King Gizzard and the Lizard Wizard se lance dans le boogie

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Vous ne le savez peut-être pas encore, mais King Gizzard & the Lizard Wizard est un groupe qui est en train de marquer l’histoire du rock dans toutes ses variétés. Les sept mercenaires viennent de sortir leur quatorzième album Fishing for Fishies sur leur propre maison Flightless Records, et sont prêts à conquérir un public plus large que leurs aficionados habituels.

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Il faut battre le fer tant qu’il est chaud (de peur d’être oublié ?), est sans doute la formule-type du groupe ultra prolifique qui a tenu son pari cinglé de sortir 5 albums dans l’année 2017, pour enchaîner sur une tournée mondialement monstrueuse. 2019 repos ? que nenni, la bande de Stu Mackenzie s’embarque dans une nouvelle aventure pour une production plus léchée, entre blues et boogie ! Sans dec’? Si si.

De la mignonne comptine à flûte traversière Trapdoor, au métal hurlant fort qu’il n’y a pas de Planet B, les chevelus nous avaient baladés dans tous les recoins inimaginables du psych-rock, inclues les expérimentations noise et garage de 2017. Mais cette année grosse surprise, KGLW nous livre un album beaucoup plus rationnel et accessible, tout en restant percutant. Le désir de faire bouger plus de monde a peut-être émergé sur des festivals à la programmation éclectique l’été dernier. King Gizzard and the Lizard Wizard

« On a essayé de faire un album de blues. Un truc un peu blues-boogie-shuffle, mais les morceaux n’arrêtaient pas de se débattre – ou bien c’était nous qui nous débattions. Au final, on a décidé de les laisser nous guider cette fois-ci, et de les laisser avoir leurs propres personnalités, tracer leurs propres chemins, qu’ils soient lumineux ou obscures. » dixit Stu.

Ah çà, du boogie on l’a dans le mille, le mot apparaît d’ailleurs sur 3 titres. L’album de 43 minutes pour 9 morceaux nous envoie sous le soleil ardent des grands espaces de l’Australie, pour une session de blues-rock assez classique mais ultra dansant !

Boogieman Sam en est un exemple, avec ses solos d’harmonica et de guitare vibrante, et ses choeurs « boogieboogieboogieboogie » qui donne envie de chanter à l’unisson, même si les paroles sont moins fun que d’habitude:
Well, up jumped the Boogieman
He ate mothers’ babies
He shot the policeman…

De nombreuses chansons telles The Bird Song ou Plastic Boogie, nous invitent dans une atmosphère conviviale à la Friends, comme une après-midi autour du barbecue de kangourou ponctuée de batailles d’eau.

A The Cruel Millenial en featuring avec Ambrose Smith des Murlocs, on préférera le stoner-blues Real’s Not Real, qui donne envie de taper du pied, le buste en avant sur les riffs lourds du refrain, puis on claquera nos pouces sur la fabuleuse This Thing, avec son chant pop et son envolée instrumentale.

Le groupe décrit son nouvel album comme « un monde dans lequel l’organique rencontre la machine, la nature rencontre la robotique« , une rencontre qui fait plutôt peur sur le dernier titre Cyboogie et son chant au vocoder!

Avec Fishing for Fishies, les australiens nous démontrent encore une fois la largeur de leur palette créative et la liberté que l’on ne leur prendra pas, n’en déplaise aux fans déçus. Et en tant que groupe en devenir d’institution, ils ont bien le droit de faire ce qu’ils veulent.

Julie Lesage

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[Crédits Photos : Une ©Music Feeds, studio ©Jamie Wdziekonski, capture de Rock en Seine ©Olivier Hoffshir]

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