Birth of Joy va mieux: interview

.
Les néerlandais Birth Of Joy, sous-titrés « 60s on steroids », sont appréciés pour la réincarnation de The Doors qu’ils représentent en utilisant des claviers vintage, mais aussi pour leur énergie explosive sur scène. Leur concert au Point Ephémère était le coup d’envoi d’une tournée européenne présentant leur 4e album Get Well. Rencontre avec Kevin Stunnenberg, Bob Hogenelst et Gertjan Gutman le long du canal St Martin:

03bddd11

Parlons donc de ce nouvel album. A l’écoute, ce nouvel opus sonne plus sauvage, on perd les claviers spychés de Make Things Happen pour une rage rock. Doit-on y dénoter une évolution?
Je ne suis pas sûr. On n’a en général aucun objectif ou idée générale lorsque l’on commence à écrire, ca vient comme ca, on ne pense pas à tout compiler dans une boîte. Aucune idée de ce que donnera l’album suivant, et tant mieux.

Le dernier album se nommait Prisoner, ce nouveau Get Well…Avez-vous trouvé la liberté que vous recherchiez ?
Ouais le prisonnier s’est échappé et va mieux maintenant.
… mais encore?
(rires) A ce moment, personnellement , je me sentais comme un esprit bloqué. Il est vraiment important de s’évader de ce genre de prison. Le titre du nouvel album Get Well est comme un pied de nez à l’ancien.

Hands Down est le morceau le plus dansant. Son clip video étonne par le contraste entre la music en furie et l’histoire d’une danseuse ballet délicate.
Oui cette illustration de la lutte interne était l’idée des producteurs FilmGasten. Ils cherchaient un effet type Black Swan, entre la frayeur et la dépression, répondant au tempo contrastant entre le rock et la danse. Nous on a trouvé çà plutôt cool.

Aimeriez vous inviter une danseuse sur scène comme vous le faites sur le clip ?
Jamais pensé à çà. Si quelqu’un du public veut nous rejoindre parce qu’il se sent « woohoo », qu’il n’hésite pas. Mais de là à engager un acte spécial, non, ce serait une distraction face à la musique.
En même temps c’est toi, Kevin, qui fait déjà le show !

Choisissez un titre et contez moi pourquoi celui-ci est particulier
Numb. Pendant l’enregistrement du morceau, tout a foiré. Les instruments tombaient, la technique ne fonctionnait pas. Notre producteur a commencé à croire qu’on était maudit où que quelque chose était hanté. Numb a d’ailleurs quelque chose de fantômatique, qui fait froid dans le dos, dans le son comme dans les paroles.

En parlant de froid: j’ai l’impression d’entendre de plus en plus des groupes de rock produire dans des églises. C’est comme si, à défaut de ramener de nouveaux fidèles, ces édifices s’octroyaient une seconde mission, acoustique celle-ci.  Vous l’avez fait pour Prisoner, vous y êtes retourné pour Get Well. A part pour l’exceptionnelle qualité sonore du lieu, y recherchez vous une atmosphère mystique?
C’est sûr qu’un tel lieu apporte l’inspiration. Il y a ce sentiment étrange lorsque tu marches dans le cimetière derrière l’église. C’est l’environnement parfait là-bas. C’est un tout petit village où il ne se passe rien, ennuyeux à souhait, tu peux marcher longtemps et ne jamais rencontrer personne. Et dans le studio, il y a un tas d’instruments déjà branchés,  tu peux tout essayer.

450 concerts furieusement brûlants sur les trois dernières années, si on y ajoute la tournée Européenne de Get Well, vous êtes des acharnés de la scène, où est la fatigue? 
Question énergie, on en gagne aussi en jouant donc le flux est bouclé. Là il est 19h, je suis crevé, mais je sais que dès la première chanson tout à l’heure sur la scène du Point Ephémère, tout ira mieux. Finalement c’est jouer qui donne un coup de fouet. Et puis jouer sur une tournée, tous les soirs, c’est comme s’entraîner sportivement, tu t’y habitues. On préfère largement faire 40 shows d’un coup plutôt que 3 dates puis une semaine de mou puis reprendre…

L’année dernière vous avez enregistré un album live …à l’UBU, la petite salle de Rennes! Pourquoi ce choix?
Notre première venue en France était pour les Rencontres Transmusicales de Rennes et c’est à l’UBU que tout a commencé pour nous: en France, puis en Suisse, puis toute l’Europe…Il y a une bonne atmosphère là-bas, tout le monde nous accueille avec chaleur, danse avec ferveur. Pour nous c’était normal d’y retourner.
Vous avez gardé contact avec Jean-Louis Brossard?
Oh oui, bien sûr! On lui envoie toujours des albums gratuits. Il ne dit jamais rien, mais ça doit être à cause du champagne (rires).

Qu’écoutez-vous en ce moment ?
Bob [batteur]: On est assez différent. Beaucoup de musique africaine pour moi. Vaudou Game de Lyon, c’est très groovy avec de l’afro-beat et beaucoup de rythmique. Après Kevin écoute de la techno.
Kevin [chanteur guitariste]: Mais non c’est pas de la techno, c’est old school et rock-electro à la fois, comme Nine Inch Nails surtout leurs nouveaux travaux qui sont très intéressants.
Gertjan [clavieriste]: Medeski, Martin and Wood

Et chez vous, que se passe-t-il musicalement aux Pays-Bas ? Auriez vous quelques recommandations?
La scène rock hollandaise est assez productive en ce moment. Il y a De Staat, qui ont d’ailleurs aussi joué au Point Ephémère il n’y a pas longtemps. Tu peux aussi écouter Donnerwetter et Jungle By Night.

Merci les gars !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

X