Playlists

Plaza Francia Orchestra

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2001: le tango argentin se popularise grâce à Eduardo Makaroff et Christoph Müller, unis avec un troisième homme sous le nom de Gotan Project, dont le premier album connaît un succès planétaire.

2018: le monde suffoque entre la canicule et l’omni présence de la chanson urbaine de bas étage.  C’est ce même été que le duo rapporte un peu de noblesse à la musique actuelle avec un nouvel album pour son projet Plaza Francia devenu Orchestra.

Une fraîcheur et légèreté de saison, nommée d’après une place de Buenos Aires, qui arrange cette fois-ci le tango avec des sonorités électroniques et quelques featuring de voix féminine dont Madame Catherine Ringer, déjà apparue sur leur premier album révélé disque d’or en 2014. La composition est beaucoup plus riche avec une formation orchestrale, habillant l’accordéon d’une harmonie, dépassant le jeu solo coutûmier des rues pavées, fleurant parfois jusqu’aux grooves disco avec le titre Te Prohibo, ou alourdissant Càbala d’une ligne de basse rock.

(On passera rapidement sur la grosse exposition du single grâce à la chorégraphe Fauve Hautot de Danse avec les Stars, parce qu’on aimerait pas non plus faire l’apologie de la télé…)

Dans ce nouvel album, on dénote également une volonté de faire cotoyer le tango originel avec une pop métissée, qui accompagnerait la voix de la cap-verdienne Lura, le tango renoue avec les percussions, mais c’est plutôt dans la douceur de Tranquilo que l’on aime se lover.

Bizarrement, c’est à l’écoute de Plaza Francia Orchestra, que mes souvenirs divergent vers le manga Noir…mais çà c’est une autre histoire.
Il vous sera possible de découvrir l’orchestre Tipica le 27/11 !

– Julie Lesage –

Plaza Francia Orchestra est disponible // Because Music

WiseList #70 – TOP20 des ACTUS

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[Image : Soyez responsable pendant vos vacances, ne jetez pas pailles et mitigeurs de vos cocktails…]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

INSTRUMENTAL
POP

INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE
BONUS

Bonne écoute !

INSTRUMENTAL 

Mischa BlanosRocoma (Bucarest)
Mischa est à la foi pianiste et producteur techno, et ca s’entend dans son piano, lorsqu’il fait la course avec le tempo. Epoustouflant en video ! Interview en ligne dans quelques jours…
Nicolas Godin – Clayborn (Versailles)
« Lorsqu’Alexandre Courtès et Marc Teissier du Cros m’ont proposé de composer la musique de la série Au service de la France, il s’agissait de rendre hommage aux musiques de séries télévisées des années 60, et spécifiquement à celles narrant les aventures d’agents secrets telles que Mission impossible. Comment refuser ?«  dixit la moitié de Air

MELTING-POP 

FictionsFlashback (Paris)
Guillaume L’Eglise sort son premier EP pour l’été, on y dénote une caresse pop à la Air, avec un chant entre Voulzy et Katerine, plongeon dans les années 80s tout en défraîchissant la French Pop, avec un parler Catastrophe.
Villagers – A Trick of the Light (Dún Laoghaire)
Le doux irlandais Conor O’Brien annonce une nouvelle panoplie de 9 jolies mélodies: The Art Of Pretending To Swim paraîtra le 21/09 chez Domino.
Bob Moses – Heaven only Knows (Vancouver)
Nouveau single du duo que l’on a du mal à ranger dans une case après l’excellent album Days Gone By : entre electro, pop et rock, on en veut plus !
Eric Charden – Allez Bijou ! (Tonkin>Paris)
Et hop une petite pépite française que le Camion Bazar a partagé lors d’un interview, à paraître sur WiseSound prochainement. Topper Harley l’a aussi dans ses bacs bijoux des 70s-80s.

INDIE / ROCK

Flour Flour – Become Animal  (Berkeley)
Découverte complètement psychédélique qui tinte ses percus avec un enchantement enfantin sur des vocales nostalgiques. Nouvel EP Dimension A juste sorti.
Akira Gautama – Spring Snow (Los Angeles>Seattle)
Akira mèle habilement des influences jazz à des beats hip-pop pour des loops plutôt stylées.
Birdpen – This is your Life (Southampton)
Mike Bird et Dave Pen annonce avec ce titre un nouvel album There’s Something Wrong With Everything pour l’automne. Ils parlent ici de la surcharge d’infos dont les fake news.
Warmduscher Standing on the Corner (London)
Ce nouveau groupe constitué avec des membres de Fat White Family et Insecure Men, jouera rock brut et old garage kraut.
Fascinator – My Own Prive I don’t Know (Melbourne>NYC)
Pour ce second album electro-psyché titré Water Sign, Johnny MacKay produit la rencontre des mélodies de l’est avec les beats du nord, on parle à l’échelle du monde.
Outside The Academy Hand in hand (let’s go) (Melbourne)
Avec ce morceau euphorique, le projet solo de Powel Cholewa nous conforte dans l’amour du rock-electronica australien.
HMLTD Satan, Luella & I (London)
Le groupe européen continue de renouveler le genre rock et sort un nouvel EP: Hate Music Last Time Delete . On vous raconte leur dernier concert avec vidéos.
Nova Materia Nov Power (Paris)
Pas meilleure transition vers l’electro que le post-punk industriel kraut aux allures de dance du duo franco-chilien, leur premier album devrait bientôt sortit chez les belges Crammed Discs, nom destroy pour groupe destroy.

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Eustache McQueer – Queen size (Lyon)
Découvert dans la WiseList #68, le duo LGBT et martien à ses heures nous fait de plus en plus danser, même avec des paroles très explicitement cul.
Claptone – Abyss of Love (Berlin)
Claptone s’est ressourcé près des bois pour son album Fantast, bourré de featuring avec ici Nathan Nicholson, mais aussi Clap Your Hands Say Yeah, ou encore Zola Blood.
Soulwax – Essential Four (Gand)
C’est sans doute le morceau le plus dansant du l’album Essential aux allures de leçon de batterie, grâce cette bonne ligne de basse et au charme d’une voix féminine de caractère.
Kelly Lee Owens Bird (London)
Protégée de Daniel Avery et Ghost Culture, Kelly Lee Owens a été sélectionnée pour le premier morceau de notre premier podcast électro.
KölschHal (Cologne)
Kölsch ravive sa collaboration avec Tiga sur ce titre Hal, mêlant samples de voix et destructuration pour le dancefloor.
Kazy LambistLights on Water (Montpellier)
Kazy continue sa lancée dans la pop électronique des plages avec un album parut en juin et une date au Trianon le 28/11. Lire son interview

BONUS

Melissa BonBlank (Genève)
On finira sur une note sensible, avec la voix mezzo alto veloutée de Melissa Bon. Belle reconversion après The Voice, premier EP sorti : Away.

– Julie Lesage –

Le premier clip du nouvel album d’INTERPOL

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Il y a quelques semaines, Interpol, l’un des groupes les plus acclamés des quinze dernières années, annonçait la sortie de son sixième album, Marauder, pour le 24 août prochain.
Cette annonce était arrivée avec un premier single, The Rover. Aujourd’hui, un clip vient illustrer ce morceau.

La vidéo a été réalisée dans la ville de Mexico, pendant la conférence de presse que le groupe avait donnée pour l’annonce de la sortie de Marauder. L’événement avait été brusquement interrompu par un mystérieux individu – joué par Ebon Moss-Bachrach (GirlsThe Punisher) –dont on comprend l’histoire à travers cette vidéo. L’homme joue en fait le rôle du ‘Rover’ en personne, faisant s’entremêler documentaire et rêve psychédélique..

Paul Banks nous dit : I like to describe the video for ‘The Rover’ as a prequel.  It’s the origin story of the character described in the song, the birth of a cult leader.  When we meet him he is partly unhinged. He’s a man on the verge, an artist subjected to great pressures, and beset with existential frustrations.  A distracted hipster who enjoys psychedelics, let’s say.

The events that take place in Mexico City, be it a bump on the head, a visit to a shaman, or the influence of his rescuers (the street gang known as ‘Los Locos’) trigger the birth  the eruption  of this new figure, ‘The Rover.’ His rescuers become his first followers. 

