Julie Lesage

Dans le coffre du Camion Bazar

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Camion Bazar fait partie de ces collectifs colorés et joyeux qui ont transformé la fête à Paris, avec Alter Paname, la Ferme du Bonheur, ou encore le merveilleux Otto10 (au bar duquel il n’est pas rare de croiser Benedetta). Dénicheur de friches, jardins et salles des fêtes variées pour y installer leur univers ultra scénographié, le duo nous propose depuis plusieurs années des célébrations alternatives au clubbing qui imposait ses morceaux commerciaux, ses prix, et les sempiternels refus des physios.  Ces diverses tribus pailletées s’activent dans un sens avant tout humain, pour organiser de sacrées après-midi-nuit de partages funky, rires disco, et danses electro.

J’avais rencontré le joli couple de Benedetta et Romain Play lors d’un festival, et l’attitude ouverte et communicative de ces deux là m’avait enchantée.
Malheureusement, un connard m’a volé mon smartphone quelques temps après…et l’interview enregistrée avec. Mon amertume passée, essayons de replonger dans mes souvenirs nuageux, car il me reste au moins la liste de leurs morceaux pépites, de ceux qui ne quittent jamais le coffre du véhicule :

Le titre pour ouvrir un set  
2001 Odissée de l’espace

☁ Je me souviens qu’avant même de s’installer sur le petit salon de jardin que je leur avais réservé, le couple s’était mis à ramasser tous les mégots sur un rayon de 3 mètres alentours.
« Mais c’est pas vrai, les gens font vraiment n’importe quoi! »

Le titre pour se laisser porter les yeux fermés
I think about you – Dj Koze Mix

☁ On a ensuite évoqué leur audace et fantaisie, qu’avec eux on avait l’impression que l’insousciance du jardin d’enfant était encore accessible. Ces rassemblements s’organisant dans la bonne humeur et l’acceptation de l’autre, les moindres tuiles étaient gérées sereinement, même si les afters s’y éternisaient. Pour les organisateurs, le plus difficile est évidemment de trouver l’idyllique lieu sauvage et l’accord des autorités pour s’y installer avec enceintes, induisant nuisances sonores parfois pendant jusqu’à 21 heures d’affilées. Ils m’expliquaient être toujours à l’affût de bons plans et élargir leur réseau de ce fait.

Le titre pour faire chanter le public 
Under Pressure – Queen

Hors emplacement sauvage, le Camion Bazar est aujourd’hui si renommé qu’il a roulé sur de nombreux terrains : Solidays, Pete The Monkey, Calabre, … pour se garer au mieux dans un écrin de verdure éloigné des grandes scènes, au moins champêtre sur des petites scènes à l’instar du pont des croisières Safari Boat. Tout ce bordel à roulette s’exporte même, comme à Hong Kong il y a quelques jours pour le festival SHI FU MIZ !

Mais le Camion ne perd-il pas son identité ambulante, lorsque l’on vous demande de jouer sur scène comme à La Clairière ?
Benedetta : Si, je trouve aussi, dans ce cas on essaie de ramener toute une décoration comme une façade de camion, mais on préfère jouer à l’extérieur, le spot parfait c’est genre près d’un étang.

Le titre le plus sensuel 
Cool Breeze – the Jeremy Spencer Band (Baltic Seaview rework)

☁ Ces fêtes estivales sont bien sûr éreintantes, le couple avoue mettre souvent l’ambiance sur des après-midi et nuits entières, et enchainer les festivals d’été tout en conduisant entre chaque set. L’automne est ainsi la bienvenue pour lever le pied de la pédale.
Ceci sans compter les préparations de l’univers féérique de chaque événement, auxquelles Benedetta s’attelle avec beaucoup de coeur, sans parler du temps de confection des costumes et de l’invention de jeux régressifs comme jubilatoires. Elle porte ce jour là une combi de velours vert, on lui demande où elle shope ses tenues si originales:

Benedetta : « Je fais beaucoup les friperies vintages, sinon y’a une super griffe, va sur le site de Jaded London. Au Macki festival, on a également fait la connaissance de Ultra Violet qui avait un stand, ils font de chouettes pièces. Et va voir TeddyBeurk, c’est super drôle: Lucile fait des bandeaux à l’aide de peluches ! »

Le titre qui engage des chorégraphies barrées 
Saetta – Fango

☁ Dans leur cabane à moteur exigüe, leur nom ne faisant pas défaut, un sacré foutoir s’amasse, liant l’utile, l’accessoire fêtard et surtout les objets fétiches emplis des meilleurs souvenirs. Mais leur chouchou depuis quelques mois c’est Jacky, leur petit chien qui est de toutes les parties, au risque de pisser parfois sur la scène …

Le Camion Bazar est devenu depuis la rentrée un « gang », ce qui permet à Romain Play d’inviter d’autres amis poseurs de son, ainsi que des musiciens, à la fête déjà déjantée. Le gang lancera d’ailleurs ses paillettes d’amour au NF-34 (les anciennes Nuits Fauves) jeudi 13 décembre, et célébrera la nouvelle année au Badaboum pour le décompte au cul du camion de 824h.

Le titre indétronable 
Only you – Frankie Francis Disco jam mix

☁ Lorsque je commence à poser des questions sur les titres préférés à passer pour un set:
Romain Play: « Ah. Alors moi j’ai un problème, c’est que je ne connais pas le nom des titres que je passe, je peux très bien te répondre « le disque rouge avec une voiture dessus ». Alors je t’enverrai les morceaux pour chacune de tes questions par mail. »

Romain Play connaîtrait ses artistes par coeur, vous n’auriez jamais lu cette interview, car tous les titres auraient été volés en même temps que mon téléphone, dans l’enregistrement précieux. Comme quoi, c’est facile de toujours garder le côté positif des coïncidences !

☁ Le souvenir le plus clair est la dernière réponse prononcée lors de cette rencontre:

Un message aux lecteurs pour la fin ?
Benedetta: « Oui, arrêtez de manger de la viande ! »

– Julie Lesage –
Merci à Romain et Benedetta pour leur patience, j’ai mis un peu de temps à le publier, cet article …
[Photo de l’interview : ©Mathieu Foucher
Photo promo en une: ©Flavien Prioreau]

Le titre pour fermer un set 
Outro – Ultra Vomit

Programmateur des Trans : le job rêvé

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Les Rencontres Transmusicales de Rennes viennent de commencer. On a donc appelé le bureau des Trans, afin que Mathieu Gervais, assistant programmation de Jean-Louis Brossard, nous mette dans le bain avant de prendre le train direction la ville de la galette saucisse.

Ca va, pas trop dans le rush?
Oh tu sais, c’est la dernière semaine, on est zen. On commence demain avec la création d’ Aloïse Sauvage à l’Aire Libre. [Révélée au public dans 120 battements par minute] Et on enchaîne dès mercredi à l’Ubu, pour mon anniversaire.
Tu vas donc passer une belle semaine !
Oui,  au calme.
Tu vas dormir combien d’heure par nuit ce week-end ?
3-4 heures, ca va être juste.

