People won’t be people when they hear Battles

[Photo cover: Philippe Levy]

J’avais découvert Battles à Shanghai lors d’un festival expérimental, dans une espèce de pièce en plastique transparente, pas loin d’un mini jardin sonore. A l’époque, l’oreille bien moins aguerrie, j’avais tout de même retenu Atlas, pour la chanter comme une gamine lors de soirées en appartement. Quelle joie donc à la lecture de l’affiche de cette fin mai…

Live Report du 23/05/2015
La batterie de John Stanier trône comme un argument de poids de la scène Villette Sonique. Sa cymbale hyper élevée nous intrigue au plus haut point: quoi il va jouer debout ? Nous sommes samedi soir et l’ovni Battles est programmé entre Vessel et Clark pour une soirée expérimentale de l’electronique post-rock à la techno, en passant par, et c’est ce qui nous intéresse ici: le math-rock.

Battles@VS2015_2305-55Ian Williams et Dave Konopka entrent en scène de part et d’autre de cette batterie. Basse et guitare montent progressivement en attendant l’arrivée du messie et prodige. On remarque le clavier pratiquement verticale de Ian, lui permettant de jouer à l’aise d’une main, pendant que l’autre main furette sur sa gratte, son autre clavier, ses ordis, ses tablettes, … Enfin il arrive, acclamé, et s’assoit, il ne souffre donc d’aucune tendinite pour atteindre cette satanée cymbale en hauteur.

Côté atmosphère, l’installation des projecteurs est originale, on aimerait décoller sur une autre dimension et suivre ces engins spaciaux sur des morceaux phare comme Ice Cream ou Futura du dernier Gloss Drop (alors OK « dernier » ça sonne souvent récent mais là on parle de 2011. Battles prends son temps pour composer des merveilles signées chez Warp).

Rares sont les paroles sur les morceaux de Battles, des boucles de samples font l’affaire, pour ce qu’on en comprend…De toutes façon le public s’attarde surtout, comme hypnotisé,  sur la rapidité de jeu de ce satané batteur délirant.

OLYMPUS DIGITAL CAMERA [Photo: Marie Manceau]

Les morceaux fous s’enchaînent et on est limite frustré parfois de ne pas avoir d’interlude pour pouvoir les applaudir à se rompre les paumes. On écoute en toute curiosité les nouveaux morceaux de leur album à paraître en septembre. Ce concert offre une énergie à la fois brute et complexe, où le rythme est maître. On est bien loin du mainstream: Battles est de ces groupes inscrits dans l’histoire de la musique expérimentale, dont le public est empli à 50% de musiciens avertis. L’écoute est donc attentive à la technique. Ce qui ne restreint pas le trio qui t’envoie moult secousses joviales, avec des mélodies presque enfantines. Et quand débarque Atlas, ce tube extraordinaire qui les a fait connaitre en 2007, l’hystérie prend place, je hurle de joie en rangeant mon carnet de notes pour profiter de ces précieuses minutes de bonheur en halle.

Juste pour le plaisir 🙂

De retour empoignant mon stylo: un peu plus rouge, un peu moins sèche. John est, lui, bien pourpre, complètement liquide. Ian n’est pas en reste non plus, il nous explique que ses lunettes s’embuent rapidement et qu’une précaution s’impose: « Don’t trip on the wires! ».

Pour la dernière, Dave introduit un nouveau morceau intitulé Bernard Henri Levy vs Jacques Tati, sous-titré Jacques Tati Always Win. Pour faire plus court: c’est une tuerie. J’ai essayé de vous la trouver, en vain. Une fusion de tout en pure énergie millenium. On attendra donc sa release, je vous tiens au courant ;). Merci la Villette Sonique pour ce grand moment, on attend une autre merveille pour 2016 !

[Vidéo Marie Manceau]

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