Sensationnels Queens Of The Stone Age : une histoire de setlist

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If I Had a Tail, je serais certainement plus grande et je verrais mieux la scène... La voix de Josh Homme s’élève, mi crooner mi rockeur,  incroyablement claire et détachée des instruments, l’effet Arena sans doute. [On peut juste dire Arena ?] Monsters in the Parasol applaudissent déjà en rythme, en public varié mais unanime quant à l’adoration portée au groupe de Palm Desert. Question lumières, My God Is the Sun, le mec à la régie se fait plaisir sur les refrains : c’est une explosion de flash entre projos-ascenseurs et barres de lumières verticales que les guitaristes s’amusent à shooter pour en rajouter dans le chaos visuel. Feet Don’t Fail Me. On regrette cependant The Way You Used to Do,  les écrans animés de diablotins, vampires et corbeaux version Like Clockwork 2013. Le show ce soir sera uniquement musique et lumière. Un recentrage sur l’essentiel ou la volonté d’une sobriété? La devise de Josh Homme est pourtant annoncée « Dance, drink and have sex! »

Une fois le public chauffé au rock old school et groovy produit par Marc Ronson, place au gros stoner de l’époque Songs for the Deaf avec You Think I Ain’t Worth a Dollar, but I Feel Like a Millionaire, track parfaite pour l’émission de catch WWF Tough Enough. Ouais ce soir, tout le monde sera comblé. No One Knows que Jon Théodore va nous offrir un formidable solo détonnant à la batterie, la liesse se propage parmi les plus de 13000 spectateurs, I Think I Lost My Headache, tout va de mieux en mieux : le ginger male prend le micro pour nous affirmer sa philosophie, renforcée après un 13/11 [Josh Homme est également membre de Eagles of Death Metal]: Vivre à fond, maintenant, avant que The fucking Evil Has Landed. 200% sur la même longueur d’onde : sortir de sa Fortress et se prendre un tas d’émotions en pleine face.


[Vidéo de IndieGilles]

Dans une vue d’ensemble, on vogue Smooth Sailing  dans un concert best of, de ceux où tu ne vois pas le temps filer. Point de cabrioles sur scène, mais une maîtrise parfaite des accords autour d’un leader hors norme à la voix puissante et plaintive, rappelant feu David Bowie, et surtout d’une justesse à se damner jusqu’au plus aigu de la mélodie. A sa droite, le bassiste Mickey Schuman mouline furieusement de la tête, comme un métalleux mais avec seulement ce qu’une coupe au bol peut lui offrir de cheveux. D’ailleurs, c’est marrant, pratiquement tous les musiciens autour de Josh ont cette même coupe de cheveux et cette même chemise sombre. Corporate les gars.

Sometimes in the street, people ask me « Who let the dogs out ? » Also many people says « You know what this is ? Hey, You know what this is ? This is… » Well fuck this shit, you know what it is. We don’t need to be fucking Domesticated Animals, profère Josh. Puis il entonne en communion avec la salle entière Make It With Chu. Comment prétendre I Appear Missing sur un morceau aussi magnifique ? Même la guitare de Troy Van Leeuwen chiale strident son désespoir puis laisse place à la complainte pénétrante des Villains of Circumstance. Séquence émotion.


[Vidéo de Julia D]

Le quintet reprend ensuite du poil de la bête, et ses anciens morceaux des années 2000, clope au bec: Little Sister se défoule à s’en rendre Sick,Sick,Sick, et se libère tout de Go With the Flow.

Le rappel achèvera les plus coriaces assoiffés de sueur avec la cadence folle de Head Like a Haunted HouseUn-Reborn Again, et une interminable Song for the Dead de 10 minutes pour un final grandiose. Satisfaits, on serait tout de même bien restés encore une heure, à écouter plus d’anciens morceaux. Car c’est un fait: le nouvel album a beau être sympathoch, ce sont les vieux morceaux ryhtmés qui nous font décoller.

– Julie Lesage –

[Photo en une ©Manu Wino]

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