Rencontre avec Mischa Blanos, le pianiste coupeur de souffle

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Un soir torride, dans le hall tamisé de l’hôtel Les Bains, le piano à queue trône magistralement sur un damier noir et blanc. Au-dessus, le plafond rouge ultra design semble couler par l’effet de la chaleur. Silencio: Infiné présente sa dernière signature compositeur-pianiste, Mischa Blanos, qui vient de sortir son premier EP Second Nature.

Mischa Blanos est de ce mouvement de nouveaux pianistes néoclassiques, de ceux qui donnent une dimension électronique en percutant les touches à un rythme soutenu. Lorsqu’il joue, notre souffle se retient de lui-même, et notre regard dévale une cavalcade de notes touchées avec frénésie. Limite stressful. On me surprend les yeux écarquillés, sourire épaté.

Cette fascination impromptue exige de suite une petite conversation pour mieux connaître ce génie. Tant mieux, le lieu s’y prête : pas de backstage où se cacher, on l’attrape et lui soutire quelques informations:

Mischa Blanos est né à Bucarest de parents russes. On imagine aisément des parents assez strictes sur l’éducation pour produire un musicien si talentueux. « C’est vrai que ma mère préférait me voir réviser au piano, quand je voulais jouer au foot avec mes copains. »

Cette façon de jouer les notes comme des percussions, avec des arrangements électroniques, Mischa le vit comme une catharsis. Il n’est pas rare de le voir recroquevillé sur les touches d’ivoire, voire même récitant les notes en jouant. La preuve avec cet extrait volé:

Une amie également pianiste m’accompagne, elle s’inquiète des possibilités de tendinite suite à ce jeu d’apparence complètement crispé. « Non tout est dans les épaules en fait, pas les poignets. Il m’arrive de jouer pendant de nombreuses heures sans problème. Parfois même durant 24 heures. » Regard interrogateur entre nous autres.

On la deviné, Mischa est aussi forcément adepte de techno. Accompagné de Christi Cons et Vlad Caia,  il présente cet autre faciès au sein du trio d’electro expérimentale Amorf.

Ses deux tracks les plus contemporaines mais aussi les plus puissantes se nomment Rocoma et Geckos. A propos de Geckos, Mischa nous raconte qu’il a composé ce morceau chez lui en cherchant à provoquer les réponses de ses 2 geckos, lézards malais définis par l’onomatopée de leur cri si distinctif.

Conquise, je vous laisse à votre tour être captivés par cette mue moderne des pianistes d’aujourd’hui, amorcée par des compositeurs aussi talentueux que Philip Glass, et en devenir avec les plus récents Grandbrothers ou encore Murcof et Vanessa Wagner, voir même LAAKE.

– Julie Lesage –


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