Ma première accred pour Rock en Seine

DAY 1

[Photo cover: Victor Picon]

LE DRAME

16h Mon téléphone sonne: « Bonjour, on t’a calé un interview avec Son Lux dans 2 heures »
_ Haaaannnnnn!
15 minutes de préparation des questions, 15 minutes de maquillage (ben oui je reste une fille) et 50 minutes de métro plus tard je suis à 17h20 devant l’entrée: coup de speed et excitation.
« _ah non l’entrée presse c’est de l’autre côté, et on ne peut pas y aller en marchant faut prendre le Tram »
Arf, bon, erreur de première fois, c’est encore faisable. Demande rapide à la gente policière sur la localisation du Tram, et c’est parti. Sauf que l’information est complètement erronée. Un quart d’heure après avoir tourné en rond, je repasse devant le même flic au pas de course en lui gueulant « c’était pas du tout là-bas, hein! ».
Conclusion: on n’est jamais mieux servi que par soi-même, vive l’appli de la RATP.
Nuance: 10 minutes d’attente, problème technique au démarrage du Tram, puis 15 minutes d’attente bloquée sur la voie, tout ça pour …un arrêt.
18h10: LAISSEZ MOI SORTIIIIIIIIRRR !!!!!!!!!! 18h20: Son Lux est parti, j’ai envie de pleurer.
[P.S.: merci Louis pour m’avoir aidée à entrer en urgence.]

LA RENCONTRE

Interview de We Are Match, l’entrevue qui devait durer 15 minutes se transforme en apéro sympathique de 45 minutes, les gars sont cool, on trinque ensemble à notre premier Rock en Seine pro. Je ne vous en dit pas plus, je garde pour plus tard 😉

EN AVANT LA MUSIQUE!

Après avoir fait un coucou à Topper de la Mécanique Ondulatoire et Mathieu Foucher qui nous prépare encore de belles photos, c’est parti pour battre la terre plutôt meuble.


Video de Happy Barfly

FFS: c’est-à-dire Franz Ferdinand avec les Sparks: Rythme disco, pop, anthologie des années 70-80, un je ne sais quoi d’ambiance opéra rock sur This Town Ain’t Big Enough. Lorsque Take Me Out retentit, c’est toute l’échoppe à vin sur la butte qui s’ébranle sous les sauts de ses clients.


Vidéo de Mayrcury

THE OFFSPRING: coup de jeune pour toute la foule de Rock en Seine, cette foule dont on ne voit plus la fin, cette foule qui se libère et braille comme elle braillait il y a 20 ans. D’ailleurs la plupart des titres d’Americana sont joués, avec un son parfait et une batterie très énergique. Un pote tout fou à ma gauche: « C’est trop drôle: ils sont vieux et gros et ils envoient du paté ! » Oui c’est çà, les vieux potes s’offrent un grand moment tout en restant humbles, et nous presque pareil. Noodles semble également ému et ressent des envies de danser. Juste un truc: sur Pretty Fly (for a White Guy), Dexter se fait changer sa guitare, ce qui l’éloigne du micro, on entend alors la voix de l’album enregistrée derrière, puis il revient par dessus. (euh…c’est pour çà que le son était trop bon???)

FAUVE: La foule est illuminée de portables. Malgré les textes forts de Nicolas Julliard, l’efficacité d’Offspring résonnent encore dans la tête. Question efficacité, ca y est on a perdu une pote, parce que sinon c’est pas drôle sans réseau. Vivement le ballon Friend Finder de Pepsi tiens!


Vidéo de Epic 59229

HANDBRAEKES: Belle entrée sur un grand classique, Boys Noize et Mr Oizo se préparent à envoyer de gros beats, ça promet, c’est le moment techno de Rock en Seine, celui qui clôture toujours la soirée…. mais pas vraiment le temps d’écouter ma préférée Grind Go, car Son Lux démarre à côté…

LA CLAQUE


Vidéo One Live One Shot

SON LUX: This moment is changing everything et c’est peu cas de le dire. Cette voix de Ryan Lott, tremblottante à la Bjork, emprunte d’émotions, partant dans de magnifiques envolées, …ses bras en tremblent tellement la pression qu’il y met est forte. Le groupe parait hyper accessible, sympa et très humble. Ils s’applaudissent très souvent, comme s’ils étaient spectateurs de leurs collègues ou même de leur public. Il faut dire que chaque morceau laisse part à l’improvisation et donc au risque. C’est un véritable moment unique, qui ne ressemblera à aucun autre concert du même groupe. Le rythme saccadé, destructuré de Ian Cheng fait battre votre coeur, la voix de Ryan Lott remonte le flux de vos veines, la guitare de Rafid Bathia fait crisser votre ossature. Un trio qui allie l’expérimental à la mélodie mélancolique. Je reçois un sms depuis la fosse de Kasabian: on me décrit une ambiance folle avec des reprises de The Doors, Fat Boy Slim, Cypress Hill, …Qu’importe, je suis scotchée, je ne bougerai pas. Ce n’est pas le genre de concert où on se laisse porter par une ambiance globale, non tu veux tout percevoir: chaque petit bruit, chaque effet incroyable, chaque tressautement de Ryan…j’imagine même pas comment tu dois planer avec quelques substances! Sur certaines montées, on se surprend à sortir des « pwoaa! », puis on sourit comme de gros bêtas les yeux rivés sur ce trio venu de New York comme d’une autre planète. Expérience ultra-sensorielle avec frissons garantis.