**Voir directement les 5 coups de coeur de Mathieu pour les Trans 2018

LE JOB

Racontes moi le début de ton aventure, comment as-tu intégré l’équipe des Transmusicales ?
J’ai rencontré Jean-Louis Brossard alors que j’étais manager et booker d’artistes. Je m’occupais de The Wankin’ Noodles, des Popopopops, avec qui on est parti sur une session des Trans Export en Russie, et là-bas avec Jean-Louis, on s’est découvert des goûts en commun, sur la musique, sur le jazz mais pas que, sur la cuisine, et la fête aussi. Et puis un jour après avoir travaillé dans une agence de booking, j’ai téléphoné à Jean-Louis pour lui demander si il avait eu vent de postes à pourvoir dans la production ou la programmation et il m’a répondu : « Bah tu tombes bien ! Mon assistant vient de m’annoncer qu’il quittait la boite, on se voit cet aprem, tu viens bosser. » Je travaille depuis sur la programmation des Trans et de l’Ubu [salle de concert rennaise], en binôme avec le directeur, je suis présent à la fois au bureau et à la salle pour chaque concert, et on se déplace également ensemble pour aller voir ce qui se passe ailleurs en local, en national, ou a l’étranger.

Le festival bat son plein cette semaine, mais c’est aussi le métier d’une année de préparation. Par exemple, que se passe-t-il dès janvier dans le bureau des Trans ?
On attaque très rapidement mi-janvier par une visite à l’Eurosonic, gros festival de showcases à Groningen. Déjà ca prend bien une semaine d’écouter les 350 groupes en amont et préparer notre programme de visites, le 7 janvier faut qu’on soit la tête dans les écoutes. En fait une fois l’édition des 40 ans terminées, on sera déjà en train de penser à la suivante. Et puis évidemment il y a aussi la programmation de l’Ubu qu’il faut continuer tout au long de l’année.

Comment découvrez-vous ces groupes qui viennent de très loin comme les Dizzy Brains qui n’avaient jamais décollé de Madagascar avant 2016 ?
On travaille pas mal avec des agents, eux se déplacent beaucoup pour récupérer des groupes d’ailleurs et nous envoient des propositions ensuite. On est également à l’écoute de toute suggestion, que ça vienne de quelqu’un dans le public qui nous file un disque, ou d’un ami journaliste. Pour les Dizzy Brains, c’est un pote de JLB qui travaillait à Madagascar qui nous a envoyé le son. Jean-Louis a le final cut, et moi j’essaie de lui ramener un maximum de belles découvertes. Et à deux, on n’est pas de trop car il y a une espèce de facilité de production aujourd’hui qui nous submerge: quelqu’un peut très bien s’enregistrer chez soi, te faire un MP3 et te l’envoyer par mail, on écoute tout parce qu’on ne veut rien laisser au hasard.

Est-ce qu’il t’es déjà arrivé d’avoir un live merdique qui ne correspond pas du tout au son que tu avais écouté à l’avance ?
Il m’est arrivé une fois de me rendre compte que la formation avait changé et les morceaux avaient été adaptés au départ de musiciens, mais un truc bon en studio qui devient une daube sur scène, non et on y fait super attention. On demande toujours une vidéo d’un live. On les brief aussi lors de la rencontre, car pour des petits groupes qui n’ont jamais joué devant plus de 100 personnes, jouer dans un hall de 4000 personnes ne demande pas la même performance.

Quels sont les 3 impératifs pour etre programmé aux Trans ?

  1. Que ce soit un coup de coeur
  2. Que les musiciens soient talentueux
  3. Que ce soit novateur

Et tu parlais des Trans Export en Russie ? quesako ?
Oui Les Trans s’exportent, irrégulièrement. Il a eu Les Trans également en Chine en 2005, c’était le premier festival de cette ampleur en Chine, ainsi que Les Trans en République Tchèque, Ca ne s’organise pas chaque année, pour la prochaine, on est encore en réflexion.

LE CASQUE VISSÉ SUR LES OREILLES

Le festival fétiche que tu ne manqueras jamais
The Great Escape à Brighton, c’est un festival dont on ramène chaque année quelques artistes. C’est vraiment un événement international, contrairement à l’Eurosonic qui est plus centré sur l’Europe. Tu peux avoir des groupes d’Amérique du Sud, d’Asie, de partout. Il y a énormement de choses donc il faut bien écouter en amont, bien se préparer, et une fois là-bas c’est 5 jours de course totale entre les salles. Sous le vent et la pluie en général. (rires)

Ta plus grosse claque 2017 ?
Y’en a trop ! Confidence Man était une grosse claque, Too Many T’s la réponse anglaise aux Beastie Boys, Moon Hooch les américains étaient assez hallucinant, Zeal & Ardor les suisses qui font du blues métal, ouais on s’est pris quand même beaucoup de claques l’année dernière !

Un groupe étranger avec qui tu es devenu ami ?
Je revois souvent Puts Marie dont j’aime beaucoup le chanteur avec qui je m’entends bien, je les ai revus au Canada, en Suisse , et le chanteur est d’ailleurs revenu l’année derniere avec un autre projet : Mister Milano. Après c’est compliqué de garder vraiment ce type de relation car on est toujours en mouvement, mais on est toujours super content de revoir les groupes.

T’es-t-il déjà arrivé de te mordre les doigts car tu as voulu programmer un groupe qui n’a pas été retenu au final, et qui a fait un carton par la suite ?
Ca peut des fois (rires), mais je peux aussi retenter l’année d’après, quand le projet est un peu plus mûr. Comme Nova Materia cette année: on en avait déjà parlé l’année dernière. [En concert à Paris la semaine prochaine, nous on y sera ;)] Mais de grands regrets non jamais, on arrive toujours à trouver un moyen d’une année sur l’autre. Après si on a pas mis le doigt sur quelque chose qui a explosé, c’est peut-être aussi que niveau artistique ça nous plaisait pas plus que çà…

Dans le documentaire Ce qui se joue la nuit de Damien Stein , Jean-Louis conduit et dit : « le jour où je vais décider d’arrêter, je lui laisserai les mains libres » en parlant de toi. Alors vocation à vie, tu es prêt ?
Plus que jamais! Après ce sera pas forcément la même chose, ca me ressemblera plus, avec peut etre d’autres styles de groupes qui m’auront chatouillé les oreilles, mais bien evidemment ouais à 100%.

40 BOUGIES CE WEEK-END POUR LE FESTIVAL

Les Trans atteignent la maturité cette année, comment se traduit cet anniversaire ?
On s’est fait plaisir sur la programmation, j’espère que ca va bien se transmettre. On a augmenté le budget artistique cette année: on s’est permis d’inviter des groupes avec de nombreux musiciens et qui viennent de loin. C’est tout de suite pas le même budget quand tu rajoute 6 billets d’avion pour un groupe… On a même un groupe rennais de 17 bretons : Nâtah Big Bang. Pas de feu d’artifice de prévu mais des surprises, comme peut-être des featuring inattendus…[Samedi Hall 8 22h]

Un seul mot qui qualifierait le mieux Les Transmusicales par rapport à tous les autres festivals de France ?
Nouveauté

C’est sans doute le festival le plus éclectique, vous dites aimer tous les genres de musique. C’est possible ca ?
Ouais bien sûr, y’a du bon dans tous les styles. Ces derniers temps on a trouvé beaucoup de choses intéressantes dans les pays africains et asiatiques, après la scène locale est toujours foisonnante que ce soit en rock ou pop, et puis il y a les nouveautés hybrides, qui vont mêler plusieurs genres. Par exemple cette année, on accueille The Naghash Ensemble, avec trois chanteuses lyriques qui reprennent des musiques traditionnelles arméniennes. On veut surtout proposer des talents particuliers, sans aucun barrière sur le style. [Vendredi 23h30 Hall 8]

Tes 5 groupes préférés de ce week-end ?
Impossible ! Ce ne sont que des groupes préférés !

