ajoutées en bonus sur un deuxième disque.

La force de Grand Blanc réside dans sa dualité vocale. D’une track à l’autre, on passe de la jeune voix féminine de Camille qui vous rappellera La Femme, au grain mûr et provocateur de Benoit que l’on compare souvent à Bashung, également pour la poésie de ses textes. Des textes bruts et abruptes, qui mêlent intelligemment jeux de consonance. Et rien que pour les paroles, on dit BRAVO. Enfin un groupe qui chante en francais dont on peut être drôlement fier et dont on veut apprendre les paroles par coeur!

Camille nous surprend encore avec le titre Tendresse, Summer Summer intéresse pour le minimalisme non usuel du groupe, Bosphore est ultra dansant,  Disque Sombre est…ma nouvelle préférée. Verticool nous plonge back dans les années 80, track punk que l’on scanderait le poingt levé: « Pas de prestige, pas de vertige! » L’Amour Fou clôt le premier disque avec la beauté d’une mélodie pop. Le deuxième disque vous rappellera vos coups de coeur 2015: le déchaîné Samedi La Nuit suivi de l’infiniment triste Montparnasse, chanson intimiste que Benoît a écrit en revenant de l’enterrement de son oncle.
Une fois que vous aurez écouté ce premier album d’une maturité impressionnante, vous serez dégoûté que leur live du 15 Mars à la Maroquinerie  soit déjà complet…

Mémoires Vives s’écoute, se lit, se réécoute, encore et encore, et se joue en live continuellement,  le groupe étant ultra présent depuis son emménagement sur la capitale et sa signature chez Entreprise. Suivez-les, ils sont très actifs!

Interview Grand Blanc

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C’est euphorique et tout excité que Grand Blanc descend de la scène des Transmusicales,  une atmosphère qui délie les langues, surtout celle de Benoit le chanteur, et offre quelques exclus pour un entretien à la fois grave et délirant, à lire sur plusieurs degrés.

Bonsoir Grand Blanc,  quatuor originaire de Metz vivant aujourd’hui à Paris, votre nom fait-il appel au requin, à la panne d’inspiration ou à la petite ville du Michigan ?
Luc Wagner (percussions, arrangements) s’installe
: ni l’un ni l’autre, Grand Blanc est un nom qui veut rien et tout dire, chacun y prend ce qu’il veut. Il faut plutôt le prendre comme un nom propre à la sonorité intéressante, reflétant le travail de nos textes.
Camille Delvecchio (clavier, chant) tire sur sa cigarette post-live avant que la sécurité ne la lui prenne: En fait, on est tous de Metz, sauf le bassiste, qui est de Mantes-La-Jolie. On est venu sur Paris pour les études.
L: Le groupe est né dans nos chambres à Paris, mais c’est la scène musicale messine qui nous a donné la chance de faire des concerts.
C: L’aventure a vraiment démarré l’année dernière en septembre, lorsqu’on a reçu un mail d’Entreprise notre label, ça a été un peu le catalyseur.

album Grand Blanc Wisesound

Votre musique est très alternative, elle sonne coldwave, rock et électro à la fois, sur laquelle sont apposées deux voix: le timbre caverneux à la Bashung de Benoit David et la voix innocente de Camille Delvecchio. De quel univers vous revendiquez vous, car tous le monde vous met un peu partout!
Vincent Corbel (basse, guitare) nous rejoint:
Ca reste facile de parler de coldwave parce qu’on sent l’influence des années 80…
Benoit David, le chanteur apparaît enfin: Bonsoir ! Je suis le mec qu’il manquait et je suis ravi!
Bonsoir Benoit!
C:
ahah il est encore tout excité!
B: « Ravi que ca vous plaise! »
C: « C’est quand qu’on baise ? »
B: C’est une chanson de nos amis les Blind Digital Citizen.
C: On aime bien s’imiter mutuellement. Eux quand ils nous voient, ils font « je suis l’homme serpent! »
[Pour la petite histoire, c’est Blind Digital Citizen qui a fait écouter Grand Blanc à son label Entreprise.]
B: Il faut absolument aller les voir! Louis le batteur a le jeu de batterie le plus incroyable du monde et en plus il est beau gosse! François Devulver est un prophète, Jean est un…
C: un fou!
B: post apocalyptique marxiste. Florian est roux, …

Revenons-en à votre univers à vous, nous disions?
V: oui donc on parle facilement de Bashung et de coldwave mais on s’influence aussi de hip-hop, de techno, en ce moment de phrasé rap
B: de trap
C: de garage et de punk un peu aussi
V: On espère qu’un jour, il y aura un nom pour la génération scène française qui démarre avec Fauve et qui finira, qui sait, peut-être avec Grand Blanc?
B: Ouais mais pour çà, faudrait qu’on meure très jeune, ce que je peux faire c’est mourir à 27 ans dans un avion si tu veux.
V: Oui un succès à la Joy Division ce serait cool! Finalement, on peut parler de nos influences mais ce n’est pas vraiment ce que l’on crée.