In the end of the video he exacts his ‘revenge’ on Interpol with a mischievous act of disruption during the press conference. He grabs me by the head – to save me? Forgive me? Or simply as a gesture of his new independence – the butterfly becoming.

Pour la première fois depuis Our Love To Admire en 2007, Interpol se sont ouverts à la collaboration avec un producteur. Ils ont voyagé jusqu’à New York pour travailler avec Dave Fridmann – célèbre pour avoir enregistré avec Mercury RevFlaming LipsMGMTSpoon,Mogwai, et tant d’autres.

Paul Banks prend également un nouveau tournant en tant que songwriter. Dans les anciens albums d’Interpol, le chanteur se tenait à l’écart de son propre travail, préférant nourrir ses paroles de pensées détachées et d’observations abstraites. Mais plus de 20 ans après le début de l’aventure, le leader s’autorise enfin à jouer un rôle dans les histoires qu’il nous conte.

Marauder is a facet of myself. That’s the guy that fucks up friendships and does crazy shit. He taught me a lot, but it’s representative of a persona that’s best left in song. In a way, this album is like giving him a name and putting him to bed”.

This record is where I feel touching on real things that have happened to me are exciting and evocative to write about,nous explique-t-il.I think in the past, I always felt autobiography was too small a thing for me to reference. I feel like now, I’m able to romanticize parts of my own life.

Cette attitude est aussi présente dans le visuel de l’album, un cliché du procureur général Elliott Richardson, qui, en 1973, démissionna après avoir refusé d’obéir aux ordres du Président Nixon lui sommant de renvoyer le procureur spécial Archibald Cox, qui dirigeait à cette époque une investigation sur le scandale grandissant duWatergate. Sur la photo en question, Richardson fait figure de personnage solitaire, isolé, sans défense face aux regards qui le scrutent, dans une pièce à l’apparence artificielle. “A lot of being accountable has to do with being honest,” dit Paul, en se référant autant aux paroles qu’à ce visuel.

Marauder chained of no real code/Marauder breaks bonds/Marauder stays long/Plays with the real face on,” chante Paul. On peut presque sentir le danger associé à ces mots. Mais ce danger nous attire inévitablement.
Texte ©Matador

Sortie le 24 août…

Concert Salle Pleyel le 29/11

WiseList #69 – Le top 20 des actus musicales

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[Image : Campagne de Wild Santuary contre la déforestation]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

MELTING-POP
INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Bonne écoute !

MELTING-POP 

Beach HouseBlack Car (Baltimore)
Le duo s’est redoré le blazon avec son album 7, on s’est particulièrement fait attraper par le vibraphone mélancolique et obsédant de ce titre, on ira les voir le 15/10.
Rone – Wave (Paris)
Le titre le plus sensuel de Miropolis, est clipé sur un scénario réalité virtuelle à la Black Mirror (regardez jusqu’au bout) par Greg Barth.
Ulrika Spacek – Freudian Slip (London)
Nos chouchous timides ont sortis un nouvel EP en scred, on a failli passer à côté. Voir interview.
Moon Gogo – Pinball  (Nantes)
Federico Pellegrini sifflait comme un cowboy de far west, accompagné d’une coréenne qui jouait du geomungo, revival à se faire quand la chaleur brouillera ton horizon.
ParcelsTieduprightnow  (Byron Bay)
Le titre bien-être de l’été aux arrangements parfaits qui annonce un premier album fin 2018, à découvrir à Rock en Seine !

INDIE / ROCK

Snapped Ankles – Bel Air (London)
Le groupe post-punk vent de sortir un EP de reprises, parmi lesquelles ce titre originellement de 20min par CAN. On aime la rupture à la 3e minute.
Brainbow – Gold Rush (Lyon)
Pour une fois qu’en refrain indie-pop-rock sonne bien en français, on souligne le quintet qui vient de sortir son 1er album sous un nom simplifié (Exit « Alexis and the »)
Timi Temple – Young Man Old Boy (Sydney)
A 6 ans, Tim Lockwood jouait déjà du violon à l’Opera House, ce génie manie la psyché-tronic et le rock pour parler de sa 20aine, ni trop jeune, ni trop adulte.
Maestro – Harmony (Paris)
On revient de la release party de Monkey Business, Mark Kerr est en pleine forme et Frédéric Soulard veut résolument nous faire danser sur des lives très électro ! Top!
LegPuppy – Meds and Beer (London)
Le titre parfait pour boire une 6e pinte après une victoire de World Cup, ces fans de The Fall continuent leur satire du monde contemporain: après le narcissisme du selfie stick, les voici qui chantent « I’m in a meeting about a meeting (…) power boy »
Nova Twins Hit girl (London)
Le furieux duo féminin a été découvert aux Transmusicales, on a attendu leur titre le plus doux pour vous le mettre en playlist.

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

CORPSPerdu (Paris)
Une atmosphère dark wave et des textes français clamés hauts et forts pour ce projet solo : « CORPS caresse autant qu’il agresse », son nouvel EP A Corps se compose des titres Tordu, Perdu, Divin…bref y’a du challenge pour le trouver sur la toile! Mentionner le label Maison Ainsi peut être utile.
Alvan – Sanzel (Rennes)
Seul avec sa guitare, son sampler et son ukulele, Alvan arrive à te faire voyager dans une ambiance James Bond au Maghreb, avec une belle profondeur.
Simian Mobile Disco – Hey Sister (London)
Après le phénoménal Hey Sister, voici notre 2nde sélection de ce formidable album travaillé avec le Deep Throat Choir. On va absolument voir ca en live, on demande expressément une tournée !
Etienne de Crecy Work (Lyon)
Deux nouveaux titres pour Etienne, qu’il jouera sûrement à Calvi ce week-end, on note à l’agenda sa date du 13/04 à La Philharmonie.
Digitalism Space Race (Hambourg)
Le duo allemand semble toujours être dans la course, un petit côté K2000 de l’espace non?
Sink Ya TeethIf you see Me (Norwich)
Un samedi matin à leur appart, ces 2 nanas adeptes du DIY ont invité tous leurs amis sur une promesse d’alcool gratuit, et on filmé la fête pour leur clip, en mode advienne que pourra on fournit le groove.
Blutch remixe JumoVille (Norwich)
Tel un décollage sans fin, ce titre fait partie de l’EP de remixes de Dérives, chez Nowaday Records.
Gui Boratto – Forgive Me (Sao Paulo)
Ohlala ce cadeau pointu que nous offre Gui, un morceau hyper cinematographique truffé de ruptures étonnantes. Il va nous rendre fous s’il la joue le 28/07 !
ÂmeIf you see Me (Norwich)
Âme sort enfin son premier album Dream House et rien que les 4 premiers tracks sont gigantesques, les fans ne vont pas être déçus par son ecclectisme !

– Julie Lesage –

 

OVERSEAS: une réussite française made in Outre-Manche

evergren

C’est avec le titre Tongues, extrait du EP Aux Echos paru fin 2017, que nous avions repéré les p’tits frenchies résidents londoniens d’Evergreen, trio composé de Fabienne Débarre, Michael Liot et William Serfass.

C’est d’ailleurs avec Tongues que s’ouvre Overseas, leur deuxième album, qui sort aujourd’hui même. Le morceau débute par une complainte en anglais, gospelisante et envoûtante… La production de la première partie du titre se rapproche de certaines ambiances chères au groupe australien Architecture in Helsinki (prononcer Orkitegtcheu) en mode un poil down… Et puis surgit ce break insolite… Ou plutôt cette autre chanson incluse en mode gigogne dans la première: une voix féminine prend le pas progressivement, apportant un contrepoint en français au reste du chant masculin en anglais. Et c’est de cette façon que les différents titres s’enchainent; on passe de l’anglais au français et vice et versa, de la voix de Fabienne à celle de Michaël et inversement.

L’album est une vraie réussite: des mélodies claires, simples et évidentes; des textes coulants, lovants, suffisamment mélodieux pour qu’on en oublie le sens et qu’on les laisse exciter nos sens. On peut être moins séduit par les chansons « 100% french melody » telles que le nouveau single Comme Si mais tout cela reste de haute volée, porté par une production léchée et efficace que l’on doit à Ash Workman, soit le réalisateur d’albums pour Metronomy, rien que ça.

