Montagnes russes émotionnelles avec Frank Carter and the Rattlesnakes

Ce soir, l’Epicerie Moderne  se remplit tout doucement et en voyant le nom de la première partie, « Kid Kapichi », inscrit sur la batterie, je m’inquiète un peu: si les préambules s’annoncent rap, je sens que je vais regretter d’être venue si tôt. Le seul élément rassurant auquel me raccrocher, c’est l’ampli Vox. Jamais entendu parler de ce groupe, j’avoue que  je m’en veux un peu maintenant, mais qu’importe, la soirée va me permettre de récupérer mon retard et donc de découvrir les Kid Kapichi !

.Groupe tout droit sorti des jupons de l’Angleterre et plus précisément de Hastings, ils ont déjà partagé la scène des Slaves, Fat White Family, Pretty Vicious et Fizzy Blood, nageant dans les mêmes eaux rageuses, sans rien avoir à leur envier. Je suis bien contente que Frank Carter nous les ait ramené dans sa valise. C’est un peu le cocktail idéal pour survivre à l’hiver, du punk rock tendance stoner à la sauce anglaise, voilà de quoi réchauffer les os des premiers arrivés ce soir.

Les deux chanteurs/guitaristes Jack Wilson et Ben Beetham font la paire, c’est brut, pas de chichis, on est là, on chante, prenez vous ça dans la gueule, et nous on en redemande, comme des gamins à leur premier concert de rock. J’avoue, ils sont efficaces ces garçons! Décidément le rock anglais est toujours en proie à gagner la bataille. Bref vous l’aurez compris: Kid Kapichi est le genre de première partie que l’on a pas envie de voir partir. Tant pis on se retrouvera au comptoir merch pour quelques instants, le temps d’acheter et de faire signer leur dernier EP Sugar Tax en vinyl, qui est franchement pas mal, pour pas dire génial, avec l’addictif Glitterati.

Voici leur dernier single Sardines, qui est sorti le 25 octobre et laisse espérer un prochain EP ou album à venir.

Profitant de leur poste de première partie des Frank Carter and the Rattlesnakes pour commencer à faire du bruit dans toute l’Europe, ils ont éveillé la curiosité de pas mal de monde. Nouveau phénomène, certains les proclament déjà successeurs des Arctic Monkeys, rien que ça… Une petite tournée européenne est déjà annoncée, avec une seule date française pour l’instant, le 25 Mars 2020 au Supersonic !

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Place aux tôliers, Frank Carter et ses amis les Rattlesnakes font monter la température d’un cran grâce à Tyrant Lizard King et, pas de doutes, les fans sont bien au rendez-vous. Dernière date française du End of Suffering Tour, ce concert s’annonce plutôt intime puisque le chanteur n’hésite pas à révéler qu’il ne serait sans doute plus parmi nous aujourd’hui, s’il n’avait pu compter sur l’aide et le soutien de ses amis. Il invite ainsi toutes les personnes réunies ce soir, à s’écouter davantage les uns les autres.

Le punk au look sauvage n’hésite pas à ouvrir son grand cœur. C’est d’ailleurs parfois déstabilisant, de passer du mouvement de foule sur musique matraquée, au silence religieux pour un plaidoyer pour la bienveillance. Ses potes lui sauvent la vie, he will then save yours, ce qui est bien évidemment tout à son honneur. On jongle de la sorte entre les hauts et les bas, ambiance pogo et thérapie de groupe, c’est une première pour moi, je le concède. En même temps, je n’ai jamais vu ni Linking Park, ni U2 en live, on m’a soufflé qu’il y avait de l’idée… Le public est plutôt sympa, pas un seul « ferme ta gueule et joue » on est sauvé, le respect du lundi soir… vive les lundi soir!

Une chose est certaine: Frank Carter comme ses musiciens sont généreux sur scène, invitant le public à créer une piste de danse improvisée pour les partenaires voulant profiter d’un slow, par exemple. Quant à Dean Richardson, c’est une véritable allumette qui ne s’éteint jamais, incandescente jusqu’à la fin du concert.  Même les au revoir sont chaleureux. Tant mieux, je ne suis pas fan des groupes qui se barrent vite fait à la fin du dernier morceau en mode « c’était-sympa-allez-salut! » Le groupe postera un petit message le soir même pour s’excuser de ne pas être venu voir les fans après le concert, car le chanteur ne se sentait apparemment pas très bien… Le punk en mode peace and love, finalement ça me plait bien!

Petite vidéo de Lullaby ( l’image redevient stable à 00:59, ça bougeait tellement autour de moi que je pensais avoir une bonne idée en prenant appuis sur la scène, aux effets lumineux vous pourrez voir que ce n’était pas la meilleure mais ça vous donne un aperçu de l’ambiance!)

[ vidéo melting-pot de EleeaaaYeah ]

Eva Camus

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