Je dirais Disiz La Peste avec ce nouvel album qui est vraiment une bombe absolue, un album très électronique, qui ose. On n’est pas sur un truc de rap commun c’est beau, puissant et très introspectif. Pour moi, c’est l’album de sa carrière. [Jeudi 22h30 Hall 3]

Il y a Les Louanges que j’adore qui est un jeune groupe québécois. Ca chante en anglais, en francais, je trouve que leurs chansons sont magnifiques, ça groove, avec des synthés bien posés, la voix est chouette, y’a un vrai truc. [Tous les soirs à l’Aire Libre]

Il y a également Saodaj que j’aime beaucoup, qui nous vient de La Réunion: un groupe maloya avec d’autres influences, c’est assez percussif, avec deux voix sublimes. [Samedi à l’Etage / Gratuit]

Ensuite Vurro, et homme-orchestre qui dans le piano boogie avec un crâne sur la tete, et qui joue les cymbales avec ses cornes, c’est assez magique a voir, c’est completement fou ! [Vendredi à 22h45 Hall 3]

…et en rock The Surrenders que j’ai vu d’ailleurs au Great Escape et là on a un chanteur super charismatique, de purs musiciens, c’est rock & blues, ça peut te rappeler des mecs comme Kravitz dans l’énergie, il a d’ailleurs une voix de malade, [Vendredi Hall 3 02h45]
mais dire que ce sont mes 5 préférés je ne peux pas  !

Merci Mathieu pour ton précieux temps, je monte dans le train et j’arrive.
– Julie Lesage –

[Photo en une: extraite du documentaire de Damien Stein,
Portrait noir et blanc : ©Ben Pi]

WiseList #74 – Top20 des actus musicales

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NOUVEAU ! 
Tu peux désormais suivre et enregistrer cette playlist mensuelle dans tes favoris sur toutes les plateformes
(Deezer, Spotify, YouTube, Soundcloud, Napster, Qobuz, Apple Music, …)
Fini les archives, on la mettra à jour une fois par mois (challenge : 1er du mois)
Merci le progrès…et bonne écoute !

POP >>> INDIE ROCK >>> ELECTRONIQUE

POP

La MirastellaBiches (Paris)
Ouverture atypique avec un groupe stellaire donc farfelu, jouant entre les codes pop des Beatles et la psychée de Forever Pavot, jusqu’à ce qu’une dégringolade noisy te réveille en te tirant par les cheveux. A découvrir dans son ensemble sur leur nouvel album Girasonico.
The Mercy Stone – Wastin’ Time (Californie)
Après leur premier album Ghettoblaster mêlant classique, rock et improvisations jazz de manière expérimentale, les 12 musiciens sortent bientôt une seconde oeuvre, plus accessible de par ses mélodies pop, mais toujours aussi travaillée et originale. The Mercy Stone fait partie de ces groupes qui peuvent révolutionner le paysage de la musique actuelle.
Soul Beach – Sunburn (Marseille)
Après In Vain cet été, on continue d’apprécier le duo sudiste électro avec son EP Hear the Kids.
ROB ONE Tropiques à moi (Courbevoie)
Trop tard, vous allez désormais chanter cette chanson à tue-tête avec votre moue des matins. Découvrez la poésie avant-gardiste de ROB ONE le 15/12 au Zorba.

INDIE-ROCK 

Elisapie– Arnaq (Salluit)
Mme Isaac a cette force émouvante qui nous accapare dans un clip tourné autour des traditions de son village natal inuit, le plus au nord des 14 villages du Nunavik, territoire arctique québécois. Nous aurons la chance de l’accueillir à la Bellevilloise le 4/12 mais pourront également la voir jouer son album The Ballad of the Runaway Girl en entrée libre sur réservation au Centre Culturel Canadien les 6 et 7 pour le festival Aurores Montréal!
BronchoWeekend (Norman)
On revient à la charge avec un 2e extrait de Bad Behaviour, à la fois teen et fiévreux.
Jim Sclavunos remixe Warhaus Beaches  (New York / Belgique)
Quand le batteur américain membre des Bad Seeds (oui ceux de Nick Cave) remixe et joue du saxophone sur un titre instrumental de Warhaus, projet solo de Marteen Devoldere, l’un des 2 leaders de Balthazar (vous suivez?), on plonge dans l’atmosphere des plus légendaires bad movies. Splendide.
Vestale Vestale et Ray Borneo – Les cailloux (Chambon-sur-Lignon)
Comme si Lio broyait du noir sans les cailloux du Petit Poucet. Cette cold wave enfantine est jouissive à sauter pieds joints dans les flaques de boue! Leur EP Pour adultes et adolescents de 4 titres est à découvrir, notamment avec la délirante Les garçons d’école de commerce.
Cash Savage and the Last Drinks – Human, I am (Melbourne)
Définitivement fan de l’attitude engagée du groupe australien, on en remet une couche avec cette fois-ci le premier titre de leur album Good Citizens. On nous a dit dans l’oreillette qu’ils passeraient chez nous en juin…patience.
Mini Mansions – This bullet (Los Angeles)
Mais qu’est-ce qu’il s’est donc passé pour qu’au milieu de leur mini EP poppy Works every time, le bassiste de QOTSA et ses potes pètent un câble et nous secouent avec menaces de la sorte ? Explosion subite et chanson défouloir réussies. Voir leur interview

ELECTRONIQUE

Miss KittinCosmic Address (Grenoble)
Embarquement immédiat à travers les nappes électroniques, vers le Cosmos, nouvel album de Miss Kittin qui retourne comme Vitalic vers une retro electro des années 80-90.
Matthew DearWhat you don’t know (Kingsville)
C’est dans l’album Bunny (6 ans d’attente quand même), que l’on chante à tue-tête le refrain, comme sur un rythme de labeur.
Simple Symmetry  remixe Autarkic Bongos & Tambourines (Moscow/Israel)
Comme Red Axes, les frangins Sasha and Sergey Lipsky ont remixé ce titre sorti chez Disco Halal: duo contre duo, les russes ont gagné !
Ducks! Pinprick In (Australiens installés à Berlin)
Lani Bagley et Craig Schuftan dansent disco et rêvent Dyisney, l’album du duo sortira l’année prochaine.
Plaisir de France remixe La Chatte – Coeur de Pierre (Paris)
On sent que Julien Barthe a pris un malain plaisir à remixer la new wave haineuse du trio parisien, un tube taillé dans le béton gris, pour les clubs.
Mr Mitsuhirato remixe MoullinexLove, love, love (Lisbon/Viseu)
Il faut forcément contre-balancer ensuite avec beaucoup d’amour, Moullinex a été ma révélation scénique 2017, faut absolument que je trouve le temps pour vous décrire le show aérobique de cette sensation portugaise ! (écoutez y’a les petits oiseaux derrière)
Irene DreselGuetotrou (Paris)
Irene n’en finit pas de monter dans la sphère des soirées électroniques parisiennes, notamment grâce aux soirées Les Femmes S’En Mêlent.
HVOBEraser (Vienne)
Magnifique brume profonde techno dans laquelle Anna Müller murmure à partir de la …quatrième minute, soyez patients.
Daniel AveryProjector (London)
Song for Alpha est un album d’expériences auditives plus que de clubbing, Daniel quitte les drones pour des pulsations qui tintent avec résonnances contre vos tympans, rejoignant les travaux d’Aphex twin.
ParadisJe m’ennuie (Paris)
Nostalgie pop et retour en 2012, le duo samplait alors divers films datés de 1958 à 1971 pour son clip. Pourquoi je ressors ca maintenant ? Aucune idée. J’ai du l’entendre en soirée.