Cette réussite est d’ailleurs encore plus significative quand on observe le courant actuel où tous ces labels ont la bonne idée de tous essayer de produire la même musique, au même moment: cette espèce d’électro-pop niaise et peu inventive à base de comptines absurdes, froides et aux textes inutilement hermétiques. Tout le contraire de ce que Evergreen nous propose de découvrir dans Overseas. Il y a là au contraire le supplément d’âme nécessaire et la science infuse de la mélodie; ça, ça ne se trouve pas dans une campagne de comm’…

Un vrai petit bijou à écouter d’urgence ! Encore une fois, ça tombe bien, ça sort aujourd’hui !!

Commander Overseas [Because Music] par Evergreen

– Boris Chapelle –

WiseList #68 – Actus musicales

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[Image : Mur de Loretto, vu dans les rues de London, 2018]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

POP
INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Bonne écoute !

POP 

Alan SwanLong Island (Paris)
Maquillé à la Bowie, ce poète de chez nous jouxte au niveau de Perfume Genius en marriant fragilité et puissance, un titre bouleversant qu’on ne se lasse d’écouter. Ca sort à peine de l’oeuf et on en attend le premier EP le 07/06!
Born Idiot et Flore Benguigui – Cocktail Bomb (Rennes/Paris)
Douceur Ricorée pour matins ensoleillés, la voix de L’Impératrice devrait chasser les méchants orages actuels…on retrouve Born Idiot en « Cocktail Tour » dans toute la France avant la sortie de son prochain EP en automne.
Eustache McQueer – Schatzi Stasi (Lyon aka Mars)
La diva à la barbe pailletée et Virilio sont intrigués par la facilité des échanges de fluides terriens, pour financer leurs recherches, ils se produisent dans les milieux LGBT européens.
Her & Romeo Elvis – On & On  (Rennes)
Cette collaboration donne un beau grain à Her, ainsi qu’une leçon anti-réseaux sociaux et smartphones-caméra dans un clip des plus explicites.
NiagaraTorpédo  (Rennes)
Petit clin d’oeil 1986. « C’est de la faute à l’expo Dao l’Aime Pop, on s’est réécouté le meilleur de la pop française. »
Bonnie LiDécroche (Paris)
Décrocher le téléphone comme décrocher d’une addiction. On ne décrochera pas de la formidable Bonnie Li et on salut le coup d’éclat du refrain en mandarin.

INDIE / ROCK

I Me Mine Feel (Toulouse)
I Me Mine est désormais un groupe qui compte avec son 3e album Ellipsis qui a dépassé nos attentes. On y décèle le travail d’Hervé Salters (General Elektricks) et des gars de Kid Wise, et on sent qu’ils n’ont pas finit de nous étonner tant leurs influences sont variées. 2nd titre un peu plus bas.
77:78 – Love said Let’s go (UK)
Voici le premier single psykaleodoscopique des anciens membres de The Bees, leur album Jellies sort le 07/05 sur Heavenly Recordings.
EERA – Living (London)
Des guitares maladives shoegaze rattrapées par des vagues de percussions, et la voix pop d’EERA nous emporte. Loin.
Gaz Coombes The Oaks (Oxford)
Le charismatique ex-chanteur de Supergrass ne perd pas une once de sa précision mélodique. Extrait ici de son album World’s Strongest Man.
I Me Mine Aviator (Toulouse)
Autre morceau remarquable tiré d’Ellipsis : entre choeurs des Beatles et théâtralité de Queen.
Of EmpiresWaist up in Gold (Brighton)
Parce que la puissance du retro-rock ne cessera jamais de faire vendre des bottes de western aux lovers en noir et blanc. Always sexy.
Pion  Sympacide (Paris)
« Ravi-Ravin (…) c’est quand qu’on baise ? » L’avez-vous reconnu, c’est un peu Blind Digital Citizen qui revient sous un faux passeport, toujours avec son parler provocateur. A découvrir live le 13/06 à Mains d’Oeuvres.
MNNQNS If Only They Could (Rouens)
Lauréat du Prix Ricard Live Music 2018, ces mauvais garçon vont tourner comme des bourriques tout l’été ! Un exemple: Rock en Seine.
Maestro  K.I.M (Paris)
Sur un rythme frénétique né d’une culbute de prod mi-Poni Hoax, mi-Vitalic, l’écossais Mark Kerr (batteur des rita Mitsouko, de Discodéine et chanteur pour Bot’Ox) est imprévisible au chant sur scène, et Maestro vient de sortir son 2e album Monkey Business chez Tigersushi. Voir leur interview. Release party le 12/06 !

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Golden BugTaste of love (Paris)
Dernière aventure du robot V.I.C.T.OR, bercée par Pajaro Sunrise en featuring, qui sera remixée par Il Est Vilaine par la suite.
Brainwaltzera – Vodiga (?)
Mais qui est ce producteur sur la compile Modeselektions Vol 4 ? Une vrai chasse au trésor est toujours en cours sur l’identité de celui-ci, car ayant reçu son premier commentaire Soundcloud de « user18081971 » qui n’est autre qu’Aphex Twin, il est acquis pour tous que c’est soit Aphex Twin lui-même, soit un autre grand ponte de la production electronique.
Ninze remixe CansonKolombus (Berlin)
Quand l’inventeur de la Ketapop s’empare d’une track, il la plonge dans de profondes brumes mélancoliques mais délicieuses. On n’imagine même pas l’effet sous drogue…
La Fraicheur Gone (Berlin)
Figure montante de la scène électro, la DJette à demi-française sort son premier album techno le 22/06 sur Infiné.
Baris K remixe Pollyester Voices (Istanbul)
Le stambouliote aurait kiffé notre chanteuse de Concierge d’amour, il est présent sur son EP de remixes.

– Julie Lesage –

 

New Material – Preoccupations

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Démarré il y a 6 ans sous le nom Viet Cong, Preoccupations déboulaient avec leurs états d’âme en proposant un post-punk qui a fait dresser l’oreille à plus d’un avec ses rythmiques plus rock tribales que cold, une énergie propre au style, mêlant dépouillement rêches et lignes mélodiques parfois alambiquées, un chant éraillé et nerveux, des phrasés de guitare new wave et saturés mais pas que, avec des séquences de synthés aux ondes plus rondes que carrées donnant une forme de respiration spirituelle.

Après un deuxième album plus accessible que le premier, au chant plus présent et plus travaillé, des rythmiques plus variées, le groupe de Calgary revient avec un nouvel opus titré New Material (Nouveau Matériel, sic!), titre anecdotique comparé au propos et à la force qu’il déroule le long de ses 8 tracks sans ambage.

Plutôt que du neuf, le groupe pousse le bouchon un peu plus loin en faisant la synthèse des deux précédents, conservant l’aspect frontal et duraille du 1er et l’abord plus ouvert et « enjoué « du 2nd, si l’on occulte la noirceur qui sous-tend l’ensemble.

Celui-ci gagne en puissance et en cohésion, on sentirait presque une certaine ampleur. Le 1er titre entre directement dans le vif du sujet, que l’on sent récurrent à chaque titre. Celui de notre société numérisée où chacun s’espionne à ciel ouvert, (se) laisse faire et s’engouffre dans son propre narcissisme, nos relations en forme d’eau stagnante, où nos individualismes exacerbés et complices du non-sens environnant se croisent fébrilement, les bras ballants et sourires extatiques pour masque d’un quotidien que plus personne ne cherche à défendre ni combattre, résignés. Dystopie ou triste réalité ? Chaque morceau nous rappelle que nos agissements tiennent plus de l’agitation que de l’acte, nos relations un jeu de miroirs vides de reflets signifiants, et le tout un système complexe que nous avons nous-mêmes perfectionné avec soin mais qui n’est au final qu’un voile de cendre et de fumée. Et oui, il est intéressant de lire les paroles et d’en extrapoler quelques interprétations parfois.

Peut-être un brin pontifiant, le constat est assez pessimiste et acerbe, la musique oscille entre frénésie extatique et fébrilité cotoneuse, reprenant les racines du genre (le charley de Espionage fait quand même vachement penser à celui de A means to an end de Joy Division), tout en conservant sa singularité. Le chant se fait plus choral par moments qu’auparavant (on entendrait presque parfois la douceur de Martin Gore pour les choeurs ou le lyrisme d’un Ian MacCullock) alors qu’on sent que la voix est mixée moins en avant que pour le 2 opus.

