Fujiya, Miyagi, Fujiya, Miyagi, Fujiya, …

Fujiya & Miyagi arrivent calmement, sans un mot, sur la scène du Nouveau Casino et entament de suite le single éponyme de leur nouvel album Artificial Sweeteners. Sur l’écran de fond, des images pixelisées et colorées, un peu brouillon et psychées. Knickerbocker de l’album Lightbulbs et son « vanilla, strawberry » entêtant ensuite nous sort un peu de notre torpeur.

Le troisième morceau s’accélère, c’est Flaws. « I was right and you were wrong », ce qui a toujours été sympa avec les F&M c’est qu’ils articulent et se répètent tellement qu’il est aisé de chanter avec eux. Le rythme électro devient grisant, et même si la voix de David Best reste calme et monocorde, on sent la tension monter comme un morceau de WhoMadeWho vers un rythme techno qui réveille tout le monde.

Le groupe originaire de Brighton est connu pour ne pas être très expansif autant parce que le chanteur susurre à la XX plus qu’il ne chante, que par la concentration du groupe sur scène. J’avais peur de me lasser de cette monotonie, c’était sans compter la montée crescendo du live entier de la basse funky dansante jusqu’aux beats de techno ! Quand il n’est que 21h30, ca déboussole un peu de danser autant sur de l’électro synth. Et il y en a un qui s’éclate autant que nous sur scène: nous avons l’honneur de vibrer sur les percussions du batteur le plus heureux de la planète! Son sourire durera tout le long du concert. Ne change pas, c’est communicatif!

Ce nouvel album venge F&M après la déception de l’ennuyeux Ventriloquizzing. Artificial Sweeteners perd un peu de cette âme krautrock et travaille beaucoup plus sur des sonorités electro vigoureuses. Moins léger et accessible que Transparent Things, il inclue des sonorités expérimentales comme dans Rayleigh Scattering, morceau instrumental avec des notes aigües qui pourraient illustrer le vol d’une libellule dans un Miyazaki, ou même des mélodies thechno acidulées  dans Tetrahydrofolic Acid. L’ambiance de leur live en est transfiguré. Les morceaux eux-même incluent une progression vers une fin souvent explosive pendant laquelle Best balance sa guitare dans tous les sens et insiste sur les feedbacks, comme sur A Sea Ringed with Visions.

Vient enfin un tube du temps de leur révélation au public: Collarbone et cette énumération litanique d’os. Ca résonne de souvenirs de 2006. Et on est si bien lancé, hop In one year and out of the other du même album. David se fait plaisir à rouler les R durant tout le concert comme sur cette track. Une manière réussie de casser ses murmures avec des takatak, rrrrrrrrrrraaah, tchac, uh uh et d’éviter un show inexistant.

Ils ne pouvaient pas partir sans Ankle Injuries, ce sera donc en rappel qu’ils la joueront suivie d’une explosion instrumentale pour la dernière avec Steve Lewis et Matt Hainsby tous deux sur les claviers, donc plus de basse mais un gros son electro, une impression de 3h du mat à l’apogée d’une nuit clubbing.

Comment mener un public en folie tout en restant impassible? Réponse de Fujiya et Miyagi.

Quelques photos ici.

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