Interview MAESTRO

Encore un énième projet du génial Mark Kerr. Après avoir chanté pour Bot’Ox, il met de côté ses talents de batteur de Discodéine et revêt la peau de chanteur pour un groupe parisien un peu barré mêlant disco et synth-pop: MAESTRO. Tout d’abord éberluée/excitée par l’écoute album, je découvre au pavillon Ile De France de Rock en Seine que c’est en live que MAESTRO rime avec trio et brio. Le groupe était également au programme des chouettes découvertes du MAMA festival à Pigalle.
Retour sur les beaux jours lorsque je tapais la causette à Mark Kerr, Frédéric Soulard et Antoine Boistelle, simplement assis à la cool sur la pelouse:

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Encore un énième projet du génial Mark Kerr. Après avoir chanté pour Bot’Ox, il met de côté ses talents de batteur de Discodéine et revêt la peau de chanteur pour un groupe parisien un peu barré mêlant disco et synth-pop: MAESTRO. Tout d’abord éberluée/excitée par l’écoute album, je découvre au pavillon Ile De France de Rock en Seine que c’est en live que MAESTRO rime avec trio et brio. Le groupe était également au programme des chouettes découvertes du MAMA festival à Pigalle.
Retour sur les beaux jours lorsque je tapais la causette à Mark Kerr, Frédéric Soulard et Antoine Boistelle, simplement assis à la cool sur la pelouse:

Vous venez de jouer, c’était super, on a bien dansé! Et vous comment l’avez vous ressenti?
Mark et son adorable accent écossais: Merci! C’était sympa: combien de fois on a joué en journée?
Frédéric et ses beaux yeux bleus: On a vraiment kiffé, finalement y’avait beaucoup de monde pour cette petite scène. D’habitude, on connait la moitié de la salle, que ce soit des potes ou des gens du même circuit que nous. Ici, c’est agréable de jouer pour des gens qui sont venus danser ou écouter des sons inconnus. Ils nous ont donné de l’énergie, parce qu’on en avait besoin , on était un peu fatigué de la date de la veille (rires de Mark), à Genève.

Mark Kerr, on te connait pour le jeu de batterie des Rita Mitsouko et de Discodéine. Et puis tu as commencé à chanter, notamment pour Bot’Ox, un de mes premiers interviews, où Benjamin (Cosmo Vitelli) te décrivait comme hyper créatif. Est-ce le résultat de Bot’Ox qui t’as donné envie de monter ton propre groupe où tu laisserais la batterie pour le chant ?
Mark: Disons que passer au chant m’a aidé à être moins timide, moins caché derrière la batterie. J’avais déjà des démos mais personnelles.
Fred: En fait, tous les gens qui connaissaient ces démos avec voix essayaient de convaincre Mark « vas-y on essaie de faire des trucs », Benjamin le premier. C’était euh…nécessaire. (sourire)

maestro-mountains-of-madness

Vous venez de sortir un album intitulé Mountains of Madness chez Tigersushi Records, qui porte plutôt bien son nom. Même sa couverture porte un visuel malade. Vous êtes un peu partis dans tous les sens sur cet album !
Fred: Oui c’était lié à la nature du projet. On est assez occupés ailleurs donc l’histoire Maestro s’est créée sur la longueur. L’album n’était pas prévu, mais maxi après maxi, on a assumé produire des titres qui sont, somme toute, complètement indépendants. C’est vrai que c’est un album plein de couleurs, j’espère qu’on y dénote tout de même un fil conducteur. On voulait aussi revendiquer la variété de nos influences. J’aime bien quand les albums vivent, composés comme la scène 90 de Pavement, avec 25 morceaux barrés et très courts. 