Certains titres claquent comme un coup de fouet pour nous réveiller (Espionnage, Decompose, Antidote), d’autres plus mélancoliques (Disarray, Manipulation, Doubt) nous renvoient à notre torpeur. L’album se conclut sur Compliance, un morceau épuré, percussif, qui semble vouloir nous redonner foi. Alors New Material ou pas, Preoccupations creuse le sillon de sa différence dans une new-wave très rock, exploratrice et primitive, inspirée et intègre, à la fois franche du collier et sophistiquée, et relativement accessible… enfin, pour qui ne cherche pas à se voiler la face en buvant cette fiole de fiel multivitaminée.

– Alexis Cangy –

New Material de Préoccupations, chez Jagjaguwar Records
Vinyle dispo sur Amazon

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WiseList #67 – Actus musicales

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[Image : Photo de Ben Zank]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

AMBIENT / POP
INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Bonne écoute !

AMBIENT / POP 

SurmaNyika (Leiria)
On avait découvert le one-woman-band de Joanna dans la WL64, voici un 2e extrait entre deep et ambient qui nous porte loin.
Jonathan Bree & Clara Viñals – Say you love me too (Auckland/Barcelone)
L’ancien membre de The Brunettes aime la cagoule, et jouer les mannequins sur fond pop rétro dans son nouvel album Sleepwalking.
Le couleur – Underage (Montréal)
Les Québécois arrivent en France pour 4 dates dont le 12/05 et sortent un EP de remixes.
Brock Berrigan – Burning Man  (New-York)
Le cock géant nous cuisine un hip-hop relevé de break-core léger sur une sauce classique. C’est grand.
TurbotitoDifferent  (Baltimore)
Featuring Baby Alpaca. Ou comment aborder le changement climatique (voir clip de NY sous l’eau) via une chanson d’amour.
NakhaneInterloper (Port Elisabeth)
Le sud-africain a mis 3 ans à écrire ce titre à propos de jalousie irrationnelle et de sexualité secrète, à la base un hommage à l’album Pornography de The Cure.

INDIE / ROCK

 

Hotel Digital (Paris)
Pas facile en recherche Google, mais on adhère au duo mi digital mi organique, en partie attiré par leurs voix non surjouées et mélodieuses, l’autre partie par un décor de nuit parisienne à l’esprit rock’n roll. EP Room 102, pour rester cohérent.
David Byrne – Doing the right thing(New York)
Chantez à voix haute, ca fait du bien l’auto-congratulation.
Shopping – The Hype (London)
Nous aussi on veut plonger en piscine sur la guitare délicieuse de ce post-punk ! « Shoppez » donc leur nouvel album The Official Body.
Olden Yolk Cut to the Quick (New-York)
C’est l’été, le temps d’écouter de l’indie folk un brin pop psychée et de sortir les pieds par la vitre de la voiture, donc de sortir le premier album éponyme de ce tout mignon duo.
Andy Pickett Paid (Fort Worth)
A noter en rouge: tiens, un bon son du Texas !! Andy s’est mis à la musique à 41 ans, il n’est donc jamais trop tard. On va suivre sa synth-pop 70s de près.
Young FathersToy (Edimburg)
Ici, le trio hip-hop explose les frontières du genre en draguant l’attitude punk et lorgnant vers les choeurs traditionnels, le tout sur un rythme frénétique électronique. Chapeau !
The Pack A.D. Yes I Know (Vancouver)
Aussi efficace que Royal Blood, ce duo féminin canadien nous a présenté quelques tracks de son nouvel album Dollhouse au LFSM.

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Jean Jean Konichiwa (Paris)
Le math-rock roucoule avec l’électronique, le duo invite Almeeva pour un trio, y’a du changement chez Jean Jean, comme la sortie de leur album Froidepierre.
The Supermen Lovers Clock Suckers(Paris)
Je vous mets au défi de ne pas bouger la tête. Le clip a dû être bien fandard à tourner…c’est le track trash le plus dansant du mois.
George Fitzgerald Burn(London)
Son 2e album All That Must Be évoque les bouleversements d’une vie, GF quitte Berlin et rentre à Londres car il va devenir papa.
Simian Mobile Disco Hey Sister (London)
Non sans rappeler les percus de Red Axes, cette formidable rythmique avec le choeur Deep Throat annonce un 5e album pour le 11 mai : Murmurations.
Molecule Sila (Grenoble)
Un regard en arrière vers les grands froids qui fondent avec un second extrait du 2e album de Molecule, qu’on ne présente plus.
Paul Kalkbrenner   – Part Three(Berlin)
Voici le 1er extrait du 8e album de Paul Kalkbrenner à sortir le 18/05 : très minimaliste mais aussi efficace qu’un Mr Oizo, 10 ans après Berlin Calling.
Moby The Ceremony of Innocence (NYC)
On finit pour le beau geste avec un extrait de l’album le plus engagé de l’année, dont on vous conseille de regarder tous ces clips qui nous explosent la face contre le miroir: Are you lost like me?, Mere Anarchy, In This Cold Place. Tous dépeignant les pires côtés de notre société et appelant à une révolution.

– Julie Lesage –

 

BOARDING HOUSE REACH – JACK WHITE

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Si un groupe débutant à la carrière discographique balbutiante avait eu le génie et le culot de proposer à un label les trois premiers titres de cet album en disant « Voilà, on y est, on a les trois premiers et ce sera dans cet ordre ! », n’importe quel directeur de n’importe quel label aurait forcément fait l’erreur de renvoyer les rookies à leurs répétitions dans le garage de la mamie du batteur en leur répondant un truc du genre « C’est très intéressant et novateur les p’tits chéris mais vous allez dans 3 genres différents en 3 titres, c’est le grand écart, on n’y comprend rien, personne ne suivra. » Arf…

C’est d’ailleurs ce que les gens de chez XL Recordings se sont peut-être dit dans un premier temps mais il s’agissait là de Jack White. Donc on acquiesce en souriant et on accompagne le monsieur, merci, bonsoir. Et on arrête de faire les timides et les apeurés dès qu’on sort des sentiers battus d’un style ou d’un genre; dès qu’on arrive plus à caser le skeud dans le bon bac…

Et on aurait vraiment tort, en tant qu’auditeur cette fois, de ne pas suivre Mister White dans ses nouvelles élucubrations.

Car pas à un seul instant, dans ces 3 premiers titres comme dans toute la suite de ce troisième album solo, on ne perd la patte du compositeur de musique blues qu’est Jack White.

Quel bonheur et quelle sensation de liberté ce doit être de pouvoir se permettre de telles explorations et de telles expériences, parfois dans des styles bien éloignés des rivages sur lesquels on a l’habitude de croiser le gars Jack.

Bref, un album qui ne nécessite pas une ni même deux écoutes mais bien plus que ça et sur lequel on aura plaisir à revenir tout au long de l’année.

Reste à savoir dans quelle mesure et sous quelle forme ces petits trésors de créativité sonore et musicale vont être rendus sur scène. Pour cela, rdv est pris le 4 juillet prochain à l’Olympia. Je reviendrai vous en parler dans ces pages avec, je l’espère, des oreilles nouvellement émerveillées.

Boarding House Reach (Vinyle)
chez XL Recordings.– Boris Chapelle –
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SUPERORGANISM – SUPERORGANISM

 

Pépites Catchy DIY.
C’est avec ces deux mots et cet acronyme qu’on pourrait être tenté de définir les titres du premier album éponyme du collectif multiculturel et multi-national Superorganism. La plupart des animateurs de ce groupe connu aujourd’hui comme un octet viennent de différentes régions (Angleterre, Australie, Nouvelle-Zélande) mais sont tous maintenant basés à Londres. Sauf Orono Noguchi, la chanteuse, japonaise de nationalité et basée dans l’état du Maine, à l’époque de la création des morceaux (le succès aidant, il y a du y avoir quelques déménagements ces dernières semaines…).

