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Le retour vers le futur de Nick Waterhouse

On soupçonne Nick Waterhouse d’avoir emprunté la DeLorean de Doc pour aller faire danser ses descendants 60 ans dans le futur. Nick nous vient de San Francisco et s’entête à ressusciter le R’n’B. Non poto, pas Beyoncé mais le vrai Rhythm and Blues, à connotation jazzy. Live Report.

Juillet 2016 au Badaboum

On soupçonne Nick Waterhouse d’avoir emprunté la DeLorean de Doc pour aller faire danser ses descendants 60 ans  après dans le futur. Entouré de ses musiciens en costume (basse, claviers, batterie), la star du soir a dégoté la parfaite panoplie de Buddy Holly : pantalon taille haute, chemise bleue à carreaux, lunettes et mèche rabattue sur un côté, so 50’s. Un saxophoniste s’ajoutera à la classe de l’orchestre pour le deuxième morceau Dead Room.

Nick nous vient de San Francisco et s’entête à ressusciter le R’n’B. Non poto, pas Beyoncé mais le vrai Rhythm and Blues, à connotation jazzy. Notamment avec Ain’t There Something That Money Can’t Buy. Et plus le concert avance, plus le rythme devient rockabilly, plus les jambes se délient et swinguent. On se retrouve transporté dans les Etats-Unis de certains vieux films, après un burger au Diner du coin, sans être étonné d’une apparition de Tarantino. Et là, dévergondée par les cris de Some Place, t’as juste envie de te laisser guider par un danseur pro du rock’n roll.


Vidéo de Pasgia2009

Aucune set list aux pieds, notre chanteur vintage donne l’impression de choisir ses morceaux en fonction du public en prévenant ses musiciens de la suite entre chaque interlude. Dommage il en a oublié la géniale reprise I Can Only Give You Everything, vestige garage de Them en 1966. Peut-être parce qu’il ne s’est malheureusement pas déplacé avec ses belles choristes The Naturelles. Ou peut-être parce qu’il est en tournée annonciatrice d’un nouvel album, produit par Michael McHugh ( Ty Segall), sur le label Innovative Leisure d’Hanni El Khatib,  dont le titre It’s Time est le premier single. Prévu pour une sortie initiale en mars, il nous explique que Never Twice sera finalement dans les bacs cet automne à cause d’une « bureaucratic bullshit ». Oui, Nick a aussi du caractère.

Le californien pince sa Gibson le manche pratiquement à la verticale, la jouant alternativement mute et tremolo. L’instrument est lui aussi customisé rétro avec son énorme cordon blanc à spirale qui nous rappelle le vieux téléphone à tour de Mamie. En cadeau, une version ultra longue de Don’t You Forget It, avec battle entre la guitare de Nick et le saxo de Jeremy. Et lorsque résonne Say I Wanna Know, c’est tout le Badaboum qui chante en choeur.

Au deuxième rang du public, son sosie 20 ans plus tard (même chemise, mêmes lunettes, même mèche sur le coté) est fou de joie au premier rappel (sur 2) lorsqu’il reconnaît les premières notes de la reprise de Pushing Too Hard de The Seeds.

La soirée se termine sur la satisfaction d’avoir voyagé dans le temps outre atlantique et d’avoir dansé avec énergie et enchantement. Merci Nick Waterhouse !

[Photo cover: Sébastien Lecocq]

 

 

 

 

 

Julie Lesage

Bois sans soif de découvertes musicales, Julie a écopé les nuits shanghaiennes en tant que manager de club avant de venir s'installer en détox sommeil à Paris. Elle est à l'origine de ce blog devenu média.

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