– Julie Lesage –

[Image : Capture d’une balade en forêt comme en 1900, organisée par la Mairie de Mitry-Mory et la Compagnie Babylone]

L’autodérision de Henry Hall joue !

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Pour un artiste, il est presque impossible de se faire repérer en envoyant une démo à info@…nova.fr ou lesInrocks.com. Si vous n’avez toujours pas été repéré par un label, il existe une alternative de la seconde chance: envoyer son single sur les plateformes d’écoute comme SubmitHub, HumanHuman, ou le nouveau frenchie Groover, où tous les blogs, magazines et radios sont répertoriés, et demander à ceux-ci un feedback moyennant quelques centimes. C’est sur ce genre de sites, que Henry Hall s’est démarqué de la longue liste de propositions de singles, à l’aide d’un clip tourné en mode autodérision, voire même foutage de gueule.

Entre un horripileux EDM américain qui se voyait déjà en warm up de David Guetta, de jeunes finlandais s’essayant au hard-rock de skater avec un peu trop de fierté dans les mouvements, et une cagole canadienne qui caquetait bien plus haut que ses cordes vocales en surchauffe ne pouvaient l’élever, je suis tombée sur cette vidéo, présentant enfin un peu de modestie :

Henry Hall semble mêler l’humour d’un stand-up à ses chansons, tantôt à la guitare seul dans sa chambre, tantôt sur des textures synthétiques un peu plus élaborées, avec des paroles frôlant l’absurde au premier abord, agrémentées de yeah yeah yeah yeah yeah ou encore La dadada dada da, qui paraissent finalement au deuxième assez ciselées pour refléter quelques vérités sociétales.

Sur le clip de There il moque l’aspect simpliste de sa composition instrumentale, et l’effet opère dès les premières images : le personnage appellerait presque la même sympathie que j’ai pour les pitreries de Mac De Marco sur scène.

Je veux combiner ma musique à une sorte de désespoir humouristique” dit-il sur Nylon. C’est plutôt réussi.

Pourtant, à creuser plus loin, dépassant ses grimaces de façade, force est de constater qu’Henry dispose d’une belle et juste voix, rappelant même parfois feu Prince.

Henry Hall écrit des chansons depuis l’âge de 10 ans, à peine diplômé de Wesleyan University, il déménage à New York pour y présenter son live show et sort son EP My Friends don’t like me en 2016. Son projet attire une certaine attention en ligne, mais pas des masses non plus (2170 followers sur YouTube). Enfin quand même assez pour être placé sur la série Love de Jude Appatow sur Netflix. Puis l’artiste revient à Los Angeles, pour continuer à écrire des chansons et produire des vidéos farfelues, où il lit le texte absurde d’un sachet de gâteaux apéritifs ou encore explique pendant 2 minutes qu’il va boire une petite bouteille d’eau. Sur Spotify, vous trouverez une vingtaine de titres dont certains avec des mélodies qui tiennent franchement la route, comme le très beau Kid, ou les variations du chant de Talk.

Bref c’était la découverte chelou et jolie du jour. Jeune homme à suivre.

– Julie Lesage –

Villagers, aussi molletonneux qu’un plaid en hiver

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C’est sur une cacophonie de voix enregistrées, telle une overdose de news les unes étouffant les autres, que l’idole irlandaise Conor O’Brien, guitare usée en main droite, verre de vin rouge pour la gauche, est arrivé sur scène suivi de ses musiciens: Danny Snow avec sa basse, les gallois Mali et Gwion Lleywkyn s’installant respectivement au clavier et à la batterie, et l’anglais Marcus Hamblett rejoignant son espace clavier/machines électroniques.
Et le Sweet Saviour de commencer, le Royaume-Uni étant ainsi presque reconstitué, à nous murmurer des douceurs comme sur l’oreiller, si bien qu’en quelques secondes les visages en fosse se défroncent.

En effet, la voix si affectueuse de VILLAGERS a ce don de détendre vos muscles, d’annihiler toute l’activité effervescente et stressante de votre journée de bureau au son d’une lumineuse soul-folk, et vous autorise enfin à lâcher du mou.
Again, le chanteur évolue vers les tons les plus aigus en douceur, jusqu’à faire trembler ses lèvres sur « As I feeeeeeel it ripple » sans tomber dans le surjeu agressif des cordes vocales, et c’est heureux, cette ambiance intimiste. La fin du premier morceau de son nouvel album The Art of Pretending to Swim, paru chez Domino et dont les formes géométriques et colorées sont décalquées au sol,  s’apparenterait presque à un instant de corrida, la guitare élevée sous le cou, au-dessus du public du Trabendo.

Batteur et bassiste au 2e plan se distinguent difficilement, car A Trick of the light éclaire essentiellement le chanteur-guitariste, qui élève la voix au fur et à mesure, comme en résistance graduelle contre la batterie montante. I saw the dead présente ainsi une fin en envolée, contrairement à la version studio.

Il eût été facile de s’attendre à un concert statique et soporifique, mais contre toute attente Brian semble avoir le sang chaud d’un echidé couler en lui, toquant sur le bois de sa guitare, chantant parfois loin de son micro, mais surtout, profitant de chaque instant hors micro pour nous offrir un petit trot de parade, quelques chaloupés d’avant en arrière, il a plutôt la bougeotte pour son style slow life. Love came with all that it brings.

Pourtant Conor est fatigué ce soir, apparemment leur concert de la veille s’est terminé sur beaucoup de verres, une perte de souffle dans l’une des deux trompettes de Marcus et Gwion (habituellement pour les choeurs) , et une collision avec une voiture de police. Wait what ? On l’imaginait pas si Fool ! Bref notre chanteur a perdu la voix, pas la foi, et persiste.

Le compositeur nous explique qu’Ada est une ode love/hate dédiée à Ada Lovelace, mathématicienne britannique qui a découvert le premier algorithme mécanique, se basant sur les travaux de Charles Babbage. La fautive, donc, de notre asservissement à ces machines de calcul. La soirée a beau être chaleureuse et humaine, le smartphone est en effet au creux de beaucoup de paumes…

Memoir  nous rappelle ensuite cette chanson écrite pour Charlotte Gainsbourg en 2011. Nous sommes lovés à l’abri du froid, en concert cocooning auquel nombreuses sont les personnes venues en couple, se cajolant doucement et chantant par coeur Hot Scary Summer.

