Interview Forever Pavot

Forever Pavot, commençons par le début, ce nom parait un peu trop explicite pour que ça parle essentiellement de drogue. D’où vient-il ?
Un de mes meilleurs amis de La Rochelle, Mathieu, était venu chez moi à Paris un jour avec une vieille trousse d’écolier, qu’il avait sans doute acheté dans une brocante ou un vide grenier, et tu sais quand on est au collège, on s’amuse à écrire dessus, genre Peace and Love, etc. Il y avait Flower Power  très mal écrit au Tipp-Ex que j’ai pris pour  Forever Pavot, ca nous a fait rire, et cette histoire est restée.

Tu viens de sortir ton album Raphsode, chez Born Bad Records, dont le single Joe & Rose passe sur les ondes. Ta musique est assez particulière, entre sunshine pop, sixties et musique cinématique à l’italienne. D’où vient cette passion ?  Forever-pavot-wisesound
 J’ai fait beaucoup de musiques différentes dans ma jeunesse collège/lycée, dont du punk-hardcore, du métal. Puis j’ai commencé à m’intéresser au sampling des artistes Hip-Hop tels Wu Tang Clan. Cela venait souvent de musiques de films, de musiques progressives, de jazz, de rock psychédélique, plein plein de trucs, et conquis, j’ai commencé à collectionner les disques et à rechercher les sons un peu plus obscurs et pointus, notamment de cette période fin années 60, début 70, qui me parlent au niveau de la production et du choix des instruments.

Emile Sornin, tu composes seul et représente à toi seulForever Pavot. Comment se passe ta composition ? Te places-tu dans une ambiance particulière, où écris-tu avec un message particulier en tête ?
En fait, je suis assez boulimique de compositions et d’enregistrements. Je dois enregistrer une à deux morceaux par semaine, je fais beaucoup de choses. Je n’’ai pas tellement de recette ou de règle, ça dépend des instruments que j’utilise en base, souvent les orgues et autres claviers. J’écris les paroles ou choisi le nom  du morceau bien après, je m’imagine une petite histoire parcourant les notes, cherchant ce que ça m’évoque. Je me dis jamais « Tiens aujourd’hui je vais composer une chanson sur des pirates! »

Peux-tu choisir un de tes morceaux et nous raconter son histoire ?
Joe & Rose est une chanson que j’ai faite avec Catherine Herchey, qui a d’ailleurs dessiné la pochette. Elle chante aussi sur Raphsode. Ce sont deux voix qui se mêlent: la sienne et la mienne, un peu à l’image de certaines chansons de Gainsbourg. Il s’amusait à fondre les voix, à passer du féminin au masculin. Ca parle d’un couple qui se reproche l’un à l’autre d’être trop superficiel. Ils répètent la même chose tous les deux, s’accusent l’un l’autre, essaient de se convaincre de la même chose. C’est une histoire vécue ? Pas du tout non, je ne pense pas, je suis assez énervé par les gens superficiels en général.

Tu as une formation plutôt audiovisuelle et tu as déjà réalisé de nombreux clips notamment pour Alt-J, Naive New Beaters, Disclosure. Qu’en est-il des clips de Forever Pavot, je n’en ai vu aucun ?
Justement j’en ai fait un, mais c’est un petit car on avait pas beaucoup de budget, donc j’ai fait ça avec mes proches et mes amis. Il va sortir, là suis en train de le terminer, la semaine prochaine je pense, pour Joe & Rose.

Clip Disclosure: Grab Her by Emile Sornin

Tu joues sur scène dans quelques minutes, en première partie de Tahiti 80. Du coup en live, quelle va etre ta formation ?
Là, on va être cinq: Cédric Laban à la batterie, Antoine Rault à la guitare, ce soir Maxime Daoud à la basse, mais c’est pas tout le temps lui la formation change un peu, et Arnaud Seche, qui fait la guitare, les percussions et de la flûte traversière. Ce sont des gens pour qui j’ai fait des clips en fait. Arnaud, Maxime et Cédric ont un groupe Good Morning Bleeding City de braincore, métal hyper vénère, avec lequel j’ai travaillé avant de leur proposer de m’accompagner sur Forever Pavot.

(en effet c’est violent…, rien à voir avec Forever Pavot!)

Mais alors qu’elle est ton activité principale? Passes-tu plus de temps à réaliser des clips ou à jouer de la musique?
En ce moment c’est la musique, on va tourner en Angleterre et en Suisse. Mais cet été j’ai fait deux nouveaux clips qui m’ont pris beaucoup de temps. C’est la première fois que la musique marche vraiment donc là je vais devoir m’organiser un petit peu. C’est tout nouveau pour moi.

As-tu déjà eu des propositions pour d’autres projets musicaux, cinématographiques ou de spectacle ?
Cà, c’est un truc qui me plairait vraiment, j’ai très envie de faire de la musique de film, et ça se voit je pense… Après je n’ai jamais travaillé à la commande, donc ça peut être très intéressant comme très difficile. J’ai aussi des projets à long terme dont je ne peux parler encore, pour lesquels je ne suis pas encore prêt.

Peux-tu nous citer 3 artistes ?

Un groupe de Paris que j’aime beaucoup qui s’appelle Calypso qui sont des amis à moi.

Un artiste suisse qui s’appelle Anthony Cédric Vuagniaux qui fait de la musique en studio. Il est également très influencé par la musique cinématographique,  il fait d’ailleurs des trucs assez incroyables.

Et le dernier …Aquaserge, avec Julien Gasc, mais je le dis tout le temps, ce sont ces artistes qui m’ont donné envie de faire cette musique là. La première fois que je les ai vus en concert, j’ai compris ce que je voulais faire. Voir des musiciens en transe sur une musique complexe mais belle, ça m’a vraiment marqué ce concert. C’était il y a environ sept ans et depuis ce groupe me troue le cul à chaque fois qu’il fait quelque chose, c’est fantastique, et humainement ce sont des mecs super. C’est un peu difficile d’accès non, surtout au niveau des chants ? C’est difficile mais faut les voir sur scène, c’est génial. Après les formations changent, leur batteur est parti chez Tame Impala qui est un gros truc maintenant. Leur style a aussi évolué mais ce sont des mentors pour moi. C’est de la musique de musiciens, en terme de mélodie c’est hyper riche.

Merci beaucoup Emile, on te souhaite une chouette tournée!
Et moi je suis repartie guillerette après un bon concert, avec Le Passeur d’Armes dans la tête en boucle:

Prochain concert : 11 Mars 2015 au Point Ephémère, à ne pas manquer!

Photo: Greg Dezecot

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