Rencontre avec Dollkraut, fan des vieux James Bond coincé dans les années 70

 

.Commençons par ce nom Dollkraut: de la disco avec des bases de krautrock pour faire danser les poupées ?
Il n’y a pas vraiment de sens ou de symbolique. Dollkraut est en fait le nom d’une petite plante empoisonnée, j’ai tout de suite aimé comment sonnait ce nom.

Tu produis aux Pays-Bas une disco-house personnelle avec un certain regard vers le passé, en particulier vers les années 70. Qu’est-ce qui te fascine dans le passé?
Ce qui me fascine, c’est le processus de l’époque: les techniques d’enregistrement, les appareils utilisés, … La musique évolue à grande vitesse, les sons sont aujourd’hui très électroniques. Moi j’aime ce son-là des années 70, alors pourquoi ne pas le faire vivre plus longtemps , et continuer à l’écouter? Un peu comme chez Daptone Records avec Sharon Jones [est décédée cette semaine RIP] et The Dap-Kings. Ils ont leur propre label et produisent à la 70, avec des magnétophones et autres vieux appareils. L’enjeu n’est pas de copier, mais de faire perdurer cette vibe de nos jours. D’éviter le trop digital, je n’aime pas le son trop propre d’aujourd’hui.

L’un de tes morceaux s’intitule Theme For Fukoyama, et pourrais s’apparenter à la BO d’un Midnight Express japonais. Est-ce une vraie soundtrack?
En fait, un album contient une histoire entière. Je compose chaque track en imaginant un scénario dans ma tête Theme for Fukoyama pourrait être apparentée à la bande originale d’un film de karaté des années 80. Donc non ce n’est pas une vraie BO, mais c’est un morceau qui est pensé comme tel. Et si elle fait voyager l’auditeur dans un scénario, c’est cool. Je suis d’ailleurs en train de travailler sur des morceaux type soundtrack, donc peut-être qu’une fois le projet fini, je rencontrerai un réalisateur et lui proposerai mon travail, qui sait, cela pourrait être une destination future.

Un réalisateur en particulier avec lequel tu aimerais bosser?
Pas vraiment, comme j’aime les vieux films, la plupart de mes réalisateurs favoris sont déjà sous terre… Des films comme les vieux James Bond ou les vieux films français où tu pleures devant Alain Delon, malheureusement, je ne rencontre pas beaucoup de personnes de notre âge qui soit vraiment intéressé dans ce genre de trucs…

Et la collaboration musicale ?
Très peu: ma façon de travailler est plutôt solitaire. J’ai déjà un plan en tête avant tout début de projet. J’ai besoin d’écrire, de réécrire, trouver une structure en tête, la mettre à plat sur le bureau, avant de commencer à jouer quoi que ce soit. Pour une collaboration il faudrait donc que j’explique au musicien en amont mon cheminement, c’est compliqué. Mais au moins, je suis sure de faire le maximum pour obtenir ce que je voulais au départ. Souvent les groupes font des jam sessions et s’exclament « hey c’est cool ca, continuons avec ce riff », mais peut-être qu’ainsi tu passes à côté d’un autre résultat qui pourrait être encore meilleur. Je ne veux pas travailler comme ca: ma vision doit etre claire et comporter une histoire, puis après j’attaque la mélodie au clavier.

Ton titre le plus connu est Rollercoaster. Pourrais tu m’en dire d’avantage, me le présenter ?
L’inspiration de la mélodie vient du James Bond Moonraker, c’est marrant je ne l’ai jamais dit à personne. Le méchant Drax a un labo secret, qui produit un virus mortel, dans lequel on ne peut entrer qu’en tapant un code, et tu écouteras le son de ce code a la même teinte que la mélodie de Rollercoaster. C’est une musique à la fois organique et électronique, avec le clavier d’un mellotron, pour un voyage cosmique et plutôt dansant. Il faut savoir que le synthétiseur était un instrument qui permettait aux scientifiques de « synthétiser » une grande variété de sons avant d’être utilisés par Jean-Michel Jarre!

Une autre excellente track est ultra dansante: c’est ta dernière Hornet Green, rythmée de facon à nous faire rouler des épaules. C’est important de placer un ou deux morceaux dansants dans son oeuvre pour etre connu dans l’électronique ?
Non , certainement pas. Je te dirais même un secret : un nouvel album va sortir cet hiver, je ne peux t’en dire plus, mais il est totalement différent. Dansant oui, mais beaucoup plus sombre, plus indie. Je m’inspire beaucoup de l’album soul de Beth Gibbons en ce moment, … et donc non on n’a pas besoin de créer forcément pour le dancefloor.

On attend donc ce nouvel album avec impatience…

[Photo Une: Catarina Cerritsen]

 

 

 

 

 

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