Retour direct au lit, pour être en forme demain avec interview des Mini Mansions (et donc du bassiste de QOTSA !!!)à 15h. Ah non attend! Je prends ma place pour Son Lux le 14/11 à la Cigale. (tournée sur toute cette semaine de novembre en France)

Son Lux-©Nicolas Joubard-1416Photo Nicolas Joubard

DAY 2

On commence la journée tôt avec l’interview de Mini Mansions, trio de Los Angeles formé en 2009. Pas vraiment des gueules d’anges puisque le bassiste n’est autre que Michael Schuman, officiant également chez les Queens Of The Stone Age depuis 2007. Pourtant rien à voir, les Mini Mansions composent une pop chaleureuse qui revigore les années 70. Les 15 minutes réglementaires des interviews à la chaîne semblent bien courtes, Michael le déplore également. Les questions s’enchaînent à un tel rythme qu’on a pas l’impression de pouvoir dire « oui, j’ai rencontré Mini Mansions ».


Vidéo de Dany Orban

THE MACCABEES: Pas facile d’ouvrir une énorme scène à 15h30 sous une chaleur torride, les festivaliers se remettent encore de la veille. Le concert débute sur une audience éparse mais se terminera sur un public compacte, sûrement attiré par la voix d’Orlando Weeks, mais également par la bonne humeur communiquée: le groupe a l’air extrêmement ravi de jouer à Rock en Seine. On notera une 6e personne sur scène: une pianiste, et le cri de Felix White, en pleine forme, au début de  Marks To Prove It, titre de leur nouvel album. Top!


Vidéo Culture Box

 DBFC: Toujours surprenant l’effet « grosse voix » sortant de la belle gueule de Bertrand Lacombe (alias Dombrance) mais dès qu’elle prononce les 4 lettres, la foule alors massée sous les arbres afflue avec entrain et brave le soleil de plomb. Normal avec un rythme pop clubbing made in David Shaw, la fête est annoncée. D’ailleurs une bonne partie du public est venue les voir suite à leur prestation des dernières Transmusicales. La révélation est surement un des meilleurs concerts de la journée de samedi, et ouais! qui aurait cru qu’on aurait dansé dès 18h?


Vidéo de Dany Orban

MINI MANSIONS: Le trio arrive en costumes …dépareillés dirons nous. Les morceaux pop légère s’apprécient, c’est Michael Schuman (de QOTSA) qui fait un peu le show tout seul: chantant debout à la batterie, la guitare en bandoulière, heureusement qu’il est là!

C’est l’heure de ma date avec Orlando Weeks, le chanteur de The Maccabees. Il m’explique qu’il faut simplifier les moments plutôt que toujours chercher à vivre plus fort, parfaite anti-thèse de moi-même. On parle aussi de cette manie de toujours vouloir tout photographier pour s’affirmer avec Marks To Prove It. En résumé, un chanteur adorable avec beaucoup de charme. (interview à venir)

STEREOPHONICS: Alors OK tu te laisses aller aux souvenirs des early 2000 avec Maybe Tomorrow et Have a Nice Day, mais une fois que c’est fait, tu te fais quand même bien chier. Stereophonics, c’est comme Bon Jovi: ça vieillit très mal.


Vidéo de One Live One Shot

GLASS ANIMALS: C’est en live que l’on se rend compte de toute la portée « hip-hop » électronique du groupe anglais. En effet, Dave Bayley illustre toutes ses paroles avec des gestes de rappeur, de son petit corps frêle qui saute comme un cabri avec sa petite voix. 🙂 Il y a quelque chose de touchant dans ce concert.


Vidéo d’Hugo Lingo

INTERPOL: Interpol n’a rien à prouver, on les connait bien maintenant, et finalement à force de les voir, on pourrait presque leur reprocher ce trop de sérieux pendant leurs gigs. Mais bon la qualité est là, et la voix de Paul Banks est tellement magique…

DAY 3


Vidéo de Lilangelll

WE ARE MATCH: 14h30 les 5 amis jouent plein soleil. Un concert très collégial puisqu’avec 4 chanteurs, on sent une osmose particulière entre eux, c’est vraiment sympa. Malheureusement sur Shores, titre de leur nouvel album du même nom, en pleine montée instrumentale, on est à fond dedans et …rien. Plus de son! La cata. C’est alors que Jim assure un max et sauve tout le monde: c’est parti sur un solo de batterie qui ravit tout le public, compatissant mais également conquis par les titres joués auparavant. Bravo les gars: la barre est haute en ce dimanche au programme de folie, et vous faites partie de ceux dont on se souviendra le plus. (à La Maroquinerie le 21/10)

A l’entrée, de la crème solaire est distribuée, idée grandiose et salvatrice.