Visiblement auteurs de prestations remarquées et remarquables lors du dernier festival South by South West (SXSW) d’Austin (qui avait lieu à la mi-mars), ils poursuivent donc sur la voie du succès et de l’acclamation critique dans le sillage de cet album où la première écoute de chacun des 10 titres qui le composent se solde par une envie immédiate d’appuyer sur la touche « repeat ».
Dur dans ce contexte de déterminer des préférences. Je reste tout de même hypnotisé à chaque écoute de Something for your M.I.N.D, titre avec lequel j’avais découvert le groupe l’année passée. Les collages, les différentes couches sonores, cette façon de suspendre le morceau avec de vrais silences qui viennent couper la rythmique, la richesse et la variété des sons employés, tous ces éléments en font un titre à part pour moi dans l’album.

Mais comme peut l’être également considéré le suivant dans l’ordre de lecture, Nai’s March, où l’on aborde gentiment les rives de l’expérimental et du récit acousmatique.
Les montages sonores (de sons qu’on ne considère pas comme musicaux à la base mais qui le deviennent de par leur agencement en rapport avec le reste de la musique) sont d’ailleurs légion. On nous raconte une autre histoire, parallèle ou complémentaire, notamment sur Relax ou même dès le morceau d’ouverture It’s All Good ou bien encore, de façon bien plus évidente et directe, dans celui qui clôt l’album, Night Time.

Il faut enfin évidemment parler de cette voix. Orono Noguchi a une de ces voix nonchalantes, à la limite du « je m’en foutisme », qui peut faire penser à une voix enfantine, peu affirmée. On peut même se poser la question: « Se sent-elle concernée par ce qu’elle chante ? »
Mais une fois l’écoute terminée (et plus encore avec des écoutes répétées), force est de constater qu’elle a au contraire clairement imprimé un style et une identité forte à tous les titres de l’album et rend la musique de Superorganism immédiatement reconnaissable.

La cerise sur le gâteau (oui, un poil à la crème dont l’excès pourrait bien écoeurer mais quand même, c’est tellement bon la crème) réside peut-être dans ces quelques phrasés, sur diverses chansons et dès les premières phrases de It’s All Good, où la jeune interprète se mue, le temps de quelques secondes à peine, en une Jennifer Charles évidemment sensuelle et suggestive. Il ne s’agit bien sûr pas là du climat éminemment connoté des créations du duo Elysian Fields mais ces ponctuations vocales rendent encore plus complexes et appréciables les compositions du groupe.
Surtout quand on sait comment ils ont travaillé à l’élaboration de l’album: plantés les uns et les autres à divers endroits de la planète pour leurs études et rajoutant des pistes chacun leur tour à des compositions qui prenaient donc forme au fur et à mesure. La production des morceaux (dans le sens de la texture des sons, le choix des matières, des sons musicaux) fait donc partie intégrante de la composition du morceau. Il ne s’agit pas là d’un enrobage de chansons composées au piano ou à la guitare sèche pour tenter de les faire coller au son du moment.
En travaillant de cette façon, non seulement ils créent leur propre son mais ils tendent amplement à déterminer le son du moment. Les p’tits gars ont bien rigolé; Orono a créé ses p’tites comptines… Ils vont donc conquérir le monde !

Superorganism (Vinyle / CD)
chez Domino Records.

– Boris Chapelle –

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New Path – Essaie Pas

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Découverts grâce à un 1er single dingue Danse sociale chez Teenage Menopause Records il y a 2 ans, le duo québécois revient avec ce que l’on peut considérer comme leur 3e album (leur 2e chez DFA), remarquable à plus d’un titre.

D’abord évidemment parce qu’il est rare qu’une œuvre musicale s’affilie aussi clairement, directement à une œuvre littéraire. En l’occurrence un roman (A scanner darkly / Substance Mort) abordant la distorsion des sens et des relations sociales en mode perché 24/7 et surveillance télévisée, écrit par le maître des réalités divergentes, Philip K. Dick. Le duo Davidson/Guérineau aura poussé l’hommage jusqu’à la pochette, bleue, avec cette sorte de fleur du mal en tracé.

Ensuite, parce qu’il prolonge et creuse le sillon des précédents opus, notamment Demain est une autre nuit, tout en prenant un tournant plus affirmé vers une techno sombre et texturée.

Enfin, tout simplement parce qu’il est excellent !

Qui peut le moins peut le plus

Reprenant la nomenclature de ses prédécesseurs, cette nouvelle sortie propose 6 titres compacts, en général assez nerveux, avec souvent un froid ressenti de l’ordre de -20° (Canada oblige) cependant hyper organique.

Les Aphides nous plonge dans un univers oppressant par un rythme lancinant, comme une pulsation cardiaque. A grand renfort de gargouillis sonores divers et variés, parasites en tout cas (les aphides – ces pucerons dont il est question ?), nous pénétrons donc, à petite dose, dans ce monde angoissé et angoissant où les pistes ne cesseront de se brouiller, entre paranoïa et schizophrénie.

La posologie prend un coup de fouet dès le second morceau. Futur Parlé démarre de façon très sombre (coups de synthé à la serpe horror 80’s façon vicelarde puis arpège mineur qui donne le tournis) pour envoyer un beat bien ferme doté d’un arrangement relativement éthéré (nappe et choeurs), plus mesuré qu’au départ. Avec sa voix-off-féminine-vaguement-robotique, entre conscience précog et IA profétique, ou simplement délire métaphysique d’un type « high », Marie Davidson nous interpelle pour nous rappeler que « l’avenir, ça n’existe plus depuis longtemps », « seulement les événements et les dates comptent », et que « le futur est parlé » (sic !). Comprenne qui peut. Toujours est-il que la perte de repères s’annonce grandissante et interroge dès lors, comme l’a toujours fait K. Dick, le principe même de réalité, à l’image du clip proposé.

Petite pause hautement funky et déviante avant les 2 prochains tracks tendus voire épileptiques, Complet brouillé est un curieux mélange de Kraftwerk, Prince et le hip hop des débuts (Afrika Bambaataa). Partant d’un rire, à la fois insouciant et démoniaque, on a l’impression de déambuler dans les rues de LA ou les couloirs d’une soirée, vêtu de ce « complet brouillé », entre cape d’invisibilité, car elle masque la personne qui la porte, et le costume-camouflage permettant de revêtir de multiples personnalités fictives lors des opérations d’infiltration. On saisit ça et là des bribes de conversations, ou bien est-ce déjà la folie qui gagne du terrain, profitant de l’engourdissement des sens et du cerveau sous prod avec toutes ces âmes virtuelles qui composent ce complet, et fait entendre leurs voix ?

Avec Les Agents des stups, on entre dans le dur du sujet. Descente de stups ou plongée définitive dans le vertigineux abysse des paradis artificiels dont chacun abuse dans le roman, le duo balance ici son track le plus nerveux, et aussi le plus jubilatoire.

On reconnaît la pâte du duo canadien dès les premières notes de basse au filtre tendu comme un string (Danse Sociale n’est pas loin). Un kick bien sec style TR707 s’emballe et mitraille pour nous prévenir qu’aucun répit ne nous sera accordé. Quelques breaks de toms plus tard, le kick se fait plus martial pour un beat archi sec, ultra vitaminé et jubilatoire, tandis qu’une sorte de sirène vient pousser sa plainte déchirante par intermittence, le tout évoquant une course poursuite, une fuite amok, vers une perdition finale, inévitable, dans un halètement qui s’éteint peu à peu.

Sorte de levure chimique en capsule portant à leur point culminant les fantasmes et les peurs les plus puissantes de ses usagers, la drogue dont il est ici question s’appelle Substance D (comme Dead en VO) et M (comme Mort par chez nous). L’on se retrouve alors avec le track du même nom au cœur de la matrice de personnalités éclatées aux sens démantibulés dans laquelle plonge la prise en quantité déraisonnable et répétée de cette Substance M, ou bien est-ce l’état de manque qui est décrit ici ? A un sound design cold à souhait succède une rythmique solide donnant l’impression d’avancer/reculer, bass-drum contre kick medium, soutenu d’arpèges à la limite de l’acide ou de la transe. Entre succession de couloirs de conscience, perdu dans ce labyrinthe réverbérant des « moi » suspendus, on cherche la porte de sortie, sans savoir si la mort ou la lumière se trouve au bout.

