GodForsaken Roads – Black Strobe

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On vous l’a annoncé Black Strobe sort son deuxième album aujourd’hui même. On l’a écouté en avant première la semaine dernière à 9h au bureau et on s’est pris une grande claque (attendue), on a eu envie de danser sur les tables. Alors voilà, nous ne sommes que le 6 octobre, mais c’est tout de même certain : GodForsaken Roads est notre Album du Mois.

Alors que WhoMadeWho s’assagit dans le miel (en studio seulement, les live sont encore pêchus), Black Strobe casse la baraque et nous rassure sur l’hiver : on aura de quoi se défouler sur de nouveaux morceaux électro-rock. Merci.

La couverture de ce nouvel opus illustre Arnaud Rebotini dans une église. Pour l’occasion, l’Homme (souvenez vous de la bande sonore de la pub Eau Sauvage de Dior…) a rasé sa belle moustache-fureur. Le ponte de la techno française mêle à nouveau ses influences rock et blues à ses synthés. Ou comment ammener des sonorités passées du western américain vers le futur. Aucun morceau à jeter, tout du bon. Un peu plus accessible et moins sombre que le précédent Burn Your Own Church, avec toujours cette même référence à la foi.

L’album commence fort avec deux morceaux assez furieux, un peu à la Depeche Mode avec Broken Phone Blues. On revient ensuite vers le rythm’n blues avec He keeps on calling me. La guitare de Mathieu Zub sonne le Bayou. Il est important dans un album de reprendre son souffle, et le quatuor a plutôt bien construit son oeuvre, nous accordant quelques répits entre deux danses endiablées. Ici, on sait déjà que les « Ohohoho » souderont la fosse de chacun de leurs concerts. For Those Who Came on Earth thru the Devil’s Asshole, est majestueuse dans la montée des synthés « cuivrés » sur le refrain, un je ne sais quoi de religieux la-dedans. Black Strobe fait aussi un hommage et transforme le country Folsom Prison Blues de Johnny Cash en électronique flippante et pesante, sans aucune guitare.

On reconnait bien sûr la patte de Rebotini sur From The Gutter et Going Back Home, la disco, même, s’invite sur le dancefloor. Mais ce qui fait la signature, c’est bien cette voix grave hyper masculine. Papa est haut et il ne fait pas du gâteau. Comme si Nick Cave passait à l’électro, en articulant à la française.

Le communiqué du groupe s’attarde sur le fait que Rebotini a beau impressionner par sa stature physique, il en reste doux à l’intérieur. Swamp Fever en est peut-être l’illustration, s’inscrivant en douceur dans les morceaux traditionnels américains. Les textes aussi suivent le fil habituel des vieux morceaux de blues, décrivant la solitude, le hasard de la vie ainsi que le poids de l’existence… et l’amour bien sûr, qui ne parle pas d’amour? Du coup, on imagine un peu l’intérieur du repère de Montmartre du géant: plein de vinyles de country et, trônant au milieu, des synthés parés pour les gros sets de techno en club parisien. Pas banal.

En bref: du blues ramené à l’ère électronique et disco. Pas d’invention sensationnelle pour l’histoire de la musique, mais une alchimie pleine d’énergie et excitante, qui fera l’affaire de nos soirées.

Connu pour faire trembler les scènes, il sera accueilli comme un roi cet automne lors de sa tournée à Amiens, Nancy, Biarritz, La Rochelle, Ris-Orangis, Roubaix, La Roche-sur-Yon, Mons…et Paris alors ? Parce que les concerts privés de Suiten 7 sont un peu trop….privés, on réclame ardemment notre date !

Nos préférées :
Monkey Glands
For Whose Who Came on Earth thru The Devil’s Asshole
Dumped Boogie

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