MaMA, convention musicale pour chercheurs d’or

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Le long du boulevard Rochechouart, la majorité des piétons ce soir arborent un carton autour du cou, reflétant les enseignes roses. Durant 3 jours, Blanche-Pigalle-Anvers appartiennent aux métiers de la musique, le MaMA festival ayant pris d’assaut 12 salles du quartier, de La Cigale au Carmen. Et finalement, du Bus Palladium au Centre FGO-Barbara, ca peut presque s’apparenter à une rando entre la Grande Scène et la Pression Live à Rock en Seine…

La journée, dans l’Elysée de Montmartre enfin rénové (presque flambant neuf, mais ce pourrait être une expression de mauvais goût), le MaMA organise de nombreuses conventions pour encourager les artistes, aider l’organisation de festivals, parler des nouvelles applis musiques de demain comme des nouveaux modèles de distribution et essayer de répondre à cette question qui taraudent tout le monde: est-il possible de gagner de l’argent aujourd’hui dans le secteur de la musique?… De leur côté, les labels invitent les journalistes aux divers showcases de leurs poulains, les ameutant avec promesses d’open bar et ravitaillements. A la tombée du jour, tout ce petit monde a les yeux qui pétillent et tente de plannifier son marathon de 120 concerts ouverts au public: qui sera la nouvelle lubie des radios en 2017 ? (souvenez-vous Jain est apparue au MaMA l’année dernière) Quel nouvel album est une surprise de taille ?
Car c’en est un, de marathon méga crevant en pleine semaine, à raison de 15 minutes par concert pour essayer d’en découvrir le maximum! Alors voilà, on a fait notre panel, nous aussi. Et on a plutôt été surpris par la qualité de la programmation de ce festival urbain d’automne: chaque artiste ayant une particularité bien à lui, un univers personnel en parallèle des grosses machines à ondes FM. On retiendra le MaMA comme le festival qui nous a tendu une embuscade sur des sons que l’on ne s’attendait pas à autant apprécier, le festival qui peut s’ennorguellir d’une large ouverture sur  tous les styles musicaux en ne choisissant que les singuliers.

Ecoutez la playlist de notre sélection MaMA 2016 ci-dessous

Mercredi


Pfel & Green – Photos de Mathieu Foucher

Alors que les champions du monde DMC Pfel & Greem, les 2 compères de C2C, testaient leurs nouveaux projos carrés et retournaient le Divan du Monde à coup de remixes de Joan Bett et Britney Spears jusqu’à tenter la hard tech…Le Carmen a misé plus sagement sur une soirée pianistes. Le plaisir de Maxence Cyrin se jouait dans les reprises de diverses tracks connues: pas mal de rock avec Nirvana, The Cure et Joy Division, mais aussi et surtout la belle surprise de l’électronique Clubbed to Death de Rob D pour le film Matrix. Celui de Lambert consistait à se cacher sous un masque d’antylope de l’enfer pour nous inviter à nous perdre dans une somptueuse mélancolie.

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Lambert -Photo de CKopp

La salle des 3 Baudets était quant à elle remplie de canadiens venus supporter leurs compatriotes. Tout d’abord la harpiste Emilie & Ogden dont la voix claire et innocente pourrait s’apparenter à certains chanteurs islandais, puis Jesse Mac Cormack, nouvelle figure de la folk parfaite pour le dimanche qui vient étonnamment de sortir un EP drôlement plus rock que les précédentes douceurs. Pendant ce temps, The Legendary Tigerman embrasait le Divan avec son blues ultra sexy et provoquait son saxophoniste pour de rudes joutes rock’n roll. [Photo cover de Mathieu Foucher]

Jeudi
Pour une overdose de bons concerts, le deuxième jour du MaMA était plus que chargé. On a tout d’abord commencé par un saut aux 3 Baudets, vérifier si Fyfe était vraiment comparable à Son Lux comme certains le prétendent, pourquoi pas niveau style mais force est de constater qu’il y a tout de même un gap avec les musiciens virtuoses de New-York. Un mur seulement séparait la foule pour le désormais trio Birdy Nam Nam à La Cigale (qui vient de sortir un nouvel album Dance or Die, nom brutal pour musique qui tape); de la nuée de rockeurs de La Boule Noire venus encourager The Dizzy Brains et leur chanteur charismatique. Celui-ci enrage yeux exorbités (limite monstre de Death Note) face à la corruption et la pauvreté de son pays, le Madagascar. Néanmoins il parle aussi beaucoup de sexe… Punk et Rock’n roll quoi.

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The Dizzy Brains -Photo de Cédric Oberlin

 Le Divan ce jeudi accueillait 3 reines de pop à la marge du traditionnel commercial. Mesparrow nous a ainsi présenté son nouvel album électro-pop en français cette fois-ci, intitulé Jungle Contemporaine; on aime sa façon de gérer seule son pad avec ses loops d’onomatopées pour construire un choeur en arrière plan. Un nouvel album également pour Shannon Wright qui fait partie de ces artistes que l’on trouve à la fois si forts et si fragiles. De par une furie intérieure qui grince sur une guitare bien grasse, de par une voix presque éteinte sur des notes feutrées au piano qui s’alourdissent en crescendo, cette femme qui se cache derrière sa frange dégage une atmosphère hyper dense. Comme pour souffler une brise de bonne humeur et alléger nos coeurs, Rocky débarque ensuite toute d’or vêtue pour faire la fête sur la dance des années 90, et …incroyable, c’est efficace ! Tellement qu’on est prêt pour danser, et pour danser il n’y a pas mieux que DBFC au centre FGO-Barbara: on arrive pour les deux derniers morceaux BIM dans le bain direct avec les fameuses Autonomic et Leave My Room, David Shaw fait même son show et descend gambader dans le public ambiance boite de nuit 🙂

Vendredi
Le clou du MaMA festival était bien entendu le concert de Christophe pour toutes générations à La Cigale, présentant son nouvel album et finissant par la traditionnelle Aline. La Fine Equipe, quelques minutes avant sur la même scène, prépare elle aussi la sortie d’un nouvel opus dont on vous conseille le titre Freaks en featuring avec Hoosky. On a terminé sur les théâtraux 3somesisters, qui ont troqué leur trait de maquillage noir des Trans contre des gommettes, c’est encore plus pimpant. Un spectacle plus qu’un concert car on est happé par la rythmique tribale et le groove électronique, les yeux écarquillés sur les accessoires extravagants de cette nouvelle pop réinventée et surtout ces superbes voix si étrangères !

Et en écoute c’est encore mieux:

 

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