Cerise sur le marteau, le dernier titre prend tout le reste de l’album à contrepieds. New Path est un programme de désintoxication ambigu et mystérieux (sans vouloir spoiler ceux qui voudraient lire ou voir l’histoire), et c’est le nom donné à l’album. C’est aussi le morceau le plus sombre, décharné, arythmique de leur répertoire. On se retrouve dans une sorte de no man’s land qui sent la lobotomie, peuplé de réflexions simplistes et mystérieuses sur fond d’ambient dark et « déconnectée », entreVol au-dessus d’un nid de coucous et Blade Runner (tiens tiens, ce serait pas du même auteur ?). C’est audacieux de terminer de la sorte. En tout cas, volontairement ou non, cela retranscrit également très fidèlement l’amertume avec laquelle l’auteur a écrit ce roman (voir la « Note de l’auteur » à la fin de l’ouvrage).

Ca fait du bien quand ça fait mal

Evidemment New Path peut s’écouter sans connaître rien de l’histoire, ex nihilo, et il s’agira d’un très bon album techno minimal darkwave efficace avec cette touche « bande originale futuriste » qui lui du corps, une certaine épaisseur. Mais il réussit tout de même le tour de force d’évoquer des enchevêtrements contradictoires et complexes de type angoisse/plaisir, paranoïa/lâcher prise, perte de sens/acuité sensorielle, bref, ce petit cocktail de sensations équivoques que certains auront déjà peut-être exprimentées.

Pour ma part, j’ai pris double plaisir à l’écouter en revisitant le roman dans ma tête.

New Path
chez DFA Records
Alexis C.[…]
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Oui mais encore – A scanner darkly (le film)

Pour ceux que cela intéresse ou qui auraient la flemme de lire, une adaptation « cinéma », plus précisément prise de vue réelle avec une surcouche dessinée-animée façon GTA, a été réalisée par Richard Linklater en 2006 avec un casting de « malade mental » si j’ose dire (Keanu Reeves, Wynona Rider, mais surtout les excellents Woody Harrelson et Robert Downey Jr). Osé, sur la forme, et réussi dans l’ensemble, à voir absolument !

 

Ce clip barré de QOTSA : jouissif !

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Après avoir dansé rockabilly sur The Way you used to do, Queens Of The Stone Age sort le second clip de leur Villains. Et il n’y apas de meilleure idée que celle de faire appel aux visuels étranges de Liam Lynch pour le clip de Head like a Haunted House.

Voici un clip génial, marrant, qui vous rappellera l’univers des vieux jeux vidéos. Et vous pourrez même essayer de chanter aussi vite que Josh car ils vous ont mis les paroles !

WiseList #66 -Actus musicales

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[Image du mois: Le Katzenklavier (piano à chat en allemand), clavier en face duquel se trouvent une série de compartiments contenant chacun un chat. Chaque fois que l’on enfonce une touche, le marteau sur lequel se trouve une pointe aigue, vient toucher la queue du pauvre félin qui pousse un hurlement. Le but du procédé était de choquer les malades mentaux dans l’espoir de leur faire retrouver la raison. L’instrument n’a probablement jamais été construit, enfin on espère. ©info de Titziana Atsori]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

DOUCEURS
INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Bonne écoute !

DOUCEURS 

Juana MolinaParaguaya (Buenos Aires) Préparation de potion d’amour et incantation tribale, l’argentine fait toujours autant triper.
David Kitt– Still don’t know (Dublin) Connu comme membre de Tindersticks, David embrasse une autre liberté avec son album solo Yous.
EELS – The Deconstruction (Los Angeles) Une voix reconnaissable entre toute, EELS sort son nouvel album le 06/04 et vient nous voir le 09/07. A réserver vite !
Kazy Lambist– Love Song (Montpellier) Ici en featuring avec Glasses, Kazy Lambist prépare un premier album pour Juin, et un live à la Gaîté Lyrique le 05/04.
Beach HouseLemon Glow (Baltimore) Découvrez le 2e extrait de leur nouvel album qui pourrait bien enfin être différent (mazeltov), et réservez vos places pour le 15/10.
Nighmares on WaxShape the future (Leeds) Le secret de longévité du pilier de Warp aka George Evelyn serait dans les ondes positives qu’il envoie, dixit le réalisateur du clip Ruffmercy

INDIE / ROCK

Thomass JacksonHead Rejection (Argentine) Ce rythme de pendule te rentre dans la peau et t’embrume entre les mirages du désert d’un Far West complètement psyché.
Immigration Unit – Far Inside (Suisse) Pure et mélancolique, ce nouveau quatuor joue brillamment avec les dynamiques de ses chansons, non sans faire penser à Radiohead.
The Dropout – Old parts, New beginning (Detroit) On adore cette urgence EDM qui stresse le refrain d’une pop aux influences New Wave.
Timber TimbreGrifting (Toronto) Tapie dans l’ombre, la voix de Taylor Kirk est si profonde qu’elle nous attire dans son feutrage.
Peter KernelMen of the women  (Saarbrucken) Nouvel album sorti pour Peter Kernel, un peu décevant après Thrill Addict, sauf celle-ci qui est délicieuse d’enfantillages en choeurs.
Dragon Rapide – I don’t want to (Clermont-Ferrand) Nommé d’après un avion de la seconde guerre, ce trio a un don pour harmoniser la rencontre de la pop avec le punk. Chapeau.
Gaz CoombesDeep Pockets (Oxford) Dans son nouvel album World Strongest Man, Gaz aborde les thèmes de la dépression et du machisme.
MugwumpNo Trepidation (Belgique) Geoffroy annonce un nouvel album nommé Drape pour le 13/04. Chouette, ca veut dire une tournée hors Belgique ?

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

KawritesVersus (Clermont-Ferrand) Ce duo électro-violon féminin suit les traces de Rone sur le thème de l’imaginaire avec son nouvel EP Carmina. Jouissance au temps 3.06.
Lewis OfManFlash (Paris) Le morceau bonne humeur par excellence ! Lewis fait dans la compo léchée pour Fakear et Rejjie Snow, mais il a bien raison de se lancer en solo …
Aquariel The Call (Lille) Virgile côtoierait les sirènes, on parie que c’est plutôt lui qui les envoûte avec son électronique taquine
MoleculeAria (Grenoble) Molecule aime les défis, après 40 jours en mer pour son premier album, il a choisit la glace du Groenland pour 5 semaines avec des chiens de traineau pour son deuxième opus -22.7°C. Un peu froid.
Satori remixe Acid PauliJorge (Nijmegen) Transformation d’une expérimentation minimale en tech-house mystique réussie
Irène Drésel – Rita (Paris)  Finaliste du prix Ricard Live Music, découverte au festival Les Femmes s’en Mêlent, Irène introduit la flûte à bec du collège dans ses sets techno, inattendu.

– Julie Lesage –

Dead Magic – Anna Von Hausswolff

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Divines sorcières du Samhain, balayez moi tout ce folklore (et pas à l’éclair 2000 svp) : les citrouilles, les « Trick or Treat » ta mère… lavez enfin ces adolescentes peaux livides de leurs maquillages de pacotille… déplumez ces hymnes récents de leurs laborieuses ornementations, moyenâgeuses ou orchestrales: l’essence du gothique flamboyant est de retour vers notre futur. Il est actuel et intemporel, sombre et émouvant.
Il s’appelle Dead Magic. Elle s’appelle Anna Von Hausswolff.

L’organiste suédoise nous livre avec ce quatrième album un chef d’œuvre qui renoue avec l’âme du lugubre. Survolant des arrangements simples et puissants qui s’étirent lentement pour égrener la pesanteur de ce temps qui nous avale inexorablement, la voix d’Anna Von Hausswolff  sublime la lucidité d’une mort certaine, en alternant mélodies envoutantes et incantations désespérées.

Dead Magic est un album puissant, sans folklore ni fioritures, délivrant une extase morbide que je n’avais pas ressenti depuis la découverte de Desintegration (The Cure), l’opus OVNI-esque de Neurosis & Jarboe, ou la séquence d’ouverture du Nosferatu de Werner Herzog mise en musique par Popol Vuh.

Avec cet album, Anna Von Hausswolff remet à l’heure les pendules du manoir.

