Nos Plages Electroniques s’exportent bien!

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Rencontre sur la plage de Cannes avec Gaby De Villoutreys, co-fondatrice et directrice artistique du festival Les Plages Electroniques et de son organisateur Panda Events.

Comment ont été créées les premières Plages Electroniques en 2006?
A l’époque, j’étais journaliste musicale pour Coda Magazine, le 1er magazine sur la musique électronique en France, bien avant Trax et Tsugi. Coda organisait des Pelouses Electroniques dans les jardins publics de Paris. Avec 2 copains, Ben Geli créateur de l’association Panda 06 Productions et David Bartolli qui bossait lui aussi pour un canard musical, on s’en est inspiré pour la Côte d’Azur qui est plutôt restreinte en offre musicale. On s’est dit « La fête bat son plein à Ibiza, Cancun, Ko Phangan et pourquoi pas Cannes ? » David était très proche du maire adjoint, l’actuel maire de Cannes David Lisnard, qui voulait redynamiser et rajeunir l’image de Cannes et nous a donné son aval. La première Plage a ramené 400 personnes. On a tout monté tout seul avec des bouts de ficelles, des tables en guise de scène et des barrières en plastique sur un tiers de la plage. Au total 3000 pers sur les 5 dates de 2006, 7000 en 2007, puis 24000, 32000, 50000 pour la 5e édition…on a vite pris la totalité de la plage !

2015.04.14_pandapero-2_nice-matin_equipe-generaleEquipe de Panda Events

Avant les Plages Electroniques c’était un jeudi toutes les semaines pendant tout l’été, cette année elles se déroulent sur un week-end de 3 jours comme un vrai festival. Pourquoi?
Déjà au bout de 10 ans, on est fatigué de monter et démonter chaque semaine. On a envie de se renouveler, de proposer un nouveau format : 3 jours d’affilée qui permettent d’obtenir une 2e scène et de repenser totalement le concept du festival. On tend à aller chercher un public plus lointain, car il est plus attirant de se déplacer pour 3 jours plutôt qu’un soir en semaine.
Du coup avec ces 2 scènes quelle capacité avez vous?
16000 personnes
C’était complet hier vendredi?
Non, on subit un peu les conséquences du drame qui s’est produit à Nice il y a 3 semaines, on savait qu’on allait avoir 40% de fréquentation en moins.
J’imagine que vous avez reçu de nouvelles consignes de sécurité de la part de la mairie depuis le 14 juillet?
Oui, la mairie qui est quand même notre premier partenaire sur cette manifestation, a vraiment tenu à ce que l’évènement se passe dans les meilleures conditions et a bien poussé pour qu’on puisse obtenir des dispositifs de sécurité sans précédents : force de l’ordre supplémentaires, dispositifs de sécurité renforcés à l’entrée et tout autour du site, des gardes côtiers sur la mer également, plus une ligne d’eau pour la baignade des gens.

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Depuis quelques années, les Plages Electroniques s’exportent !
oui. C’est exact. Dans l’idée, une fête sur la plage peut se faire partout, mais on réadapte le concept à chaque fois:

>Martizik en Martinique, une promotion politique
Par exemple en Martinique, Martizik consiste depuis 5 ans à mélanger la musique électronique des Plages avec le meilleur des musiques caribéennes. La baseline du festival est devenue « électropical ». Ca se passe sur une magnifique presqu’ile de sable blanc avec un lagon turquoise et des cocotiers à perte de vue.  C’est aussi la 1ere fois que l’on a imaginé un festival comme un produit culturel touristique. David Lisnard nous a présenté à Yves Jégo, ministre d’outre-mer, lors d’une période où les départements d’outre-mer subissaient de grosses grèves et donc d’un déficit d’image et d’une baisse de fréquentation touristique. On lui a proposé :  « On n’est pas des professionnels du tourisme mais en revanche on organise des festivals et ça peut être une façon différente d’apporter un autre type de tourisme, en vendant un package comprenant hébergement, vol, entrée festival et voiture de location. » C’était la première fois que nous ouvrions l’évènementiel à plein de partenariats. Déjà que la musique est un voyage, mais alors là on apportait une autre dimension, c’est encore plus excitant.

