A la piscine avec BRNS…

.

BRNS (prononcer Brains) m’attend sur les transats le long de la piscine de la villa Carlsberg, au pied du chateau de Lourmarin. Dans quelques heures ils jouent pour le YEAH!, le festival que Laurent Garnier n’a pas pu s’empêcher d’organiser lorsqu’il s’est installé dans cette jolie bourgade du sud qui sent la lavande et chante les cigales (et qu’on a élu meilleur festival de France)

Antoine Meersseman (basse): On ne connaissait pas ce festival mais visiblement la sélection a l’air assez drastique, et le concept a l’air plutot fun et agréable, on va rester une nuit de plus du coup. Les festivals maintenant font de chouettes extras: des ateliers, des dégustations, comme au HOG HOG, c’est une ambiance de vacances dans laquelle tu t’immerges complètement. Une sorte de Club Med dont on serait un peu les GO en demandant aux gens de taper dans les mains.

Dans l’actu vous venez de sortir Pious Platitudes, il est dégueulasse ce clip !
(rires) Diego Leyder (guitare): Je ne vois pas de quoi tu parles.
Antoine: disons qu’un accouchement c’est toujours quelque chose qui traumatise les gens …
Tim Philippe (chant/batterie): mais c’est pas mal de bousculer les gens qui n’ont pas forcément l’habitude de ce genre de clip. On a donné carte blanche à Julien Campione, sans commande, pour qu’il développe son univers. Ce morceau est radical, et le clip l’est aussi.
Question paroles …
Diego: C’est un dialogue entre 2 personnes: « pourquoi t’écris toujours des trucs dark comme ca ? » « oh je sais pas, ça vient comme ça »
Une sorte de réponse à vos fans ?
D : Je me posais moi-même la question ! Comme cette chanson est assez directe et le tempo contraste avec ce qu’on a fait avant, cette rupture a engagé une réflexion sur tout ce qu’on a fait avant. Mais je n’ai pas trouvé la réponse.

Alors question évolution, parlez moi de ce nouvel album à venir: Sugar High
Antoine: Il sort le 06 octobre et il est vraiment différent. Après avoir beaucoup tourné sur le précédent, Patine, avec ses formats longs et un peu lithurgiques sur la reverb, on a naturellement produit des morceaux plus directs et plus rapide, un peu rentre-dedans. On a aussi collecté pas mal de synthés toys pour une touche plus fun qu’emphatique.
Plus fun, tu veux dire comme Mexico, le morceau qui vous a fait connaître en 2013 ?
A: Entre les deux en fait, parce que quand on jouait Mexico parmi les morceaux sombres de Patine, ca faisait bizarre. Tu fais souvent un disque en réaction au précédent…ou sinon tu fais comme Beach House, tu ressors le même disque à chaque fois. (rires)

Sugar High…= défoncé au sucre ?
Diego: Exactement! Ca représente le côté frénétique et coloré de certaines chansons, qui contraste avec les nappes down-tempo de Patine. C’est plus léger, un peu sous hélium avec des voix bizarres. Qui plus est, c’était le premier nom d’une chanson qui finalement est sur l’EP Holidays de 4 titres qui sort 3 mois avant, mais qui a été créée dans la même veine.

Un EP en juin, un album en octobre: pensez-vous qu’apporter régulièrement du nouveau contenu est important pour toujours occuper l’actualité ?
Antoine: Pas forcément non. Il faut dire aussi qu’avant, on avait un label pas très réactif, on devait attendre 1000 ans avant que ça sorte, alors qu’on est souvent pressés de partager nos nouvelles chansons. Les 4 titres de l’EP s’inscrivaient moins dans la tracklist de Sugar High. Comme on n’est pas du genre à garder des morceaux pour les sortir dans deux ans, … Au moins cet été, sur nos dates, on pourra proposer Holidays!

Tim: Après en bons enfants des années 90, on reste attaché au format album de 3/4 d’heure dans lequel tu te plonges, avec du vrai contenu et de vrais clips.

 

BRNS –Holidays

BRNS photo de Bernard Babette
[photo ©Bernard Babette]

Tim, tu es à la fois chanteur et batteur de BRNS, existe -t-il une limite de rythmique à laquelle finalement on ne peut plus chanter ?
T: Je ne l’ai pas encore cherchée. Il m’arrive de ressentir des limites mais quand je dis « J’arrive pas. » Diego me réponds : « Bah tu travailles! »

Sinon vous avez écouté quoi dans le van pour venir ?
Tim: y’a eu Kendrick Lamar mais ca, ca m’opressait un peu…

Antoine: En conduisant, j’ai mis le jazz de Mocke, du groupe Holden,  Chassol aussi, c’est très agréable.


J’avais aussi une question sur les percussions pour César mais…
T: César nous a quitté (sans etre mort hein), après l’enregistrement du disque, mais voici Lucie qui le remplace
En voilà une grande news !
Lucie Marsaud (clavier): 1m58 seulement, bonjour. Du coup moins de percussions sur scène mais j’ai amené un instrument surprise !

En effet, quelques heures plus tard, la petite Lucie donc, sortira sa flûte traversière de son cartable, pour une touche de charme parmi les BRNS, sur la scène YEAH! Voici un extrait de leur live: 

Avant de se quitter, vous auriez un super groupe belge à nous recommander :
T: Robbing Millions
D: Le Colisée, Mountain Bike


T: On peut aussi parler de Caballero & Jeanjass, pour un peu de hip-hop
D: Avec Damso et Romeo Elvis, alors

Merci pour cette discussion-transat, on écoutera donc Sugar High après la rentrée!

– Julie Lesage –

BRNS festival Yeah live concertPhoto concert ©Cauboyz