Blonde Redhead – Barragan

Barragán Blonde Redhead WiseSound

Je me souviens très bien du titre 23 de Blonde Redhead. Depuis, les albums suivants ont été écoutés avec légèreté peut-être inattention, les occupations étaient autres. Les années ont passé, et puis cet automne, on apprend le retour du trio sur scène à Paris le 22 septembre prochain. Bon j’ai ma place pour Sohn le même jour au Café de la Danse, mais tiens ce soir je vais écouter distraitement leur nouvel album, sorti le 02, juste pour voir. Après une intro sur gazouillis d’oiseaux, le neuvième opus Barragan (du nom de l’architecte) commence tout doux avec Lady M et ses percussions de cuisine, mais c’est à partir du troisième que je dresse l’oreille telle un doberman : Dripping, mais ca passe super bien ca ! un petit côté dream pop de chanson groovy entre copains, avec les chants de Simone Pace. Blonde Redhead ne démord pas de son ambiance mystérieuse, mélancolique et qui vous enveloppe dans un cocon, en grande partie grâce au murmure feutré si particulier de Kazu Makino.

The One I Love est d’une absolue tristesse. Désir insatisfait et dépression accompagnés au clavecin. L’électronique complètement absente renforce le sentiment de solitude, jusqu’à ces bruitages étranges de fin. Le titre suivant No More Honey me fait à nouveau lever la tête de mon ordi, je suis baladée par les riffs de guitare d’Amadeo Pace si profonds que la voix de Mikano ne fait que les effleurer. La matière brute côtoie les volutes oisives. Mind to be Had est le morceau le plus long de l’album, également le plus rock. Il tranche un peu avec les autres par les vocales de Simone Pace au nez pincé (oui deux Pace, des jumeaux de surcroît), celles-ci n’arrivent qu’au bout de 3 minutes d’un morceau que l’on croyait instrumental. La track se répète et devient ennuyeuse sans se développer.

Barragan est un album romantique à écouter dans son intégralité pour son ambiance atmosphérique et nonchalante, parfait en bas volume pour finir un dossier du boulot tard le soir à domicile ou pour une lecture du dimanche, il repose l’esprit. En effet, aucun tube, aucun morceau hallucinant ne se détache vraiment de l’œuvre globale. Certains morceaux se ressentent même un peu trop minimalistes et vides. L’album du trio Newyorkais, enregistré et mixé par Drew Brown (Radiohead, Beck, …) s’inscrit dans une recherche indie rock, parfois même jazzy rock, expérimentale et minimaliste.

 

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