PIXX s’engage dans une surprenante mosaïque des genres

On l’avait découverte en pixels histogrammes colorés avec I Bow Down et Toes sur un premier album The Age of Anxiety, Hannah Rodgers y présentait une capacité à enrichir une alternative synth-pop avec nombreux effets électroniques et quelques guitares rock, le tout relevé d’une voix douce et des plus agréables.

2019 apparaît sous couvert de maison de poupée Small Mercies; PIXX sort son deuxième album chez 4AD, toujours en co-production avec Simon Byrt et Dan Carey. Loin d’être en manque d’inspiration, elle aurait bouffé du lion et gratté du côté grunge rock. Une bonne nouvelle puisqu’on assiste souvent à l’évolution inverse : tu donnes de la rage et des effets dans ton premier opus, puis tu t’assagis dans la pop pour une musique plus accessible desfois que tu serais retenu sur RTL2… Ritournelle du secteur de la musique dans laquelle PIXX ne s’inscrit pas, et c’est tant mieux. 

Question fond. Small Mercies se compose d’analyses poétiques de l’amour sous toutes ses formes, du micro (narcissisme) au macro (sauvez cette planète bordel) et examine les dégâts causés par la religion (Hannah ayant reçu une éducation « oppressante » dans un institut catholique), les inégalités de genre, les hiérarchies de pouvoir et les stéréotypes. Comme Cash Savage il y a quelques semaines, elle fait le constat amer d’un manque d’empathie dans notre société.


Question forme, pfiou… il y a toutes matières à parler. Les 13 morceaux assez courts s’enchaînent, certains diront sans cohésion, entre la pop insouciante de Andean Condor, le grunge de Mary Magdalena, la new wave 80s de Disgrace et l’entrée electronica de Small Mercies.  Pixx se cherche-t-elle encore du bas de ses 23 ans ou au contraire n’en fait-elle qu’à ses envies, en totale avant-gardisme influencé 80s/90s ? On pencherait pour la seconde expression, même si le paradoxe qu’elle porte est assez déconcertant.
En tout cas, en live, on ne risque pas de s’ennuyer !

Julie Lesage

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