Il est toujours suprenant de se rendre compte que la majorité du public est fan des chansons que toi tu trouves les moins touchantes ou beaucoup trop simples question accords de guitare, un effet désagréable provenant des ondes radio sans doute… J’aurai bien accueilli un peu plus de morceaux du premier album, également. L’éternelle frustration des fans de la première heure à tout concert de 4e album, me direz-vous. Pas faux.

J’accorde cependant un bon point aux nouvelles nappes et nuances électroniques qu’apporte désormais Marcus. Cette évolution apparue au dernier album feutre dans une ambiance cinématographique la mélancolie pluvieuse de Dublin. A ma gauche justement, une irlandaise chante les mains jointes en prière, aussi mignonne qu’une jeune fille de manga aux yeux humides en forme de coeur, et joint l’élan public sur Courage, à la fois rassembleur et si intime à chacun. C’est d’ailleurs le refrain qui restera en tête après le concert, comme un message intérieur et positif que l’on voudrait si persuasif.

Au fur et à mesure de son concert, le chanteur demande la participation de son public sur les notes les plus aigües lorsque Nothing arrived, au rappel. « Now, guys, squeeze your balls, and girls …just sing » et les spectateurs d’élever tout doucement la voix sur « I guess I was busyyyyyyy« . C’est beau, cette entraide a capella lors d’un seul en scène, imbriquée dans un silence des plus respectueux. Mais il est temps que le concert se finisse, la plus grande valeur du cocooning réside dans sa mesure. Point trop n’en faut, pour l’apprécier avec béatitude, sans pour autant tomber dans l’ennui apathique…

Julie Lesage

Photos de Laurence Fournier
Vidéos d’ Isa Tagada

VILLAGERS - The Art Of Pretending To Swim

Ton invit’ pour BEN KLOCK au T7

Pour le samedi 15 décembre au T7,
parc des exposition de la porte de Versailles, Paris.

TECHNO
Superbe programmation pour finir l’année au T7. Après Amélie lens, c’est au tour de Ben Klock de jouer parmi les néons avec vue sur la Tour Eiffel. Résident du Berghain à Berlin,Ben Klock est aujourd’hui une figure de la techno minimale allemande.

Si tu ne vois pas le bouton rouge pour réserver, désactive 1 minute ton adblock.

 


TENTE TA CHANCE pour gagner ton invitation, en seulement 2 étapes:

1. Like notre page Facebook
2. Envoie nous un mail à contact@wisesound.fr en précisant l’objet ainsi que ton nom, ton prénom.

Plutôt simple, pas de questionnaire, pas de dessin à faire.
…et si en plus, tu partageais le concours via Facebook, Twitter ou autre, ce serait super sympa, nous permettant plus de visibilité, donc plus de partenariats et plus de places à faire gagner pour les prochains concerts! Les gagnants seront prévenus la veille par mail.

(Ca-)Cadillac quitte Stupeflip pour un projet solo aussi fou

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Surfant sur la vague du retour de Stupeflip, et sans doute aussi sur l’expansion du rap, Stéphane Bellenger aka Cadillac s’éloigne de son copain King Ju et s’émancipe du Stup Crou avec un album solo modestement intitulé Originul dont la sortie est prévue le 16 novembre. Serait-il un type devenu aigri ? Non, puisque de nombreux featuring y inviteront les drôles et stupéfiants. Peut-être l’envie de vociférer un rap brut sur encore plus de morceaux, par ces temps où l’on ne sait plus vraiment comment se faire réellement entendre.

Toujours avec un pointe d’humour, Sébastien révèle son album par la fin de son personnage. Voici son premier extrait : Game Over, qui tourne en dérision notre décomposition afterlife. Dans le clip vidéo, C4C4 est mort, il apparait pourtant mi-dieu à barbe, mi-timbré d’asile, parlant à son costume vide surmonté de la fameuse tête à forme bicorne type Napoléon.

Cadillac bouffe les pissenlits par la racine et se fait lui-même dévorer par les vers, mais ca a l’air presque chouette comme expérience ! On y distingue d’ailleurs une vague ressemblance avec le jeu fou de Denis Lavant dans Holy Motors. C’est malade, décalé, gore mais bon enfant.

Alors Cadillac, ca passe ou ca crac-crac-crac-craque ?

– Julie Lesage –

BEIRUT : premier extrait du nouvel album !

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Zach Condon, la tête pensante de Beirut, dévoilera son cinquième album studio Gallipoli le 1er février 2019. On vous propose l’écoute d’un premier extrait, pendant la lecture d’une lettre de présentation de Zach lui-même. A vos agendas, Beirut sera en concert à Paris le 05/04 !

«  J’habitais dans la loge du gardien de la demeure d’un multimillionnaire purgeant actuellement une peine de 20 ans pour fraude fiscale et financière, entre autres méfaits. Au début de l’hiver 2016, j’ai entamé la composition de ce qui allait devenir Gallipoli sur l’orgue Farfisa. (…) j’ai programmé une session de trois semaines dans un tout nouveau studio à Chelsea, le Relic Room. C’était les jours les plus froids de l’hiver. Une fois les principaux instruments enregistrés, mes camarades Nick Petree (batterie), Paul Collins (basse) et moi-même avons retravaillé chaque note avec des amplificateurs cassés, des échos spatiaux, des systèmes de sonorisation et des vieux magnétophones. Nous avons parfois laissé un synthé tourner en boucle dans la salle d’enregistrement à un volume si fort que nous devions porter des écouteurs sur les oreilles lorsque nous rentrions dans la pièce pour effectuer des réglages. Je voulais que chaque grincement et chaque gémissement des instruments, chaque note désaccordée, chaque bourdonnement d’ampli et chaque dysfonctionnement technique restent incrustés dans les fentes des chansons. 

Au printemps 2017, j’ai répondu à l’appel du nouveau skate park construit quelques mois plus tôt juste en face de mon appartement à Brooklyn. Après quelques jours passés au parc à me familiariser de nouveau avec la planche, j’ai raté un simple trick et suis tombé, me cassant le bras gauche pour la quatrième ou la cinquième fois de ma vie… Une deuxième session en studio à New York était prévue, mais, blessé et déprimé, je l’ai annulée et suis reparti à Berlin. Environ une semaine après mon arrivée, j’ai eu ce que l’on pourrait appeler une épiphanie lors d’une pause cigarette à Prenzlauerberg. J’ai décidé de rester pour de bon. J’ai encore écrit durant six mois, sur un Korg Trident que j’avais loué et d’autre synthés appartenant aux Kaiku studios de la Stralauer Allee.

Pendant sa lune de miel en Italie, Paul avait eu vent d’un grand studio niché dans la région rurale des Pouilles. Avec Paul, Gabe et Nick, nous nous y sommes retrouvés en octobre 2017.(…) nous avons passé entre 12 à 16 heures par jour en studio, avec des excursions d’une journée sur la côte et un régime équilibré composé de pizzas, de pâtes et de piments que nous achetions au chili-man de Lecce. Une nuit, nous sommes tombés par hasard sur une ville insulaire médiévale, Gallipoli. Nous avons suivi une procession où une fanfare, menée par des prêtres portant une statue du saint local, remontait les rues étroites et sinueuses de la ville… » ©Zach Condon

Gallipoli

Invitation: Techno avec Amélie Lens !

