5 types de danses à Rock en Seine

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Qu’importe la canicule, 110 000 festivaliers étaient bien présents ce week-end au Parc de Saint-Cloud pour la 12e édition de Rock en Seine. Le thème cette année était annoncé comme un fameux titre de Bowie « Let’s Dance », on a donc essayé de recenser les différents types d’ambiances.

Du pogo bonne humeur

Alors que le jeune Isaac des Slaves jouait debout de sa batterie et scandait un chant révolutionnaire et provocateur, le drapeau anglais flottait au-dessus d’un pogo anarchique. Les refrains « It wasn’t our fault » ou « Rich man , i’m not your bitch man » libèrèrent finalement le punk-rock qu’on avait caché sous la glotte. La formation ultra simple (batterie allégée + basse) est étonnamment ultra efficace. Du punk de copains puisqu’en milieu de concert le duo s’est fait un câlin et à demandé à tout le public de se prendre dans les bras, gars de la sécurité inclus, la minute trop mignonne avant que la rage ne reprenne 🙂


[Video de Dany Orban]

Grand Blanc souffle sa noire poésie autant sur des riffs rock indus que sur des tons techno. Pour l’anniversaire d’un de leur pote, le quatuor a entâmé Surprise Party tout en jetant des bombes à eau sur son audience, idée rafraîchissante! Quelques minutes plus tard, Benoît (teint en blond!) demandait au public de faire un pogo…y’avait qu’à demander. Un concert qui déménage avec juste un bémol: les basses étaient beaucoup trop fortes et feutraient la mélodie du clavier de Camille.
Un gros respect pour L7, le feminisme au bout du grunge des années 80, qui opère un come back sans cheveux blanc.
Enfin Ghinzu a été pour beaucoup LE concert de cette édition 2016: de la galoche au public au lèchage du manche à guitare, John Stargasm et ses compères belges nous ont donné de l’orgasme. On est prêt pour la sortie de leur nouvel album en janvier 2017.


[Video de Lillangel]

Du pliage de coude sur le beat

Qui qui dit « swag! » entre toutes ses chansons ? le rappeur Logic. On a beau ne pas être pro-hip-hop, on a quand même été impressionné d’une par sa diction ultra rapide, de deux par sa capacité à faire lever les bras de tout son public encore ajeun vendredi à 16h !
Un autre premier concert réussi est celui de dimanche, où l’on a dansé dès 14h. Une partie de Paris est venue tôt pour soutenir Maestro. Malgré une scène face au soleil à son point culminant,  Mark Kerr (Discodéine, Bot’Ox) n’a rien laché, ou plutôt s’est complètement lâché, et son cri maladif méchant! résonne encore sur la disco-techno dissonante de nos souvenirs.
Mais là où on aura le plus agité les bras, c’est bien devant les 3 Birdy Nam Nam (et non plus 4, depuis le départ de DJ Pone) qui nous ont offert un live ultra puissant avec des versions quelque peu modifiées des fameuses Abesses et The Parachute End. On attend le 16/09 pour écouter leur nouvel album Dance or Die qu’ils présenteront le 31 mars à l’Olympia.


[Video de Feeling Channel]

Enfin Soulwax nous offre une très belle scène thématique « symétrie de carrés » avec deux blocs batterie se faisant face, martelant telle une fanfare par dessus l’électronique ultra dansante. Le quatuor a livré une magnifique fin bonheur sur NY Excuse, que le public était tout heureux de chanter.


[vidéo de Dmitriy Grachev]

Des chorégraphies à apprendre

La grande nouveauté de cette édition était le montage d’une 6e scène, appelée Dancing l’après midi où étaient donnés des cours de voguing, waaking, rock et hip-hop, et Clubbing le soir avec en DJ set La Mverte, Chloé ou Dollkraut. Petit aperçu avec la démo de Marty et Miss Dee avant leur cours de rock:

Sinon vous pouvez également vous lancer dans la chorégraphie des vagins. Si si, costumes de sortie, Peaches a fait rougir son public avec sa chanson Vaginoplasty pour la diversité des vagins. Peaches, c’est un peu comme Die Antwoord, tu peux ne pas aimer la version studio mais tu restes quand même pour le show, des fois que quelque chose d’encore plus taré se passerait sur scène.


[vidéo d’Avalon Mist]

De la rêverie chancelante

Le franco-japonais Einleit a séduit la scène des découvertes Ile-de-France malgré une chaleur étouffante par ses envolées electro-pop noires. Le lunaire Flavien Berger nous a émerveillé avec ses paroles au 5e degré, ses « fantastiques machines » comme il dit, et surtout cette apparition des trois cordes pour l’accompagner sur Léviathan. Un qui prend sa guitare pour un violoncelle, c’est Sigur Ros. Une ode au chant cristallin sur grincements électriques, l’Islande est une autre planète, d’ailleurs sur l’écran le micro où murmure Sigur Ros illumine de ses rayons divins.

Sans titre[Photo de Robert Gil (www.photosconcerts.com)]

Massive Attack, tant attendu, a tenu ses promesses :Horace Andy, Deborah Miller et même Tricky ont rejoint 3D et Marshall pour nous jouer les plus grands moments de leur discographie, c’était magique. C’est aussi LE groupe qui nous a empêché de dormir sereins avec un matraquage de messages interrogeant notre attitude dans le contexte actuel. Tous les sujets y sont passés: politique, réfugiés, médias, recherche de soi, réseaux sociaux, burkini, attentats, amour, people, hommages… « Nous sommes tous dans le même bateau. » Ca fait pas de mal non plus de réfléchir durant 3 jours de basses et de bières.


[vidéo de Feeling Channel]

Mais aussi du scepticisme immobile

On a évité de stagner devant Caravan Palace puisque c’est tout le temps la même chose.-.On s’est ensuite demandé à quelle hauteur (dans le genre high) était Joel Gion, le tambourine man des Brian Jonestown Massacre; le groupe a pris cher et leurs énormes rouflaquettes n’excusent pas un concert plutôt fade.-. Quand tout le monde parle pendant un concert c’est que c’est pas terrible: Two Doors Cinema Club n’ont retenu l’attention que pour leurs anciennes tracks connues, sinon ca reste de la pop gentillette….-. Pendant que The Last Shadow Puppets reprenait Les Cactus de Dutronc, Breakbot essayait de nous emmener sur une croisière s’amuse funky, on a eu le mal de mer.-.Sum41 c’est marrant 10 minutes puis l’effet cour de récré passe et trépasse.-.Malgré quelques perles et le fameux I Love you So, Cassius inscrit son nouvel album dans le clubbing Ibiza, un poil trop commercial.-.

Res16.Ambiance.©ZélieNoreda-5534[Photo de Zélie Noreda]

Merci Rock en Seine pour une bien belle édition qui te scie les jambes le lundi. Et vivement l’année prochaine !
[Photo cover: Zélie Noreda]

 

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