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Snapped Ankles : le génie pousserait-il à la recherche du chaos ?

L’ALBUM DU MOIS : Stunning Luxury

Samedi 23 mars, Snapped Ankles présentera avec insolence son nouvel album de frénésie totale à La Maroquinerie. Pré-écoute et analyse.

En ces temps de marches régulières pour le climat et la planète, chacun essaie de se rapprocher tant que faire se peut de mère nature. Le groupe anglais Snapped Ankles, lui, ne donnait pas dans la demi-mesure dès 2017 à jouer post-punk et krautrock en arbres [Come Play the Trees, 1er album], comprendre en costumes DIY représentant un mix entre hommes sauvages camouflés et monstres païens des bois dans un décor scénique sylvestre.

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Mars 2019, le groupe pousse l’expérimentation sonore un cran plus loin, sans compromis, à la frontière entre génie et cacophonie, et double son utilisation de percussions expérimentales sur son deuxième album intitulé Stunning Luxury. Celui-ci commence justement en rythmique avec Pestisound (moving out), sorte de mise en jambe annonçant que les « chevilles cassées » [Snapped Ankles] se sont fait virer de leur warehouse de l’est londonien, avant le deuxième morceau Tailpipe qui, lui aussi, déménage.

Fidèles à leur message écologique, les garçons t’invitent à sucer les pots d’échappement dans une ambiance à la fois frénétique et menaçante. Dès ce deuxième morceau, on reconnait l’esprit DIY des anglais avec leur manie d’utiliser, en plus des Roland SH2 et SPDS, des drum-synth et log-synth : samedi soir, vous les verrez ainsi taper sur des bûches de bois équipées de vieux oscillateurs de synthés  pour des percussions inattendues et effets thérémine.

La machine énergique est lancée, on voyage avec Letter from Hampi Mountain, comme si les Liars revenaient d’Inde avec un Sehanai en malle [flûte traditionnelle], pour nous faire sautiller telle une tribu les bras en l’air. « Wait, wait, wait, we were tired, » ben oui forcément, les paroles de Rechargeable ne sont ici pas très élaborées, mais qui a les neurones pour faire de la prose quand « it’s almost daylight » ? Le beat électronique en accélération recharge autant les batteries qu’une BO de Trainspotting en after. « we need, need, need a pulse » Je pense qu’en live on va bien le sentir le « pouls »…

Et c’est là que la cacophonie commence…

Jouer à répétition basse et synthé, ajouter à cela une mélodie entêtante type jeu vidéo de Delivery Van et Three Steps to a Develoment, bidouiller toutes sortes de percussions expérimentales, y rajouter la psyché barrée de Skirmish in the Suburbs, et la tonalité lancinante de Dial The Rings on a Tree…  ne peuvent amener qu’à deux résultats :
la transe ou la fatigue mentale.

En effet, le quatuor futuro-tribal héritier des Neu! persévère tellement dans son unicité « punktronica agri-culturelle » et sa « recherche de l’effrayant et de l’imprévisible » [affirmé en interview] qu’il perd un peu de l’articulation qui permettait d’écouter Come Play the Trees de bout en bout, au risque de perdre l’accessibilité de sa seconde oeuvre. Chaque morceau-bijou de celle-ci est une expérience auditive innovante qui challenge tes sens sans répit. Pas forcément l’album que tu mets pour un dîner entre amis donc : trop dense, trop intense. [j’ai tenté, my bad]

A la sortie du single Drink and Glide, la communauté artistique feuillue annonçait qu’elle allait « prendre l’apparence des agents qui ont causé sa disparition: promoteurs immobiliers et autres courtiers qui enflamment le marché avec la promesse d’un luxe époustouflant, afin de pouvoir combattre leur conduite de l’intérieur« . On espère quand même voir le bois de leur écorce lors de leur prochain gig sur-vitaminé (samedi donc).

Stunning Luxury de Snapped Ankles ne s’écoute pas forcément en toute circonstance, vous éviterez le lendemain de cuite, par exemple, c’est un conseil Wise. On vous donne par contre rendez-vous samedi à La Maroq, pour offrir toute votre énergie à cette frénésie bucolique, lâchant en vous cette nécessité de faire parfois du n’imp. >> voir billetterie

P.S.1 : Leur nom « chevilles cassées » vient de cette scène affreuse du film Misery
P.S.2: J’ai trop hâte.

Julie Lesage
*Merci David S. pour l’étude du log-synth

Stunning Luxury est disponible chez Leaf Label (ben tiens on l’avait pas vu venir).

WiseList #77 – Le TOP20 des actus musicales

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CHILL >>> INDIE ROCK >>> HOUSE/TECHNO 

CHILL

The Dandy WarholsNext Thing I know (Portland)
Courtney Taylor-Taylor continue ses expérimentations dans un 10e album Why are You so Crazy hyper ecclectique, on adore cette atmosphère saccadée, comme un bug bluetooth avec ton enceinte.
Drinker – Something I want (Brooklyn)
Claquement distinct sur beat etouffé, la texture sombre de ce titre englobe l’idée de l’addiction et du consumérisme. Le chanteur Aaron Mendelsohn et le producteur Ariel Loh prévoient de sortir leur album Fragments le 03/05, une oeuvre qu’on attend riche.
Viken Arman – Cosmos in Blue (Paris)
Le mois dernier le producteur électronique a présenté son projet Willow en live, accompagné d’un batteur et d’un saxophoniste. Il en résulte un voyage magnifique au carrefour de toutes les cultures.Magnifique qu’on dit.
KitzlGSF (Guelph)
En voilà un paysage surnaturel ! Kitzl travaille son premier album en boucles, enregistrant objets comme animaux, qu’elle mêle à sa voix, sur des morceaux à la fois étranges et espiègles. La nouvelle sensation expérimentale ?
PapoozYou and I (Paris)
Dans ce clip filmé au Balajo, le plus ancien cabaret de Paris, Armand et Ulysse se déchirent la conscience de l’actrice danoise et modèle Klara Kristin. Douce ambiance 70s tirée de leur nouvel album Night Sketches, qui sort ce vendredi.
Cut Chemist  Home away from Home (New York)
Afin de sortir de l’isolement après la mort de son père et 30 jours de prison pour conduite en état d’ivresse, le DJ producteur s’est entouré de nombreux musiciens pour son album Die Cut. Et la renaissance opéra.

INDIE ROCK 

Nick WaterhouseSong for Winners (Santa Ana)
Le fervent disciple du vieux Rythm & Blues sort un nouvel album plus introspectif et le présentera au Petit Bain le 24/03. Soirée comme au dinner américain des années 50, possibilité de commander son burger à la cantine! (lire le dernier live-report sur son retour vers le futur)
The Brian Jonestown MassacreCannot be saved (San Francisco)
Après la sortie de 4 albums en 5 ans, plus une bande originale, plus 2 albums avec Tess Parks, et quelques collaborations comme avec The Liminanas, l’infatigable Anton Newcombe nous sort un 18e album pour TBJM le 15/03 dont voici le premier extrait. Il comprendra 9 titres dont un en français intitulé Tombes Oubliées.
YAK Words Fail Me (London)
Qui d’autre qu’Oli Burslem aujourd’hui investirait tout son argent jusqu’au dernier centime dans un enregistrement, au point de perdre son logement et de devoir dormir à l’arrière d’un break Citroën ? The Pursuit Of Momentary Happiness est un album du type haute mission monomaniaque. Yak sera en tournée en avril et passera par Reims, Lille, Amiens, La Roche/Yon et Biarritz.
COSSE– Welcome Newcomer (Paris) //uniquement sur YouTube et Soundcloud//
On a découvert COSSE au Supersonic. Le jeune groupe vient de signer chez Grabuge records, le label de Lysistrata et prépare son premier EP. On y découvre des structures complexes, un chant qui rejoint parfois King Krule, sur des jeux de guitares à la Tool. Bref ca s’annonce bien chiadé.
Entracte Twist –Crash (Lyon/Strasbourg)
On reconnait de suite les immeubles de Rosa Parks pour cette première pochette aux tons ensoleillés, Entracte Twist propose un son sincère entre synthés déraillés de new-wave, et parlé post-punk, typique de la mèche dans les yeux.
Namdose – Woe (Vendôme/Bruxelles)
Alors là si vous voulez (enfin) du pointu pour la nouvelle scène indie rock, allez de suite voir Namdose, la fusion de BRNS avec Ropoporose ! Des chants entre pop et rock, des bidouillages expé sur chaque intrument, des battles de math-rock à 2 batteries dans la fosse, … d’ailleurs on les a rencontrés vendredi dernier. On vous raconte très bientôt.
De Staat – Level’Up (Nimègue)
Un des meilleurs concerts de l’année, c’est certain ! On vous en parle ici: DE STAAT éclate sa bulle et t’en met partout.
Standalone – Destroy Yourself (Indianapolis)
C’est le nouveau projet new wave de Steven Seibold des groupes Hate Dept et Pigface, tout pour l’amour du synthé 80/90, hop sur un album éponyme chez Negative Gain.