Vidéo de Jordi Dragonbane

POND: Nick Allbrook incarne parfaitement son rock psychédélique, c’est un personnage illuminé qui donne corps au show. Pratique d’une folie stridente avec Midnight Mass ci-dessus. Le groupe nous embarque également sur des rêveries brumeuses puis nous entraîne sur une disco-dance. Un concert plein de surprises. Ces Australiens sont eux aussi quelque peu surpris et heureux de l’ampleur de leur audience.

MY MORNING JACKET: en parlant de jacket…il serait pas sponsorisé design des Trans 2014? Enfin un artiste qui s’avance sur ce podium de la grande scène pour rencontrer son public! En fait, là je triche je le regarde sur l’écran géant de l’espace presse, confortablement installée dans un transat. Bah ouais y’en a qui bossent!

MAESTRO: Maestro, ça sonne Bot’Ox et Discodéine, avec un soupçon de folie rock. Normal, c’est Mark Kerr au micro! Le pavillon Ile de France est plein à craquer, la chaleur est ettouffante mais on se désaltèrera après parce que que là on danse comme des fous, surtout sur Méchant. Maestro live c’est génial et je suis bien désemparée de ne trouver aucune vidéo pour vous le prouver.

HOT CHIP: L’impénétrable tête de nerd Alexis Taylor commence Huarache Lights chemise à manche longue et veste (mais il est fou?). Un concert ultra dansant avec Over and over dépoussiéré. On remarque le membre du groupe le plus/seul souriant: la charmante batteuse Sarah Jones, nouvel recrue.

    DSC_2373 (c) Olivier Hoffschir
DSC_6402_(c)OLIVIER_HOFFSCHIR

Afin de sécuriser la moindre des activités du festival, l’organisation a fait appel aux Power Rangers. Pour les nostalgiques de la fête des couleurs indienne, un stand diffuse ses couleurs et vous transforme au choix entre un énorme pot de peinture ou une jolie petite tigresse. (Photos de Olivier Hoffschir)

RDV avec Maestro, à la cool sur l’herbe. On parle de la famille Paris. Emotion avec mon idole Mark Kerr et grand plongeon dans les yeux bleus de Frédéric Soulard.


Vidéo de CultureBox

JUNGLE: Jungle rassemble jeunes et moins jeunes, rockeurs et nostaliques du funk et de la soul, sur un concert de qualité qui célèbre cette belle journée ensoleillée. Le duo devient une grande famille de choristes en live comme dans ses clips. Concours de style sur scène entre l’ensemble camouflage de Tom McFarland, les chaussettes de madame, les bouteilles de coca aux percus… C’est un peu la pause sourire et bien-être avant de s’éclater.

Petite interlude : interview des Here We Go Magic, on sent la fatigue des deux côtés de la conversation, le week-end a été rude, et il n’est pas encore terminé…(interview retranscris soon)

ALT-J: C’est un peu le rendez-vous déjà vu, la pause dîner-concert, exactement comme il y a 2 ans. Le dessert tel une cerise sur le gateau, où sur ton aligot-saucisse comme tu veux, c’est de se lever sur Tessellate et Breezeblocks. (Pas de vidéo, les Alt-J c’est pas vraiment les rois du show, d’où le dîner…)


Vidéo de Ozynagor

CHEMICAL BROTHERS: Ca fait une demi-heure qu’on voit tout Rock en Seine se déplacer vers la grande scène en courant. Les Chemical c’est plus qu’une tête d’affiche, plus haut que haut, voire plutôt woaow. Après une intro des plus longues (5 minutes) Hey Boy Hey Girl démarre et rend 40 000 personnes hystériques. Ca ne lésine pas sur le laser vert, on se croirait dans une boite de nuit géante, hyper méga géante. Tout l’hystorique y passe: Black Rocking Beats, Swoon, Galvanize, tout comme les morceaux de leur nouvel album, Go par exemple. Le tout agrémenté de chouettes créations VJ qui nous donnent encore plus envie de danser.

Le gros dilemme c’est qu’il y a N’To en même temps à l’autre bout du festival…oui oui la prog de ce dimanche est folle. Finalement les transitions à rallonge des Chemical sont exaspérantes et hop on est parti au pas de course pour aller voir N’To.

N’TO: Anthony se présente avec un batteur et un joueur de Marimba. Aaahh ouiiiii, il nous l’avait dit lors de son dernier interview! Finalement la scène pression live c’est un peu le condensé de tout ce qui est pointu: Son Lux, Pond, N’To, …tout ce qu’on aime.

N’To salue, on peut retourner voir une demi-heure dans la boîte de nuit des Chemical. 🙂

Bilan

Rock en Seine a cette année battu des records de fréquentation avec 3 jours complets donc 40 000 personnes chaque jour. Un week-end sans pluie: au placard les bottes spécial Rock en Seine! Des pointures et de l’anthologie. On a retenu et direct pris les prochains billets pour Son Lux, We are Match, The Maccabees, N’To, Maestro, DBFC. Une belle session 2015. Chemical Brothers en était l’apothéose; l’année dernière c’était Portishead; vivement 2016…

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