Et les paroles, enfin du plaisir à écouter français! Pour tout vous dire, il m’arrive de ressortir vos textes sur réseaux sociaux .
V: On peut t’envoyer l’émoticône Croix de Lorraine si tu veux pour aller avec !
B: Bah c’est très gentil, mine de rien les textes, je les écris à partir de poésie et on essaie ensuite de faire un truc plus populaire. Et la poésie, ça a une propriété très particulière, c’est que ça se retient et ça se cite, donc ça veut dire que je foire pas totalement mon coup. Le but d’un poème, c’est un peu d’avoir la punchline, comme dans le rap mais sans les contraintes, seize [mesures] et autres formes imposées du rap.

V: Oui au final les bases de  Samedi La Nuit se posent dès « saturday ca te dit », par exemple.

B: On va peut-être le dire quand même? A propos de Samedi La Nuit: l’idée est tirée d’un morceau de My Sister Klaus qui s’appelle Chateau Rouge. Le chanteur lance « château rouge, château rouge, château rouuuuge! » et le « Saturday ça te dit » est à peu près calé sur le même flow. On avait entendu çà en vacances avec Camille, je le faisais un peu à la Indochine au début, plus sobre. Donc voilà: My Sister Klaus- Chateau Rouge, c’est le début de Samedi La Nuit initialement. Tu le sais, t’es la seule, t’as une info exclusive, je suis un peu bourré…

Profitons-en pour parler de cette poésie alors : une poésie noire, remplie d’anxiété peut-être en rapport avec la conjoncture ?
B: Par rapport au fait qu’on va tous mourir peut-être.
Cette anxiété la ressens-tu personnellement dans ton environnement?
B: Ca dépend, mais oui on est tous des anxieux, de manière différente. Moi je sais que j’ai eu pas mal de crises d’angoisse qui sont juste des formes de bug. En fait, si tu veux, l’écriture de Grand Blanc ne met pas en scène l’anxiété pour dire « il faut bader », elle est justement exprimée pour être canalisée. Et d’ailleurs, on est un peu fâché parfois dans certains interviews et articles, où on nous décrit comme dark, tristes, on ne l’est pas! C’est juste que la tristesse et l’anxiété, elles sont là et nécessaires. Il y a des gens qui font un travail pour faire oublier la mort et Patrick Sébastien le fait super bien, mais nous notre travail c’est de dire « oui on va mourir mais on peut vivre heureux avec çà ». Faire face , mettre l’anxiété au milieu et lui tordre le cou, ce qu’on dit et fait littéralement sur scène dans une mise en abîme.

Pouvez-vous choisir un de vos morceaux et m’en conter l’histoire?
B: Montparnasse, c’est un texte qui est unique
V: absolument unique
L: j’en ai chialé comme un ouf tout à l’heure sur scène et ça m’a complètement déstabilisé
B: Il est absolument unique pour moi et pour nous car c’est un texte qui ne nous va pas trop. C’est une chanson qui est un peu hors set, et même si on ne sait pas pourquoi, qui tient. Le petit frère de mon père est décédé d’un cancer, c’était le plus jeune de la fratrie, ça a fait beaucoup de mal à ma famille. Après avoir enterré mon oncle  au cimetière Montparnasse, je suis rentré, j’ai fait une insomnie, j’en faisais pas mal avant. C’était la première fois que j’écrivais un texte directement dans sa forme suite à un événement vécu, parce qu’il fallait que ça sorte. Le truc était fini en quelques heures avec la mélodie.

Quand tu écris du coup, tu penses généralement d’abord au texte puis à la mélodie ?
B: Non ca vient ensemble. Mais par contre je pense d’abord à la forme. Quand je dis « maladie vénérée », ça rappelle maladie vénérienne,  « vénérer les maladies vénériennes » se pose. J’écris çà parce qu’il y a, concrètement, une conduite à risque des jeunes aujourd’hui, et ce n’est pas une inconscience, c’est qu’ils cherchent tous la merde. Donc je fais des jeux de mots, et lorsque le jeu m’appelle, je me demande ensuite pourquoi et quel sens j’en garde. Sauf avec Montparnasse: j’avais un truc à dire, je l’ai dit et du coup j’ai trimbalé cette chanson 3 ans avant qu’on monte le groupe. Et un jour, on l’a joué pour allonger un set. Je me souviens, c’est la première fois que les autres m’ont dit: « mais mec putain ça marche çà! ». J’ai mis beaucoup de temps à accepter que ce que je faisais pouvait être perçu comme « bien », j’étais très pudique et çela m’a fait beaucoup de bien sur cette chanson. Donc l’anecdote c’est çà, c’est la seule chanson qui nous a été donnée, on n’a rien fait. Moi j’ai juste eu une insomnie, je me suis réveillé le matin, y’avait un truc sur ma table.