HOUSE/TECHNO

Cabaret NocturneBlind Trust (Bruxelles)
Petit retour en 2015, lorsque Cabaret Nocturne débridait la scène électronique avec son slo-mo aux influences indus et punk.
Malik DjoudiTempérament (Poitiers)
L’ascension du poitevin, qui a commencé sur le tard à 37 ans, continue. On aime particulièrement la montée électronique de Tempérament, alors que Malik se laisse ballotter en eaux troubles sur le clip de ce morceau introspectif.
The Chemical Brothers Got to keep on (Manchester)
Dis donc c’est la teuf tropiques et bonne humeur façon Soul Train dance contest avec ce nouveau single ! Une échappée étonnante à quelques semaines de la sortie du nouvel album No Geography le 12/04.
Odonis OdonisCheck my profile (Toronto)
Le nouvel album de Gesaffelstein sort ce vendredi, et vu comme son dernier single avec Pharrell Williams est bien de la daube, on se console avec le dark efficace d’Odonis Odonis.
ChloéSometimes (revisité live 2018) (Paris)
Bien sûr tout le monde connait ce titre, sauf que dans son album live de sa tournée de Endless Revisions, Chloé revisite nombreux de ses morceaux, jusqu’à rendre son public hystérique. Merci David pour la suggestion !

DOUX BONUS

Jessica PrattAs the World turns up (Los Angeles)
Un peu de douceur dans ce monde de brutes, c’est ce qu’apporte le nouvel album Quiet Signs.

Julie Lesage

[Image: Photo de Robert Doisneau]

DE STAAT éclate sa bulle et t’en met partout

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Me suis récemment faite bousculer par un bulldozer. Je te raconte en chronique-live report.
Yep 2-en-1, parce que tu le vaux bien.

BIM UN ALBUM ULTRA-PUISSANT

Paru l’air de rien dans la liste des sorties de la semaine, l’album Bubble Gum te catapulte direct en puissance par son premier titre électro KITTY KITTY. Mais c’est quoi çà ? Ce sont les néerlandais DE STAAT, qui se sont fait connaître avec le clip de Witch Doctor [4,6 millions de vues] lorsque celui-ci a raflé pas moins de 11 prix grâce à une animation démente qui dictera plus tard un jeu de fosse effarant [on y reviendra sur le live-report/ dernière video ci-dessous à la 6e minute…].
Découvert par DEUS, le quintet a également été mis en avant sur toute la tournée européenne de Muse en 2016, m’enfin comme on n’écoute plus Muse depuis 14 ans, on est passé à côté. Bref Bubble Gum, leur 5e galette de 11 titres aboutis, te rattrape et t’offre un mélange tutti frutty (d)étonnant. On y trouve de l’alternative rock, de l’électronique ultra-puissante, des folies de stoner, une tchache hip-hop, qui se rapproche intensément du chant d’Anthony Kiedis des Red Hot Chili Peppers sur Tie Me Down, ou de la furie de NIN sur I’m Out of Your Mind, sans oublier une pointe de melo-dark avec le titre Phoenix.

Côté message, Bubble Gum caractérise selon le compositeur Torre Florim la propre bulle en laquelle nous nous enfermons: « les gens ont l’information qu’ils ont envie d’avoir, et sont hermétiques à celle qu’ils n’aiment pas. »

Le band nommé « L’Etat » en hollandais te parle de l’arrivée de Trump dans Kitty Kitty [« Orange Entertainer »], d’Instagram dans le délire Pikachu, … des polémiques contemporaines quoi.
C’est riche, c’est fort, impossible à répertorier dans une case, donc c’est chouette.

BAM UN LIVE PERCUTANT

La version live à La Maroquinerie commence d’un coup sans prévenir avec le martelage de Me Time en tchatche rap relevée d’un « lala-lalala » qui nous rassemble en joyeuse famille de trentenaires prêts à se lâcher comme des teens, ce soir c’est permis. Le quintet joue sur son trente-et-un, Rocco Hueting au clavier s’est fait deux jolies nattes pour l’occasion, et la moustache du bassiste Jop van Summeren n’est pas dénuée de charme. Le président éloquent de cette assemblée étatique de jeudi-saint-valentin, c’est Torre Florim, qui nous enjoint à chanter (ou crier) dès le fameux Mona Lisa, sous le rythme militaire percussif de Tim, avant une envolée de gratte folle appelant au pogo.

Dès les premiers morceaux, on comprend que ce gig sera intense du début à la fin, sans aucun répit hormis 3 minutes de dark Phoenix pour reprendre son souffle :

Rocco et Torre dansent sur beaucoup de morceaux en tandem au coeur de la scène, et n’hésitent pas à braver le ridicule avec leur marche Pikachu dans les gradins : un moment irréel pour nous autres incrédules !

Entre les morceaux de Bubble Gum, le groupe insère ses vieux tubes taillés pour soulever les stades tels Peptalk, les saccades rap de Input Source Select, la fanfaronnade Get On Screen ou encore le sermon utile Help Yourself. La guitare de Vedran en second plan de scène tient parfois entièrement le morceau, se substituant aux synthés saturés façon Casio de Rocco.

Mais absolument rien n’égale le mouvement euphorique que livre Witch Doctor, le spectateur bien avisé du clip sachant exactement à quel moment s’engager dans un tourbillon de fosse, à me renverser littéralement par terre. La Maroquinerie restant une salle assez petite, on imagine la tournure monumentale de ce titre live dans une grande salle à domicile…pour les moins patients, avancer à la minute 6.00 de la vidéo ci-dessous:


[Get On Screen + Witch Doctor. Video de AndreBeaulieu]

Au rappel, les néerlandais clôturent sur Kitty Kitty, bien entendu. Et si tu as bien suivi le clip, qu’est-ce qu’il faut faire à la fin de ce single ? C’est çà : un Wall of Death, encore appelé Braveheart style… comprendront les actifs.
CCL: Le concert de De Staat est un événement qui associe un discours engageant à un divertissement sportif. Il est convenu de s’attendre à en ressortir vidé, trempé.

SHLING, JE TRINQUE AVEC ROCCO

…et je vous retranscris notre conversation dans quelques jours.
A très bientôt pour la publication de l’interview 😉

Julie Lesage

Eton Alive, le nouveau pamphlet de SLEAFORD MODS

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Après un succès tardif via leur 4e album English Tapas en 2017 chez Rough Trade (et un EP en septembre dernier), le duo britannique Sleaford Mods sort Eton Alive chez son propre label Extreme Eating, et colore ses revendications d’une teinte plus fun et sarcastique, sur un beat presque dansant!
Entendez par Eton Alive, une lutte contre ces élites conservatrices sorties du Collège Eton, et un jeu de mot marqué sur eaten alive pour rester dans le thème alimentaire. Une histoire de malbouffe donc, qui shlague contre les injustices, l’action fer de lance ad vitam de Jason Williamson.

Lequel est d’ailleurs en pleine friture avec Idles après certains commentaires sur The Guardian, arguant que la bande de Joe Talbot s’approprirait une voix vindicative de la classe ouvrière alors qu’elle n’est pas issue de la rue. Ne niant pas leur talent musical mais se centrant sur les paroles, Jason se serait senti trompé par un faux discours, une tentative « stéréotypée, condescendante, insultante et médiocre ». Des messages de soutien à Idles (qui ont reçu leur Brit Award 2019 il y a quelques jours en tant que révélation de l’année) ont vite éclos sur les réseaux, notamment de nos chouchous Fat White Family (bientôt en tournée en France!): « I call it sententious pedantry. That being said how long are Sleaford Mods going to keep banging on about shit wages and kebabs? There’s only two of them and they have NO BACKLINE! » Auxquels Jason ne s’est pas fait prier de répondre en les qualifiant [FWF] de « Moby covers band » [???], ça chauffe , ça monte, … et ça fait parler des deux en pleine campagne nouvel album.

Bref, où en étais-je ? Ah oui, le nouvel album Eton Alive.

« Le titre Eton Alive parle de lui-même. Nous nous retrouvons une fois de plus au sein d’un autre plan élitiste, en cours de digestion, pour nous transformer lentement en excréments. Certains le sont déjà, d’autres sont morts et le reste d’entre nous s’épuisent dans le ventre de l’idéologie préhistorique qui, selon nos capacités et notre volonté, nous attribue à chacun de nous des niveaux de confort allant d’horrible à raisonnablement acceptable, en fonction de la contribution apportée.« dixit Jason.

La transition des opus passe en douceurs des tacos aux nuggets, puis kebabs dès le deuxième morceau. De la street food pour une hargne des rues mi-punk, mi-rap, sur beat électro, le charisme du duo résidant dans les provocations de Williamson, vous l’aurez compris. Dans ce nouvel album, il s’en prend à la société de consommation et aux hipsters vegan (In The Payzone), à la classe politique, aux réseaux sociaux (Substraction), aux produits musicaux marketés culture pop pour la TV (Kebab Spider) …

Côté « musique », le minimalisme d’Andrew Fearn est toujours de rigueur : boîte à rythme + basse, mais on dénote des lignes plus groovy, notamment avec Firewall et When You Come Up To Me qui se rapprochent de la pop avec un chant plus doux qu’à l’accoutumée. Au contraire, les saccades rock sèches de Flipside rappellent les compositions d’Iggy Pop, leur plus grand fan à ce jour.

