Rock En Seine : Faut creuser, y’en a des bieeeens

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Au rachat du festival Rock en Seine par Mathieu Pigasse il y a 2 ans, on criait à l’uniformisation des festivals de France sous quelques grands noms, réducteurs de la diversité musicale à ce qu’il y de plus rentable (donc de la daube commerciale). Le rock avait déjà laissé quelque place aux autres musiques actuelles comme les urbaines et les électroniques. Puis cette année, un nouveau scandale de grands tourneurs éclate : l’américain Live Nation réussi à récupérer Kendrick Lamar initialement programmé à Rock en Seine, et le place sur sa Paris Summer Jam à l’U-Arena le même jour que l’ouverture de Rock En Seine, on pourrait presque dire en face, faisant un pied de nez,… La Guerre est déclarée.

Côté public, à l’annonce cet hiver des premières têtes d’affiche d’RES session 2018, les amateurs de rock pleurent, et nous avec : PNL, Macklemore, Justice que l’on voit partout, Bicep, Post Malone….plus une sacrée flopée de rappeurs qui s’imposent dans le tier-quar de St-Cloud, une vague histoire de bizz sur un week-end, …
Les fidèles festivaliers ne s’y retrouvent plus: aucun groupe légendaire à la hauteur des précédentes venues telles QOTSA, Massive Attack, Radiohead ou Foo Fighters.
Jared Leto aurait-il coûté trop cher avec ses 30 seconds to Mars ?

La rentrée approchant, on quitte le sable brûlant et rejette un coup d’oeil à la programmation complète du festival. Finalement, on détecte une dizaine de bijoux d’influence garage, psychédélisme et post-punk, avec lesquels vous pourriez être surpris de l’énergie que déploient nos frenchies, qui n’ont plus rien à envier des excellents voisins british (bien sûr de la partie). Ajoutés à cela un peu de couleurs et sourires australiens et texans, on a notre panel rock :

PARCELS


OK C’est pas du rock, mais Parcels vous donnera le sourire dès le premier jour avec son electro-funk clin d’oeil aux années 70s, teintée de surf australien, ca vous détentra car ce week-end s’annonce aussi comme un bon moment entre copains, avant de se plonger vraiment dans le taf de l’automne.

MNNQNS


Lauréats du prix Ricard Live Music, ces rouennais à prononcer « Mannequins » détonent cheveux longs et rebellion, sur un post-punk aux influences Joy Division.

THE LIMINANAS


Le duo de Perpignan a changé plusieurs fois de chanteuse, a navigué de yéyé français à garage rugueux. Avec leur nouvel album Shadow People, il se sont fait une place, aimés des plus grands tels Anton Newcomb, Arnaud Rebotini, Franz Ferdinand, et Primal Scream. A ne pas manquer !

KING GIZZARD & THE LIZARD WIZARD


Au rythme de 5 albums sortis en un an, les sept australiens surf du garage au rock progressif, dans une optique hautement psychédélique. Leur création est si foisonnante, qu’on ne peut prédire leurs concerts. Vous verrez donc bien…

THE PSYCHOTIC MONKS

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Si le rock pour vous se définit par un chaos de riff saturés dans une brume épaisse, vous trouverez bonheur chez ces moines qui ont brûlé leur toge dans laquelle leurs cheveux longs s’emmêlaient. On espère juste qu’ils n’amèneront pas la pluie.

FAT WHITE FAMILY


Super groupe de rock, ces punks dans l’esprit sont à la vodka dans le gosier et déjantés sur scène, du pure british comme on l’aime.

THE BLACK ANGELS

Les piliers du psychédélisme texan vous feront chavirer dans une torpeur qui malgré toutes les couleurs virevoltantes sur écran, restera bien sombre.

JESSICA93

Ca vient du 9-3, mais ca sent le shoegaze, la cold-wave et surtout le badass. Pour une fois que le bon rock noir n’appartient pas qu’aux Anglais, on en est très fier !

IDLES

Enfin Idles, ces Anglais avec leurs paroles au vitriol, parfois engagées, toujours énervées, on fait un tabac l’année dernière. Ils reviennent, faites gaffe: ca va pogoter.
« Mother….fucker! »

– Julie Lesage –

Photo Une ©Mathieu Foucher