BOARDING HOUSE REACH – JACK WHITE

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Si un groupe débutant à la carrière discographique balbutiante avait eu le génie et le culot de proposer à un label les trois premiers titres de cet album en disant « Voilà, on y est, on a les trois premiers et ce sera dans cet ordre ! », n’importe quel directeur de n’importe quel label aurait forcément fait l’erreur de renvoyer les rookies à leurs répétitions dans le garage de la mamie du batteur en leur répondant un truc du genre « C’est très intéressant et novateur les p’tits chéris mais vous allez dans 3 genres différents en 3 titres, c’est le grand écart, on n’y comprend rien, personne ne suivra. » Arf…

C’est d’ailleurs ce que les gens de chez XL Recordings se sont peut-être dit dans un premier temps mais il s’agissait là de Jack White. Donc on acquiesce en souriant et on accompagne le monsieur, merci, bonsoir. Et on arrête de faire les timides et les apeurés dès qu’on sort des sentiers battus d’un style ou d’un genre; dès qu’on arrive plus à caser le skeud dans le bon bac…

Et on aurait vraiment tort, en tant qu’auditeur cette fois, de ne pas suivre Mister White dans ses nouvelles élucubrations.

Car pas à un seul instant, dans ces 3 premiers titres comme dans toute la suite de ce troisième album solo, on ne perd la patte du compositeur de musique blues qu’est Jack White.

Quel bonheur et quelle sensation de liberté ce doit être de pouvoir se permettre de telles explorations et de telles expériences, parfois dans des styles bien éloignés des rivages sur lesquels on a l’habitude de croiser le gars Jack.

Bref, un album qui ne nécessite pas une ni même deux écoutes mais bien plus que ça et sur lequel on aura plaisir à revenir tout au long de l’année.

Reste à savoir dans quelle mesure et sous quelle forme ces petits trésors de créativité sonore et musicale vont être rendus sur scène. Pour cela, rdv est pris le 4 juillet prochain à l’Olympia. Je reviendrai vous en parler dans ces pages avec, je l’espère, des oreilles nouvellement émerveillées.

Boarding House Reach (Vinyle)
chez XL Recordings.– Boris Chapelle –
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