Musicalement, ça ne dépasse pas les feuilles des pâquerettes, mais, étonnamment, le combo de Nottingham est rudement efficace dans son habilité à te faire sentir présent, à te faire plier imperceptiblement les genoux sur un rythme dubstep d’antan et à t’engager dans l’imitation jouissive de cet accent typique des East Midlands, particulièrement sur le « who knew » de Kebab Spiders.
Damn ça fait du bien !

Dans le cas de problèmes de digestion lourde, je ne recommanderais pas forcément une lecture intégrale de ce nouvel album, mais plutôt de picorer dedans à l’envie, pour 2-3 morceaux jouissifs, comme une médication « booster l’instant présent ».

Julie Lesage

Commander Eton Alive

 

WiseList #76 – le top20 des actus musicales

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DE TOUTE BEAUTE >>> INDIE ROCK >>> DANCEFLOOR 

DE TOUTE BEAUTE

LaborealSee all (Nantes) ❤
On continue de digger le travail de Laboreal, et on tombe sur ce magnifique morceau progressiste tout en loop, publié dans Synchronicity en 2014.
Rebecca Thirdkill – Kicksville (Los Angeles & Bahrain.)
Dans l’EP 3 titres Kicksville, la soul côtoie grincements et distorsions pour une visite trip-hop aussi dérangeante que celle d’un asile.
UTO – Black (Paris)
Premier titre ultra fort de l’EP The Night’s Due à sortir le 08/03, le duo continue de distribuer claques à tous vents. Côté texte: « C’est un étrange poème de Ted Hughes tiré de Crow: From the Life and Songs of the Crow (1970) une espèce de volet de velours noir derrière lequel un grand soleil brûlerait« . On prend nos tickets pour leur concert du 04/04.
Rose DrollBoy Bruise (San Francisco)
On aime le flow urbain de cette complainte à la grasse guitare. Dans son album Your Dog sorti chez Father/Daughter Records, Rose décrit ses émotions avec la plus grande honnêteté.
Von HazeMother Mountain (Brooklyn)
Clairement le morceau le plus torride qu’il m’ait été permis d’écouter dans le noir sous la couette…
Hubbabubbaklubb Flyvende Flyndre (Oslo)
Les 5 norvégiens ont un don : celui de te mettre à l’aise. Allez finis les soucis, évaporée la grippe, je t’offre l’entrain qui rend la vie belle.

INDIE ROCK 

Sofia BoltGet out of my Head (Paris) ❤
Avec ce single, Amélie Rousseaux annonce un album produit à Los Angeles intitulé Waves, que l’on imagine entre Cat Power et PJ Harvey.
Peyote Ugly– Jackdaw (Seattle)
On découvre un trio sensible entre réverbe progressive et synth psychée, Jackdaw est la première migration spirituelle de leur EP éponyme.
Steeple RemoveOval-Strii (Rouen)
Leur pochette est aussi belle que leur album Vonal-Axis est chiadé. Ces fans de CAN et Psychic TV réussissent ici une oeuvre à la fois majeure et complexe entre krautrock, shoegaze, drone, psychédélisme et expérimentations. Ca s’écoute plusieurs fois pour en digérer toute la valeur. Lire leur interview du temps de Position Normal. 
Unknown Mortal Orchestra Hanoi 4  (New-Zealand)
Cette pause instrumentale aux lourds frottements est tirée du side album IC-01 Hanoi, enregistré comme son nom l’indique au Vietnam, en même temps que l’album Sex and Food, comme une compilation d’explorations sonores singulières.
Pursohn –Wasteland (London)
Pursohn est compositeur, parfois au piano classique, d’autres fois, et c’est là qu’il attrape notre entrain, sur des nappes synthé-guitare joyeusement rythmées par claquement de mains. Dans la même lignée, on vous recommande son titre Headfirst.
The Middle Class – A Skeleton at the Feast (Santa Ana)
Sacred Bones records s’est lancé dans l’édition de compilations Killed by Deathrock, afin de redistribuer quelques lauriers à une scène punk/post-punk fin 70-80 injustement méconnue. Ce titre est dans la compil vol. 2.
Daniel Ash – Coming Down Fast (Northampton)
En mode solo, déclaration bandante du chanteur de Bauhaus et Tones on Tail.
Fat White Family – Feet (Peckham) ❤
C’est le single annonçant le renouveau ambitieux de FWF (déménagé chez Domino), un pied de nez étonnant avec ses envolées léchées sans guitares et la voix électronisée de Lias. Dans l’attente impatiente de la sortie de Serfs Up! le 19/04, on se plonge dans les couleurs Pierre et Gilles de leur clip grandiose.

DANCEFLOOR

Toro y MoiOrdinary Pleasure (Columbia)
Le producteur américain associé à la chillwave des années 2010 nous offre dans son nouvel album Outer Space un condensé d’influences hip-hop, funk, house pour un seul leitmotiv : maximum pleasure pour ensoleiller ta journée.
BufiBrujerias (Mexico)
Avec ce nouvel extrait, Mateo Gonzales m’a confirmé la sortie de son album Mexico 70 pour le 29/03. Hâte.
Metro Area Miura (Brooklyn)
Il arrive encore en club d’entendre ce carton de 2001, façonné par Morgan Geist et Darshan Jesrani. Le duo avait alors réussi a rendre obsessionnel un tube aux relents disco dont le « hoohoo » a encore de l’écho.
Simple SymmetryToo much fun at the Temple of Doom (Moscow)
Après l’accueil aux percussions locales, vous pénétrerez dans une jungle luxuriante pour atteindre le repaire d’une expérience voodoo… les frères Lipsky engendre un psychédélisme tropical délicieux dans leur Beginner’s Guide to Magic chez Disco Halal.
HOSH et Tone DepthAirwolf (Hambourg/Montreal)
Ultra addictive pour une conduite nocturne sur l’autoroute, vous emportant dans une boucle rappelant le tambour d’une machine à laver, Airwolf est le 2e titre issu de cette puissante collaboration après Express.
Di MartinelliTides (Antwerp)
L’enfant des 80s vient de sortir son tout premier EP MSAADA sur lequel il utilise la voix comme un élément électronique pour un track techno tout en progression.

DOUX BONUS

Ex:ReLiar (London) ❤
Elena Tonra s’émancipe du groupe Daughter pour un album solo profond et mélancolique, on a craqué sur Liar pour son influence trip-hop.

Julie Lesage

[Image : Vinyl de Pal Design]

WISELIST #75 – TOP20 DES ACTUS MUSICALES

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CHILL >>> INDIE ROCK >>> HOUSE/TECHNO

CHILL

Julia JacklinBody (Sydney)
Superbe découverte que cette voix australienne à la fois douce et crayeuse, on attend la sortie de son album Crushing le 22/02 pour mieux l’apprivoiser.
Henry Hall – Kid (Los Angeles)
« This is a special day, Peg and I, we had a kid, regretfully we named him Greg, shoulda named him Troy, that’s the best name for boys. » A l’écoute des dérisions d’Henry, on a tout de suite voulu creuser un peu plus loin et mieux connaître ce personnage à la fois drôle et talentueux.
Rodrigo Amarante – Tuyo (Rio de Janeiro)
Histoire de vous réchauffer le bout des doigts, un petit revival des 4 saisons de la série Narcos.
Alain BashungMa peau va te plaire #2 (Paris)
Cela fera 10 ans en mars 2019 que Bashung nous a quittés, l’occasion de découvrir les titres inédits de son album posthume En Amont.
BalthazarFever (Courtrai)
Le groupe belge annonce son quatrième album Fever pour le 25/01 chez Pias. La température monte. Concert prévu le 25/03 !

INDIE-ROCK 

CannibaleDo not love me too much (« un hameau en Normandie, 300 âmes vaches comprises »)
On s’engouffre avec délice dans les méandres exotiques de l’album à grenouilles Not easy to cook. Si on en veux plus, on peut également visionner leur concert intégral chez Laurent Garnier (enfin à Lourmarin quoi)
Octet– Hey Bonus (?) ❤
Parce qu’il n’est jamais trop tard pour découvrir une perle, retour en 2004, pour une rencontre entre les Beatles et Venetian Snares, ou comment magnifier le courant « data-pop/lap-pop » tout frais de l’époque avec un soin baroque qui fait résonner le duo français comme une joute verbale à Versailles. Putain, j’étais où en 2004 ?
The Claypool Lennon DeliriumBlood and Rockets : Movement I 
En parlant des Beatles, Sean Lennon et le bassiste Les Claypool ont annoncé la sortie de South Of Reality pour le 22/02 et on a bien hâte d’écouter çà.
Django Django Swimming at night  (London)
Parce que leur EP de 6 titres Winter’s Beach est de saison.
Fews –Paradiso (Mälmo)
Grosse surprise en revoyant FEWS en live il y a peu : Fred aurait mué pour une voix plus caverneuse ! Altération acceptée, on en redemande, et ca tombe bien leur album Into Red est annoncé pour le 1er mars ! Retour sur leur interview.
Daniel Pemberton – Assassins Breathe (UK)
Petite claque inattendue un dimanche sous plaid à l’arrivée du générique du film King Arthur (le dernier avec Jude Law) : c’est depuis mon morceau préféré pour faire du sport !!
Viagra Boys – Sports (Stockholm)
La nouvelle sensation rock à l’esprit punk du moment est passée récemment au Point Ephémère : l’attitude absurde du chanteur est temporisée par la classe du saxophone, les beats et la basse te font rapidement ôter le pullover.

