J’ai testé le meilleur festival de France

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Cette année, je teste le festival de Laurent Garnier nommé simplement Yeah! dans le Vaucluse. La prog a l’air assez pointue, et ca sent bon la lavande.

Vendredi

Arrivée le midi à la petite villa-piscine louée entre amis, il flotte un air de vacances. Apéro !
18h30: On coupe à travers champs d’oliviers et de vignes pour atteindre en 10 minutes le château de Lourmarin, royal. L’accueil est chaleureux dans une première cour surplombant le village et la campagne environnante, les habitués et régionnaux se retrouvent autour d’un rosé/charcuterie du terroir. Autour d’un petit concert solo de Stanley Brinks en mise-en-bouche, l’ambiance ressemble étonnament plus à un vernissage expo plein air où tout le monde se tape la bise.

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La grille de la cour supérieure du château s’ouvre enfin pour permettre aux 900 festivaliers ultra-privilégiés (ceux qui ont raflé tous les pass en 45 minutes chrono sur Digitick) de profiter d’une première soirée orientée Rock. Sur scène Oh! Tiger Mountain, Vox Low, The Liminanas et !!! (chk chk chk) enflamment le public. Je comprends maintenant pourquoi on me disait que le Yeah était le meilleur festival: même si la prog présente le meilleur de la scène émergente, le « plus plus » notable est surtout son environnement. C’est comme si ca se passait dans ton jardin avec tes potes en fait, un jardin à la classe Renaissance. Une ambiance très familiale donc, avec une seule scène offrant des interludes DJ entre les groupes pour une musique non-stop, où chaque personne rencontrée est super sympa. Pas de jeunes survoltés, pas de drogues, du réseau, et pas de soucis pour retrouver tes potes en revenant du bar. La soirée a tellement été bonne, qu’on ne peut se coucher: After.


Entre krautrock et new-wave, parfois même house, Vox Low a le talent de te faire danser d’une façon sombre et sexy.


Héritiers des années yéyés, The Liminanas ont joué leur carte garage rock pour une texture bien plus énergique sur scène.


On ne vous parle même pas de la fièvre spectaculaire des !!!, vous avez déjà vu cet énergumène chauffer une salle en moins de deux en caleçon, non?

La nouveauté : avec la sortie du nouvel album Shake The Shudder,
la chanteuse Sonia Moore accompagne la funky family.

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Samedi

15h: Après la piscine et le barbec, les enfants ont le choix au village entre chasse au trésor et course de push car, alors que les grands se mesurent à la pétanque. Aux caves du chateau, de petits concerts s’organisent autour d’une dégustation de vin. De mon côté, je retrouve BRNS en maillot de bain dans une autre villa pour une interview [publication à venir]. Les belges sont décontractés, et croyez moi, dans un cadre pareil, il serait difficile d’en être autrement!

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A l’entrée du château un peu plus tard, la pluie surprend nos sandales et  Barbagallo vient à propos. « Caaaaaa, tu me l’avais cachéééé ». Le chanteur de Narrow Terence, lui, défie le ciel avec son chant métalleux sur les envolées de son quartet, aussi ecclectiques que perturbantes entre folk, hard-rock, rock et pop. Alors que la pluie s’intensifie,  un esprit jovial s’en découle, plus fort que les gouttes, et contre-attaque: des rires jaillissent parmi la horde regroupée en formations romaines sous des couvertures de survie. Quelques minutes plus tard en interlude DJ,  toute la fosse célèbre l’éclaircie en chantant à gorge déployée Bohemian Rhapsodie de Queen, c’est la cohésion totale! Dommage que Katerine a tout fait retomber avec son jeu théâtral, un burlesque tantôt de costumes tantôt de « nanani » et « nanana » bien irritants …les festivaliers s’en souviendront probablement comme la déception du week-end. Heureusement, on finira avec BRNS (prononcer Brains) qui ont assimilé la pop, le grunge, le rock, et même un peu de math-rock pour une composition hybride, alternative, hors du schéma conventionel couplet-refrain et …captivante.


BRNS ont fait le plein de nouveaux morceaux au point de sortir un EP en juin et un album en octobre, mais chuuuuut pas de vidéo, c’est secret pour l’instant.

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Dimanche

11h: après la visite de la brocante et des nombreuses galeries d’art, petit déj en terrasse parmi les rues étroites pleines de charmes de Lourmarin. 15h: direction le tennis club pour le concours d’Air DJ. Les trois organisateurs du festival (Laurent Garnier, Nicolas Galina du Pop In et Arthur Durigon de la région), auquels se joignent Moustic de Grosland et les gars de Radio Meuh, sont les jurys et départagent qui du meilleur déguisement, qui de la meilleure technique pour mixer dans le vide. On nous dit que l’année dernière ils étaient 25 dans le public, alors que cette année le terrain est plein et, conséquence: sans estrade, pratiquement personne ne voit le spectacle. Le petit festival se ferait-il avoir par sa popularité ? Ou sont-ils tous venus pour le set gratuit de Laurent Garnier juste après le concours?

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19h: Dernier RDV au château pour Why?, Usé, la techno transversale de Jacques, et la fanfare allemande dingue de techno Meute. Alors qu’il fait encore jour, Jacques se balade incognito sous une casquette et expérience l’effet des vibrations de deux diapasons sur le corps des festivaliers. Flavien Berger, épris du Yeah! depuis son concert l’année dernière, a tenu à l’accompagner, pour profiter de l’ambiance. Les prestations des deux derniers du programme émerveillent une foule devenue liesse et pour la clôture, Meute finira bien sûr par sa reprise de The Man with the Red Face avec participation de son créateur Laurent Garnier affublé de la fameuse veste rouge du collectif. Last but not least : pour les adieux, les organisateurs se postent à la sortie et feront la bise à chacun des festivaliers, oui j’ai bien dit chacun. Fa-mi-lial.
Sauf que, tout compte fait, si je voulais garder cette particularité si propre au festival Yeah!, peut-être ne devrais-je rien vous raconter du tout…
ne venez pas, on est déjà trop heureux comme ca.


Jacques étonne les sudistes par sa composition techno-house spontanée faite de bruitages d’objets.
Ayant pris de l’assurance au fil de ses tournées incessantes, il nous offre plusieurs fois quelques pas de danse devant la scène.


Il n’y a pas plus festif que Meute pour reprendre Rej de Âme
avec cuivres et percussions!

– Julie Lesage –
© Toutes les vidéos sont de Culture box
© Toutes les photos sont de Cauboyz