Vous venez juste de jouer, comment ca s’est passé, comment vous l’avez ressenti ?
Grand-Blanc

V: Super bien
B: Le public était incroyable
V: C’est un concert pour lequel on s’est préparé à mort, on était un peu stressé, notre label et notre tourneur aussi. C’est pas qu’on avait quelque chose à prouver, mais c’était un peu l’aboutissement d’une année de travail. Du coup on est très content que rien n’ait foiré.
L: Il y a eu beaucoup d’émotions pendant. Et on a eu beaucoup de promo juste avant donc on a pas eu trop le temps de s’en rendre contre.
B: compte
L: s’en rendre compte, pardon.
B: aah c’est une erreur que beaucoup de gens font.
L: Donc oui beaucoup de promo, on a juste eu une heure pour manger un truc, boire une demi-bière.
B: 3 bières et demie…
L: On avait dit qu’on arrêtait de tout dire!

Pourriez vous me citer 3 artistes que vous affectionnez particulièrement?
B: Bashung, obligé.
L: Les Smith, suis méga chaud, pour le côté lyrique.
C: John Maus!
B: pour la reverb oui
C: On peut en mettre un 4e? Dashiell Hedayat

Une dernière: Quand et où se revoit-on sur Paris?
B: On sait pas encore mais ce sera sûrement dans une salle qui commence par un P.

Merci à vous Grand Blanc pour le partage de ces émotions post-concert, et merci à Lucie Chérubin pour l’organisation de cet entretien.
La date a été confirmée ultérieurement:
Grand Blanc sera au Point Ephémère le 23 Février 2015 avec leurs amis Blind Digital Citizen.
Une date à réserver!

[Crédit photo: Guillaume Lechat]

L’épopée des Trans part 1 (vendredi)

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Les Trans c’est un peu le festival où il est impossible de suivre ton programme préalablement établi: la course entre les lives et les interviews, un set phénoménal qui te fait passer le groupe suivant à la trappe, un coup de cœur inattendu, …

Donc on a pas pu tout voir, mais voici ce qu’on a vécut sur les nuits de vendredi et samedi (enfin, de ce qui peut être raconté):mms_20141209_141903

En arrivant sur les lieux, on va direct sur le stand FiContent qui a développé l’application spéciale Transmusicales en test pour cette année 2014. Une appli super bien faite avec les live en temps-réel, le plan en 3D et géolocalisation, l’onglet pour sociabiliser à mort avec Twitter, …on a juste été étonné lorsqu’on a cliqué sur « Allumez le feu! » : vous êtes sérieux là ?

Grand-BlancAprès notre entrevue avec Superets, direction le Hall 8 au pas de course pour profiter de la fin du set de Grand Blanc, LE groupe français le plus attendu des pros du festival, comme une promesse electro-rock aux textes poétiques et pleins d’anxiété. Au moins on aura pas loupé Samedi la Nuit. Finalement, la voix « à la Bashung » de Benoit David est beaucoup moins caverneuse en live et tiens plus de la douce révolte rock. On les retrouve ensuite pour un interview, ambiance encore chaude et essoufflée de leur prestation (lire leur interview).

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La pause galette saucisse est obligatoire, nous sommes à Rennes, dans l’espoir que cela nous réchauffe. Car oui Les Trans c’est un peu le seul festival « indoor » où tu te pèles grave le c…D’ailleurs c’est un peu dommage, je ne peux même pas applaudir les mains levées, je suis coincée dans mon manteau. Faudrait penser à faire des couloirs entre les différents halls mais il y aurait sûrement encombrement vu la foule. Cette année encore le festival était complet à l’avance pour les soirées de vendredi et de samedi, et sans Stromae ou autre tête d’affiche populaire! En 2014, les Trans ont mis le paquet sur les pointures électroniques: Boris Brejcha, The Hacker, Rone, …la plupart des gens que je croise sont venus pour l’un des trois. Il est vrai que l’électronique prend le pas sur de nombreux festivals aujourd’hui, assurant une rentabilité et des espaces complets. L’autre attrait des Rencontres Transmusicales de Rennes c’est son premier mot: rencontres. Directeur d’un festival pionnier dans la découverte de musiques « pépites » recherchées au quatre coins du globe, Jean-Louis Brossard fait venir des groupes au talent indiscutable sur le sol français pour leur première fois.

