DE STAAT éclate sa bulle et t’en met partout

.

Me suis récemment faite bousculer par un bulldozer. Je te raconte en chronique-live report.
Yep 2-en-1, parce que tu le vaux bien.

BIM UN ALBUM ULTRA-PUISSANT

Paru l’air de rien dans la liste des sorties de la semaine, l’album Bubble Gum te catapulte direct en puissance par son premier titre électro KITTY KITTY. Mais c’est quoi çà ? Ce sont les néerlandais DE STAAT, qui se sont fait connaître avec le clip de Witch Doctor [4,6 millions de vues] lorsque celui-ci a raflé pas moins de 11 prix grâce à une animation démente qui dictera plus tard un jeu de fosse effarant [on y reviendra sur le live-report/ dernière video ci-dessous à la 6e minute…].
Découvert par DEUS, le quintet a également été mis en avant sur toute la tournée européenne de Muse en 2016, m’enfin comme on n’écoute plus Muse depuis 14 ans, on est passé à côté. Bref Bubble Gum, leur 5e galette de 11 titres aboutis, te rattrape et t’offre un mélange tutti frutty (d)étonnant. On y trouve de l’alternative rock, de l’électronique ultra-puissante, des folies de stoner, une tchache hip-hop, qui se rapproche intensément du chant d’Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers sur Tie Me Down, ou de la furie de NIN sur I’m Out of Your Mind, sans oublier une pointe de melo-dark avec le titre Phoenix.

Côté message, Bubble Gum caractérise selon le compositeur Torre Florim la propre bulle en laquelle nous nous enfermons: « les gens ont l’information qu’ils ont envie d’avoir, et sont hermétiques à celle qu’ils n’aiment pas. »

Le band nommé « L’Etat » en hollandais te parle de l’arrivée de Trump dans Kitty Kitty [« Orange Entertainer »], d’Instagram dans le délire Pikachu, … des polémiques contemporaines quoi.
C’est riche, c’est fort, impossible à répertorier dans une case, donc c’est chouette.

BAM UN LIVE PERCUTANT

La version live à La Maroquinerie commence d’un coup sans prévenir avec le martelage de Me Time en tchatche rap relevée d’un « lala-lalala » qui nous rassemble en joyeuse famille de trentenaires prêts à se lâcher comme des teens, ce soir c’est permis. Le quintet joue sur son trente-et-un, Rocco Hueting au clavier s’est fait deux jolies nattes pour l’occasion, et la moustache du bassiste Jop van Summeren n’est pas dénuée de charme. Le président éloquent de cette assemblée étatique de jeudi-saint-valentin, c’est Torre Florim, qui nous enjoint à chanter (ou crier) dès le fameux Mona Lisa, sous le rythme militaire percussif de Tim, avant une envolée de gratte folle appelant au pogo.

Dès les premiers morceaux, on comprend que ce gig sera intense du début à la fin, sans aucun répit hormis 3 minutes de dark Phoenix pour reprendre son souffle :

Rocco et Torre dansent sur beaucoup de morceaux en tandem au coeur de la scène, et n’hésitent pas à braver le ridicule avec leur marche Pikachu dans les gradins : un moment irréel pour nous autres incrédules !

Entre les morceaux de Bubble Gum, le groupe insère ses vieux tubes taillés pour soulever les stades tels Peptalk, les saccades rap de Input Source Select, la fanfaronnade Get On Screen ou encore le sermon utile Help Yourself. La guitare de Vedran en second plan de scène tient parfois entièrement le morceau, se substituant aux synthés saturés façon Casio de Rocco.

Mais absolument rien n’égale le mouvement euphorique que livre Witch Doctor, le spectateur bien avisé du clip sachant exactement à quel moment s’engager dans un tourbillon de fosse, à me renverser littéralement par terre. La Maroquinerie restant une salle assez petite, on imagine la tournure monumentale de ce titre live dans une grande salle à domicile…pour les moins patients, avancer à la minute 6.00 de la vidéo ci-dessous:


[Get On Screen + Witch Doctor. Video de AndreBeaulieu]

Au rappel, les néerlandais clôturent sur Kitty Kitty, bien entendu. Et si tu as bien suivi le clip, qu’est-ce qu’il faut faire à la fin de ce single ? C’est çà : un Wall of Death, encore appelé Braveheart style… comprendront les actifs.
CCL: Le concert de De Staat est un événement qui associe un discours engageant à un divertissement sportif. Il est convenu de s’attendre à en ressortir vidé, trempé.

SHLING, JE TRINQUE AVEC ROCCO

…et je vous retranscris notre conversation dans quelques jours.
A très bientôt pour la publication de l’interview 😉

Julie Lesage

X