dérision

L’autodérision de Henry Hall joue !

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Pour un artiste, il est presque impossible de se faire repérer en envoyant une démo à info@…nova.fr ou lesInrocks.com. Si vous n’avez toujours pas été repéré par un label, il existe une alternative de la seconde chance: envoyer son single sur les plateformes d’écoute comme SubmitHub, HumanHuman, ou le nouveau frenchie Groover, où tous les blogs, magazines et radios sont répertoriés, et demander à ceux-ci un feedback moyennant quelques centimes. C’est sur ce genre de sites, que Henry Hall s’est démarqué de la longue liste de propositions de singles, à l’aide d’un clip tourné en mode autodérision, voire même foutage de gueule.

Entre un horripileux EDM américain qui se voyait déjà en warm up de David Guetta, de jeunes finlandais s’essayant au hard-rock de skater avec un peu trop de fierté dans les mouvements, et une cagole canadienne qui caquetait bien plus haut que ses cordes vocales en surchauffe ne pouvaient l’élever, je suis tombée sur cette vidéo, présentant enfin un peu de modestie :

Henry Hall semble mêler l’humour d’un stand-up à ses chansons, tantôt à la guitare seul dans sa chambre, tantôt sur des textures synthétiques un peu plus élaborées, avec des paroles frôlant l’absurde au premier abord, agrémentées de yeah yeah yeah yeah yeah ou encore La dadada dada da, qui paraissent finalement au deuxième assez ciselées pour refléter quelques vérités sociétales.

Sur le clip de There il moque l’aspect simpliste de sa composition instrumentale, et l’effet opère dès les premières images : le personnage appellerait presque la même sympathie que j’ai pour les pitreries de Mac De Marco sur scène.

Je veux combiner ma musique à une sorte de désespoir humouristique” dit-il sur Nylon. C’est plutôt réussi.

Pourtant, à creuser plus loin, dépassant ses grimaces de façade, force est de constater qu’Henry dispose d’une belle et juste voix, rappelant même parfois feu Prince.

Henry Hall écrit des chansons depuis l’âge de 10 ans, à peine diplômé de Wesleyan University, il déménage à New York pour y présenter son live show et sort son EP My Friends don’t like me en 2016. Son projet attire une certaine attention en ligne, mais pas des masses non plus (2170 followers sur YouTube). Enfin quand même assez pour être placé sur la série Love de Jude Appatow sur Netflix. Puis l’artiste revient à Los Angeles, pour continuer à écrire des chansons et produire des vidéos farfelues, où il lit le texte absurde d’un sachet de gâteaux apéritifs ou encore explique pendant 2 minutes qu’il va boire une petite bouteille d’eau. Sur Spotify, vous trouverez une vingtaine de titres dont certains avec des mélodies qui tiennent franchement la route, comme le très beau Kid, ou les variations du chant de Talk.

Bref c’était la découverte chelou et jolie du jour. Jeune homme à suivre.

– Julie Lesage –