Pour la soirée Exhale samedi 1er Décembre 2018 au T7, Paris

TECHNO : AMELIE LENS, FJAAK, FARRAGO, BEC
Mélodies sombres, vocals féminins, kicks abrupts, nul doute, nous sommes dans l’univers d’Amelie Lens. Cette artiste belge de 25 ans connaît depuis presque deux ans une ascension fulgurante, qui lui a permis de passer du statut de jeune fêtarde du fond de la salle à tête d’affiche d’une soirée techno qui fait salle comble. Loin des stéréotypes, elle entend bien casser les barrières entre les genres (et il n’est pas question de musique ici). ©Trax

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Invitations au concert de BIRDPEN (Archive)

Pour le 24 Novembre 2018 au Point Ephémère

BIRDPEN 
(Indie Rock – JAR – UK)

Membres du collectif Archive, David Pen et Mike Bird ont fondé en 2003 le groupe BirdPen, dont le style musical emprunte les chemins du rock indé et les balades électroniques planantes.
En tournée dans toute l’Europe au printemps 2017, BirdPen a été acclamée par la critique et le public comme lors de ses tournées précédentes, que ce soit en concert ou en festival.
En 2018 BirdPen revient avec un nouvel album, prévu pour l’automne 2018, dans lequel le duo continue de créer son propre univers mêlant des inspirations musicales telles queDeerhunter, Hookworms, Suuns, The Beta Band, Pink Floyd ou encore The Brian Jonestown Massacre.

GRIMLAKE
(Post Rock – Paris)

Derrière GrimLake se cache Mathieu Legros, un musicien parisien dont l’univers est non sans rappeler celui de groupes comme Mogwai, God Is An Astronaut, Explosions in the Sky ou encore Caspian. Tantôt mélancolique, tantôt puissante, sa musique a pour but de faire voyager. En live, trois musiciens le rejoignent offrant à ce projet post-rock un second souffle qui ne laissera personne indifférent.

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BLOC PARTY : la nostalgie marque un temps révolu

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« Bonsoir, we are Bloc Party from London, England [sans blague], we’re gonna take you back to 2005, a much happier time. »

NOSTALGIE EN BLOC

En 2005, nous divisions notre emploi du temps en 3 parties : un tiers dans une chambre estudiantine, un tiers dans les bars, un tiers en amphi. En 2005, notre rapport avec la musique était plus passionné que jamais. En 2005, LCD Soundsystem et Franz Ferdinand changeaient la donne du rock, mais on avait toujours les dents pour Nine Inch Nails ou Queens Of The Stone Age, tout en avouant s’évader vers un temps que l’on avait pas vraiment connu avec les riffs des White Stripes. Cette même année est sorti le premier album de Bloc Party : Silent Alarm faisait un sacré vacarme.

« une machine infernale » d’après IndiePopRock, « un rock dansant cafféiné » selon The Rolling Stones », le quatuor semble vouloir rester sur l’année de leur plus grand succès et au vu de leur public ce soir, ils ne représentent pas les seules âmes nostalgiques du rock abrasif.

Compliments, Plans, Luno, la partie a tôt fait d’évacuer en bloc les derniers titres du dit album pour offrir crescendo le meilleur à ses fans. Oui bien sûr, la set list reprend le premier album du groupe, mais à l’envers !

« Super, maintenant y’a plus que des tubes à venir ! » s’exclame mon binôme ultra-fan (Joss pour les intimes). Well, que les festivités commencent.


[Video de Dav Thrn, dans le coin des smartphones]

PARAPLEGIE NAISSANTE

So here we are, dans la fosse parmi une foule déjà conquise, chantant chaque refrain à pleine voix, applaudissant à chaque morceau comme si c’était le dernier. A partir de l’envolée du Price of  Gasoline, le rythme de la batteuse Louise Bratle devient frénétique, et l’ambiance au-rez-de chaussée s’enflamme sur de superbes déflagration de guitares. On est chaud.
Pourtant, sur scène, le quatuor est loin de faire des galipettes rock’n roll. Antonyme à leurs lyrics « it’s out of control », le quatuor exécute au millimètre près les compositions studio de l’album phare, plutôt stoïques que complices, presque comme des automates. En même temps il faut comprendre que la moitié du groupe n’a pas vraiment participé à cette époque frivole, chacun sait que la carrière d’un musicien est éphémère. Notre chanteur adulé Kele Okereke et le guitariste Russell Lissack sont les seuls rescapés de l’époque Silent Alarm: la batteuse citée ci-dessus et le bassiste aux pectoraux proéminents Justin Harris n’ont rejoint Bloc Party qu’en 2015. Ce ne sont donc pas leurs chansons…

[Cliquer pour agrandir les photos d’ Antoine de Monégier du Sorbier]

Qu’importe, au milieu, les trentenaires s’excitent : « c’est le pogo le plus peace de tous les temps, ils sont prêts à se faire des bisous » (dixit Joss) Suit un magnifique amour moderne fédérateur, célébré par une pluie de confettis. What, déjà au 7e morceau ? Le spectacle sent comme une tournée d’adieux; moi je serre les dents, histoire de ne pas avaler les confettis flottant dans ma bière. Et quand bien même si par mégarde j’en avale aveuglée par une lumière bleue, « if that’s the way it is, then that’s the way it is ».


[A propos du public: vidéo d’Orson]

[Aparté] Question décor, retour également en 2005, rien de digital : 5 bannières type étendard moyenâgeux sont suspendues à effigie des arbres sous la neige (la pochette). Une scénographie qui évoluera ensuite avec le rappel, pour des LED reprenant les couleurs du cercle de l’album Four lors du titre Octopus, fort de son solo ascendant de guitare. Une chouette découverte, pour moi qui n’avais pas suivi de près leur évolution.

Les titres s’enchaînent et arrivent au meilleur, lorsque l’on bouffe avec avidité du Banquet, le sourire jusqu’aux oreilles dans l’esprit d’une Positive tension, jusqu’à l’euphorie totale du fameux morceau légendaire Helicopter avec son doublet de mélodies à cordes, comme repris par deux choeurs, entre les « ouuuuuhh » et les « Are you hoping for a miracle? » Nombreux sont les spectateurs a essayer de recréer l’extase en ramassant et relançant les confettis. Ce soir, 30 ans rime aussi avec enfant (refoulé).


[Skeleton – Vidéo de FriendOfTheNight24]

UN RAPPEL DE B-SIDES

En rappel: Après le fantastique roulement de guitare du Prayer (album A Week-end In The City), Bloc Party nous entraîne vers des temps plus contemporains et électroniques avec la dance party de Flux. Pas le meilleur temps de la fête, même si les beats sonnent toujours plus profonds en live qu’en studio. Bonne pioche cependant pour le plus grand plaisir des groupies, Bloc Party reprendra également quelques B-Sides du premier et précieux album dont Little Thoughts, Two more years et Skeleton. Sous une dernière pluie de confettis s’écrasent les critiques pour laisser place à une bonne humeur environnante.

Un show pas vraiment dantesque sur ce gig si l’on compte que le dynamisme venait surtout du public, mais une bonne madeleine de proust ultra chaleureuse qui inscrira la date comme inoubliable dans l’esprit des fans de Bloc Party. Sans doute la dernière, et avec des putain de confettis:

 

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– Julie Lesage –

[Photos d’Antoine de Monégier du Sorbier]

Au fait, surfant sur leur succès d’antan, Bloc Party va bientôt éditer un album live de Silent Alarm.