A 1h commence le set du génie à la bouille sympathique Rone. L’immense Hall 9 ferme ses portes à peine la dixième minute écoulée: complet. Il faut dire que le franco-berlinois ravie par son travail très pointu qui t’incite plus à une écoute attentive et un voyage intergalactique plutôt qu’à un  mosh pit. Derrière lui, des vidéos d’animation toutes mignonnettes accompagnent les nouveautés de son album à sortir en Février prochain…patience. 🙂


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N'To-wisesoundEnsuite, eh bien ensuite c’est LE MEILLEUR SET de tout le festival. On a pas compris ce qu’il se passait. N’To nous a épatés!!! Tu sors de Rone t’as toujours froid et tu rentres dans l’arêne Green Room, là ça change tout. Cette arêne a été pensée ingénieusement: elle n’occupe que le tiers d’un hall, place le DJ au centre avec plusieurs écrans sur les murs environnants, montrant le jeu du compositeur sur ses tables, et installe les enceintes tout autour à l’arrière du public, ce qui améliore grandement l’expérience. N’To va bien au-delà de nos attentes: le rythme monte progressivement, joue avec le public, le rendant fébrile et toujours plus demandeur. La chaleur monte aussi: on passe du manteau au débardeur assez vite, et ce sera ma seule fois de tout le week-end. On se demande même si c’est bien toujours lui qui mixe tant on s’attendait à de l’électronica minimale qui nous ferait divaguer les yeux fermés; on s’est surpris à crier des Yiiiiiiiihaaaa les mains en l’air, sur une électro/techno de plus en plus puissante. Et avec ce son qui arrive derrière les oreilles, mmmh mon dieu que c’est bon! Tellement bon, qu’on a repoussé plusieurs fois le départ pour voir DBFC qu’on aime aussi beaucoup… jusqu’à les louper. Bref, les amis, dès que N’To revient sur la capitale, je vous y emmène!

Comme on s’en veut un peu (ou pas vu le bonheur ressenti…) d’avoir loupé DBFC, on s’est maté le live en entier et on l’a posté ici: http://www.wisesound.fr/concert-integral-dbfc-aux-transmusicales-2014/

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Après DBFC c’est Ten Walls qui est programmé dans l’immense Hall 9. Le Lithuanien qui a cartonné avec son Walking With Elephants te transporte sur un son épuré. En gros ca donne ça, c’est magnifique: (en faisant abstraction de la saturation)

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compact-disk-dummies_evavlonk-8_lightPendant Ten Walls, on est parti un petit quart d’heure vérifier la réputation de bêtes de scène des Compact Disk Dummies, sur une électro type LCD Sound System. Manque de bol on est arrivé pile sur une reprise de Britney Spears…mais le public avait l’air plus que conquis des morceaux précédents et de cette fougue que présente le duo belge, on les entendra d’ailleurs chanter du CDD jusque dans la navette du retour! Du coup, on a aussi dégoté le live en entier ici : http://www.wisesound.fr/compact-disk-dummies-live-aux-trans/

 

Enfin juste avant d’aller se coucher, Thylacine et son électronique planante mêlant jazz, hip-hop et saxophone calme tous les énergumènes avant de prendre la navette du retour dans le froid glacial.

>>Suite de l’épopée des Trans: Part 2, parce qu’on a aussi fait le samedi, tant qu’à faire !

[Images de Guillaume, Ouest-France, N’To et moi-même
Vidéos de Ouest france et D Hgr]

La compil’ pré-Transmusicales 2014

Si vous hésitez encore à prendre vos places pour les Trans, on vous a fait une sélection des découvertes de cette saison 2014: en avant-première, tous les groupes qui feront les prochains festivals d’été, et dont on parlera l’année prochaine.

POP: Superets, FUZETA, My Summer Bee, Compact Disk Dummies, Raury, Puts Marie, Moses Sumney

ROCK: I Me Mine, Grand Blanc, Jambinai, Bantam Lyons, Eagle Gift

CLUBBING: Jungle by Night, TOO MANY ZOOZ, Shamir, DBFC, The Hacker, DollKraut, Rone, Ten Walls, Thylacine, N’To, Marco Barotti

Plus d’info sur le festival: Transmusicales 2014