Rencontre avec les frénétiques FEWS

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Les FEWS ne se prennent pas le melon. Leur nom inspire d’ailleurs la modestie. Ils sont funs, décontractés, très chevelus, un peu enfantins à toujours se taquiner les uns les autres. Découverts par Dan Carey, le producteur de The Kills, Bat for Lashes, CSS, Franz Ferdinand et j’en passe, ils se sont ensuite fait adouber chez [PIAS] dès l’envoi de leur premier titre entre post-punk et rock alternatif : The Zoo.

Géographiquement c’est un peu compliqué. Il y a quelques années depuis San Francisco, Fred écoute enthousiaste les démos du suédois David sur Myspace, il commence les palabres pour créer un groupe mais se prend un méga rateau. Pourtant Fred est tenace, il réussit à amadouer sa cible lors d’une rencontre à Berlin. Aujourd’hui, Fred, David et Rusty le batteur vivent tous à Malmö en Suède, plus pratique. Reste encore le bassiste, Jay, qui lui est à Londres…Un quatuor sans frontière donc, avec qui j’ai passé un très bon moment, jovial et insouciant, souvent entre le 1er et le 2nd degré. C’était un après-midi au Supersonic.

Fred, quand tu as commencé à harceler David via myspace, tu te voyais déjà en mode band avec lui en Suède?
F: Non parce qu’au début il ne voulait même pas en entendre parler, il refusait de commencer un groupe, je me suis dit « ok this sucks », mais ensuite je l’ai forcé.
D: Je me demandais « c’est qui ce mec bizarre qui insiste », d’ailleurs ça ne me plait toujours pas mais je n’ai plus vraiment le choix…

Vous venez de sortir le titre LaGuardia. Une introduction pour un nouvel album ?
D: Ce serait l’introduction de là où on veut aller oui, on a quelques nouvelles chansons mais on est encore train de se demander ce qu’on va en faire, pour le moment on tourne beaucoup depuis 12 mois donc on n’a pas eu le temps de peaufiner quoi que ce soit pour un album.

Diriez vous qu’il y a une évolution entre les titres de votre album Means et ces nouveaux titres?
D: Définitivement: il va y avoir un changement …un peu plus lourd. Le live est très important dans la création, c’est comme ca qu’on voit ce qui marche ou pas. LaGuardia est un morceau qui s’est développé au fur et à mesure sur scène et du coup on l’écoute comme une live track. C’est cette impression que l’on veut donner, cette direction que l’on veut prendre.
R: C’est ta meilleure réponse, tu deviens vraiment professionnel!
D: ahah, merci !

Quel est le meilleur atout de Dan Carey pour vous?
R: C’est un génie, il libère notre création, il a un esprit extraordinaire qui voit bien au-delà des notes de musique. Après on est dans le processus d’écriture on ne sait pas encore si on va travailler ensemble pour le deuxième album, mais on aimerait bien.

En écoutant les paroles de votre album Means , on dénote une solitude dans pratiquement tous les morceaux…
D: en même temps les périodes d’écritures viennent naturellement des pensées et observations, des émotions ou des rétrospectives, ou quand tu divagues avec les vapeurs de l’alcool aussi, …tu peux pas écrire de la musique quand t’es heureux !
La différence c’est qu’en général les chansons sur la solitude sont plutôt molles et tristes, vous au contraire, c’est comme si vous remplissiez le temps vide par une belle énergie frénétique !
D: Bon point, c’est justement ce qui prend tout son sens!

Vous avez été invités par les Pixies sur toute leur tournée, félicitations! Quel a été le moment le plus mémorable?
J: Merci. C’était à Manchester, imagines: le jour de ton anniv, tu joues devant 8000 personnes, « fucking nuts », après tu partages ton gâteau avec les Pixies et David Lovering te fait même des  tours de magie! C’était fantastique !
D: ah oui on ne comprenait rien à ses tours, il est vraiment brillant. Ouais les tours de magie c’était le summum de la tournée [rires]

Vous avez aussi joué avec Fat White Family, sont-ils aussi malades en vrai que sur scène ? J’aimerais les rencontrer un jour…
R: Je suis pas sûr que tu vas aimer …[rires] ils sont super sympas , mais ils sont définitivement tarés !
J: Pour moi, même si musicalement c’est pas vraiment du punk, c’est aujourd’hui le groupe le plus punk dans l’attitude, le genre « fuck you » et « anti-establishment ».

Qu’est-ce qui vous donne la chair de poule [goosebumps] aujourd’hui ?
[A ce moment un cri furieux retentit dans la rue]
R: Ce qu’il a pris, lui ! [rires]
J: Jouer sur scène je suppose, surtout au moment où le public devient fou, crie ou pogote.
F: Les bons films, les bons groupes, …au Green Man festival par exemple quand on est tombé sur Four Tet après avoir joué, c’était ouf.

Je vous ai entendu rire à propos d’une chanson … « Shamen », c’est quoi ?
[explosion de rires]
R: c’est une chanson des 90s, qui était au top 5 en Angleterre, d’un groupe étrange de l’époque post-rave nommé The Shamen. On l’ écoute parfois avant de jouer, volume maximum. Je crois que ça parle d’ecstasy. C’est débile mais hilarant, tellement anglais, et le refrain est une mélodie pop qui te reste dans la tête.
Tous en coeur: ‘Eezer Goode ! ‘Eezer Goode ! He’s Ebeneezer Goode !
D: Dès que t’y penses t’es obligé de chanter…


[Vous vous rappelez de ca, vous ?]

Pour finir, pourriez vous nous recommender 3 groupes suédois à écouter ?
D: On va même spécialement prendre 3 groupes de Malmö !

La techno minimale de Sandra Mosh

Sinon un groupe qui nous ressemble plus : Cut City

et Hey Elbow

Merci à ces « quelques » garçons pour leur bonne humeur 🙂
– Julie Lesage –

©Photo en une: Emma Gibney
©Photo ci-dessous: souvenir flou de mon portable