Public Service Broadcasting, une belle audace live

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La découverte live de cette semaine se nomme Public Service Broadcasting. Un duo londonien qui apporte un concept innovant et audacieux, pour informer, éduquer mais surtout divertir !

Une toile écran, deux profils premiers de la classe à lunettes au look rétro british nœud pap/ cravate : l’un à la batterie, l’autre alternant guitare électrique, banjo et effets électroniques. L’effet résultant est un concert instrumental post rock, krautrock et synthpop empruntant images et vocalises de vieux documentaires britanniques des années 40. Ces archives nationales sont empruntées à la British Film Institute, puis retravaillées en sample et looper, principalement sur les voix. Ces voix deviennent à la fois une composante rythmique vitale, et à la fois un message historique revenant flotter sur le présent. Une rétro-visite fantastiquement bien menée musicalement !

On avait prévu de se mettre tout devant car les concerts instrumentaux du genre sont souvent planants mais lassants à la longue, surtout si on est collé à l’extrémité de la salle (ici la Flèche d’Or).. Et bien là, belle surprise ! PSB envoie une très belle énergie jusqu’aux moindres recoins de la salle. On est tous conquis.

Surtout lorsqu’un avion apparaît, annonçant Spitfire morceau référence à l’avion éponyme de la seconde guerre mondiale. Ca bouge, ca rock, nos genoux se plient par saccades tous seuls. D’ailleurs, le public l’attendait, cette track aux 3000000 vues sur YouTube, il est ravi. Dans la même lignée, Signal 30 détone, on est dopé, ca y est on ne veut plus que le morceau se finisse. Sur d’autres morceaux, l’utilisation du banjo amène une atmosphère plus légère et funky. Le concept nous rappelle les français de Microfilm. Sauf que là c’est carrément plus pêchu et plus électronique. On dénote aussi une influence Mogwai. On a même envie de danser tout en appréciant l’atmosphère dégagée de ses vieux programmes des premières heures de la TV publique.

Les vidéos sont diverses : des images archives du bombardement nazi sur London pour London Can Take It, d’autres images de guerre sur The War Room pour l’hommage au grand oncle de J.Willgoose, Esq décédé lors de la battle de Dunkerque à 26 ans, des extraits du documentaire Conquest of Everest de 1956 pour le titre Everest, un fashion show des 50’s pour The Now Generation, la nostalgie de l’officier de la Navy Thomas Woodrofffe en 1937 sur Lit Up, des films de propagande, des discours historiques… chaque référence est riche.

De tout le concert, aucun des deux musiciens n’ouvrira la bouche. En effet, une voix synthétique et robotique pré-enregistrée fait office de présentateur  et fait toute l’altercation avec le public par le biais d’un looper. Le public en est d’abord étonné, puis très vite amusé, surtout lorsqu’il est interactif : « Merci beaucoup » « ca va ? » « J’ai dit » « ca va ? » « good »£ « Voici notre dernier morceau » (au bout du 4e), se rattrape par un « nononono »….  « sorry » Même les présentations sont pré-enregistrées : « On the Battery : Wrigglesworth, and on everything else ! J. Willgoose Esq. » , ainsi que l’au-revoir final, qui arrive beaucoup trop tôt, sans même un rappel. On attendra un deuxième album pour allonger le show.

Un live énergisant et fun. Une belle gifle que je recommande vivement ! L’album seul s’écoute aussi très bien. Et y’a même un DVD avec de nombreux extras comme des court métrages du groupe en tournée , des live et des commentaires de J. Willgoosse, Esq sur les références et idées de chaque morceaux.

[photos by Phil Bull]

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