HOUSE/TECHNO

SXFalling (Bruxelles)
L’album Eros de Stefanie Callebaut et Benjamin Desmet est certes discutable, certaines susurrations sensuelles désirent cependant  s’émanciper du lot « mainstream ».
Hubbabubbaklub Tomme Lommer (Oslo)
Après l’excellentissime Mopedbart que l’on entend à tue-tête dans toutes les Otto10, le quintet vous offre enfin des cours de norvégien tout en dansant sur un album de pop décomplexée intitulé Drømmen Drømmerne Drømmer. On aura rarement eu autant de plaisir à chanter en yaourt !
Monks (David Shaw/ Bufi)Nice Ride (Paris/Mexico)
En pleine tournée mexicaine de DBFC, David Shaw a rendez-vous avec Bufi en ce moment même. L’occasion de reparler projet (de) culte ?
Roe Deers Bells of Hell (Lithuanie) ❤
Comme si les saintes cloches déchues se retrouvaient en milieu techno industrielle. Juste parfait, encore bravo le duo.
OMOHBeat (Nîmes)
Parties in Paris ca vous parle ? Le duo nous décrit sa vision de nos nuits en 9 morceaux.
LaborealPurple (Nantes) ❤
Au coeur de son album d’ambiances dédiées au hip-hop Fréquence, Maxime Robin a dissimulé une pépite techno qui rebooste méchamment ton petit coeur à la 3e minute.
Red AxesEdit Service 2 (Tel Aviv)
En 2012, le label I’m a Cliché proposait tous les 15 jours un inédit de son cheptel. Voici celui proposé par Red Axes, qui n’a apparemment toujours pas été édité sur les plateformes de streaming, sorry.
Erland CooperMirk (Orkney)
Ce multi-instrumentiste s’inspire de son environnement pour chaque EP. Comme tout le monde me direz vous. Oui mais non car Erland pousse plus loin. Après son travail Solan Goose inspiré de la nature sauvage sur son archipel écossais, voici Nightflight. 3 morceaux pour lesquels il s’est fixé des règles : toujours se tenir debout, faire des gestes rapides et ne pas rester plus de 10 minutes sur une piste, afin de retransrire l’animation et les flux des rues de Londres, comme un autre éco-système.

– Julie Lesage –

[Image : L’ombre des fous rires des tableaux de Yue Minjun…]

La BO de F.R.I.E.N.D.S version Badness

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Retour sur une recette imparable pour vous faire sentir seul: le clip de Beautiful Badness. Et bonne année bien sûr.

Le chanteur Gabriel Sesboué a repris récemment le générique mondialement connu de FRIENDS. Vous vous souvenez ? L’apologie de l’amitié et des coucheries entre voisins au rythme des Rembrandts.
Mais ici, changement de tempo: chanté en mode soul à tirer les mouchoirs, avec un petit air d’Antony & The Johnsons et doté d’un clip des plus accablants, en satire de notre société hyper connectée, la joie des copains se transforme vite en un rappel de votre propre solitude.

L’album Rewind devrait sortir bientôt, album pleurnichard ou pas on verra, mais on voulait partager au moins ce clip avec vous, histoire d’être moins seul.

Bonne humeur dans les coeurs, bienvenue sur le réseau des e-friends // effet Black Mirror garanti.

– Julie Lesage –

 

Top of Rock 2018

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Avec les nouvels ans, viennent les bilans.

Après avoir fait le tour des tracks techno-house qui nous ont fait récemment taper du pied de façon démentielle ici,
nous revoici pour une deuxième salve BEST OF qui reluque, cette fois-ci, du côté de l’Indie Rock.

L’année 2018 a accueilli avec frénésie l’apparition de groupes prometteurs comme MEAN, The Balkanys, Viagra Boys, Olden Yolks, alors que d’autres affirmaient leur présence sur la scène rock avec un album « coup d’éclat », on pense ici à IDLES, Beak>, Cash Savage and the Last Drinks, BirdPen. L’année dernière fut particulièrement chargée pour les rouennais de MNNQNS, qui, détenteurs du Prix Ricard S.A. Music Live, ont tourné dans toute la France et dépassé les frontières en une course haletante.

Une petite playlist s’impose donc pour révision. Nous, on se note bien de continuer à les suivre cette année, car tous ces rockeurs n’ont certainement pas dit leur dernier mot.

Rock on.

P.S: Cette playlist sera mise à jour chaque année. Ca peut être utile de t’y abonner, sur la plateforme de ton choix (Deezer, Spotify, SoundCloud, Soundsgood, YouTube, Qobuzz, …)

WiseMIX, le podcast techno-house

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Le WiseMIX, c’est une émission au studio La Puce à l’Oreille, pendant laquelle je fais part de mes découvertes électroniques voire techno-house à Boris.
A peu près 5 tracks sont sélectionnés tous les mois, parfois plus car les gros coups de coeur ne manquent pas.

Ces podcasts sont en écoute sur Mixcloud, mais aussi sur Soundcloud et même sur iTunes !

– Julie Lesage –

07/2018

Sélection :

Kelly Lee Owens – Bird
Claptone – Abyss of Love
Simian Mobile Disco – Hey Sister
Etienne de Crécy – Work
Gui Boratto – Forgive Me
Âme – Gerne

Best of NIGHT 2018

Vous êtes en famille ? Moi aussi. Joyeux Noël.
Mais comme Vitalic puis Miss Kittin, je rêve cosmique.

2019 l’année de la teuf débarque sous peu et tant mieux. Sauf qu’il arrive parfois, vers 2h du matin, première nuit de l’année, en plein réveillon, on ne sait pas trop bien comment, que trois personnes enjaillées s’emparent de la sono pour s’égosiller raillant avec madame Céline Dion. Une expérience qui m’a déjà traumatisée 2 fois, 2 fois de trop.

J’ai donc cette année décidé de voler à votre rescousse, ou du moins la mienne, en compilant les morceaux qui ont marqué mon dancefloor de salon cette année, BIM : un best of house-disco/techno-house et tout ce qu’il y a à insérer entre les deux. Lancez les confettis, et allumez le bass booster pour la dynamite version Digitalism, Weval, Gui Boratto, Red Axes, Âme, Kölsch, Jono Ma, Moullinex et tant d’autres. La crème de la crème.
Je vous souhaite un extravagant et chaleureux réveillon.

– Julie Lesage –

FYI: Cette playlist sera mise à jour tous les ans sur toutes vos plateformes. Bonne écoute !

WiseList #74 – Top20 des actus musicales

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NOUVEAU ! 
Tu peux désormais suivre et enregistrer cette playlist mensuelle dans tes favoris sur toutes les plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud, Napster, Qobuz, Apple Music, …)
Fini les archives, on la mettra à jour une fois par mois (challenge : 1er du mois)
Merci le progrès…et bonne écoute !

POP >>> INDIE ROCK >>> ELECTRONIQUE

POP

La MirastellaBiches (Paris)
Ouverture atypique avec un groupe stellaire donc farfelu, jouant entre les codes pop des Beatles et la psychée de Forever Pavot, jusqu’à ce qu’une dégringolade noisy te réveille en te tirant par les cheveux. A découvrir dans son ensemble sur leur nouvel album Girasonico.
The Mercy Stone – Wastin’ Time (Californie)
Après leur premier album Ghettoblaster mêlant classique, rock et improvisations jazz de manière expérimentale, les 12 musiciens sortent bientôt une seconde oeuvre, plus accessible de par ses mélodies pop, mais toujours aussi travaillée et originale. The Mercy Stone fait partie de ces groupes qui peuvent révolutionner le paysage de la musique actuelle.
Soul Beach – Sunburn (Marseille)
Après In Vain cet été, on continue d’apprécier le duo sudiste électro avec son EP Hear the Kids.
ROB ONE Tropiques à moi (Courbevoie)
Trop tard, vous allez désormais chanter cette chanson à tue-tête avec votre moue des matins. Découvrez la poésie avant-gardiste de ROB ONE le 15/12 au Zorba.

