De Staat

WiseList #77 – Le TOP20 des actus musicales

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CHILL >>> INDIE ROCK >>> HOUSE/TECHNO 

CHILL

The Dandy WarholsNext Thing I know (Portland)
Courtney Taylor-Taylor continue ses expérimentations dans un 10e album Why are You so Crazy hyper ecclectique, on adore cette atmosphère saccadée, comme un bug bluetooth avec ton enceinte.
Drinker – Something I want (Brooklyn)
Claquement distinct sur beat etouffé, la texture sombre de ce titre englobe l’idée de l’addiction et du consumérisme. Le chanteur Aaron Mendelsohn et le producteur Ariel Loh prévoient de sortir leur album Fragments le 03/05, une oeuvre qu’on attend riche.
Viken Arman – Cosmos in Blue (Paris)
Le mois dernier le producteur électronique a présenté son projet Willow en live, accompagné d’un batteur et d’un saxophoniste. Il en résulte un voyage magnifique au carrefour de toutes les cultures.Magnifique qu’on dit.
KitzlGSF (Guelph)
En voilà un paysage surnaturel ! Kitzl travaille son premier album en boucles, enregistrant objets comme animaux, qu’elle mêle à sa voix, sur des morceaux à la fois étranges et espiègles. La nouvelle sensation expérimentale ?
PapoozYou and I (Paris)
Dans ce clip filmé au Balajo, le plus ancien cabaret de Paris, Armand et Ulysse se déchirent la conscience de l’actrice danoise et modèle Klara Kristin. Douce ambiance 70s tirée de leur nouvel album Night Sketches, qui sort ce vendredi.
Cut Chemist  Home away from Home (New York)
Afin de sortir de l’isolement après la mort de son père et 30 jours de prison pour conduite en état d’ivresse, le DJ producteur s’est entouré de nombreux musiciens pour son album Die Cut. Et la renaissance opéra.

INDIE ROCK 

Nick WaterhouseSong for Winners (Santa Ana)
Le fervent disciple du vieux Rythm & Blues sort un nouvel album plus introspectif et le présentera au Petit Bain le 24/03. Soirée comme au dinner américain des années 50, possibilité de commander son burger à la cantine! (lire le dernier live-report sur son retour vers le futur)
The Brian Jonestown MassacreCannot be saved (San Francisco)
Après la sortie de 4 albums en 5 ans, plus une bande originale, plus 2 albums avec Tess Parks, et quelques collaborations comme avec The Liminanas, l’infatigable Anton Newcombe nous sort un 18e album pour TBJM le 15/03 dont voici le premier extrait. Il comprendra 9 titres dont un en français intitulé Tombes Oubliées.
YAK Words Fail Me (London)
Qui d’autre qu’Oli Burslem aujourd’hui investirait tout son argent jusqu’au dernier centime dans un enregistrement, au point de perdre son logement et de devoir dormir à l’arrière d’un break Citroën ? The Pursuit Of Momentary Happiness est un album du type haute mission monomaniaque. Yak sera en tournée en avril et passera par Reims, Lille, Amiens, La Roche/Yon et Biarritz.
COSSE– Welcome Newcomer (Paris) //uniquement sur YouTube et Soundcloud//
On a découvert COSSE au Supersonic. Le jeune groupe vient de signer chez Grabuge records, le label de Lysistrata et prépare son premier EP. On y découvre des structures complexes, un chant qui rejoint parfois King Krule, sur des jeux de guitares à la Tool. Bref ca s’annonce bien chiadé.
Entracte Twist –Crash (Lyon/Strasbourg)
On reconnait de suite les immeubles de Rosa Parks pour cette première pochette aux tons ensoleillés, Entracte Twist propose un son sincère entre synthés déraillés de new-wave, et parlé post-punk, typique de la mèche dans les yeux.
Namdose – Woe (Vendôme/Bruxelles)
Alors là si vous voulez (enfin) du pointu pour la nouvelle scène indie rock, allez de suite voir Namdose, la fusion de BRNS avec Ropoporose ! Des chants entre pop et rock, des bidouillages expé sur chaque intrument, des battles de math-rock à 2 batteries dans la fosse, … d’ailleurs on les a rencontrés vendredi dernier. On vous raconte très bientôt.
De Staat – Level’Up (Nimègue)
Un des meilleurs concerts de l’année, c’est certain ! On vous en parle ici: DE STAAT éclate sa bulle et t’en met partout.
Standalone – Destroy Yourself (Indianapolis)
C’est le nouveau projet new wave de Steven Seibold des groupes Hate Dept et Pigface, tout pour l’amour du synthé 80/90, hop sur un album éponyme chez Negative Gain.

HOUSE/TECHNO

Cabaret NocturneBlind Trust (Bruxelles)
Petit retour en 2015, lorsque Cabaret Nocturne débridait la scène électronique avec son slo-mo aux influences indus et punk.
Malik DjoudiTempérament (Poitiers)
L’ascension du poitevin, qui a commencé sur le tard à 37 ans, continue. On aime particulièrement la montée électronique de Tempérament, alors que Malik se laisse ballotter en eaux troubles sur le clip de ce morceau introspectif.
The Chemical Brothers Got to keep on (Manchester)
Dis donc c’est la teuf tropiques et bonne humeur façon Soul Train dance contest avec ce nouveau single ! Une échappée étonnante à quelques semaines de la sortie du nouvel album No Geography le 12/04.
Odonis OdonisCheck my profile (Toronto)
Le nouvel album de Gesaffelstein sort ce vendredi, et vu comme son dernier single avec Pharrell Williams est bien de la daube, on se console avec le dark efficace d’Odonis Odonis.
ChloéSometimes (revisité live 2018) (Paris)
Bien sûr tout le monde connait ce titre, sauf que dans son album live de sa tournée de Endless Revisions, Chloé revisite nombreux de ses morceaux, jusqu’à rendre son public hystérique. Merci David pour la suggestion !

