Starcrawler, la décharge électrique

Ce soir, à Petit Bain, la première partie nommée Pretty Sick, est un groupe de post-punk new-yorkais mené par la jeune chanteuse et bassiste Sabrina Fuentes. Ils n’embarquent pas forcément la majorité des spectateurs, ceux-ci arrivés très en avance ce soir, pour voir quelque chose de beaucoup moins sage. Le trio composé de deux basses et batterie rattrapera l’attention générale grâce à sa reprise de Do You Wanna Touch Me de Joan Jett and the Blackhearts. Évidemment, comment résister…

 

L’électricité monte doucement dans la salle, attention Starcrawler entre en scène ! Comme un frisson parcourt l’audience, celle-ci ne sachant pas exactement à quoi s’attendre. Il faut dire que, dans sa tenue sortant plus d’un cauchemar que d’un concours Miss France, Arrow de Wilde n’inspire pas particulièrement confiance. Dans sa robe blanche défoncée et à moitié couverte de (faux) sang, mitaines et cheveux compris, il se dégage de la chanteuse d’étranges vibrations que l’on peut sentir s’échapper jusqu’au fond de la salle. Pas besoin de plus de quelques notes et de quelques mots remplis d’une énergie rappelant légèrement celle de Hole, pour que la magie opère et que Petit Bain s’enflamme.

Checkez un peu ces photos hallucinantes de Cédric:

 

 
 
 
 
 
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Redonnant ses lettres de noblesse au théâtre-rock, le groupe californien a toutes les munitions pour vous attirer dans son rituel aux allures d’exorcisme. Une entité où chacun est libre de garder sa personnalité, telle semble être la particularité Starcrawler. A la guitare Henri Cash, habillé en cowboy d’opérette, nous assène ses riffs acides et machiavéliques, avec un sourire assez terrifiant pour pouvoir se faire enrôler dans la bande à Alex, d’Orange Mécanique, sans aucun problème. Caché derrière sa batterie et ses cheveux Austin Smith assure le rythme avec un look grunge des 90’s. A la basse, Tim Franco a plus l’air d’un gentil garçon qui s’est trompé de groupe, avec son look de lycéen un peu trop sage, mais nous prouvera le contraire tout au long de la soirée. Arrow de Wilde en reine survoltée au chant, parachève le cocktail idéal pour faire pencher le navire, même si Petit Bain est une barge d’accord, mais ça bougeait drôlement bien quand même!

Aucun doute, la jeune chanteuse de 18 ans sait faire le show comme personne. Telle une œuvre d’art envoûtée, une poupée désarticulée, ou peut-être une zombie. Tenant sur ses jambes osseuses, nous offrant contorsions, danses cathartiques, et chutes à gogo après chaque titres… Astiquant son micro jusqu’à l’éjaculation ou faisant mine de se tailler les veines avec, faisant couler le liquide rouge sur son bras, continuant ainsi la décoration halloweenesque de sa tenue. Remontant sur scène en rampant depuis la porte de backstage, et multipliant les scènes de possession digne d’un film d’horreur. Arrow de Wilde est une vision hypnotique, réussissant à être à la fois attirante et repoussante, telle un sortilège complexe et efficace.

Finissant en zombie cracheuse de sang, Arrow est à la hauteur de sa réputation, sauvage et fascinante. La fosse s’est rapidement transformée en piste de danse pour enragés, certainement contaminés par miss zombie en personne quand elle leur a craché dessus ! Le show des Starcrawler semble être un spectacle bien rôdé ne nécessitant même plus de setlist. Deux jeunes et chanceuses inconnues termineront le concert après que les musiciens aient commencé à quitter la scène un par un, récupérant guitares et veste du guitariste pour faire du bruit jusqu’au dernier coup du batteur.

Évident sujet de discussion après le concert: le physique alarmant de la chanteuse. On ne peut que lui souhaiter de prendre soin d’elle, mais l’histoire est aussi faite de gens qui repoussent les limites de leurs simples capacités de mortels pour nous offrir ce dont eux seuls sont capables. Ce soir, les amplis ont fait résonner l’air d’un moment volé au temps, se chargeant d’une électricité qui appartient déjà à l’épopée du rock.

Vous pouvez voir ou revoir le concert en intégralité juste ici.

Eva Camus

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