INDIE-ROCK 

Elisapie– Arnaq (Salluit)
Mme Isaac a cette force émouvante qui nous accapare dans un clip tourné autour des traditions de son village natal inuit, le plus au nord des 14 villages du Nunavik, territoire arctique québécois. Nous aurons la chance de l’accueillir à la Bellevilloise le 4/12 mais pourront également la voir jouer son album The Ballad of the Runaway Girl en entrée libre sur réservation au Centre Culturel Canadien les 6 et 7 pour le festival Aurores Montréal!
BronchoWeekend (Norman)
On revient à la charge avec un 2e extrait de Bad Behaviour, à la fois teen et fiévreux.
Jim Sclavunos remixe Warhaus Beaches  (New York / Belgique)
Quand le batteur américain membre des Bad Seeds (oui ceux de Nick Cave) remixe et joue du saxophone sur un titre instrumental de Warhaus, projet solo de Marteen Devoldere, l’un des 2 leaders de Balthazar (vous suivez?), on plonge dans l’atmosphere des plus légendaires bad movies. Splendide.
Vestale Vestale et Ray Borneo – Les cailloux (Chambon-sur-Lignon)
Comme si Lio broyait du noir sans les cailloux du Petit Poucet. Cette cold wave enfantine est jouissive à sauter pieds joints dans les flaques de boue! Leur EP Pour adultes et adolescents de 4 titres est à découvrir, notamment avec la délirante Les garçons d’école de commerce.
Cash Savage and the Last Drinks – Human, I am (Melbourne)
Définitivement fan de l’attitude engagée du groupe australien, on en remet une couche avec cette fois-ci le premier titre de leur album Good Citizens. On nous a dit dans l’oreillette qu’ils passeraient chez nous en juin…patience.
Mini Mansions – This bullet (Los Angeles)
Mais qu’est-ce qu’il s’est donc passé pour qu’au milieu de leur mini EP poppy Works every time, le bassiste de QOTSA et ses potes pètent un câble et nous secouent avec menaces de la sorte ? Explosion subite et chanson défouloir réussies. Voir leur interview

ELECTRONIQUE

Miss KittinCosmic Address (Grenoble)
Embarquement immédiat à travers les nappes électroniques, vers le Cosmos, nouvel album de Miss Kittin qui retourne comme Vitalic vers une retro electro des années 80-90.
Matthew DearWhat you don’t know (Kingsville)
C’est dans l’album Bunny (6 ans d’attente quand même), que l’on chante à tue-tête le refrain, comme sur un rythme de labeur.
Simple Symmetry  remixe Autarkic Bongos & Tambourines (Moscow/Israel)
Comme Red Axes, les frangins Sasha and Sergey Lipsky ont remixé ce titre sorti chez Disco Halal: duo contre duo, les russes ont gagné !
Ducks! Pinprick In (Australiens installés à Berlin)
Lani Bagley et Craig Schuftan dansent disco et rêvent Dyisney, l’album du duo sortira l’année prochaine.
Plaisir de France remixe La Chatte – Coeur de Pierre (Paris)
On sent que Julien Barthe a pris un malain plaisir à remixer la new wave haineuse du trio parisien, un tube taillé dans le béton gris, pour les clubs.
Mr Mitsuhirato remixe MoullinexLove, love, love (Lisbon/Viseu)
Il faut forcément contre-balancer ensuite avec beaucoup d’amour, Moullinex a été ma révélation scénique 2017, faut absolument que je trouve le temps pour vous décrire le show aérobique de cette sensation portugaise ! (écoutez y’a les petits oiseaux derrière)
Irene DreselGuetotrou (Paris)
Irene n’en finit pas de monter dans la sphère des soirées électroniques parisiennes, notamment grâce aux soirées Les Femmes S’En Mêlent.
HVOBEraser (Vienne)
Magnifique brume profonde techno dans laquelle Anna Müller murmure à partir de la …quatrième minute, soyez patients.
Daniel AveryProjector (London)
Song for Alpha est un album d’expériences auditives plus que de clubbing, Daniel quitte les drones pour des pulsations qui tintent avec résonnances contre vos tympans, rejoignant les travaux d’Aphex twin.
ParadisJe m’ennuie (Paris)
Nostalgie pop et retour en 2012, le duo samplait alors divers films datés de 1958 à 1971 pour son clip. Pourquoi je ressors ca maintenant ? Aucune idée. J’ai du l’entendre en soirée.

– Julie Lesage –

[Image : Capture d’une balade en forêt comme en 1900, organisée par la Mairie de Mitry-Mory et la Compagnie Babylone]

L’autodérision de Henry Hall joue !

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Pour un artiste, il est presque impossible de se faire repérer en envoyant une démo à info@…nova.fr ou lesInrocks.com. Si vous n’avez toujours pas été repéré par un label, il existe une alternative de la seconde chance: envoyer son single sur les plateformes d’écoute comme SubmitHub, HumanHuman, ou le nouveau frenchie Groover, où tous les blogs, magazines et radios sont répertoriés, et demander à ceux-ci un feedback moyennant quelques centimes. C’est sur ce genre de sites, que Henry Hall s’est démarqué de la longue liste de propositions de singles, à l’aide d’un clip tourné en mode autodérision, voire même foutage de gueule.

Entre un horripileux EDM américain qui se voyait déjà en warm up de David Guetta, de jeunes finlandais s’essayant au hard-rock de skater avec un peu trop de fierté dans les mouvements, et une cagole canadienne qui caquetait bien plus haut que ses cordes vocales en surchauffe ne pouvaient l’élever, je suis tombée sur cette vidéo, présentant enfin un peu de modestie :

Henry Hall semble mêler l’humour d’un stand-up à ses chansons, tantôt à la guitare seul dans sa chambre, tantôt sur des textures synthétiques un peu plus élaborées, avec des paroles frôlant l’absurde au premier abord, agrémentées de yeah yeah yeah yeah yeah ou encore La dadada dada da, qui paraissent finalement au deuxième assez ciselées pour refléter quelques vérités sociétales.

Sur le clip de There il moque l’aspect simpliste de sa composition instrumentale, et l’effet opère dès les premières images : le personnage appellerait presque la même sympathie que j’ai pour les pitreries de Mac De Marco sur scène.

Je veux combiner ma musique à une sorte de désespoir humouristique” dit-il sur Nylon. C’est plutôt réussi.

Pourtant, à creuser plus loin, dépassant ses grimaces de façade, force est de constater qu’Henry dispose d’une belle et juste voix, rappelant même parfois feu Prince.

Henry Hall écrit des chansons depuis l’âge de 10 ans, à peine diplômé de Wesleyan University, il déménage à New York pour y présenter son live show et sort son EP My Friends don’t like me en 2016. Son projet attire une certaine attention en ligne, mais pas des masses non plus (2170 followers sur YouTube). Enfin quand même assez pour être placé sur la série Love de Jude Appatow sur Netflix. Puis l’artiste revient à Los Angeles, pour continuer à écrire des chansons et produire des vidéos farfelues, où il lit le texte absurde d’un sachet de gâteaux apéritifs ou encore explique pendant 2 minutes qu’il va boire une petite bouteille d’eau. Sur Spotify, vous trouverez une vingtaine de titres dont certains avec des mélodies qui tiennent franchement la route, comme le très beau Kid, ou les variations du chant de Talk.

Bref c’était la découverte chelou et jolie du jour. Jeune homme à suivre.

– Julie Lesage –

(Ca-)Cadillac quitte Stupeflip pour un projet solo aussi fou

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Surfant sur la vague du retour de Stupeflip, et sans doute aussi sur l’expansion du rap, Stéphane Bellenger aka Cadillac s’éloigne de son copain King Ju et s’émancipe du Stup Crou avec un album solo modestement intitulé Originul dont la sortie est prévue le 16 novembre. Serait-il un type devenu aigri ? Non, puisque de nombreux featuring y inviteront les drôles et stupéfiants. Peut-être l’envie de vociférer un rap brut sur encore plus de morceaux, par ces temps où l’on ne sait plus vraiment comment se faire réellement entendre.

Toujours avec un pointe d’humour, Sébastien révèle son album par la fin de son personnage. Voici son premier extrait : Game Over, qui tourne en dérision notre décomposition afterlife. Dans le clip vidéo, C4C4 est mort, il apparait pourtant mi-dieu à barbe, mi-timbré d’asile, parlant à son costume vide surmonté de la fameuse tête à forme bicorne type Napoléon.

Cadillac bouffe les pissenlits par la racine et se fait lui-même dévorer par les vers, mais ca a l’air presque chouette comme expérience ! On y distingue d’ailleurs une vague ressemblance avec le jeu fou de Denis Lavant dans Holy Motors. C’est malade, décalé, gore mais bon enfant.

Alors Cadillac, ca passe ou ca crac-crac-crac-craque ?

– Julie Lesage –

BEIRUT : premier extrait du nouvel album !

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Zach Condon, la tête pensante de Beirut, dévoilera son cinquième album studio Gallipoli le 1er février 2019. On vous propose l’écoute d’un premier extrait, pendant la lecture d’une lettre de présentation de Zach lui-même. A vos agendas, Beirut sera en concert à Paris le 05/04 !