Enregistrés principalement sur un grand orgue moderne dans l’acoustique naturelle d’une des plus grande églises de Scandinavie, l’ « église de marbre » de Copenhague, les cinq titres composant Dead Magic sont agrémentées d’une solide formation batterie / basse / guitares, dans un mixage implacable que l’on doit au producteur de quelques uns des plus grands noms des scènes Drone et Doom. Pourtant il n’a pas été question pour Anna Von Hausswolff et son label City Slang de réduire l’œuvre à tel ou tel style. Il s’agit de la rencontre du Ciel et de la Terre. De l’orgue religieux inclus dans les rugosités maniaques d’un rock pesant, formant comme une toile tendue pour capturer le dernier souffle d’une âme errante.

Parmi les cinq titres de l’album, tour de force réussi pour le single The Mysterious Vanishing of Electra, qui parvient à exprimer en 6 minutes seulement l’alchimie délicate d’un album qui –enfin !- prend le temps nécessaire pour développer la rigueur complexe des sentiments d’annihilation et de vacuité.

Car en effet ce sont les deux titres de 12 et 16 minutes qui forment l’ossature de ce suaire mélancolique, dont le sublime Ugly and Vengeful qui condense à lui tout seul la quintessence du propos.

Toutefois un tel voyage ne prend tout son sens que dans une écoute totale, captive.
A savourer comme une agonie éternelle.
– Frank Gillardeaux –

 

[Photo une: ©Anders Nydam]

WiseList #65 – Actus musicales

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[Image du mois: Photo de Ben Zank]

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud)

AMBIENT / ELECTRONICA / POP
INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE / TECHNO
BONUS

Bonne écoute !

AMBIENT/ ELECTRONICA / POP

Surma – Hemma (Portugal) On aurait plus misé sur l’Islande pour un chant aussi innocent et évoquant les grands espaces ! La jeune Surma jouera son album psyché Antwerpen au méga festival SxSW en mars.
NU– Drug (Allemagne) Après Man O To, vous pourrez passez en boucle Drug, l’allemand d’origine iranienne n’a pas son pareil pour travailler les rythmes feutrés.
Seldom Colin– Can’t Fall (Barcelona) La belle voix d’Oli S est parfaite pour ce morceau electro-pop, d’ailleurs tout l’EP Playgrounds est à écouter.
Altvater – Purple Keys (Columbia, USA) Altvater vient de sortir son EP Walking Creatures en mode down-tempo electronica. sur celle-ci on aime l’intervention de la trompette sur la trip-hop prononcée.
Trailer Trash TracysEden Machine (London) Si le duo se réfère à plusieurs styles, ici on atteint clairement la pop baroque de Goldfrapp !
Jeanette – Oye Mama, Oye Papa (Espagne) Il suffisait de l’entendre une fois à 7h30 sur mon réveil FIP, pour qu’elle me trotte dans la tête non stop. Ca donne presque envie de se faire des couettes. (1971)

INDIE / ROCK

Jon & RoyThe better life (Victoria, Canada) Un folk épicurien emprunt de nature qui rappelle la BO de Juno. Genre quand t’as rien d’autre à faire qu’à jeter des cailloux dans l’eau.
Canari – Passengers (Paris) Le trio de La Souterraine volette entre rock underground et pop gentillette psychée, écoutez donc leur album Désamorceur.
Ryder The Eagle – Skinny motherfucker (Toulouse) On continue de suivre le projet solo du batteur de Las Aves…
Nick Cave & the Bad Seeds – Red right hand (Australien à Brighton)  By order of the Peaky Fucking Blinders, tu recommenceras à fumer.
Pretty Lightning – Pale yellow (Saarbrucken) Chaleur, soleil et mirage, ces allemands préfèrent le blues mystique du désert, on entendrait même l’éperon des bottes.
Awolnation – Miracle Man (Los Angeles) Le nouvel album cure de jouvence méritait une chronique douteuse, c’est sûr, ça va détoner en concert le 06/04.
Sam AmantBlow it (Menton)  « Being a black woman, …I was NOT ready to wear a banana belt to please the French audience.” Outrée par le fascisme ambiant de notre sud, Sam s’est exilée outre-manche pour exprimer ses créations punk comme elle l’entend.

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

 Myd remixe UTOThe Beast (Paris) On vous recommande la soirée Le Dédale de l’UTO jeudi 22.
Marcus Marr Familiar Five (London) Sombres lectures de Marr sur les « esprits familiers », ces occultes animaux qui aidaient les sorcières dans leurs infâmes actes.
Red Axes – Kalacol (Tel Aviv) On en est devenu dingue de ces cloches russes en OTTO10, les mains tournoyant comme sous acide.
Jimi TenorTurku Airport (Finlande) La techno du nord a quelque chose de cheesy lounge en elle, EP Sleepover travaillé avec Freestyle Man.
Option4 remixe Crystal FightersAll night (Denver)  Si Option4 avait un premier conseil pour tout DJ débutant : « Be Humble. It never hurts to be kind. You’re in the party scene. Act like it. »
The Hacker, Miss Kittin – Time X (Grenoble)  Une collaboration que l’on retrouve avec plaisir dans le dernier album bien sombre voire indus-techno de The Hacker.
Weval – Ways to go (Pays-Bas)  Le duo sera au festival Chorus avec Vitalic, Nasser et Sekuoi dans la même soirée !

BONUS

Nick Drake – Fruit Tree (Rangoon/ London) Hommage à Nick Drake (1948-1974)

– Julie Lesage –

Here Come the Runts – Awolnation

 

Awolnation - Here come the runts

Awolnation, electro-rock nostalgique très américaine…

Aaron Bruno aka Awolnation a composé son 3e album Here come the Runts, pour la première fois chez lui, dans les montagnes derrières Los Angeles, soucieux d’enregistrer un son brut sans voix auto-tunée: « sans ces artifices de merde« , comme il dit.

Multi-disque de platine depuis ses tubes Sail en 2011 et Run en 2015, Awolnation pourrait être ce Miracle Man qui unifie la nation sous une même pop-pop-pop-Passion : celle de faire revivre le rêve américain, « même s’il n’a peut-être jamais existé ». Celui des premiers amours et meilleures amitiés sous fond de Born in the USA. Suffit juste d’y ajouter quelques distorsions et un gros mur d’enceintes.

Annonce, entrée électronique, roulement de batterie,  le premier morceau annonce une énergie débordante, digne d’un stade. Un clin d’oeil métalleux, comme un encadrement annonçant jusqu’où peut aller le groupe sur scène, que l’on retrouvera à la fin de l’album sur Stop That Train, d’une dynamique ensorcelante.

D’autres morceaux résonnent comme des hymnes tel Seven Sticks of Dynamite. Et sur le clip, Aaron invite pour une bonne rixe de bar américain du Wild West son idole Rick Rubin, producteur le plus important des 20 dernières années selon MTV, orchestreur de la fusion entre le rap et le heavy metal, notamment avec l’indétronable Walk This Way rassemblant Run DMC et Aerosmith. Vous y verrez également Duff Mckagan, bassiste de Guns ‘N Roses.

[Quand j’aurai un groupe j’appellerai mon idole: « hey Thom Yorke ca te dirait de jouer dans mon clip, on va se mettre sur la gueule, et tu seras l’homme aux cocards ? » Pardon.]

Pourtant sur les abominables My Molasses, Table for one ou Handyman, les compositions sonnent boys band et shamallows. « Avec ce disque j’avais vraiment envie de faire un album rock’n’roll/pop », dit AAron Bruno. « Et je dis ‘pop’ par rapport aux artistes que j’écoutais en grandissant, comme Dire Straits, Bruce Springsteen, The Cars ou Tom Petty ». Mouais tu t’en sors bien, et en effet Cannonball fleure les chorégraphies de pompom girls.

Notre chanteur fan de Kurt Kobain passe des chants aigus et doux aux cris rugueux, ses musiciens de la guitare classique à l’électrique. Il est difficile de nier en bloc l’effet madeleine de proust de cet album de 14 titres. On y retrouve également du Offspring… avec autant de track différents, confuse je suis. Heureusement Tall, Tall Tale et Stop That Train ferment l’album avec virilité.

Reste à savoir le résultat du show sur un public français, et ça tombe bien puisque Awolnation sera en concert aux Etoiles sous peu !

– Julie Lesage –

                               

 

Le nouveau single de Grand Blanc

Ailleurs.

