Qu’est-ce que j’ai encore été « foutre » à Solidays ?

Des fois je dis « Solidays, c’est nul », et puis j’y vais quand même, alors on me demande qu’est-ce que je fous là… Réponse. 

PAS VRAIMENT POUR LA PROG

En début d’après-midi, c’est toujours cette déambulation hagarde,  tu n’oses t’attarder devant la scène reggae 🤢, pas plus envie d’analyser les paroles du dernier rap français 🤮. Qu’est-ce que je fous là ? Malgré un éclectisme aux grands écarts, le festival Solidays ne fait pas vraiment dans le rock, ni dans le cérébral. D’une, le rock « c’est has been » depuis quelques années pour la cible phare du festival : la jeunesse sensibilisée. De deux, le rock ne véhicule pas une image fleur bleue, amour et solidarité, crédo de l’événement. Et des rockeurs ne se prendraient certainement pas en photo affublés de capote géante taille humaine…ou ne monteraient pas sur scène en compagnie de teletubbies et champignons géants.

[Vidéo de Ced 91]

Ouais moi non plus j’ai pas compris.

On s’est tout de même noté les horaires de Parcels, Corine, Thylacine, et Meute. J’étais d’ailleurs venue dans l’espoir d’interviewer les 2 premiers, Meute étant déjà fait l’année dernière au même endroit. Fail complet, mes demandes ont été rejetées.
Refaisons le compte: 4 groupes sympas mais déjà vus sur un week-end de trois jours … on entre dans la catégorie poids plume de l’émotion. Samedi 16h, le temps est long, le ciel est bleu… je remplis mon verre de patience, la soirée se débloquera avec l’agréable rencontre du batteur de Hugo Barriol.
Bilan : 8h passées au bar / 2h en concert…

POUR LES POTOS ET L’AMBIANCE LYCEE ?

Dimanche, Messenger « ding » toutes les minutes, le tout Paris est arrivé sur l’hippodrome et cherche ses amis. Parmi eux, ces potes que tu n’as pas vu depuis un moment, ceux qui font leur sortie culturelle du mois, avec ou sans môme au bout du bras, celui-ci haut comme trois pommes ayant déjà appris par coeur toutes les paroles d’Angèle. Et pour une fois que je ne cours pas d’une scène à l’autre pour cause de prog intense, je peux profiter de ces moments amicaux, tout en observant un public plus qu’hétéroclite. 

L’année dernière j’avais testé pour la première fois le festival Solidays, j’y avais conversé sympathiquement avec Camion Bazar, mais bien gloussé en synthèse : « Le terrain vague au look croisé Cirque Pinder/Foire du Trône qui présente pop commerciale et faux talents urbains ? Solidays plus jamais !  »
Ne jamais dire jamais.

Bah ouais, en fin de compte, en plus d’une raison de croiser de vieux potes, les festivals familiaux, c’est aussi l’occasion de voir des gros groupes que tu n’irais pas forcément voir à l’AccorHotels Arena, comme Suprême NTM par exemple. Petite madeleine de Proust sans doux sirop pour la toux, avec la participation de Lord Kossity, DJ Pone et même Raggasonic ! « Aiguisé comme une lame, pointu comme un couteau, … » Étonnamment ton cerveau te ressort toutes ces paroles de ton époque scolaire, que tu croyais avoir oubliées dans ton cartable.

[Vidéo de MrDavidof77, qu’est-ce qu’ils ont tous à mettre leur département ??]

POUR LA BONNE CAUSE ?

Cette année, Solidays a en effet mobilisé les foules et les personnalités pour défendre l’accès aux traitements pour tous avec la campagne « #treatment4all ». Quand Solidays parle de personnalités c’est Youtubeurs et DJ mode NRJ assemblés sur la grande scène pour une color party, en gros des gens dont tu n’as jamais entendu parler si tu as plus de 30 ans. Mais ce n’est pas grave, chacun sait que c’est la jeunesse qui est toujours la plus active. Une fois les gosses nés et la carrière en marche, tu n’as plus le temps pour prendre le pouls du monde. Le petit « Social Club » invitait également Yann Arthus-BertrandEric Toledano et Olivier Nakache. Eux, on connait.

Cette 21e édition a accueilli 228 416 festivaliers e-xac-te-ment. Et la plupart se souviennent du petit plus de cette année : le survol de la Patrouille de France (en plein salon du Bourget) en premier passage tricolore puis dessin du fameux ruban rouge dans le ciel. La preuve en extraits officiels : 

#treatment4all est une campagne de mobilisation publique afin d’interpeller les dirigeants du monde face à la nécessité et à leur devoir de répondre aux besoins de financement du Fonds Mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme. 

« Dans trois mois à Lyon, les chefs d’État des principaux pays donateurs annonceront leur contribution à ce Fonds Mondial. La France est en tête de la mobilisation diplomatique. Au moins 14 milliards de dollars sont nécessaires afin d’espérer pouvoir sauver 16 millions de vies dans les trois prochaines années et de faire que la prochaine génération puisse connaitre un monde sans sida. Nous avons 110 jours de mobilisation. Le compte à rebours est lancé. » dixit l’équipe de Solidays. 

C’est sans doute aussi pourquoi Solidays t’apporte quelque chose de plus qu’une énième pétanque-rosé sur le canal de l’Ourcq : l’impression d’être actif pour le monde, de donner pour une BA avant de partir en vacances plonger dans les calanques de la riviera française…

Julie Lesage
[Photos de Mathieu Foucher]

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