«  J’habitais dans la loge du gardien de la demeure d’un multimillionnaire purgeant actuellement une peine de 20 ans pour fraude fiscale et financière, entre autres méfaits. Au début de l’hiver 2016, j’ai entamé la composition de ce qui allait devenir Gallipoli sur l’orgue Farfisa. (…) j’ai programmé une session de trois semaines dans un tout nouveau studio à Chelsea, le Relic Room. C’était les jours les plus froids de l’hiver. Une fois les principaux instruments enregistrés, mes camarades Nick Petree (batterie), Paul Collins (basse) et moi-même avons retravaillé chaque note avec des amplificateurs cassés, des échos spatiaux, des systèmes de sonorisation et des vieux magnétophones. Nous avons parfois laissé un synthé tourner en boucle dans la salle d’enregistrement à un volume si fort que nous devions porter des écouteurs sur les oreilles lorsque nous rentrions dans la pièce pour effectuer des réglages. Je voulais que chaque grincement et chaque gémissement des instruments, chaque note désaccordée, chaque bourdonnement d’ampli et chaque dysfonctionnement technique restent incrustés dans les fentes des chansons. 

Au printemps 2017, j’ai répondu à l’appel du nouveau skate park construit quelques mois plus tôt juste en face de mon appartement à Brooklyn. Après quelques jours passés au parc à me familiariser de nouveau avec la planche, j’ai raté un simple trick et suis tombé, me cassant le bras gauche pour la quatrième ou la cinquième fois de ma vie… Une deuxième session en studio à New York était prévue, mais, blessé et déprimé, je l’ai annulée et suis reparti à Berlin. Environ une semaine après mon arrivée, j’ai eu ce que l’on pourrait appeler une épiphanie lors d’une pause cigarette à Prenzlauerberg. J’ai décidé de rester pour de bon. J’ai encore écrit durant six mois, sur un Korg Trident que j’avais loué et d’autre synthés appartenant aux Kaiku studios de la Stralauer Allee.

Pendant sa lune de miel en Italie, Paul avait eu vent d’un grand studio niché dans la région rurale des Pouilles. Avec Paul, Gabe et Nick, nous nous y sommes retrouvés en octobre 2017.(…) nous avons passé entre 12 à 16 heures par jour en studio, avec des excursions d’une journée sur la côte et un régime équilibré composé de pizzas, de pâtes et de piments que nous achetions au chili-man de Lecce. Une nuit, nous sommes tombés par hasard sur une ville insulaire médiévale, Gallipoli. Nous avons suivi une procession où une fanfare, menée par des prêtres portant une statue du saint local, remontait les rues étroites et sinueuses de la ville… » ©Zach Condon

Gallipoli

Etienne Jaumet paie son été indien avec 8 Regards Obliques

 

26 octobre, l’automne arrive par le nord, 10° et pluies (enfin) annoncées. On pensait que l’été indien n’allait jamais se terminer. Étienne Jaumet joue pourtant les prolongations avec son nouvel LP 8 regards obliques, chaleureux et lumineux, idéal pour chiller et faire la nique à Halloween.

CV ET LETTRE DE MODULATION
Ex-Married Monk, pierre angulaire du trio Zombie Zombie, amoureux de machines analo et saxophoniste de formation, ce digne représentant du label Versatile sort un 3e album surprenant. S’il est coutumier des “hommages” à travers différentes interventions deci-delà, à La Philharmonie ou la Gaîté Lyrique, cette fois Jaumet se prend au jeu de revisiter ses hymnes jazz favoris, tout à sa façon, c’est-à-dire de manière libre, inspirée et décomplexée. Cependant cette fois-ci, il est moins question de rendre un hommage respectueux et relativement ressemblant que de se laisser porter par son propre ressenti et en incorporer les souvenirs évanescents ou tenaces dans son propre paradigme musical.

TO BE _ JAZZ _ OR NOT TO BE
Personnellement, j’hésite très franchement à classer cet opus parmi la vague néo-jazz comme le laisse entendre le communiqué de presse. A l’énoncé de cet exercice de style, je me suis forcément demandé si je ne devrais pas écouter les versions originales en parallèle. Et puis non, ceci pour trois raisons : 1) il y a rarement une version “originale” en jazz comme on l’entend dans les autres styles de musique moderne enregistrée ; 2) ce serait tomber bêtement dans une espèce de comparatif bancal et inapproprié ; 3) cela me gâcherait le plaisir de l’écoute neuve et 4) Ok ça fait pas trois, ça me foutrait tout à fait en retard pour rendre ce papier. Et grand bien m’en a fait, ce qui me conforte dans ma 1re idée : il s’agit plus d’un LP électronique que néo jazz, tant il invite à la joie de festoyer en dansant sur des rythmes hautement addictifs et des basses qui font boum à chaque note, avec certes le supplément d’âme du sax.

« JAUMET » SANS MES SYNTHES
On retrouve évidemment toute la rondeur des ondes en dent de scie filtrée, avec parfois ces variations acides (Caravan est une merveille du genre) chères à Jaumet et héritées de la kosmische musik teutonne, tandis que la TR 808 mènent la danse avec une frénésie (Shh peaceful) ou avec une nonchalance (Nuclear war, yeah) sans égales.
Bref, tous les ingrédients de la musique qu’il produit soit en solo, soit avec ses Zombie Zombie sont là sous-tendus par deux principes forts : minimalisme et générosité.
On profite aussi “à plein” de ses talents de saxophoniste, car ici le cuivre est présent dans tous les tracks et prend toute son ampleur, par moments complètement free – autre mot pour expérimental en jazz (Theme from a symphony), le plus souvent simplement chantant, vivace ou chatoyant avec ses volutes introspectives (n’est-ce pas le propre du saxophone de sonder l’âme ?).

LE DON D’OBLIQUITE
En bon fan de Lamonte Young, père du drone (note tenue très longtemps pour favoriser la transe), Jaumet nous emmène souvent dans les contrées des musiques méditatives d’origine indienne. La plupart des morceaux fleurent bon les voyages cosmiques chers à Sun Ra et son Arkestra tout autant que spirituels ou mystiques, comme l’indique son dernier titre (le seul qui ne soit pas une “reprise”). Le tout est réalisé avec une économie de moyens (une boîte à rythme, un ou deux synthés) pouvant seule faire jaillir une telle fraîcheur et une telle énergie communicative. La production confiée à I:Cube (demi-dieu, au sein du label, à mon sens) est également du meilleur effet : sans surcharge, sobre et juste.

Cet album, plus qu’un hommage, est une fête ! Célébrant rien moins que la musique et sa vocation transcendentale donc hautement libératrice, en convoquant sonorités électroniques, mantras méditatifs et évidemment le jazz et sa folie virevoltante, Étienne Jaumet nous partage sa vision, désespérément indispensable en ces temps plus que troubles, en 2 mots : hédonisme cosmique.
Soit, que la fête continue !

– Alexis Cangy –

8 regards obliques d’Etienne Jaumet, paru chez Versatile

En live le 27 novembre au New Morning


Se faire livrer par Amazon:
8 Regards Obliques

PARCELS s’offre Milla Jovovitch

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5 jours après la sortie de leur excellent 1er album éponyme ( à écouter ab-so-lu-ment!) , les 5 australiens défrayent leur funk enjoué et rayonnant avec un film d’horreur.

Le clip du single Withorwhithout est une célébration du « slasher movie » américain façon American Nightmare : des jeunes sadiques, des masques, des armes blanches et un couple plan plan bienheureux qui n’avait rien demandé à personne. Enfin, plan plan, c’est tout sauf ce qu’on imagine de Milla Jovovitch !

« Nous avons rencontré Milla au Festival de Cannes plus tôt cette année quand elle a débarqué à l’un de nos concerts et a absolument enflammé le dancefloor, nous avouant ensuite qu’elle était fan. » PARCELS

Et hop 3 claquements de doigt, 2 pinces de basse, les voici tous ensemble en train de tourner dans une villa d’Hollywood.

Elle est pas chic la vie ? Regarde le clip jusqu’au bout, sinon t’as rien compris.

– Julie Lesage –

 

WiseList #72 – le Top 20 des actus musicales en playlist

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud, Napster, Qobuz, Apple Music, …)

[Image : faune et flore plastique marine…this is happening today. ©wwf]

CREATIONS ELECTRONIQUES ET POP
INDIE / ROCK
DANCEFLOOR

Bonne écoute !

