Rencontre avec NAMDOSE : la fusion indé la plus intéressante du moment

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Cela faisait déjà quelques mois que BRNS flirtait avec Ropoporose. La sortie de leur premier EP de 6 titres a enfin concrétisé leur union, un mariage qui redonne goût à l’Indie Rock par sa façon de travailler chaque instrument avec ingénuosité, le tout assemblé avec une bonne dose d’émotions vocales entre le chant fragile de Pauline, et la ferveur de Timothée. NAMDOSE est né et c’est une bombe, notamment en live, lorsque les deux batteries installées en fosse s’engagent dans un duel de math-rock !

Comme on avait déjà fait connaissance avec BRNS autour d’une piscine, on a repris rendez-vous:

Rencontre avec Romain Benard, le frangin batteur de Ropoporose, Antoine Meersseman et Timothée Philippe, respectivement bassiste et batteur-chanteur de BRNS (à prononcer « Brains »).  Il est 15h, le matos a été déposé à La Maroquinerie, et on descend boire un verre à l’Entrepot’s rue Ménilmontant pour une discussion ponctuée de différents degrés.

Pouvez-vous me raconter comment vous êtes vous rencontrés entre les deux entités ?
Romain : On se connaissait un peu par réputation, notamment par le festival des Rockomotives à Vendôme, et on s’était déjà partagé les 2 faces d’un vinyle pour le Disquaire Day en 2016. Et puis l’idée de la collaboration mutuelle s’est développée un jour

Antoine : …lorsque le programmateur du Botanique, un complexe musée-salle de concert en Belgique qui soutient 3-4 créations à l’année, nous a demandé en février 2018 si on avait pas envie de faire quelque chose de spécial ensemble pour une date. On s’est dit que le mieux serait de lui proposer un set original : on s’est vu de février à avril par tranche de résidence de 3-5 jours pour une douzaine de jours de travail au total, et le jour J « barreau d’honneur au Botanique » : c’était royal! Tous les gens étaient hystériques, et on s’est dit que ce serait bête d’en rester là.

R : Cela nous a poussé a travailler d’une manière spontanée : « allons droit au but, on va pas passer des mois a peaufiner les arrangements », et c’était finalement assez excitant d’avancer avec cette carotte là, très vite, et c’est devenu le modus operandi de Namdose, contrairement à BRNS et Ropoporose qui appliquent leur propre recette.

Qu’est ce qui lie vos 2 entités ?
Tim : Le bon goût je pense [rires]

A : En terme d’esthétique, on n’est pas si loin les uns des autres,

R : …et puis on est des bons vivants voilà, on aime bien le pâté et le vin rouge !

Oui je vois çà ! [Il est 15h, les 3 zicos ont commandé un ballon de Chinon]

A : C’est aussi une histoire de défi parce que nous sommes vraiment la réunion de 2 groupes entiers, pas de quelques membres, c’est un véritable crossover.

Et au contraire en quoi se différencie Namdose  ?
R : C’est une sorte de fusion des fulgurances de l’un et de la pop échancrée de l’autre…

T : Côté organisation, on a du faire pas mal de compromis et laisser la place à l’autre. Avant chaque musicien connaissait sa place, là avec Namdose on est beaucoup plus a l’écoute, il y a, somme toute, quelque chose de très collégial.

D’ailleurs ça veut dire quoi Namdose ?
R : C’est plus prononçable que BRNSRPPRS, c’est sa grande qualité. On nous a reproché que ça faisait dubstep, entre Zenzile et Zion Tribe. [rires]

T : Phonétiquement, c’est chouette à prononcer à la japonaise, Antoine fait ça très bien. On pourrait faire des reprises en japonais dans le prochain album, comme Julien Doré sur sa balançoire. [rires]

Le fait d’accepter deux batteries dans votre formation apporte-t-il des difficultés dans la compo ou le jeu ?
R : C’est surtout une grosse source de plaisir d’avoir 2 batteries dans un groupe.

T : Cela permet d’explorer la rythmique comme un élément un peu moins statutaire. En conséquence, on a une manière différente d’envisager la batterie, il y a comme un jeu entre nous, parfois l’un suis l’autre, ou l’échange peut s’engager comme un ping-pong, parfois très serré, même visuellement ça devient très intéressant en concert,  et oui l’exercice est assez jubilatoire.

Alors justement, la disposition de vos instruments est une autre particularité de Namdose. Vous avez décidé de prendre à contre-pied la disposition de toute salle de concert et de jouer dans la fosse !
A : On n’en fait pas un dogme comme La Colonie de Vacances non plus, mais on essaie, tant que faire se peut. Genre là, à la Maroq’, les batteries sont en fosse, les autres musiciens sont sur scène. Le Botanique, c’est un endroit où les groupes jouent par définition au milieu du public, et celui-ci déambule autour. On s’est dit qu’on allait rester sur la configuration de ce premier concert fondateur, c’est quand même plus marrant et moins froid.

R : En ce moment, tu voies beaucoup de scénographies lumières et digitales spectaculaires en live, on a l’impression que les artistes doivent absolument envoyer des shows explosifs, notre démarche est finalement contraire : plutôt que de t’en mettre plein la face, on va venir à côté des gens.


[I Know, la chanson inédite que vous ne trouverez nulle part]

Pourriez vous me raconter un morceau de ce premier album S/T ?
T : On pourrait parler de la dernière : Off The Hook.
Ca parle de quelqu’un qui s’est libéré de ses parents pour aller vers ses amis. C’est très jouissif. On écrit les paroles ensemble entre Pauline, Diego et moi.


[Finale monstrueuse math-rock en live !!!]

Namdose est-il un projet pérenne qui risque d’entraîner la disparition des deux entités originelles ?
R : Le projet est encore tout neuf. On profite de nos pauses avant nouvel album de BRNS et Ropoporose pour remplir l’espace temps avec Namdose, et c’est déjà suffisamment excitant. On va tourner jusqu’à l’automne puis on reprendra chacun un peu nos chemins respectifs.

Donc par quels festivals va passer votre tournée cet été ?
T : On va bien bouger ! Dour, Check-In Party un nouveau festival dans la Creuse qui a une très belle programmation indé, …
R : les Vieilles Charrues, Art Rock à Saint-Brieux, Aucard de Tours, le festival de La Cité Lausanne, on va avoir un bel été assez rempli, ca c’est chouette.

Et bien on vous souhaite un été couronné de succès !

01/06 : Fête de l’Ilot – Dunkerque (59)
08/06 : Festival Art Rock – Saint-brieuc (22)
09/06 : Aucard de Tours – Tours (37)
27/06 : Fusion Festival – Berlin (DE)
12/07 : Dour Festival – Dour (BE)
14/07 : Festival Décibulles – Neuve-Eglise (67)
18/07 : Les Vieilles Charrues – Carhaix (29)
27/07 : Blue Bird Festival – Ohey (BE)
23/08 : Check In Party – Gueret (23)

Julie Lesage & Alexis Cangy

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