Docu: Why we DJ Slaves to the Rythm

.

Voir vidéo ci-dessous

Dans une vie antérieure, je suis marketing manager d’un grand club à Shanghai. Après son superbe set et des clients ravis de leur nuit endiablée, j’accueille en after à l’appart une DJette tech-house européenne dont je tairai le nom. Son avion est à 18h le dimanche, pas le temps de dormir, on reste éveillé jusqu’à son départ et discute de tout avec mon mec et quelques amis, aidés de quelques substances. A un moment, la conversation s’engage sur la famille, et notre star se met à pleurer, nous montrant une photo de son fils qu’elle ne voit jamais, dû à son emploi du temps qui l’envoie jouer aux quatre coins du monde. A peine une heure plus tard, nous toujours en mode discussion sur canapé, elle se déshabille topless sans prévenir, l’esprit en demande d’un peu de tendresse.

Nous la saluons plutôt inquiets lorsqu’elle prend son taxi vers l’aéroport, seule, vers une nouvelle destination pour offrir une liesse musicale à d’autres clubbeurs inconnus. Non la vie d’un DJ n’est pas toute rose et pailletée…

C’est cette face cachée que le documentaire de DJsounds met en lumière, interrogeant les grands pontes Carl Cox, Luciano, Seth Troxler, Laurent Garnier, Erick Morillo, B.Traits, Ben Pearce et Pete Tong MBE, ainsi que les psychologues spécialistes sur le sujet.

La liesse des foules connectées à sa musique puis la solitude de l’hôtel, le pouvoir de contrôler une vague humaine en l’espace de deux heures sans pouvoir passer du temps avec sa propre famille, la reconnaissance fulgurante et inattendue grâce aux réseaux sociaux puis la lutte pour rester parmi les meilleurs, le manque de sommeil ou de régularité qui rend le corps plus faible, les commandes non stop toute l’année alors qu’un groupe fait la tournée d’un album puis se repose, les labels et tourneurs sur le dos pour répondre à un maximum de commandes, la pression des performances, … Les esclaves du rythme vivent les meilleures montées comme les pires descentes  [documentaire en anglais]

Sex Troxler: « Le fait de voyager toujours seul tous les week-end a une influence sur le mental et donc sur le set. (…) L’addiction des DJ aux drogues ou au sexe survient pour tuer la solitude.(…) C’est un cycle quotidien: lever, alcool, gig, drogue, …jusqu’à la dépression dans l’avion. »

Luciano: « Il y a côté lumineux, et un côté très sombre. »

Luciano, Carl Cox: « Il faut connaître sa limite, pour éviter d’annuler des shows … »

Erick Morillo: « J’étais résident à Ibiza, il y a 15 ans, j’avais mon propre jet. Et j’ai voulu prendre un peu de repos à Miami, laisser la musique. C’est alors que le secteur a explosé, et que je suis tombé dans la drogue, car j’avais l’impression d’être devenu le dernier wagon du train, c’était dur pour mon ego de ne plus être dans le top. »

Ben Pearce: « J’étais malheureux, je buvais tous les jours, et si je n’avais rien changé, je ne serai plus de ce monde. »

Egalement dans ce film:
Bill Bruster: Historien de la musique / Dr Alinka Greasley : professeur de psychologie musicale / Clare Scivier, Katy Ellis, Olha Heijns, Ed Karney, Helen Coates: Managers d’artistes / Harley Munar : Tour manager de Sasha / Mark Lawrence: Association for Electronic Music

– Julie Lesage –

X