DOUX BONUS

Jessica PrattAs the World turns up (Los Angeles)
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, c’est ce qu’apporte le nouvel album Quiet Signs.

Julie Lesage

[Image: Photo de Robert Doisneau]

DE STAAT éclate sa bulle et t’en met partout

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Me suis récemment faite bousculer par un bulldozer. Je te raconte en chronique-live report.
Yep 2-en-1, parce que tu le vaux bien.

BIM UN ALBUM ULTRA-PUISSANT

Paru l’air de rien dans la liste des sorties de la semaine, l’album Bubble Gum te catapulte direct en puissance par son premier titre électro KITTY KITTY. Mais c’est quoi çà ? Ce sont les néerlandais DE STAAT, qui se sont fait connaître avec le clip de Witch Doctor [4,6 millions de vues] lorsque celui-ci a raflé pas moins de 11 prix grâce à une animation démente qui dictera plus tard un jeu de fosse effarant [on y reviendra sur le live-report/ dernière video ci-dessous à la 6e minute…].
Découvert par DEUS, le quintet a également été mis en avant sur toute la tournée européenne de Muse en 2016, m’enfin comme on n’écoute plus Muse depuis 14 ans, on est passé à côté. Bref Bubble Gum, leur 5e galette de 11 titres aboutis, te rattrape et t’offre un mélange tutti frutty (d)étonnant. On y trouve de l’alternative rock, de l’électronique ultra-puissante, des folies de stoner, une tchache hip-hop, qui se rapproche intensément du chant d’Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers sur Tie Me Down, ou de la furie de NIN sur I’m Out of Your Mind, sans oublier une pointe de melo-dark avec le titre Phoenix.

Côté message, Bubble Gum caractérise selon le compositeur Torre Florim la propre bulle en laquelle nous nous enfermons: « les gens ont l’information qu’ils ont envie d’avoir, et sont hermétiques à celle qu’ils n’aiment pas. »

Le band nommé « L’Etat » en hollandais te parle de l’arrivée de Trump dans Kitty Kitty [« Orange Entertainer »], d’Instagram dans le délire Pikachu, … des polémiques contemporaines quoi.
C’est riche, c’est fort, impossible à répertorier dans une case, donc c’est chouette.

BAM UN LIVE PERCUTANT

La version live à La Maroquinerie commence d’un coup sans prévenir avec le martelage de Me Time en tchatche rap relevée d’un « lala-lalala » qui nous rassemble en joyeuse famille de trentenaires prêts à se lâcher comme des teens, ce soir c’est permis. Le quintet joue sur son trente-et-un, Rocco Hueting au clavier s’est fait deux jolies nattes pour l’occasion, et la moustache du bassiste Jop van Summeren n’est pas dénuée de charme. Le président éloquent de cette assemblée étatique de jeudi-saint-valentin, c’est Torre Florim, qui nous enjoint à chanter (ou crier) dès le fameux Mona Lisa, sous le rythme militaire percussif de Tim, avant une envolée de gratte folle appelant au pogo.

Dès les premiers morceaux, on comprend que ce gig sera intense du début à la fin, sans aucun répit hormis 3 minutes de dark Phoenix pour reprendre son souffle :

Rocco et Torre dansent sur beaucoup de morceaux en tandem au coeur de la scène, et n’hésitent pas à braver le ridicule avec leur marche Pikachu dans les gradins : un moment irréel pour nous autres incrédules !

Entre les morceaux de Bubble Gum, le groupe insère ses vieux tubes taillés pour soulever les stades tels Peptalk, les saccades rap de Input Source Select, la fanfaronnade Get On Screen ou encore le sermon utile Help Yourself. La guitare de Vedran en second plan de scène tient parfois entièrement le morceau, se substituant aux synthés saturés façon Casio de Rocco.

Mais absolument rien n’égale le mouvement euphorique que livre Witch Doctor, le spectateur bien avisé du clip sachant exactement à quel moment s’engager dans un tourbillon de fosse, à me renverser littéralement par terre. La Maroquinerie restant une salle assez petite, on imagine la tournure monumentale de ce titre live dans une grande salle à domicile…pour les moins patients, avancer à la minute 6.00 de la vidéo ci-dessous:


[Get On Screen + Witch Doctor. Video de AndreBeaulieu]

Au rappel, les néerlandais clôturent sur Kitty Kitty, bien entendu. Et si tu as bien suivi le clip, qu’est-ce qu’il faut faire à la fin de ce single ? C’est çà : un Wall of Death, encore appelé Braveheart style… comprendront les actifs.
CCL: Le concert de De Staat est un événement qui associe un discours engageant à un divertissement sportif. Il est convenu de s’attendre à en ressortir vidé, trempé.

SHLING, JE TRINQUE AVEC ROCCO

…et je vous retranscris notre conversation dans quelques jours.
A très bientôt pour la publication de l’interview 😉

Julie Lesage