SANS DORMIR de BOT’OX

bot'ox sans dormir

La pochette de l’album : une boite de nuit de béton glauque, abandonnée en pleine campagne, une ambiance rock et disco, un je ne sais quoi des années 80. Le 27/01/2014, Bot’Ox sort une Deluxe Edition de Sans dormir, avec un deuxième CD pour 9 Bonus Tracks. L’occasion de revenir sur ce deuxième opus après Babylon By Car, dans lequel le duo garde l’univers mécanique mêlant rock et electro pour une virée en discothèque (la Cadillac au parking).

On commence doucement avec Basement Love, on pense tout de suite à l’électro-pop de Air, fierté française, doublée de la voix sensuelle des Foremost Poets (Philadelphie). Puis Grands Boulevards : déferlante de riffs rock comme on aime. Avant Sans Dormir déjà, nos préférées étaient inscrites dans cette ambiance instrumentaliste rock, comme une bonne B.O. de film fou et rocambolesque. Grands Boulevards reprend là où Crashed Cadillac et Bearded Lady Motorcycle Show nous avait laissés. Rien à voir avec la couleur du lieu parisien truffé de pubs de toutes nationalités mais sans vraiment de caractère, nous sommes ici sur les grands boulevards d’un cinéma violent et noir. 2.4.1 est un peu difficile d’approche car la voix ralentie empêche d’apprécier pleinement les arrangements de Samy Osta du groupe Rover que l’on aime aussi beaucoup. Une envie irresistible de changer le positionnement du bouton 33 tours vers 45 tours, ou d’abandonner un poivrot à son monologue. L’enchaînement avec Another Form of Fatigue est à peine perceptible, titre explicite.

        L’unité de l’album ne se trouve pas dans le genre musical. On passe de la synth-pop au rock sombre pour finir sur de l’expérimentation dérangeante. Non l’unité se trouve dans ce que raconte ce nouvel album. Une épopée retranscrivant les pires de nos nuits blanches. La bande originale d’un Trainspotting se déroulant en une seule nuit. On est dimanche et c’est le jour parfait pour comprendre l’oeuvre dans son intégralité. Sans Dormir est compilé de descentes et remontées, de sons et voix distordus rappelant un bonne gueule de bois. Je ne sais plus si la mienne revient ou si c’est cette musique glauque qui m’en offre une deuxième virtuelle.
On plonge dans cette bande originale, expérimentale certes, mais offrant tout de même quelques portes d’accès. Mark Kerr, vous vous rappelez? qui avait collaboré avec Discodéine, y apporte par exemple quelques touches de légèreté. Comme si la gueule de bois était passée, on retourne sur la piste de cette boite fantôme. The Face of Another est majestueusement complète : une entrée à la Trentemoller, la voix féminine de Anna Jean pour une touche pop, et le rock sombre et lourd nous reprend en court. Puis on dégringole avec Night Stuntman, rien ne va plus, grosse descente de came, mal de crâne, imaginez ce que vous voulez mais ces sirènes lancinantes ne disent rien de bon…

Bref cet album monstrueux est un peu l’histoire de nos week-end. Encore une fois c’est une oeuvre a écouter plusieurs fois et dans son ensemble, pour en capter tout le décor offert par Julien Briffaz et Cosmo Vitelli. Sans Dormir est au final un peu indescriptible, il est plutôt à vivre. Et on ne vous dit rien sur les Bonus Tracks !
Nos préférées : Back from the suburbs, The Face of Another, et on aimerait bien secouer ses cheveux sur Grands Boulevards. Ca tombe bien on prévoit de le faire le 29 Mars prochain à la Gaîté Lyrique où ils se produiront avec David Shaw and The Beat. Oui oui deux pour le prix d’un. Parce que David Shaw est aussi doué pour nous faire nous déhancher. (Quelques titres de David Shaw dans la WiseList #Hiver2013). Réservez dès maintenant ici.

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