Une certaine Françoise s’est immiscée dans le nouveau single de Grand Blanc.
« Tous les garçons et les filles de mon âge… »
Ce sont les premières paroles prononcées par Camille de sa voix si douce et innocente
« …ils ont les yeux dans les cieux ».

L’héritage de la chanson française yéyé est planté. Mais côté atmosphère, on flotte plutôt sur un synthé division de la joie des années 80, entre deux vapeurs glaciales au gré d’un voyage psychique. Ailleurs ou higher, connaissant le goût du compositeur Benoît pour les jeux de mots. On se rappelle qu’il nous parlait de maladies vénérées au lieu de maladies vénériennes lors de notre première rencontre aux Transmusicales de Rennes.

Après Mémoires Vives, le groupe messin annonce donc un nouvel album pour cet automne. La genèse de ce premier morceau remonterait à une nuit passée à Hong Kong. Perché en haut d’une des tours de la méga-ville, le groupe attendait l’aube, l’esprit apaisé, un moment tel une apartée lors d’une tournée asiatique que l’on imagine frénétique. Ainsi Grand Blanc nous offre presque 10 minutes de flottement dans le temps, entre basse et synthé, entre rayons lunaires et solaires, dans une atmosphère aussi floue que les premiers épisodes étranges de Twin Peaks.

Au bout de 4 minutes, la lumière soudainement éblouit, le chant s’étire en volutes de murmures et revêt presque une dimension mystique, puis redescend en morceau minimaliste de basse.

Arretez donc tout, et laissez vous porter …Ailleurs.

 

Le nouveau titre inédit de Jungle

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Jungle annonce une série de concerts en mai en Europe et dans le monde ! Le groupe, connu pour sa modern soul hypnotique et ses performances live palpitantes à 7 sur scène, remontera sur les scènes de festival au printemps notamment au Art Rock Festival de Saint Brieuc. Cette semaine, l’émission américaine Last Call with Carson Daly a diffusé deux chansons live issues d’un concert de Jungle au El Rey Theatre de Los Angeles : ‘Platoon’, tube de leur premier album et ‘House in LA’, un titre inédit.

Réserver sa place au Trianon

En concert :

19/05 – Saint Brieuc / Art Rock Festival

20/05 – Paris / Le Trianon

21/05 – Strasbourg / La Laiterie

22/05 – Lyon / Le Transbordeur

Devotion – Pale Honey

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La neige dissimule les failles.
La neige étouffe les cris.
La neige amorti les roulements de la rocaille sous nos pas.

C’est assez rare pour le souligner : Pale Honey est un duo rock féminin.
Diaphane et sexy.
Mais attention aux apparences : les deux Suédoises de Göteborg Nelly Daltrey (batterie) et Tuva Lodmark (guitare/chant) sont aussi là pour nous rappeler qu’en leurs contrées comme dans chacun de nous, le feu couve sous la glace.
Ainsi va Devotion, exprimant le bouillonnement des sentiments qui jaillissent en brisant la surface légère et lumineuse d’un séduisant rock minimaliste.

Devotion démontre l’impressionnante maturation qu’a accompli ce jeune duo en quelques années dans l’épure et la concision de son art, tout autant que dans l’écrin sonore ciselé par leur producteur Anders Lagerfors, qui les accompagne également sur scène. Le titre Someone’s Devotion illustre bien la quintessence du style Pale Honey : la batterie simpliste mais ô combien percutante pose une imparable piste de groove pour la mélodie épurée, presque enfantine, qui n’est pas pas sans évoquer une des facettes de P.J. Harvey… Pourtant sous cette attractive couche de belle poudreuse, la vocaliste exprime la dureté d’une rupture amoureuse.
Cependant que le riff de guitare, au départ feutré, prend de l’ampleur aux refrains, jusqu’à balayer le morceau dans une avalanche éraillée.

On retrouve cette formule, dans une mouture encore plus soutenue, à l’écoute du magnifique single Get these Things out of my Head, qui évoque les affres de l’oubli nécessaire à toute souffrance. La partition de guitare y est encore plus subtile et contrastée, avec son riff principal lancinant que viennent parfois adoucir des arpèges flottants, mais qui se brise à l’approche du final en une rupture dissonante.

The Heaviest of Storms enfonce le clou d’une manière complémentaire: alors qu’il sonne d’emblée comme une chanson pop plus conventionnelle, bien vite de lourds nuages de synthétiseur bruité viennent occulter les repères, illustrant à leur tour ce travail sur les contrastes qui structure l’album.

Devotion est un album prenant, captivant, sensuel et finement nuancé.
Il fonctionne parfaitement en conciliant unité de style et diversité des grooves.

Pale Honey se produit souvent dans les hauteurs de l’Europe… Prions pour que nos neiges actuelles leur tracent un schuss vers les scènes de l’hexagone, car nous les attendons les moon boots fermes !

– Frank Gillardeaux –

[Devotion est chez TapeTown Records.]

                               

 

 

Ningyo – Senbeï

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Ca sort aujourd’hui.
Peut-on dire que le Japon est à Senbeï ce que la Chine est à Chinese Man ? De l’humble avis d’un calligraphe, le troisième album du beatmaker, qui a déjà travaillé pour Deluxe et Thierry Mugler,  est le récit d’un voyage vers le soleil levant.

C’est attiré par le chant des sirènes japonaises (ningyo) que  Senbeï embarqua pour le Japon de ses rêves. Le dépaysement fût immédiat dès son premier titre Akuras, délicatesse d’un autre temps rythmé par les suzumushis (grillons). Pendant son séjour , le beatmaker y enregistrait les meilleurs instrumentistes de l’archipel jouer les Koto, Shakuhachi, Shamisen, Niko ou encore Ichigenkin traditionnels, pour ensuite en imbriquer les sonorités dans une architecture narrative de beats hip-hop et électronique, approchant le panthéon des adulés DJ Krush et Chinese Man (dont le MC Youthstar participe sur Ryori).

Lors de la composition du titre éponyme de l’album Ningyo, la dimension de sa musique devint même philharmonique, insufflant vie aux anciens récits honorifiques des derniers clans équipés de katanas.

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« Ce qui me fascine dans le Japon ce ne sont pas les jardins Zen ou le Boudhisme, mais l’univers apocalyptique de Akira, le Japon sombre et dur de Takeshi Kitano et le merveilleux de Kurosawa »

Entre deux virées dans les nightclubs les plus fous de Shibuyas, Hugo Sanchez ramèna également sa galette de riz gluant (senbei) dans les complexes de jeux d’arcades. C’est là que les mélodies 8-bit se logèrent dans ses cellules grises pour prendre possession de sa production sur Space Dutty Invaders.

Sur le retour, Senbeï serrait contre son coeur son album-souvenir avec de nombreux featuring, comme celui de DJ Kentaro, 1er japonais à remporter le championnat du monde DMC, ou encore du MC nippon Shing02, auteur du fameux générique Battlecry du manga Samouraï Champloo avec Nujabes. Les voyages sont fait de belles rencontres.

A ses pieds, dans sa valise, était précieusement enroulée une estampe de l’artiste japonais Godtail. Il allait en couvrir son oeuvre, et en faire le visuel des affiches de sa release party à l’I-Boat de Bordeaux avec Degiheugi. La soirée de Paris, elle, est prévue pour le 10 février à La Bellevilloise !

– Julie Lesage –                           

Ningyo, Senbeï, disponible chez Banzaï Lab (forcément)

                      

Les meilleurs morceaux rock de 2017

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Il est l’heure de se mettre à jour.
Playlist ci-dessous, à l’écoute sur toutes vos plateformes : Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud (17/33)

Découvertes rock hors des sentiers battus ou morceaux ultimes de gratteux fameux, ces tracks ont fait grincer la guitare entre nos côtes et agravé cette tendinite à la nuque par à coups. Le genre de son qui sera toujours aussi bon, même dans 40 ans.
C’est avec grande attention que nous suivrons l’évolution de leurs auteurs : Pale Honey, Methyl Ethel, DBFC, The Psychotic Monks, BRNS, The Liminanas, Projections, Idles … et on espère en voir quelques-un en festival cet été !

Voici donc notre BEST OF des sorties Rock de l’année précédente. Régalez-vous. Bisous.

 

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