 

Invitations pour le post-punk de CRACK CLOUD

Pour Dimanche 4 Novembre 2018 à l’Olympic Café

CRACK CLOUD + ESCAPE-ISM

POST-PUNK
Crack Cloud est un collectif canadien post-punk grognard et convulsif pivotant autour du batteur et chanteur Zach Choy. Leur musique est à la fois urgente et rythmée, faite d’accords précis et frénétiques, de rythmiques proche de l’afro-beat, de solo angulaires de saxophones et du chant scandé et nerveux de Zach Choy et consorts. Un bordel virtuose, étrange et groovy.

Escape-Ism, inconnu au bataillon ? Cherche plutôt à Ian Svenonius, une entrée synonyme de Chain & The Gang, de David Candy, des Make-Up, de Nation Of Ulysses, de Weird War, de XYZ, et tu comprendras alors pourquoi parler de premier album fait doucement rigoler. Le grand dadais de D.C. est du coin. Il connaît même plutôt bien la chanson, auteur d’un paquet de brûlots bien engagés comme il faut, du genre à briser les chaînes pour se libérer du gang. ©Hartzine

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Gagne 2 invit’ pour MAGNETIC ENSEMBLE

Pour le jeudi 8 novembre 2018 au Trabendo

MAGNETIC ENSEMBLE fait sa release party de Rainbow !

TECHNO INSTRUMENTALE
« On veut que ce soit plus animal que ce qui se fait généralement dans la techno » La techno acoustique des prodiges sensibles du Magnetic Ensemble fêtera son premier album au Trabendo le jeudi 8 novembre prochain avec une soirée entièrement dédiée au live en présence de tous les invités de l’album (sauf Nosfell) : la guitare stellaire de Maxime Delpierre (Limousine, Viva and the Diva, VKNG), la séraphique chanteuse Sabina Sciubba (Brazilian Girls), l’ex-pianiste régulier du groupe Fabrizio Rat et l’incroyable joueur de Cristal Baschet, Thomas Bloch (Radiohead, Gorillaz, Tom Waits).

« Le Magnetic Ensemble, c’est avant tout une histoire de percussions. Chacun à leur manière, Antonin Leymarie, Benjamin Flament et Matthieu Desbordes aiment entrer dans le rythme comme on dit d’un tennisman qu’il rentre dans la balle. Plus sombre, plus rentre-dedans, plus « assumé » que leurs précédents EP, leur premier album sonne comme un coming out réussi : Rainbow brouille les pistes et les genres avec le poing levé à l’image de la jeune maison qui l’abrite, Airfono, label de Sofiane Saidi & Mazalda, Fabrizio Rat ou encore The Wolphonics. Électro sans en être, impro mais pas vraiment, invitation à la danse mais pas tout à fait, le trio et ses invités (Nosfell, Sabina Sciubba, Thomas Bloch…) génèrent une transe qui doit plus aux musiques traditionnelles africaines qu’aux night-clubs. Au final, ce n’est plus un Ensemble qui s’appelle Magnetic, mais des musiciens qui deviennent magnétiques ensemble. » ©MathieuDurand

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Gagne 2 invit’ pour t’évader avec ART FEYNMAN

Pour le 13 novembre 2018 à l’ Olympic Café

On l’a découvert il y a peu avec son magnifique titre Shelter, entre poésie et profondeurs minimalistes, extrait de son EP Near Negative. Art Feynman nous a tout de suite charmé par son projet intimiste et quelque peu mystérieux, en dehors des tendances, aussi léger et délicat que la neige, mais riche de sonorités en tout genre.

C’est sous cette nouvelle identité que Luke Temple  de Here We Go Magic sortait un premier album Blast Off Through The Wicker au printemps sur Western Vinyl, sur lequel il associait des influences jazz, krautrock, afrobeat, psych-rock, électronique, un sacré pèle-mêle dans lequel l’artiste brise les frontières librement.

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Rencontre avec Mischa Blanos, le pianiste coupeur de souffle

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Un soir torride, dans le hall tamisé de l’hôtel Les Bains, le piano à queue trône magistralement sur un damier noir et blanc. Au-dessus, le plafond rouge ultra design semble couler par l’effet de la chaleur. Silencio: Infiné présente sa dernière signature compositeur-pianiste, Mischa Blanos, qui vient de sortir son premier EP Second Nature.

Mischa Blanos est de ce mouvement de nouveaux pianistes néoclassiques, de ceux qui donnent une dimension électronique en percutant les touches à un rythme soutenu. Lorsqu’il joue, notre souffle se retient de lui-même, et notre regard dévale une cavalcade de notes touchées avec frénésie. Limite stressful. On me surprend les yeux écarquillés, sourire épaté.

Cette fascination impromptue exige de suite une petite conversation pour mieux connaître ce génie. Tant mieux, le lieu s’y prête : pas de backstage où se cacher, on l’attrape et lui soutire quelques informations:

Mischa Blanos est né à Bucarest de parents russes. On imagine aisément des parents assez strictes sur l’éducation pour produire un musicien si talentueux. « C’est vrai que ma mère préférait me voir réviser au piano, quand je voulais jouer au foot avec mes copains. »

Cette façon de jouer les notes comme des percussions, avec des arrangements électroniques, Mischa le vit comme une catharsis. Il n’est pas rare de le voir recroquevillé sur les touches d’ivoire, voire même récitant les notes en jouant. La preuve avec cet extrait volé:

Une amie également pianiste m’accompagne, elle s’inquiète des possibilités de tendinite suite à ce jeu d’apparence complètement crispé. « Non tout est dans les épaules en fait, pas les poignets. Il m’arrive de jouer pendant de nombreuses heures sans problème. Parfois même durant 24 heures. » Regard interrogateur entre nous autres.

On la deviné, Mischa est aussi forcément adepte de techno. Accompagné de Christi Cons et Vlad Caia,  il présente cet autre faciès au sein du trio d’electro expérimentale Amorf.

Ses deux tracks les plus contemporaines mais aussi les plus puissantes se nomment Rocoma et Geckos. A propos de Geckos, Mischa nous raconte qu’il a composé ce morceau chez lui en cherchant à provoquer les réponses de ses 2 geckos, lézards malais définis par l’onomatopée de leur cri si distinctif.

Conquise, je vous laisse à votre tour être captivés par cette mue moderne des pianistes d’aujourd’hui, amorcée par des compositeurs aussi talentueux que Philip Glass, et en devenir avec les plus récents Grandbrothers ou encore Murcof et Vanessa Wagner, voir même LAAKE.

– Julie Lesage –


Second Nature
3,49€  sur Amazon

Ton invit’ pour Carl Craig + Moodymann

Pour mercredi 31 octobre, veille de jour férié

HOUSE / TECHNO pour une veille de jour ferié !
Quelques mois après la soirée du label DETROIT LOVE, le patron et pionnier de la techno de Detroit, Carl Craig, revient sur Paris et invite cette fois sous les néons fluos du T7 son acolyte Moodymann, aussi connu sous son vrai nom Kenny Dixon Jr. Comme quoi la techno et la house ne sont pas issues de deux mondes différents ! En 1997, l »excellent album Silentintroduction de Moodymann (sorti sur Planet E) devient viral et fait vibrer plus d’un public, particulièrement en France.

