Surchauffe General Elektriks

.

Et c’est pourtant un poil à reculons que je me suis rendu à la Cigale ce jeudi 12 avril 2018 pour découvrir sur scène General Elektriks, sous forme de quintette. Pourquoi à reculons ? Parce que j’avais parcouru le dernier album, visiblement trop vite, et que je n’avais été que trop peu emballé.

La faute à l’écoute superficielle du gars qui veut écouter trop de choses en même temps ou à un album un poil hermétique ? Je ne sais pas encore mais ce que je sais dorénavant, c’est que General Elektriks est une formation bouillante, explosive, festive, fofolle, précise et violente quand elle est sur scène.

Le groupe live est formé autour du grand manitou Hervé Salters aux claviers et chant (meilleur jumper derrière clavier qu’il m’ait été donné de voir jusqu’ici); du bassiste Jessie Chaton à la coiffure afro et au jeu de scène savoureux, alternant entre statisme absolu et déhanchés diaboliques, provoquant les rires mais aussi les hourra d’un public acquis; du guitariste Eric Starczan, hyper efficace sachant alterner entre rythmiques funky et solos guitarheroesques; et d’un formidable duo de percussionnistes, se relayant selon les titres à la batterie (pour les 2), à la MPC (boîte à rythme de la marque Akaï) pour Jordan Dalrymple ou au vibraphone pour l’écrêté Norbert Touski. Le duo aura d’ailleurs l’occasion de proposer une joute savoureuse entre batterie et MPC dans la partie instrumentale et crescendo d’un des morceaux du set.

[Vidéo de Live to love music Do Riane]

Car ce que je vais retenir de la performance de ce groupe, c’est son aptitude à faire évoluer n’importe quel morceau vers quelque chose de réellement jouissif pour les oreilles et le cerveau ! Même lorsque la base du morceau ne convainc pas forcément (cela m’est arrivé d’être un poil déçu par les lignes de chant ou l’agencement initial), le groupe arrive systématiquement à nous emmener plus loin (et surtout plus fort). Adeptes et grands maîtres du crescendo progressif qui rend une salle folle d’enthousiasme et musiciens hors-pair pouvant partir dans des solos ou des « battles », les cinq fantastiques du soir savent rendre le set intéressant à chaque seconde; on a même envie que les morceaux continuent encore et encore…

La set list semble par ailleurs mûrement et sereinement réfléchie car même lorsqu’un morceau comme You Took your Time, issu du dernier album et assez (trop ?) calme vient refroidir les ardeurs du public, ils enchainent avec une reprise méchamment boostée du Tainted Love de Soft Cell. Qui ne sera d’ailleurs pas la seule reprise du set puisque le premier des deux rappels de la soirée sera clos par le Girls & Boys de Prince.

Des accents disco, du lorgnage vers Of Montreal sur certains titres, des réinterprétations de « vieux » titres hyper efficaces (quelle version de Tu M’Intrigues !) et de nouveaux titres (A Dreamy Disposition ou Amour Uber Alles) qui fonctionnent plutôt mieux que sur l’album que je me dois, encore une fois, de réécouter plus attentivement.

Et surtout, le plus important, comme le dit RV: « Sautez avec nous !! »

Oh putain, que oui !!

– Boris Chapelle –

[Photo Une : Concert antérieur 2016 ©Jérémy Toix]