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>Les Dunes Electroniques en Tunisie, célébration de la révolution version Star Wars
Après la Martinique, on a pensé à la Tunisie car l’un de nos partenaires, le Hi Hotel et sa Hi Beach à Nice, est également propriétaire d’un écolodge dans le désert sud tunisien, le Dar Hi, carrément dans les décors de Star Wars. Ici aussi le pays était friand des coups de boost niveau tourisme. Initialement prévu en 2010, ça a été un peu compliqué à monter car il y a eu la révolution en 2011, c’était trop chaud. On a ensuite mis à peu près 2 ans et demi, pour la première édition des Dunes Electroniques en 2014, juste un mois après la nouvelle constitution et les premières élections démocratiques en 22 ans. On est arrivé dans un timing exceptionnel car toute la jeunesse est venue célébrer sa propre révolution. On a été un peu été récupéré politiquement mais c’était un moment extraordinaire qui célébrait également l’unification d’un pays avec un gros écart de développement entre le nord et le sud. Les gens du nord ont une connaissance ultra connectée du monde électronique mais n’ont jamais vu le désert au sein de leur propre pays, les filles en mini short rencontraient les hommes en djellaba sous un rythme techno !
D’ailleurs on a vu quelques photos de déguisements à la Star Wars aux Dunes!
Ouais, c’etait super, les décors de Stars Wars ont attiré tout une fan base du monde entier : on avait des canadiens, des anglais,… c’était assez dingue!

[Cette année, Kölsch, N’To, Cardini, Fakear, Popof, Superpitcher étaient sur les dunes…]

> Les Plages Electroniques bis au Portugal
Et cette année, pour la 1ere fois, on exporte vraiment Les Plages Electroniques elle-mêmes. C’était début juin sur une plage du sud de Lisbonne, un véritable coup de cœur, on avait Etienne de Crécy, Crayon, Fakear, Moullinex, c’était magique.

S’il y avait une singularité qui rassemblerait tous vos évènements, qui forgerait votre identité Panda Events, quelle serait-elle?
Je te dirai l’éclectisme, car on présente tous les types de musique électronique sous un spectre : techno, house, électro, bass music, trap etc. Une grande ouverture d’esprit, la découverte et le goût du challenge aussi, car on va surtout dans des endroits encore non développés en terme de festival, des lieux où on se sent utile.

C’est la même programmation qui s’exporte avec vous ?
On propose une multitude d’évènements, donc on représente une vitrine pour les artistes , les managers et labels ont tout intérêt a avoir de bonnes relations avec nous (rires) ! Pas forcément mais N’To de Hungry Music est venu en Tunisie, par exemple. Ce soir tout leur label joue, et je compte en profiter pour proposer à Worakls de venir jouer à Lisbonne l’année prochaine.

Encore plus de projets à venir?
Oui y’en a un nouveau : le Moga festival, au Maroc en octobre qui aura lieu dans les decors de Game Of Thrones, on aime bien les décors. Le fil conducteur est de mélanger la musique traditionnelle marocaine Gnawa et la musique électronique. La création sera imaginée pendant quelques jours dans une résidence artistique à Essaouira sur la cote atlantique, qui sera ensuite donnée de manière gratuite pour un public sur la Scala, [le vieux port qui a servi de décor à de nombreuses scène avec Daenerys] et ensuite on proposera un festival à la carte, avec pleins de concerts gratuits ou payants dans divers riads pour tout aficionados de musique électronique ou tout curieux de musique tout court.

Merci Gaby pour ce temps précieux en plein rush de festival!

 

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