Here Come the Runts – Awolnation

 

Awolnation - Here come the runts

Awolnation, electro-rock nostalgique très américaine…

Aaron Bruno aka Awolnation a composé son 3e album Here come the Runts, pour la première fois chez lui, dans les montagnes derrières Los Angeles, soucieux d’enregistrer un son brut sans voix auto-tunée: « sans ces artifices de merde« , comme il dit.

Multi-disque de platine depuis ses tubes Sail en 2011 et Run en 2015, Awolnation pourrait être ce Miracle Man qui unifie la nation sous une même pop-pop-pop-Passion : celle de faire revivre le rêve américain, « même s’il n’a peut-être jamais existé ». Celui des premiers amours et meilleures amitiés sous fond de Born in the USA. Suffit juste d’y ajouter quelques distorsions et un gros mur d’enceintes.

Annonce, entrée électronique, roulement de batterie,  le premier morceau annonce une énergie débordante, digne d’un stade. Un clin d’oeil métalleux, comme un encadrement annonçant jusqu’où peut aller le groupe sur scène, que l’on retrouvera à la fin de l’album sur Stop That Train, d’une dynamique ensorcelante.

D’autres morceaux résonnent comme des hymnes tel Seven Sticks of Dynamite. Et sur le clip, Aaron invite pour une bonne rixe de bar américain du Wild West son idole Rick Rubin, producteur le plus important des 20 dernières années selon MTV, orchestreur de la fusion entre le rap et le heavy metal, notamment avec l’indétronable Walk This Way rassemblant Run DMC et Aerosmith. Vous y verrez également Duff Mckagan, bassiste de Guns ‘N Roses.

[Quand j’aurai un groupe j’appellerai mon idole: « hey Thom Yorke ca te dirait de jouer dans mon clip, on va se mettre sur la gueule, et tu seras l’homme aux cocards ? » Pardon.]

Pourtant sur les abominables My Molasses, Table for one ou Handyman, les compositions sonnent boys band et shamallows. « Avec ce disque j’avais vraiment envie de faire un album rock’n’roll/pop », dit AAron Bruno. « Et je dis ‘pop’ par rapport aux artistes que j’écoutais en grandissant, comme Dire Straits, Bruce Springsteen, The Cars ou Tom Petty ». Mouais tu t’en sors bien, et en effet Cannonball fleure les chorégraphies de pompom girls.

Notre chanteur fan de Kurt Kobain passe des chants aigus et doux aux cris rugueux, ses musiciens de la guitare classique à l’électrique. Il est difficile de nier en bloc l’effet madeleine de proust de cet album de 14 titres. On y retrouve également du Offspring… avec autant de track différents, confuse je suis. Heureusement Tall, Tall Tale et Stop That Train ferment l’album avec virilité.

Reste à savoir le résultat du show sur un public français, et ça tombe bien puisque Awolnation sera en concert aux Etoiles sous peu !

– Julie Lesage –