Pourriez-vous choisir un de vos morceaux justement et m’en conter l’histoire?
Fred: Y’en a une qui raconte un peu notre rencontre avec Antoine, sur la tournée de Vitalic. Moi j’étais jeune papa donc je me couchais tôt, les autres se couchaient très, très tard. Et dans ma couchette, j’entendais les potes et Vitalic qui chantaient « Méchant….Mééééchant… ». Du coup en hommage à ce tour en bus, on s’est dit qu’on allait faire un morceau qui s’appellerait Méchant, et y’a que çà comme paroles. On aurait dû inscrire cet hommage sur le disque d’ailleurs.

Et comment se passe la compo alors entre vous?
Mark: Très mal. 🙂 On partage les idées, moi mes boucles, maintenant on a Antoine en plus à la batterie, Fred surtout c’est le head maker.
Fred, modeste: Non pas du tout. Le but est que Marc ait envie de chanter dessus, sinon on met ces arrangements de côté ou on fait un morceau exclusivement instrumental. On s’intéresse à toute nouvelle forme, on s’attache à être libres. On a pas de contrainte financière car on a d’autres projets à côté pour gagner notre vie, du coup on expérimente avec des influences du kraut des années 70, pour le kiff. 

C’est marrant car on reconnaît bien la pâte Discodéine dans le jeu électronique.
Fred: On vient un peu tous du même endroit, puisque j’ai aussi bossé avec Joakim et produit le 2e album de Poni Hoax. La manière de produire les boucles vient de cette époque 2008-2010, avec un peu plus de MPC. On aime beaucoup ces boucles répétitives, plutôt chic que bourrines. Même si en live il faut bourriner un peu pour envoyer un electro-choc sur le public.

Parlons du clip de Darlin’ Celsa, on y découvre notre part de sadisme quand on veut voir jusqu’au bout toutes ces façons possibles d’exploser un visage, de trucider un ennemi…
Fred: Oui ca nous a fait beaucoup rire. On cherchait depuis longtemps un réalisateur pour ce morceau, et lorsque Parachute, un collectif très jeune et hyper talentueux, nous ont présenté l’idée, on l’ a trouvée mortelle du premier coup. 
Mark: En plus c’est vraiment çà l’histoire du morceau. Y’avait un fille dans ma classe at school, I wanted to sleep with her, but she slept with all the other guys so I wanted to kill the other guys. Voilà.
(rires)
Fred : Simple et efficace! Et du coup, il ne le trouvait même pas assez trash le film!
Mark: et ce qui est drôle, c’est que tous les potes font figurants dans ce film. Y’a Pilooski, Joakim, Etienne Jaumet, …
Fred: Ca a représenté énormément de travail, rien que pour chaque animation différente sur chaque portrait.

J’ai l’impression que Paris est une petite famille de musicos qui se connaissent tous et créent tous les uns avec les autres?
Fred: Déjà on n’est plus tous jeunes, donc finalement oui. Paris regorge de super musiciens, on fait partie de bandes qui fonctionnent presque comme des jazz bands. Hier soir par exemple, Mark jouait de la batterie avec Joakim et chantait ensuite avec Maestro. Il y a pas mal de consanguinité. 

Dites-moi, sur Facebook, Maestro a écrit « No Poseurs, please » avec l’affiche de Rock en Seine. Vous m’expliquez?
Fred: ahah! C’est Mark çà!
Mark: Ah it was just un blague, I wasn’t serious. J’aime bien les « poke »: « Serious music lovers please, no posers »
Fred: C’est vrai qu’il y a tellement de personnes, notamment chez les jeunes, qui sont très Facebook carriéristes, selfie de selfie de…
Mark: En plus c’est moi le vrai poseur, just one poser is enough !
(rires)

MAESTRO sera en concert aux Bars en Trans, pendant les Transmusicales de Rennes
le 5 décembre au Bar’Hic
On vous tiendra bien sûr au courant de leur prochains concerts sur Paris dans l’agenda WiseSound.

Leur facebook: https://www.facebook.com/maestrotheband?fref=ts

Julie Lesage

Bois sans soif de découvertes musicales, Julie a écopé les nuits shanghaiennes en tant que manager de club avant de venir s'installer en détox sommeil à Paris. Elle est à l'origine de ce blog devenu média.

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