CREATIONS ELECTRONIQUES ET POP

Guilhem DesqLe château magique (Toulouse)
Surnommé le « Hendrix de la vielle à roue », Guilhem nous transporte autant qu’un Chapelier Fou, utilisant un seul et même instrument, qui plus est médiéval et aux oubliettes! L’album Visions sort les 18/10 et le live est prévu pour le 09/03.
Brian Campeau – Loosing friends (Canadien à Sydney)
Quand un dépressif décide de se forcer à faire un album joyeux, rien de mieux que l’appui du meilleur ami de l’homme…
Golden Bug – Viaje a Tenderloin (Barcelone)
Après avoir fait tourner le robot V.I.C.T.O.R un peu partout, ce nouveau track aux allures de création Amon Tobin présage-t-il un nouvel album ? Hâte d’entendre la suite !
Kiasmos remixe JosinCompany (Islande/ Cologne)
Non ce n’est pas un nouveau Thom Yorke, c’est la révélation électro-pop germano-coréenne dont l’écho résonne entre roches et profondeurs abyssales, c’est beau, c’est pur, c’est minéral.
Son Lux – The fool you need (Enough of me) (New-York)
Le trio réussit encore avec brio un équilibre entre la pop émotionnelle et le jazz expérimental, entre la puissance et la fragilité, et à chaque fois, bordel, on est soufflé.
Sophie Hunger– There is still pain left (Berne)
On propose de consoler Sophie lorsqu’elle jouera son nouvel album le 15/10.
Flawd– The Castle (Berne)
On a retrouvé sur une vieille note d’il y a 2 ans qu’il fallait écouter Flawd…merde mais pourquoi on pas écouté avant ?? Tout l’EP Rift 1 est magnifique!! [grosse loose de not’part]

INDIE-ROCK 

LiarsMurdrum (Brooklyn)
Angus Andrew sort une édition deluxe du soporifique TFCF, mais agrémentée d’1 premier disque de 17 nouveaux titres : Titles with the Word Fountain, dont quelques uns reprennent enfin du poil de la bête question rythmique et textures expérimentales!
MIEN– Hocus Pocus (Super-groupe entre The Horrors, The Black Angels et autres…)
Ceci est le premier titre avec lequel Alex Maas (The Black Angels) a commencé son live hier, avant que Rishi Dhir (Elephant Stone) ne s’installe pieds nus pour jouer de la sitar. « I feel so high » donnait tout de suite le ton…(voir le live report)
Shitkid – Oh me I’m never(Stockholm)
Comme une enfant espiègle, Åsa Söderqvist nous prouve que la suède n’est pas toujours clean et peut grincer comme du lo-fi sur son album This is it. Je propose la journée des couettes. Elles passent le 02/10 à l’Alhambra !
Beak> – Brean Down(Bristol)
Le trio krautrock, héritier de Portishead et Massive Attack, sort son 3e album >>> et sera en live à Paris le 02/12. Ici, « Brean Down sonne comme si Nirvana s’incrustait à une convention Bronx B-Boy. » 
CHAI – N.E.O(Nagoya)
On pourrait célébrer l’année du japon avec ce quatuor-ovni aux couleurs acidulées. Leur premier album PINK sortira le 12/10 et présentera une pop engagée pour la diversité des corps, les gyozas, l’huile, mais contre le gaspillage alimentaire bien sûr. A écouter pour une régression vers l’enfance sur riffs de guitares.
Caroline Rose – Money (Long Island)
On continu dans le girl power avec verve, débridé (hum), aux abords de la satire pour un 2e album nommé Loner.
Itchy-O – Black Mist (Denver)
Grosse découverte que ce groupe électronique doté de plus de 50 percussionistes sur scène (!), il s’en dégage une texture mystique, japonisante, carrément dark. Leur album Mystic Spy | Psykho Dojo, produit sur leur propre label suit bien les deux thèmes de son intitulé : l’un ésotérique et cinématographique, genre espionnage, l’autre évoquant la discipline martiale. En plus de l’album, le groupe offre un accès digital pour composer son track à l’aide de 14 vignettes sonores à mixer soi-même. Sérieux, on aimerait bien les voir live en France !

DANCEFLOOR

Savage Gary remixe Warmduscher I got friends (London)
Woohoo, l’heure est à célébrer la chance d’avoir des amis. Ce titre est juste jouissif. BTW who the fuck is Savage Gary ?
Sworn Virgins Burning Off my Clothes(?)
On reconnait bien là le goût du label DeeWee de Soulwax pour les lignes de basse et rythmes ultra groovy, pourtant le mystère reste complet sur ces Sworn Virgins.
N’To Alter ego (Marseille)
Alors en pleine tournée des 5 ans du label Hungry 5 monté avec ses potes Worakls et Joachim Pastor, N’to lâchait sur le net deux nouveaux tracks : Croche et Alter Ego.
Sassy 009 Pretty Baby (Oslo)
Sunny, Tia et Joe, sont trois copines d’écoles qui forment aujourd’hui un trio electro-pop norvégion auquel le monde commence à tendre l’oreille, affaire à suivre.
Aphex TwinMT1 t29r2(Limerick)
Quelqu’un a-t-il jamais expliqué comment Aphex nommait ses tracks ? Bref, le compositeur révolutionnaire a sorti son album Collapse à renfort de com mystérieuse. On en sort cette pépite d’une richesse insoupçonnable : sorte de fourre-tout expérimental où s’imbriquent drum’n bass, mélodie enchanteresse, dark-wave et 8-bit. Un documentaire audio essaie de décrypter le personnage sur la BBC.

BONUS

Lisa GerrardRite of Passage(Melbourne)
La chanteuse de Dead Can Dance s’est associée au percussionniste David Kuckhermann pour son album Hiraeth, j’aurais pas vraiment misé sur l’Australie en entendant cette beauté ! Son groupe lui sera de retour sur scène en mai.

– Julie Lesage –

Qualm – Helena Hauff

 

Originaire de Hambourg, un cursus aux Beaux Arts et un diplôme en Systematic Music Science and Physics (sic!) en poche, celle que Crack Magazine a consacrée en 2017 « The most exciting DJ in the world (right now) » n’en était déjà plus à ses débuts lorsqu’elle sortit son 1er opus Discreet Desires en 2015. A défaut d’un Red Bull, le Pump up the Jam de Technotronic déniché d’occas’ et offert par sa grand-mère lui aurait-il donné des ailes ? Ce que l’on sait c’est que le DJing fait très tôt partie de son ADN, et que les jams minimalistes et nerveuses sur quelques machines analo constituent son modus operandi en terme de production.

LA REINE DES NEIGES – LE RETOUR

Son 1er album Discreet Desires, parlons-en vite, m’avait mis une bonne claque, comme à beaucoup d’autres. Electronica cold en mode post-punk tutoyant l’acide la plus sombre basée essentiellement sur une TR707 fiévreuse comme leitmotiv rythmique et des gimmicks qui fleurent bon la TB 303 a tôt fait d’instituer Helena Hauff comme la nouvelle voix d’une techno minimaliste mais protéiforme, sans concession, viscérale comme le désir, comme on n’en avait pas entendue depuis longtemps.
Son double LP suivant, A tape, est une compilation de ses premières productions, entre 2011 et 2014 donc, souvent saisies lors de lives inspirés. Cette electronica parfois plus convenue, parfois plus joyeuse, laissait cependant déjà entendre que la dame que l’on croyait de glace nourrissait des velléités d’explorer des territoires plus lointains voire abscons, écornant ainsi une étiquette peut-être trop rapidement apposée à son style, trop étroite pour son talent en tout cas, tout en restant fidèle à ses intuitions rythmiques. La (double) dernière galette  parue chez Ninja Tune discrètement cet été en est une preuve supplémentaire.

KEEP QUALM AND MAKE SOME NOISE

Titre ambivalent s’il en est, Qualm signifie en anglais « scrupule » et en allemand LV2 « fumée ». Effectivement on ne saura pas toujours sur quel pied danser tant le spectre abordé est large. Dès le premier track, Helena Hauff annonce la couleur, ce sera très organique voire abrasif. En effet, ce morceau au goût très tribal me rappelle pas mal ce que l’on peut entendre ces temps-ci lorsque l’on passe ses soirées dans les dernières caves parisiennes et autres friches industrielles de l’autre côté du périph’ reconverties en lieux de fêtes libres où le harsh noise est régulièrement mis à l’honneur. La saturation sur les drums est reine, c’est manifeste et ça fait du bien. Même si cela devient une tendance lourde au point que les constructeurs (français, japonais ou danois) intègrent une section overdrive à leur drum machine après l’avoir fait sur leurs synthés, piquant l’idée aux artistes DIY sans le sou qui se débrouillaient jusque-là avec une pédale ou un Tascam 4 pistes K7. Bref, je digresse mais Barrow Boot Boys, Hyper-Intelligent Genetically Enriched Cyborg et No Qualms envoient clairement de la choucroute.

DESIRS DISCRETS

Avec cet album,Helena Hauff va plus loin, en assouvissant ses « désirs discrets » d’expérimentations, ambient d’une part (Entropy Created You And Me, The Smell Of Suds And Steel, Qualm) teintée d’un certain goût pour les musiques de film SF (Fag Butts In The Fire Bucket pourrait très bien être l’OST d’un prochain Carpenter), ou plus inquiétantes, plus troubles, moins identifiables (Primordial Sludge, Panegyric). L’ossature minimaliste n’en reste pas moins prégnante et nous ramène régulièrement à une certaine forme d’urgence primitive et originelle.
Le tout, moins cold et plus charnu, constitue donc une belle mue, à la fois polysémique et polyrythmique pour finir sur un track ambigu, en forme d’interrogation qui dirait « what’s next », quelle saveur aura le prochain disque, ou peut-être à quoi ressembleront les 10 prochaines années, que l’on ne nous prédit pas de très bon augure si l’on en croit les voix grandissantes de la collapsologie.