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PARCELS s’offre Milla Jovovitch

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5 jours après la sortie de leur excellent 1er album éponyme ( à écouter ab-so-lu-ment!) , les 5 australiens défrayent leur funk enjoué et rayonnant avec un film d’horreur.

Le clip du single Withorwhithout est une célébration du « slasher movie » américain façon American Nightmare : des jeunes sadiques, des masques, des armes blanches et un couple plan plan bienheureux qui n’avait rien demandé à personne. Enfin, plan plan, c’est tout sauf ce qu’on imagine de Milla Jovovitch !

« Nous avons rencontré Milla au Festival de Cannes plus tôt cette année quand elle a débarqué à l’un de nos concerts et a absolument enflammé le dancefloor, nous avouant ensuite qu’elle était fan. » PARCELS

Et hop 3 claquements de doigt, 2 pinces de basse, les voici tous ensemble en train de tourner dans une villa d’Hollywood.

Elle est pas chic la vie ? Regarde le clip jusqu’au bout, sinon t’as rien compris.

– Julie Lesage –

 

Soirée Cadavre Exquis : « l’antidote radical aux concerts formatés »

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Dans le cadre du raffiné festival de la Red Bull Music Academy, communément appelée RBMA ces dernières années, une soirée de créations improvisées était programmée au Cabaret Sauvage : la soirée Cadavre Exquis. Mais c’est qui Cadavre Exquis, me direz-vous…optez donc plutôt pour un « c’est QUOI ».

Le cadavre exquis est un procédé d’écriture collective par lequel plusieurs auteurs juxtaposent des fragments successifs, sans pouvoir lire les fragments rédigés précédemment par leurs acolytes. ©Dico

Le jeu dadaïste littéraire se décline également en musique, mais avec une ouverture sur l’improvisation. Et heureusement! car il aurait été difficile et peut-être inaudible de jouer une partition pré-écrite et non modifiable sur scène, compte-tenu de l’esprit plutôt avant-gardiste de chacun de ces talentueux artistes. Imaginez Chassol donnant le la à Jacques, Gaspar Claus, Moodoïd, Ala.Ni, Mélissa Laveaux et 10 autres sur la scène centrale d’un cirque sonore !

Curieux, on est passé sous chapiteau pour profiter de cette soirée boeuf, se faufilant dans le cercle d’un public majoritairement musicien lui-même. En même temps, pas sûr que toute personne aurait apprécié l’expérimentation, plutôt pour audimat averti, et mettant en exergue certains instruments peu communs…

[Pour agrandir, cliquez sur les photos officielles RBMA de Philippe Levy]

Cette formule inaugurée au RBMF[estival] en 2013, mais qui n’avait encore jamais été présentée à Paris, Télérama la décrit comme un antidote radical aux concerts formatés.
L’expérience est à la fois unique et plurielle, portant son lot de longues expectatives vaines comme de joyeux entrains, de moments de complicité comme de carambolages.
En tant que maitre de cérémonie, Chassol a choisi d’atténuer le risque en organisant chaque performance en alternance : chaque artiste se doit de jouer deux morceaux de 5 minutes, à la suite, mais pas avec le même binôme. Ce qui permet aussi de découvrir deux façades du même musicien.

Notre organisateur pianiste ouvre donc les réjouissances accompagné de la magnifique voix d’Ala.Ni. 

Notre favori de la soirée fût sans doute le saxophoniste jazz Thomas de Pourquery, espiègle en rebondissements dans ses défis lancés au batteur Mathieu Edward, puis ayant la malicieuse idée de passer au chant mi-crooner mi-comique lors de l’arrivée de la harpiste Serafina Steer. Car chacun sait que la harpe n’est pas l’instrument le plus en vogue du moment, et même si Serafina la joue particulièrement grinçante puisqu’électrique, son duo suivant avec Christine Ott aux ondes Martenot décontenança une partie du public, sûrement par son approche trop expérimentale. La partie fumeuse du public que l’on retrouva dehors en tout cas.

Suivirent les marmonnements ethniques de Ghedalia Tazartes, parfois entrecoupé d’harmonica, accompagné par les beats et samples de Low Jack pour une atmosphère sombre et mystérieuse. Ces deux là avait déjà joué l’improvisation l’année dernière sur un Tapage Nocturne, alors invités par la Maison de La Radio. (Mais c’est de la triche alors ?)

Cette soirée particulière marquait également le retour des live sampling de l’ovni Jacques, successivement en duo avec Lucie Antunes  à la batterie préparée puis avec Moodoïd à la guitare. Moodoïd qui par la suite donna la réplique à Julien Gasc au clavier, qui « se sentait stupide ».

Le morceau le plus entrainant est à ma mémoire le piano de Christophe Chassol contre les ruptures de saxo de Quentin Rollet, génial. Mais le meilleur moment d’entre tous fut le bouquet final, lorsque Chassol rassembla tous ses invités et s’essaya à trois reprises de les guider pour une cacophonie joyeuse et libérée. La joie était alors plus visuelle que sonore, mais quelle joie de participer à ce moment privilégié !

Serait-ce pour garder ce privilège qu’aucune caméra n’était invitée pour cet évènement si exceptionnel? Dommage, ce sont de telles rencontres qui font aussi l’histoire de la musique.

– Julie Lesage –

Girls in Hawaii live – La vidéo du Yeah!

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Ca sentait l’été, ca chantonnait les cigales, le Yeah est toujours au premier podium des meilleurs festivals de France, ou micro-festivals ce qui est encore mieux.

On se souvient des succès du groupe pop belge comme From Here To There puis Plan Your Escape mais c’est avec son magnifique titre This Light de 2017 que Girls in Hawaii commença son concert dans la cour du chateau de Lourmarin.  Malgré le décès en 2010 de leur batteur Denis Wielemans, et après la sortie d’un EP douloureux Misses. Les belges sont bien de retour et persévère, comme dirait Télérama : « dans la douceur, la ­tristesse positive cédant la place à un optimisme flottant”.

Culture Box était là et a tout filmé qualité optimum. Voici donc les 58 minutes de leur live en son et images, ce qui, après tout, vaut tous les discours.

Solomun full show en video

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Retour vers ce gig dantesque lors de la Peocock Society de cet été. Pour sa première fois à l’affiche du festival électronique Peacock organisé par la team We Love, Solomun a enchaîné techno, house et deep house avant la clôture d’un hangar bois de Vincennes.

Né en Bosnie-Herzégovine, c’est à Hambourg que Solomun grandit et commence à digger et passer des vinyles dans les maisons de jeunes. Après un court passage par le cinéma, il se tourne vers la musique électronique et décide d’en faire sa route. Il trafique des morceaux sur un vieil ordinateur, et en 2005 fonde le label Diynamic qui aujourd’hui jouit d’une certaine notoriété.

Solomun mélange soul, R&B, funk et hip hop pour créer une house « aux lignes de basse deep et ultra funky, aux mélodies euphoriques et aux voix chargées d’émotion ». Une manière pour le DJ et producteur de donner un bon coup de modernité à la musique house. ©Arte