Juju - Maps and Territory

JUJU brouille les cartes du Psych Rock

 Ca vient de sortir et c’est chanmé !

Il se fait appeler Juju, et on l’avait pas entendu venir. Dans son dernier album Maps & Territory, Gioele Valenti éclabousse le rock de couleurs africaines et avive la flamme du courant Psych Nouveau.

A travers l’utilisation de choeurs et percussions, le multi-instrumentiste nous offre un voyage humain et rythmé, comme si le rock quittait les flaques des pavés britanniques pour s’insuffler au grès du Simoun, ce vent sec et chaud qui travaille l’Afrique. Après s’être rapproché du néo-paganisme méditerranéen comme prétexte pour raconter l’exode africain contemporain, Juju s’attarde, avec Maps & Territory, sur le concept de l’expansion de la réalité territoriale, question forte que celle de la frontière politique versus sa représentation psychologique, pour une Italie recevant (ou non) une migration intensive sur ses côtes.

Dès Master and Servants, les incantations touareg roulent comme une transe, parfois assaillie de cris. Cette nouvelle psychée englobe une multitude de sonorités faisant se côtoyer rythmiques traditionnelles presque vaudou et arrangements électroniques, à la manière du krautrock. Le ton est donné : cet album dispose de richesses et peut se targuer d’une certaine assurance. Les 6 morceaux qui le composent présentent une recette sucrée-salée, comme si les chœurs s’apposaient en couverture pour adoucir les riffs agressifs de guitares.

L’artiste de la scène italienne expérimentale folk et lo-fi n’en est pas à ses premiers essais dans le Psych-Nouveau: il a déjà sorti 7 albums avec son projet Herself depuis 2000,  a écrit pour les Lay Llamas, figures du psychédélisme underground italien, a tourné avec les suédois Goat, et commence en 2017 à se produire en festival avec Fuzz Club, notamment lors du Liverpool Festival Of Psychedelia. 

Pour son projet Juju, il bénéficie du soutien de Jonathan Donahue de Mercury Rev et le percussionniste Goatman de Goatque l’on retrouve sur I’m in Transe, et accueille une contribution jazz d’Amy Denio sur le dernier morceau.

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Selon quelques recherches, le Juju africain désigne une danse contemporaine d’influence animiste née au Nigeria, une décoration de plumes provenant du Cameroun, ou un objet-amulette de sorcellerie, confectionné de cheveux, de poils, de rognures d’ongles et autres, symbolisant un engagement, utilisé par exemple pour faire peur aux filles dans les traffics de prostitutions…allez savoir ce que Gioele avait en tête.

Pour revenir sur l’abum, dans Motherfucker Core, il nous assène un shoegaze impitoyable et sans fin, dans lequel on se laisse happer, pour l’éternité. Je vous laisse là-dessus.
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Julie Lesage

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