Pour ma part, je continuerai de suivre le travail de cette jeune femme devenant peu à peu une figure incontournable, comme a pu l’être Ellen Alien à son époque. OK peut-être pas, mais c’est tout le bien qu’on lui souhaite, mais shhh, keep calm, listen and dance…

– Alexis Cangy –

Qualm de Helena Hauff chez Ninja Tune

BONUS \/^^\/

QOTSA – version inédite de The Way You Used to Do

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Ca y est, la clap de fin de la tournée mondiale de Queens Of the Stone Age vient de claquer dans un silence assourdissant. Quelques dates furent mythiques dans l’histoire du groupe comme cette journée au London’s Finsbury Park devant plus de 50 000 têtes brûlées juste avant leur gig au The Reading and Leeds festival au soir, la nomination « tête d’affiche » pour le Madison Square Garden et j’en passe…

Après 128 concerts et plus d’1.7 million de spectateurs giflés, les Villains ont conclu l’épopée de leur 7e album sur une bonne action: un concert intime et acoustique au MONA, le Museum of Old and New Art de Hobart, front de mer historique de la Tasmanie, dont les bénéfices seraient redistribués au Royal Hobart Hospital Paediatrics Ward. L’occasion de filmer une version inédite de leur tube The Way I Used to Do, l’occasion de se focaliser sur cette voix magnifique et si caractéristique du band.

Le lendemain, la bande à Josh Homme s’est donc présentée à l’hôpital pour enfants avec un chèque comportant 10 000$ de la Sweet Stuff Foundation du chanteur, plus 10 000$ des recettes de la veille, ainsi que quelques cadeaux supplémentaires.

Après l’agression d’une photographe par Josh Homme en décembre dernier, le groupe se rachète donc une conduite et termine sa tournée sur une bonne note. Les gars, on vous accorde 4 mois de vacances et après au boulot pour un nouvel album svp. ❤

– Julie Lesage –

Le nouveau THOM YORKE

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Le premier extrait Suspirium est sorti. Toute la stratosphère du secteur musical se rue sur le lien d’écoute, avide d’être à nouveau subjuguée par le génie de Thom Yorke. Après les mystérieux trailers dévoilés ces derniers jours, on peut désormais confirmer la bonne nouvelle : la bande originale du remake de Suspiria (classique des films d’horreurs de Dario Argento datant de 1977) par le réalisateur italien Luca Guadagnino, sortira le 26 octobre via XL Recordings.

Verdict ? C’est joli, une mélancolie pianistique de 4 notes répétitives et la douce voix si chère au succès de Radiohead… Mais bon, quitte à payer un gros cachet pour y faire figurer le nom Thom Yorke, on attendait que l’idole planétaire nous surprenne à nouveau à coup de génie. Pour la revisite d’un classique, Thom Yorke a peut-être choisi de partir sur une composition aux sonorités traditionnelles : chant, piano et quelques accompagnements de Pasha Mansurov à la flûte. Qu’à celà ne tienne nous attendrons donc la sortie de l’oeuvre globale avec curiosité. On devrait y retrouver le thème principal de Suspirium décliné sous plusieurs formes, y apprécier le Choeur et Orchestre Contemporain de Londres. Rendez-vous donc le 26 octobre pour en tergiverser.

– Julie Lesage-

WiseList #71 – Le Top20 des Actus Musicales

Playlist en écoute sur toutes vos plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud, Napster, Qobuz, Apple Music, …)

ELECTRONIQUE AMBIENT
INDIE / ROCK
ELECTRO-HOUSE

Bonne écoute !

ELECTRONIQUE AMBIENT

David AugustD’Angelo (Hambourg)
C’est le premier extrait du nouvel album prévu pour le 05/10, qu’il présentera à Paris le 06/11, un titre qui sonne un peu Nicolas Jaar dans l’aspect jazz noir électronique.
Wu-Lu feat. Binisa Bonner – Sailor (London)
Le multi-instrumentiste Wu-lu a produit son EP N.A.I.S comme une trip-hop au groove lourd, particulièrement propice à une contemplation urbaine.
Stimming – Third of June (Giessen)
En plein montage de l’aftermovie des Rituel Days (à venir), Stimming résonne encore dans les synapses comme un voyage.
GorillazSouk Eye (virtual land ?)
On est d’accord, Gorillaz a perdu de sa superbe, on retiendra tout de même le rythme rumba de Souk Eye agrémenté des gémissements de Damon.
Jono-Ma  & Dreems – Can’t Stop My dreaming (of you) (Sydney)
L’australien de Jagwar Ma s’associe à Angus Gruzman sur l’EP The Dreemas et nous enveloppe d’une torpeur moite avec cette techno minimale aux allures de synth-pop.
Art Feynman– Shelter (Boston)
Après Here We Go Magic, Luke Temple s’est déniché un alias pour tout y expérimenter : du dub au jazz, en passant par la pop, le krautrock, le funk et j’en passe. Un génie se cherche…

INDIE-ROCK 

Bosco RogersAll Wet (Rouen/Hastings)
Superbe clip de synchronisation rythmique surréaliste et absurde, il en faut peu pour nous scotcher à l’écran. Vous avez de la chance, le duo se produira gratuitement le 20/09.
Ty Segall & White Fence– Please don’t leave this town (Laguna Beach)
Segall s’associe à Presley pour son nouvel album, du coup ca sent bien le vieux mais y’a de jolies couleurs kaléidoscopiques.
Birdpen – Oh So Happy (Southampton)
Encore du BirdPen, après promis j’arrête mais avant, on va les voir en concert le 24/11.
The Balkanys – Pink Paddington (Tours)
Sacré nom pour un groupe tout jeune qui replonge dans la mélancolie de Slint avec son post-rock murmuré, et qui n’habite pas Levallois 🙂
Crack Cloud – Drab Measure (Vancouver)
Nouvel album éponyme sorti le 1er juin pour un post-punk gentillet mais ultra rythmé, avec un chanteur-batteur du nom de Zach Choy. On aimerait bien qu’ils viennent nous voir un peu.
Menace Beach – Crawl in Love (Leeds)
Black Rainbow Sound vient de sortir, et si ce premier single comprenant « Love » sent le choeur hippy à plein nez, les synthés criards nous rappellent que c’est pour controverser l’amoncellement de mauvaises nouvelles qui nous écrasent à la journée.
Puts Marie – Catalan Heat (Bienne)
Les 5 suisses sortiront leur nouvel album Catching Bad Temper le 28/09 et le présenteront chez nous le 13/11.
Underworld & Iggy Pop– Trapped (Romford/Muskegon)
L’iguane ridé ne cesse de nous surprendre avec ses collaborations, après son album avec Josh Homme, voici un extrait de son EP avec le duo électro vétéran Underworld, Teatime Dub Encounters, un EP qui aurait très bien pu animer Trainspotting 2!
Fufanu – Listen to me (Reykjavik)
Ce qui est cool avec ce trio c’est qu’on ne sait jamais trop s’ils vont partir vers la techno ou le rock. Ici le leader Kaktus a écrit un dialogue entre lui et son anxiété. Le projet global comporte 3 EP pour 2018: Dialogue I-II-III.

ELECTRO-HOUSE / TECHNO

Róisin Murphy – All my dreams (Arklow)
Sur un groove à la basse pincée made in Fulton, Roisin murmure de façon très sexy, sans parler des percussions qui nous invitent au dancefloor.
Etienne de Crecy Party (Lyon)
Après Work entendu dans la WiseList #69 ou encore dans notre Podcast electro WiseMIX voici le 2e titre du même EP, propre comme le titre ultime d’une soirée lounge.
Bufi – Happy Robot (Mexico)
Entre le vocoder à la Daft Punk et une disco-funk décomplexée, Bufi fait partie de cette nouvelle scène du Mexique à suivre.
Jono-Ma remixe Babe Rainbow Monkey Disco (Sydney/Vancouver)
Cette fois-ci on apporte les enceintes carrément en pleine jungle. Les canadiens avaient annoncé leur tournée avec ce remix. Tu m’étonnes, la classe de se faire remixer par Jono-Ma!
Soul BeachIn Vain (Marseille)
Présentation d’un nouveau duo de Frenchies : DJ Phonkhead aux platines et Sébastien Perrier au chant, qui réveillent Marseille et sa scène électro en douceur, avec leur EP Hear The Kids fraîchement sorti. On leur souhaite un succès tel qu’ils percent sur une recherche Google parmi les pages dédiées au palace mexicain du même nom.

– Julie Lesage –

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