LA VOIX DE GRINDI MANBERG

[live report]

On a délaissé les PMU de footeux pour aller voir Grindi Manberg vendredi. On avait déjà écouté l’EP Fantasized Lumberton et s’était promis de suivre de près la progression de la découverte des Inrocks. Après leur live, c’est bon, il est là Romain Thominot, et on va entendre parler de lui, c’est sûr !

Grindi Manberg, Grindi Manberg, ca sonne un peu comme Ingmar Bergman…et pour cause, le trio batterie – synthé – guitare (et basse sur certains morceaux) nous embrume dans une ambiance cinématographique, mélancolique et strange. L’atmosphère des synthés dissonants de David Lynch à la Twin Peaks est omni présente. En particulier sur Marina Has The Key.

Mais ce qui t’accroche, c’est surtout la voix fragile de Romain Thominot, un bijou. Semblant un peu plus rugueuse dans les graves que sur l’EP, ce qui lui rajoute du charme en particulier sur Mimosa Cure, elle semble en introspection caverneuse jusqu’à de belles envolées aigües de aaaaaaah claires et amplifiées par la reverb. WOW. Des sonorités plus fantômatiques qu’humaines !

La création sonne très new wave, avec sa propre touche alternative. Chaque morceau semble déstructuré, mais arrive à nous envelopper complètement dans la mini mini salle des Trois Baudets. En particulier Nitrogenous Wind (celle-là ca fait 16h que je l’ai dans la tête…) dans sa progression harmonique vers le rock. En parlant de rock, la Telecaster de Romain en chorus participe à l’étrangeté.

Lisbon est l’exception qui aide à sortir la tête de ces profondeurs avec un rythme plus gai et entêtant, tellement entêtant qu’on y dénote malaise sous roche. Le trio nous a offert de nouveaux morceaux inconnus, on attend donc avec impatience l’album, peut-être avec les anciens morceaux retravaillés en richesse comme sur scène. Allez leur prochain concert, je vous emmène tous, ça vaut vraiment le coup!

Voir les photos d’Arnaud Donez du live ici.

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